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Le contre-plan de relance du PS dévoilé sur Eco89
Par Julien Martin | Rue89 | 21/01/2009 | 03H56
Le plan de relance annoncé le 4 décembre par Nicolas Sarkozy est « insuffisant et inadapté » aux yeux des socialistes. Alors le PS a décidé de riposter avec un contre-plan de relance plus « massif, global et adapté aux enjeux », qu'Eco89 s'est procuré avant sa présentation officielle ce mercredi après-midi.
Un contre-plan intitulé « Agir vraiment contre la crise », que le bureau national du parti doit valider ce mercredi matin. Son montant a déjà été révélé : 50 milliards d'euros. Nettement plus que le plan Sarkozy, estimé à 26 milliards par le gouvernement, mais évalué à seulement 4 milliards « d'effort net » par le camp socialiste.
Si ce contre-plan de relance ne contient pas de volet recettes clairement identifié, il fait toutefois apparaître les moyens de son financement : l'annulation du paquet fiscal, la remise en cause des aides publiques aux entreprises qui distribuent des dividendes alors qu'elles licencient, la lutte contre la fraude fiscale, et l'emprunt.
50 milliards d'euros donc qui, selon les socialistes, permettraient à la France de faire face à la situation de « quasi-récession » dans laquelle le pays se trouve actuellement. Eco89 dévoile les principales mesures proposées par le PS.
Point volontairement négligé par le gouvernement, qui préfère une relance par l'investissement, le pouvoir d'achat est à l'inverse au coeur de ce contre-plan. Le Parti socialiste y voit dans son augmentation par ces mesures le seul moyen d'apporter aussi une réponse « immédiate » à la crise :
- Le versement d'un chèque de 500 euros dès le mois de mars 2009 aux 9 millions de bénéficiaires de la prime pour l'emploi.
- Le versement d'un chèque de 500 euros dès le mois de mars 2009 à tous les bénéficiaires des minima sociaux.
- Une revalorisation du SMIC de 3% au 1er février 2009, avant l'engagement des négociations annuelles sur les salaires.
- La généralisation obligatoire du chèque transport à tous les salariés et à tous les moyens de transport nécessaires pour aller du domicile au lieu de travail.
- La revalorisation immédiate des allocations logement de 10%.
Toujours pour « favoriser une augmentation du niveau de vie des catégories moyennes et populaires », le Parti socialiste souhaite agir sur le niveau de la TVA, ainsi que sur les coûts du logement et de l'énergie :
- Une baisse de 1 point du taux normal de TVA, passant de 19,6% à 18,6%.
- Un gel des loyers dans les zones de forte hausse en 2009 et 2010, et la limitation de la hausse de l'ensemble des autres loyers au taux d'inflation.
- La mise en chantier de 300.000 logements sociaux (PLAI et PLUS) sur les deux prochaines années.
- La fixation annuelle par le Parlement du prix du gaz .
En plein recrudescence depuis l'été dernier, à des niveaux inégalés depuis le début des années 80, le chômage est redevenu une préoccupation majeure du gouvernement. « Insuffisant », tonne encore le Parti socialiste, face à « la catastrophe sociale qui s'annonce ». Et de proposer :
- Le gel immédiat de toutes les suppressions de postes dans la fonction publique.
- La création dans l'urgence et à titre exceptionnel d'un chômage partiel prolongé (de 800 heures supplémentaires au-delà de 800 heures annuelles) et mieux indemnisé (avec l'élévation de l'indemnisation des salariés, pendant cette période, à 80% du salaire).
- La création de 100 000 emplois aidés supplémentaires.
- La création de 100 000 emplois, à temps plein, d'une durée de trois ans et pris en charge à 75% par l'État, dans le secteur non marchand.
- La réactivation des retraites anticipées dans les secteurs du bâtiment et de l'automobile.
Alors que les licenciement pour motif économique se multiplient, le Parti socialiste entend améliorer leur indemnisation et mettre en oeuvre « une véritable sécurité sociale professionnelle » :
- Unification des contrats de transition et des conventions de reclassement, avec une indemnisation portée à deux ans et à 80% du salaire.
