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Les cinq règles d'or d'une manif unitaire réussie
Par Rodolphe Helderlé | Miroir social | 28/01/2009 | 13H04

Comment s'organise une manifestation interprofessionnelle avec huit syndicats ? L'exercice peut ressembler à du marchandage pour occuper le devant de la scène. Découvrez les règles qui ont déterminé la chorégraphie du défilé « unitaire » de ce jeudi.
Un slogan qui ne doit fâcher personne
« Ensemble face à la crise, défendons l'emploi, le pouvoir d'achat et les services publics », voilà pour le slogan de la banderole de la première ligne du « carré de tête » du défilé parisien de ce jeudi. Et pour le sous-titre : « Arrêt des suppressions d'emploi et augmentation générale des salaires. » C'est sur cette banderole que les huit syndicats ont commencé à se mettre d'accord.
Un exercice de style très consensuel pour ne fâcher personne, au risque de ne pas plaire à grand monde. Impensable par exemple pour François Chérèque de défiler sous une banderole qui appellerait à l'interdiction des licenciements… D'autres auraient voulu une accroche plus offensive, mais seul SUD appelle clairement à une grève générale.
Une « compétition équitable » dans le carré de tête
Ensuite, il a fallu s'entendre sur l'ordre de la première ligne du défilé, composée de seize personnes, deux par syndicat. Après délibération, ce sera de la droite vers la gauche : CFTC, CFE-CFC, Unsa, CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaire. Les places centrales étant bien entendu les plus courues, pour augmenter les chances d'être filmé par les caméras.
Chaque syndicat désigne ensuite dix personnes, qui défilent dans le carré de tête. Ils n'ont droit qu'à cinq drapeaux maison, afin de limiter les foires d'empoigne pour cannibaliser la visibilité des voisins.
« Il s'agit de s'entendre sur les règles d'une compétition équitable où chaque syndicat cherche à affirmer sa présence », déclare Jean-Paul Plottu, le secrétaire régional de l'Union régionale Ile-de-France de la CFDT, en charge d'organiser la manifestation parisienne.
C'est la guerre de l'image. C'est à qui sortira le plus gros ballon à hélium (deux heures de gonflage pour les plus gros) pour accrocher les caméras et, accessoirement, servir de repère pour les rassemblements.
Alterner les grands et les petits syndicats
Les tractations commencent vraiment pour décider de l'ordre des cortèges qui suivent le carré de tête. FO a obtenu la première place. Suivent ensuite la CFTC, la CGT, la CFE-CGC, la FSU, la CFDT, Solidaire et l'Unsa. Un grand, un petit, un grand, un petit…
L'image de joyeux bordel qui colle à la plupart des manifestations cache une chorégraphie longuement négociée, explique Jean-Paul Plottu :
« Chacun revendique bien entendu la première place et avance ses arguments. Son score aux prud'homales pour l'un, sa capacité à faire reculer le gouvernement pour un autre. Il nous a fallu une heure pour nous entendre sur l'ordre. Nous avons accepté d'être sixièmes. Lors de la dernière manifestation interprofessionnelle du 17 juin, nous étions en première position. »
Des négociations aussi à l'intérieur des syndicats
Chaque syndicat organise son carré comme il l'entend. Avec, là encore, une ligne de tête. Le carré de la CFDT met à l'honneur les fédérations, qui défilent par ordre d'importance après, là encore, des négociations. A la CGT, on défile par union départementale…
Chaque organisation laisse libre cours aux revendications de chacune de ses sensibilités. Gabriel Gaudy, secrétaire de l'union départementale de Paris pour FO, explique :
« Les revendications de la banderole de tête sont forcément consensuelles. Nous avons tout de même obtenu que l'augmentation des salaires soit générale. L'interdiction des licenciements sera en tous les cas à l'affiche chez nous. »
Du côté de l'Unsa, on affirme prendre du recul sur ce petit jeu de la répartition des places. « C'est un peu ridicule. Il faut avant tout retenir que huit organisations syndicales se sont entendus sur un cahier des charges revendicatif », estime Jean Grosset, secrétaire général adjoint du syndicat, qui aura l'honneur de fermer la marche.
