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Henri Vacquin : la gauche est morte, vive Sarkozy
Par David Servenay | Rue89 | 24/01/2009 | 13H57
Ex-communiste, le sociologue du travail Henri Vacquin a voté Sarkozy à cause de l'impasse de la gauche réformiste.

Au premier tour, il a voté Bayrou. Au second, Sarkozy. Il faut attendre le dernier chapitre du livre d'Henri Vacquin pour y lire son aveu et comprendre la véritable raison d'écrire « Mes acquis sociaux ». Mélange d'autobiographie et de réflexions décapantes sur l'état de la gauche, des syndicats et du patronat « le plus con d'Europe ». Tout cela valait bien un entretien pour Eco89.
Il le dit en riant, comme pour s'absoudre d'une faute. Ex-militant de l'UEC (Union des étudiants communistes), ex-manifestant de Mai 68 devenu sociologue du travail, Henri Vacquin s'amuse du paradoxe :
« Un mec qui a plein de médailles à gauche, qui fait un parcours de quarante ans dans le monde de l'entreprise, avec les patrons, les syndicats, le champ politique à côté de lui et qui, à la fin, en vient à ça… c'était pour moi une manière de donner à penser. En fait, ça été l'opprobre de toute la presse de gauche et de tous les mecs de gauche : “Pas toi Henri… pour voter Sarkozy ! ” »
On est ici à l'opposé de l'évolution d'un Alain Badiou, fustigeant la « barbarie sarkozienne ».
Sous la forme d'une adresse à son père décédé, militant CGTiste, Henri Vacquin veut faire toucher du doigt l'impasse intellectuelle dans laquelle s'est fourvoyée la gauche réformiste. Une impasse pour n'avoir pas su pousser la réflexion assez loin sur son abandon du dogme marxiste.
Derrière la pirouette, l'homme en profite aussi, à 70 ans, pour régler quelques comptes. D'abord avec sa propre famille politique : la gauche de « Bernard » (Kouchner), « Serge » (July)… et les autres. Une gauche qui est « morte », faute d'avoir su effectuer un « inventaire ». (Voir la vidéo)
A l'appui de sa démonstration, le sociologue s'aventure aussi sur le terrain des mentalités. Le jugement est sévère : notre génération, dit-il en substance, n'a pas su transmettre les valeurs de nos parents. Là encore, rupture :
« Notre génération de soixante-huitards dans son ensemble, à droite comme à gauche, n'a jamais surmonté cette carence de transmission des valeurs. Nous ne sommes pas pour rien responsables de leur débandade actuelle qui a fabriqué entre autres, et pour ne s'en tenir qu'à cela, le chômage des jeunes et des vieux : un même vœu de mort sociétale, non dit mais très réel, adressé aux uns comme aux autres. »
La démonstration n'épargne personne, pas même les (nombreux) patrons pour lesquels il a travaillé. Citant l'exemple d'Antoine Riboud, avant-gardiste dans les années 70 lorsqu'il mis en place un « management participatif », l'observateur écorne ce « patronat le plus con d'Europe », selon un représentant du patronat allemand. Le CNPF, précise Vacquin, mettra plus de dix ans à reconnaître l'intérêt des recettes de Riboud.
Au-delà des désillusions, l'ancien des Vaillants (les jeunesses communistes) garde un attachement viscéral au dialogue social. Consultant spécialisé dans les analyses post conflits sociaux (il a d'ailleurs été mandaté par la direction de la SNCF pour décrypter le conflit de la gare Saint-Lazare), il dresse un panorama pessimiste du paysage syndical.
Mais, résolu à interpeller ses ex-camarades, il propose un pari aux leaders des deux grandes confédérations, CFDT et CGT. L'idée est d'élargir leur champs de réflexion à l'Europe et à la mondialisation, afin de rapprocher leurs mouvements. Objectif : mêler les vertus du syndicalisme de proposition à la force de la contestation. En commençant par défendre le droit de grève, souvent remis en cause ces derniers temps. (Voir la vidéo)
Devinez quoi ? Les syndicalistes ont lu l'ouvrage. François Chérèque (CFDT) a répondu « oui, mais sous conditions… » à cette proposition. Bernard Thibault (CGT) n'a pas encore pris sa plume et ça l'agace un peu, Henri Vacquin, le silence de ces « tas de vous autres » comme les appelait sa mère.
