Carte de la crise

Le chômage plus haut qu'à l'arrivée de Nicolas Sarkozy

Par Julien Martin | Rue89 | 30/12/2008 | 13H55

Le mois d'août dernier constituait déjà un triste record inégalé depuis mars 1993 : le nombre de chômeurs en France augmentait de 41 300 personnes. Ce mois de novembre s'avère plus noir encore : le nombre de demandeurs d'emploi supplémentaires s'élève à 64 000, selon les chiffres de l'ANPE révélés ce mardi par le ministère de l'Emploi.

Impossible de savoir de quand date pareille augmentation. « Les statistiques immédiatement disponibles ne remontent pas assez loin », explique-t-on à la Dares, le département statistique gouvernemental, qui ne fournit pas sur son site de chiffres antérieurs à janvier 1991.

64 000 chômeurs supplémentaires, soit 2,068 millions de demandeurs d'emplois au total. Un total symbolique pour Nicolas Sarkozy : jamais le chômage n'a été aussi élevé depuis son élection à la présidence de la République. Fin avril 2007, la France comptait 2,011 millions de chômeurs.

La promesse du candidat Sarkozy semble difficile à atteindre

Depuis le mois d'août, 160 000 demandeurs d'emplois supplémentaires ont été enregistrés sur les listes de l'ANPE. Et l'Insee prévoit que le taux de chômage devrait continuer de grimper en France, comme dans l'ensemble des pays industrialisés, et dépasser la barre des 8% au deuxième trimestre 2009.

La promesse contenue dans le programme présidentiel du candidat Sarkozy semble de plus en plus difficile à atteindre :

« En cinq ans, nous pouvons atteindre le plein emploi, c'est-à-dire un chômage inférieur à 5% et un emploi stable à temps complet pour tous. C'est de cette manière que nous pourrons vraiment réduire la pauvreté, l'exclusion et la précarité. Notre seul objectif est de le ramener sous la barre des 5%, vers le plein emploi.

C'est possible si l'on rompt avec la politique de partage du travail. Au lieu de payer les Français à moins travailler (préretraites, dispense de recherche d'emploi, 35 heures), il faut les inciter à travailler plus. »

Sans compter que ces chiffres de novembre n'intègrent pas encore totalement les plans sociaux dont les annonces se succèdent (voir la carte de la crise tenue à jour par Eco89). « Ils n'auront d'impact que dans plusieurs semaines voire plusieurs mois », confiait récemment au Monde Christian Charpy, directeur général de l'ANPE.

Voir la carte de la crise d'Eco89

Mis à jour le 30/12/2008 à 19h35 avec les chiffres officiels du ministère de l'Emploi.

Addendum le 31/12/2008 à 10h15 : le quotidien économique La Tribune relève qu'« il faut remonter à 1984 pour trouver une telle envolée du chômage ».

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3 commentaires sélectionnés

Portrait de Tintinac

De Tintinac

14H24 | 30/12/2008 | Permalien

Une promesse de plus non tenue.
Et un record de plus à son actif.

Il est partout :
# Meilleur déficit
# Meilleure augmentation de la dette
# Meilleure dégringolade du PIB
# Meilleure hausse du chômage
# Meilleure baisse du pouvoir d'achat
# Meilleure insécurité dans les hôpitaux

Et bientôt :
# Meilleure hausse des dépôts de bilan

Attila a dit que « Là où mon cheval passera, l'herbe ne repoussera pas »

Notre président ne s'occupe pas de la pelouse des stades. Son truc c'est l'économie. Où il passe, elle trépasse.

Portrait de Gallifrey

De Gallifrey

www.olivierpanza.com | 01H16 | 02/01/2009 | Permalien

Et les autres catégories, il n'y a pas de chomeurs dans les autres catégories ?
Il faut aditionner les chomeurs de toutes les catégories pour avoir une veritable indication du nombre de chercheurs d'emploi.
Et la, on approche les 4 millions.
www.olivierpanza.com

Portrait de Sexus Empiricus

De Sexus Empiricus

17H05 | 30/12/2008 | Permalien

Bien évidemment, ce n'est pas le Président de la République qui est responsable de la montée progressive du chômage dans la République. Pas responsable et même pas coupable. Un bon Président, comme chacun sait, n'est responsable que de la baisse du chômage.

Soyons pragmatiques : dans le système économique prôné par les adeptes de la capital-démocratie, le chômage est structurel. C'est le volant de sécurité du travail pas cher, appelé parfois « valeur travail », de sorte que ceux qui ont la chance d'occuper un poste n'ont qu'à bien se tenir.

Lorsqu'il y a recrudescence du chômage, malgré tous les habiles traitements statitisques du nombre de chômeurs, ni le Président ni la Main invisible n'y sont pour rien. C'est la faute à pas de chance, un pas de chance qu'on appelle vite fait bien fait : « La Crise ».

Une fois dit que c'est « La Crise », toutes les décisions politiques s'en suivent, et n'importe lesquelles, car quoi que fasse le gouvernement sarkozyste d'aujourd'hui, des émissaires et des ambassadeurs, des délégués, des co-listiers et des co-équipiers du Président, vous l'expliqueront sur tous les tons : « Le chômage est dû à la Crise. En attendant le retour de la Croissance, il va falloir poursuivre les Réformes, c'est-à-dire continuer tout bonnement à travailler plus. »
Du côté de l'Elysée, on appellait ce vaste programme pour l'année 2008 une… « Politique de Civilisation ».

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