Des services d'ordre bien entraînés
Il appartiendra aux services d'ordre (SO) des différents syndicats de procéder au fameux comptage maison, généralement au moins trois fois supérieur à celui de la Préfecture de police. Chaque organisation dispose de son propre SO, dont les responsables sont en contact permanent pendant la manifestation. Objectif : protéger les personnalités et le cortège.
Environ 80 militants de tous les syndicats, identifiables à leurs brassards, assureront la sécurité du carré de tête. Les autres membres des SO se chargent de la sécurité de leur propre cortège. Des militants souvent équipés de protections individuelles, comme des coquilles et des gants, qui se rassemblent périodiquement pour s'entraîner à des extractions et autres blocages de rues.
Pas de matraques, ni de bombes lacrymogènes dans la panoplie officielle. Priorité à la prévention, avec une attention particulière sur les jeunes.
► Corrigé le 28/01/2009 à 17h15 après le commentaire de mystille : les chiffres des syndicats ne sont évidemment pas inférieurs, mais supérieurs à ceux de la police…
► Corrigé le 28/01/2009 à 19h20 : le responsable de la CFDT interviewé dans l'article s'appelle Jean-Paul Plottu, et non Plattu.
A lire aussi sur Rue89 et Eco89
► Les syndicalistes de Sud-Rail sont-ils des « irresponsables » ?
► L'analyse de Patrick Jarreau : plus de social, moins de pouvoir personnel
Ailleurs sur le Web
► Toutes les revendications et mobilisations, sur 29janvier2009.fr
► La carte des manifestations et des grèves, par la CGT
Photo : manifestation de profs contre des réductions de postes (Charles Platiau/Reuters)
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De hassan
etudiant | 23H49 | 28/01/2009 |
Même si rue89 rend deja cet manif ringard il faut manifester nous sommes dans une peride grave ou Sarko fait la guerre contre le service public comme l'ecole la sante la justice qui l'arrenge
ne dite jamais que c'est foutue qu'on peut rien faire.
L'ecole la sante c les bases mini d'un pays comme la france.
Je vous rappel qu'on peut reculer 50ans en arriere en tres peut de temps ou on va bosse 60 heures par semaines et gagné juste dequoi payé son pain et son gaz ou allez a la soupe de coluche et on dira qu on peut rien faire c l euros.
De Airinys
ailleurs | 23H53 | 28/01/2009 |
Réussie ? Ne juge-t-on pas le succès d'une mobilisation syndicale en fonction des revendications satisfaites ?
J'en déduis que si la réussite se mesure au nombre de manifestants grévistes, le but est de montrer au pouvoir que les français sont mécontents et savent se mobiliser …
Je suis mitigé sur cette grève, une baisse sondagière est bien plus efficace pour influencer Sarkozy, parce qu'à mon avis une grève carrée pour prendre l'air il s'en moque comme de sa première brosse à dent.
A titre perso, si les syndicats descendaient dans la rue pour réclamer les 20% d'augmentations que les français méritent légitimement, je serais près à sacrifier 1-2 semaines de salaire.
De zikpoltech
cadre | 10H30 | 29/01/2009 |
En même temps si personne ne manifeste plus, ça n'arrange pas les choses.
Je ne suis pas un habitué des manifestations, je trouve ça un peu ringard d'aller dans la rue et de crier :
Pré-si-dent dé-mi-ssion !
Mais s'il y a en tout 10 millions de manifestants, ça change quand même les choses… Un rapport de force se crée. Ils se disent, merde, là on trop fait les cons…
D'accord, niveau revendications, c'est décousu. Mais je pense que beaucoup de gens y vont pour une raison simple :
on a un gouvernement de merde !
des milliards aux banques (parfois bénéficiaires) et moins de logements sociaux… suppression du juge d'instruction… dépense en hausse de l'élysée et des cabinets ministériels… paquet fiscal.. main basse sur les médias… cadeaux à Bouygues et autre… loi Hadopi (contre l'avis des élus européens)…
Contre ce gouvernement de merde, manifestons !
zikpoltech.blog.free.fr