- A titre exceptionnel et pendant 24 mois, les salariés inscrits à l'ANPE suite à une fin de CDD ou de mission d'intérim bénéficient d'une prolongation de six mois de leur indemnisation lorsque leurs droits arrivent à échéance pendant cette période.
- Pour les entreprises qui engagent un licenciement économique alors qu'elles continuent à distribuer des dividendes ou à racheter leurs propres actions, le remboursement préalable des aides publiques perçues au cours des cinq dernières années sera une condition de recevabilité de la procédure.
« Insuffisant », le plan Sarkozy l'est enfin « notoirement sur la relance de l'investissement ». L'investissement public d'abord, mais aussi « l'investissement privé, qui a fortement reculé cette année, après avoir stagné plusieurs années, doit être stimulé et relancé durablement », note le Parti socialiste, avant de lister ses propositions :
- Dans les collectivités locales, avec un abondement exceptionnel du budget de fonctionnement des collectivités, comprenant notamment le remboursement des arriérés de paiement du RMI, le remboursement de la TVA dans l'année (et non plus avec un décalage d'un an), et l'octroi de prêts bonifiés pour les investissements relevant de leur champ de compétence.
- Dans les hôpitaux, avec le retrait immédiat du plan social engagé par le gouvernement dans l'hôpital public, qui pourrait atteindre 20 000 emplois en 2009 ; et le lancement d'un plan de sauvegarde et de modernisation de l'hôpital public, d'un montant de 1,4 milliard d'euros.
- Dans le BTP, avec la mise en chantier dans les deux ans de 300 000 logements sociaux, ainsi qu'un plan de rénovation écologique et d'isolation de 400 000 logements par an, comprenant un effort massif pour garantir l'accessibilité des bâtiments publics aux personnes handicapées.
- Dans les entreprises privées, avec la modulation de l'impôt sur les sociétés suivant que les bénéfices sont réinvestis ou distribués aux actionnaires ; et le conditionnement de l'octroi des aides de l'Etat aux banques au maintien ou à l'extension des facilités de trésorerie aux entreprises.
Afin d'éviter que pareille crise ne survienne, ou pour le moins n'affecte aussi durablement l'économie d'un pays, le Parti socialiste entend, pour finir, « promouvoir une croissance verte » (avec une tarification incitative à l'économie des biens essentiels que sont l'eau, l'électricité et le gaz) et faire émerger « de nouvelles règles financières » (grâce à des droits de vote de l'Etat dans les conseils d'administration des banques aidées).
A lire aussi :
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De papy55
prof. en province | 09H04 | 21/01/2009 |
Malheureusement un plan de relance efficace ne peut venir que de ceux qui sont aux commandes, et le PS s'éloigne de jour en jour du pouvoir…… !
Le contre-plan proposé est bien sûr séduisant, celui de Sarko est avant tout un plan de sauvegarde destinés aux privilégiés de l'économie libérale : voir par exemple les mesures visant le secteur automobile. A court terme, cela va permettre à quelques consommateurs de réaliser une bonne affaire, mais en fait cela consolidera à moyen terme, la position des actionnaires sans pour autant préserver les emplois en France !
Un plan de relance efficace devrait être inédit, original, audacieux, en rupture avec un système qui a échoué, tout le contraire de celui du gouvernement qui, au lieu d'éteindre l'incendie, l'attise !
De C. Creseveur
D'actualité | 08H15 | 21/01/2009 |
On dirait que la gauche retrouve enfin un peu de sens à son action !
Après on aimerait entendre quelques intentions, principalement sur l'action à mener au sein de l'UE pour nationaliser l'énergie et la route, puis la banque - assurance, dont on voit parfaitement combien les dérives sont nuisibles à tout un chacun, et porteuses de lourdes inégalités.
Enfin on aimerait entendre parler de la résolution de la dette de l'Etat envers la sécurité sociale (10 milliards d'€), qui permettrait dans la foulée de retrouver une véritable politique de santé, une politique destinée à garantir l'offre de soin pour chaque français, et pas à engraisser médecins et labos pharmaceutiques.
