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Sarkozy lance un plan d'aide aux banques qui fait grincer des dents
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 07/01/2009 | 18H51
Lors de ses voeux devant les parlementaires, ce mercredi, Nicolas Sarkozy a officialisé un nouveau plan d'aide aux banques, d'un montant équivalent au précédent, soit plus de 10 milliards d'euros. Une « bonne affaire » pour les Français selon le Président. Ou pour les banques ?
Pour Serge Maître, président de l'Association française des usagers de banques (Afub), cette aide à l'économie financière n'est par une manière pertinente d'aider l'économie réelle. « C'est comme de mettre de l'essence dans un moteur qui est grippé », explique-t-il. (Ecouter le son)
Lors du dernier plan, l'Etat avait haussé le ton vis à vis des banques pour qu'elles répercutent sur les particuliers et les entreprises ces facilités de crédit. Un médiateur du crédit avait d'ailleurs été nommé en la personne de l'expert-comptable René Ricol afin que chaque entreprise qui se verrait refuser un crédit puisse disposer d'un droit de recours.
Selon les derniers chiffres communiqués par le site, arrêtés au 15 décembre, 2908 entreprises avaient saisi le médiateur. Notons qu'il s'agissait à 95% d'entreprises de moins de 50 salariés.
Sur le terrain, l'Afub constate aussi que les TPE (très petites entreprises) sont plus en difficulté que les PME. L'association reçoit « chaque semaine 50 témoignages d'entreprises qui se plaignent de l'attitude des banques, ce qui n'est rien en quantité mais significatif puisqu'il il y a un an c'était 5 à 10 par semaine ».
« Ces aides aux banques n'arrivent pas à leur destinataire final », remarque Serge Maître, très dubitatif sur les moyens qu'a l'Etat d'imposer aux banques de faciliter l'accès au crédit. Il craint que ce second plan n'ait qu'un effet « très relatif », comme le premier. (Ecouter le son)
Les derniers chiffres diffusés par la Banque de France disent que les crédits octroyés tant aux entreprises qu'aux particuliers ont augmenté : un taux de croissance annuel de 11,6% au mois de novembre pour les sociétés non financières et de 6,8% pour les ménages.
Mais pour Serge Maître, « la distribution de crédit n'est pas aussi généreuse en volume que ce que disent les statistiques ». Par exemple pour les particuliers, certes la demande de crédits immobiliers est en baisse, mais certains dossiers, qui auraient été acceptés il y a un an se voient aujourd'hui refusés. Et pour eux, pas de médiateur du crédit. (Ecouter le son)
Explication possible de ce hiatus entre ces bons chiffres des banques, agrégés par la Banque de France, et la situation critique vécue sur le terrain : les PME s'en sortiraient mieux que les très petites entreprises, ce qui gonflerait les statistiques et masquerait nombre de difficultés.
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De cirnafos
Chef d'entreprise | 20H45 | 07/01/2009 |
Il va être grand temps de passer à une économie plus juste avec le crédit social !
Je suis aussi chef d'entreprise et ma banque m'a fait perdre plus de 30 000€ de bénéfices sur l'année 2007, donc rien à voir avec la crise, juste que le banquier a décrété que comme les autres entreprises de mon domaine d'activité ne s'en sortaient pas, il ne voyait pas comment moi je pouvais m'en sortir. Et ce malgré des contrats signés et d'autres bien engagés !
Je rame depuis cinq ans pour enfin arriver à vivre correctement de mon activité, et mon banquier me coupe l'herbe sous le pied… et me prenant bien entendu énormément d'aggios…
C'est plus rentable les aggios pour les banques que les intérêts des emprunts il me semble non ? bizarre bizarre…
De Smaragdin
21H20 | 07/01/2009 |
Autres chiffres de la Banque de France, qui me semblent plus « parlants » : Stat Info, document publié le 09 décembre 2008, qui détaille pour chaque type de crédit - aux particuliers comme aux entreprises - les taux moyens pratiqués entre Octobre 2007 et Octobre 2008. La différence entre les taux demandés par les banques et le prix moyen auquel les banquiers se sont refinancés, c'est-à-dire à quel taux ils ont eux-mêmes emprunté l'argent prêté ensuite à leurs clients permet alors de calculer les marges brutes qu'encaissent ces établissements
Particuliers :
Découverts, crédits revolving : + 3,75 %
Prêts à la consommation : + 19 %
Prêts Immobiliers : + 486 %
Entreprises :
Prêts de Trésorerie : + 22,6 %
Prêts pour investissement : + 143 %
Ils étaient pourtant légion, les représentants des grandes banques venus retirer leur chèque à Bercy. Certes pas un chèque cadeau, puisque l'argent était prêté, et avec une contrepartie : il leur incombait de consentir des prêts à leurs clients.
Or on apprend plus tard que non seulement les banques n'ont pas joué le jeu - dixit Mme Lagarde - bien évidemment pas en refusant franchement, ce qui eut été grossier, mais en acceptant de prêter à des conditions propres à faire fuir la plupart des demandeurs, d'où les marges ci-dessus, mais qu'en plus pour sanctionner ces trublions de la relance économique, l'Etat s'apprête à leur prêter à nouveau.
En fin de compte, elles eurent été bien mal inspirées de se « prêter » au jeu.
L'Etat ne ferait-il pas mieux de prêter - au même taux - directement aux clients de ces établissements ? On pourrait appeler cela « du producteur au consommateur »
De Tex
ex-actif | 00H41 | 08/01/2009 |
« L'Etat ne ferait-il pas mieux de prêter - au même taux - directement … »
Les malades peu fortunés qui ne peuvent se faire soigner en clinique, vont à l'hôpital public.
Les parents qui n'ont pas les moyens de payer une école privée à leurs enfants, les mettent à l'école publique.
Tous ceux qui n'ont pas les moyens d'emprunter auprès des banques privées – qui ne prêtent qu'aux riches ! -, devraient effectivement pouvoir le faire auprès de banques publiques qui, tout en rendant service en prêtant, rapporteraient de l'argent ( par les intérêts d'emprunt) à la collectivité.
Oui mais voilà ! Impossible ! Voir le site de la dette publique : (http://www.public-debt.org/savoirplus.php )
La crise financière a montré l'importance des banques. Elles sont un service public indispensable…monopolisé par le privé !
De pomme53
Médiation | 12H39 | 08/01/2009 |
Dans ce jeu de rôle politico-économique, où les banquiers flagorneurs jouent à « qui perd gagne », ce sont les petites entreprises qui font les frais d'un second plan de relance dont on se demande encore à quoi où à qui à bien pu servir le premier plan de relance ! ? Car si les PME ont des stocks qui permettent de temporiser les rentrées de trésorerie, les petites entreprises elles, fonctionnent en flux tendus avec des effectifs diminués (par manque de commandes) pour atténuer les coùts de production, et sans pratiquement aucune trésorerie hors l'aumone que les banquiers leurs accordent du bout des dents ; à croire que l'argent de l'état, donc des Français dont ils ne sont que dépositaires, leur appartient ! ?
Il y a un monde entre les statistiques prévisionnelles misent en avant par les banques, et les statistiques de redistributions effectives intéressées aux entreprises et aux particuliers.
Il serait souhaitable et urgent que des pénalités confiscatoires (transfert à l'état de sanctions pénales ) soient envisagées à l'encontre des banquiers récalcitrants dans les plus brefs délais.