► Mes acquis sociaux d'Henri Vacquin - Seuil, 2008 - 217p. - 15€.
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► Un syndicat est-il comme un parti politique ?
► Le syndicalisme prend-il un virage réformiste ?
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► Alain Badiou : « il y a une barbarie sarkozienne »
Ailleurs sur le Web
► Sa notice sur Wikipedia
► Quelques textes sur le site de son cabinet de consultants
Photo : Henri Vacquin en janvier 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).
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De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 14H03 | 24/01/2009 |
A la soupe ! ! !
Les anciens stals restent indécrottables.
De Hugues Serraf
Chroniqueur | 14H18 | 24/01/2009 |
On sent bien que Vacquin va se faire pourrir en commentaires comme un vulgaire Besson. Ses points de vue sont pourtant extrêmement intéressants, même si l'on a parfaitement le droit de ne pas les suivre jusqu'à leur aboutissement (ce qui est mon cas puisque j'ai roulé pour Ségolène tout au long de la campagne présidentielle et que je laisse une veilleuse allumée pour un ou deux éléphants).
Une suggestion aux spécialistes de la petite phrase qui tue : pourquoi ne pas écouter ce que le bonhomme a à dire, y réfléchir quelques instants, et lui répondre avec des arguments plutôt qu'avec des slogans ?
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 14H45 | 24/01/2009 |
Bonjour,
Merci Mr Henri Vacquin.
Merci pour les auteurs du titre : « la gauche est morte, vive Sarkozy ».
Je voudrais célébrer cette pensée pure et lumineuse de ce « tailleur » et retourneur de veste, prophète de la bonne gouvernance Sarkozyste, de ses contempteurs éclairés, et de tous ses nervis et affidés.
Quelques riverains, mais également les autres « avatars » présents sur ce site, en « mission », ou faisant un jeux de rôle pour certains riverains défrayés, ou non, (peut être par la rédaction elle même), ce qui contribue au « buz » nécessaire et suffisant, pour la survie économique de celui ci.
Je voudrais aussi le remercier lui et ses semblables pour la débauche d'énergie intellectuelle et cérébrale encore en activité, qui mériterait d'être mieux utilisée, ne serait que pour cette énergie dépensée et gâchée, ne serait que pour faire tourner une dynamo, et produire du courant électrique, et nous éclairer par leur « luminescence ».
Également pour sa démarche salutaire et rédemptrice destinée à châtier la mauvaise « pensée », la mauvaise conscience, l'erreur rédhibitoire où elle se fourvoie depuis la fin des temps.
Je veux parler de la pensée socialiste, ou plus vulgairement de la « gauche », cette « diarrhée » progressiste ou libertaire qui sous toutes ses formes, les plus « glauques » et sous prétexte de « progrès », de détermination des hommes et des femmes qui en sont issus, se pose en opposition systématique au bon droit et au bon goût.
Cette « logorrhée » qui altère et contrevient à toute la bonne « vérité » certifiée et actions, issues des synapses attachés aux neurones, déterminants et composants instructeurs de la « lumière » !
Cet éclair de phare engendré par notre grand « éclaireur », inventeur de la doctrine « Pragmatisme » avec ses partenaires de la haute finance et de l'industrie, bâtisseurs d » Empires médiatiques, devant qui on se prosterne.
J'ai nommé notre seigneur et maître : Nicolas Sarkozy le petit :
Paltoquet 1er !
Dois je ajouter mes condoléances, pitres infâmes ?
De Atlantis
Lycéen politisé | 15H41 | 24/01/2009 |
D'une certaine façon, je comprend cet homme.
Après tout, les anciens cocos, ou en général gauchistes (je parle sans valeurs péjoratives) ont souvent fourni le gros des forces de l'aile droite de l'UMP (faute d'une meilleur terme, comme si il y avait une aile gauche…)et du FN.
cela dit trois réflexions.