De Airinys
ailleurs | 13H22 | 21/01/2009 |
1. Sans être dans les secrets du pouvoir, je pense qu'il s'agit de la somme d'un déficit de 10 Mds € (comme le plan du gouvernement) + un retour fiscal sous forme de TVA, cotisations sociales, impôts car un emploi aidé ne coûte finalement que 30% du salaire une fois toutes les taxes sur le travail/consommation prélevés.
2. Distribuer du pouvoir d'achat aux plus modestes aura pour effet de relancer la consommation, y compris dans l'automobile mais pas seulement. L'automobile souffre avant tout d'un déficit de demande, pas d'offre, il ne sert donc à rien de soutenir cette dernière. Ce point me dérange profondément, car il instaure une frontière nette aux alentours de 1100€ de revenus par mois qui désavantage les « nantis » juste au dessus. D'autre part, si c'est pour consommer chinois en s'achetant le dernier écran plat, l'intérêt est fortement limité pour notre économie.
3. Je suis entièrement d'accord sur ce point, il manque un volet important dans ce plan. Je dirais même le plus important, car cela aurait pu permettre l'émergence d'une nouvelle industrie non délocalisable, durable, à forte valeur ajoutée et dont la demande à l'extérieure sera forte.
Il manque également une initiative numérique forte, et le soutien aux créateurs et inventeurs (que ce soit le divertissement ou les technologies) : la croissance future.
Outre le volet écologique et numérique, je trouve qu'il manque une mesure cruciale, à savoir juguler l'épargne. Notre principal problème au fond est qu'à force de crier à la récession, les gens (moi compris) épargnent en prévision et de fait génèrent la récession, qui de l'oeuf ou la poule en premier ? Keynes a tranché cette question.
De dufoli
Région parisienne | 10H59 | 21/01/2009 |
C'est interessant de voir qu'ils ont choisi l'opposé de sarko en faisant la relance par la demande, par les grand travaux publiques et en enbauchant dans le public.
Le problème est qu'il n'y a quasi rien pour les entreprises et je pense que bon nombre vont coulé avec un plan qui les oublie.
Les entreprises privées qui s'en sortiront seront celles bossant pour l'etat via btp ou autre mais derriere les autres elles font quoi… elles déposent le bilan et l'etat ne pourra pas embaucher tout le monde.
Bref, enfin on voit l'opposition réagir mais je ne vois rien pour les entreprises et je ne parle pas de l'automobile avec prime a la casse comme sarko qui ne fait que liquider les stocks dans l'imédiat mais créer un contre coup pour l'avenir. Mais plus un plan de relance pour les pmes en abaissant les charges par employé par exemple…
Et pour ceux qui pense que le plus important c'est pas l'entreprise mais le salarié. Vaut-il mieux donner un poisson un jour ou une canne a peche pour manger tous les jours ?
Bref, c'est assez demago et bien joué de la part de l'opposition mais je ne pense pas que ce soit un bon plande relance… comme dit plus haut, trop de lacunes….
De Dominique52
(technicien salarié) | 12H05 | 21/01/2009 |
Je découvre le contre plan du PS et j'y relève une mesure proposée parmi d'autres :
« La réactivation des retraites anticipées dans les secteurs du bâtiment et de l'automobile. »
Est ce que le PS se fout vraiment de nous ?
il a dénoncé très mollement la restriction du dispositif, « retraite anticipé longues carrières » lors de l'examen de la loi au parlement, mais en revanche il en propose à présent la réactivation partielle !
N'est ce pas la preuve qu'il n'était pas foncièrement contre sa suppression voire même qu'il l'approuvait à demi mort ?
Entre un juge au Conseil d » Etat qui rejette le recours, et un député qui critique carrément ce dispositif au Parlement, si on considère que tous les deux conseillaient S.Royal qui voulait supprimer la loi de 2003 on peut se poser la question….
J'attends toujours une réaction syndicale de la CFDT sur le même registre…
Mais en relisant le discours de F.Chérèque tenu devant le club patronal ETHIC avant les présidentielles et disant que « le programme des réforme annoncées par Nicolas Sarkozy lui convenait très bien. »
j'ai aussi à présent comme un doute !
On se sent vraiment pris pour des….