-premièrement, les (ex)staliniens ne se lassent jamais d'être dans l'erreur, qu'elle soit de gauche comme de droite.
-Deuxièmement, il y avait largement assez de candidats de gauche (trop peut-être) pour qui voter.
-Enfin, je ne peux qu'être d'accord avec son analyse concernant la gauche réformatrice.en deux mots (en fait trois) : elle est naze. Je ne comprend pas comment le PS a pu nommer Ségolène Royale à la présidentielle. Elle n'avait aucun programme solide, et les vrais militants de gauche devaient passer leur temps à combler ses conneries.
De Jean Bachèlerie
15H56 | 24/01/2009 |
le dépit et le réalisme
comme beaucoup d'hommes de gauche, je comprends le dépit d'Henri Vacquin. Je partage sa sévérité à l'égard des soixante huit tard : Kouchner, July et autres.
Mais j'aimerai savoir si malgré tout, il ne regrette pas d'avoir voté Sarkozy ?
Son analyse du patronat moderne des années 70 et du CNPF, est juste, mais daté, car aujourd'hui, où est ce patronat moderniste. Même dans les pays comme l'Allemagne et sa cogestion, le patronat s'est laissé conquérir par le libéralisme néo réactionnaire. Les syndicats n'ont pu stopper la régression sociale, le retour du salariat pauvre.
Aujourd'hui le syndicalisme doit redevenir combatif, pour redevenir crédible et respecté par un patronat néo-réactionnaire, qui peut compter sur Sarkozy pour lui faciliter la tâche.
Jean Bachèlerie.
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 17H11 | 24/01/2009 |
Heureux qui communiste a fait un long voyage….
De Zibel
(inquiète depuis le 6 mai 2007) | 18H06 | 24/01/2009 |
NOOOOOON !
Pas lui, pas lui…
Henri Vacquin, un des symboles de 68, c'était un de ceux que j'appréciais le plus pour ses argumentaires imparables et sa discrétion… Si je ne fais pas erreur il fait partie des intellos qui étaient allés bosser dans les usines pour être au plus proche des préoccupations ouvrières ?
Comme pour le « cas Kouchner » (mon idole déboulonnée, ouiiiin) j'aimerais me dire que la démence est là… car, au-delà du constat du désastre morbide de la gauche (indéniable, hélas) comment peut-on adhérer à quelconque intention du nabot impérialiste qui nous gouverne ?
Il y a une énorme marche à ne pas franchir entre la condamnation de la dérive de la Gauche et l'approbation du pouvoir actuel qui met en grave danger la République…
Je crois, tout de même, que j'essaierai de lire son bouquin en serrant les dents, pour voir, pour savoir ( ? )…
Tout fout le camp, la tempête a tout emporté…
De le gone
cadre dirigeant qui se soigne | 18H01 | 25/01/2009 |
Quelle unanimité à dénoncer la prise de conscience d'un homme, qui, à 70 ans, peut se réclamer d'un parcours et d'un activisme certain.
Je suis stupéfait de vos condamnations de masses, des termes de « collabo » lus dans ces posts et autres extrêmités de langage. Il est de retour le temps des procès Staliniens ?
Oui, Mr Vacquin a raison de s'en prendre à la pensée unique de gauche, à l'absence d'inventaire digne de ce nom, à l'anachronisme aussi.
le plus étonnant : vous qui exprimez votre dégoût pour la crise de la gauche, votre impatience à la voir réagir, vous vous réclamez encore et toujours des mêmes recettes et de ce radicalisme perdant/perdant :
« cette carence de transmission des valeurs »
» un même vœu de mort sociétale »
pour reprendre les termes de Mr V.
enfin, j'applaudis à votre sens de la nuance : gauche / droite clivées, antagonisme sacré, rupture consommée, alternative impossible…
Oui, le reconstruction d'une pensée politique peine à se mettre en marche car elle piétine sur les cadavres de vos dogmes.