Droit de réponse

La réponse de l'Ifop à notre article sur Laurence Parisot

Par Stéphane Truchi | Ifop | 06/02/2009 | 17H52

En tant que président du Directoire de l'Ifop, je tiens à réagir sur certains des propos que vous tenez sur la situation de l'Ifop.

Il y a un an lors de mon arrivée à l'Ifop, j'ai engagé un projet de transformation de l'Ifop. Ce projet a permis de retrouver une réelle dynamique avec une croissance de 10% de notre chiffre d'affaire par rapport à 2007, dans un marché à faible croissance (2,5% selon Syntec) et dans une période de crise intense.

Cette croissance est le fruit d'une stratégie de développement autour de nos secteurs d'expertise, parmi lesquels les études d'opinion, le Luxe, les NTIC, l'énergie, les études qualitatives… où les initiatives que nous avons eues nous ont permis de gagner des parts de marché.

L'Ifop ne « s'enfonce pas dans la crise » comme vous l'écrivez mais a plutôt engagé une transformation qui lui a permis de retrouver la croissance, et un résultat d'exploitation positif pour cette année.

Vous mentionnez dans votre article l'arrivée de nouveaux collaborateurs qui représentent un coût, mais faut-il vous rappeler que ces collaborateurs ont contribué à générer de la valeur et du développement tout au long de cette année 2008 ?

Certes, nous avons réajusté en cours d'année nos moyens, mais ces actions ont été entreprises pour soutenir le projet de transformation. Je prends pour exemple la réduction de nos ressources du côté de la production de nos enquêtes téléphoniques, rendue nécessaire par l'évolution structurelle de notre métier vers les enquêtes on-line, qui impacte directement nos enquêtes par voie téléphonique qui baissent régulièrement au profit du recueil on-line.

Enfin, vous évoquez la vente d'Ifop Music, la justifiant par des besoins de trésorerie. C'est une vision très réductrice et inexacte de la réalité. La vente d'Ifop Music est un choix stratégique. L'univers de la Musique est en pleine mutation (téléchargement) et dans ce contexte les mesures de ventes de disques subissent de plein fouet cette modification de la distribution. L'opportunité de vendre cette filiale à notre confrère GFK, spécialiste des panels culturels, est cohérente avec notre stratégie visant à nous renforcer et à concentrer nos moyens sur nos autres secteurs de spécialisation.

Pour terminer, je conteste ce que vous affirmez en 2009, la part variable des salaires a été purement et simplement supprimée ». Cette affirmation est totalement fausse, puisque cette année encore, des bonus ont été versés aux salariés éligibles de notre système de rémunération variable.

L'article que vous avez écrit et la description que vous faites de notre situation sont profondément inexactes, et constituent un préjudice pour l'entreprise que je dirige, tant vis-à-vis de nos équipes que vis-à-vis de nos clients.

Je vous demande donc de bien vouloir corriger la nature des propos que vous engagez et de publier cette réponse.

A lire aussi sur Rue89 et Eco89
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Ailleurs sur le Web
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La fiche Wikipedia de Laurence Parisot
La page de Laurence Parisot sur le site du Medef

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2 commentaires sélectionnés

Portrait de Docteur Panel

De Docteur Panel

Sondologue | 18H31 | 06/02/2009 | Permalien

Puisqu'il est question de sondages : et si, en plus des réactions de son PDG, Eco89 publiait aussi celles d'un échantillon représentatif des salariés de l'Ifop ? Juste pour comparer les points de vue ? Ca, ça serait vraiment moderne !

Question subsidiaire : Reste à savoir s'il faut représenter dans l'échantillon les salariés actuels - pardon, les « moyens concentrés sur les autres secteurs de spécialisation » seulement, ou aussi les salariés virés - pardon, les « moyens réajustés »…

Portrait de David Servenay

De David Servenay

Rue89 | 21H48 | 06/02/2009 | Permalien

La réponse de Stéphane Truchi, Pdg de l'Ifop, n'entraînera aucune correction de notre enquête. Pour une raison simple : il ne remet en cause aucune des informations livrées. Il nous a d'ailleurs confié, lors d'un entretien téléphonique, qu'il n'y avait factuellement rien à redire à notre article.

A l'exception d'un détail : les salariés de l'entreprise sont payés sur 13 mois, ils ont donc un treizième mois. Mais leur part variable (prime annuelle) a bien disparu en janvier 2009 (il est donc logique qu'elle existe encore sur les résultats 2008).

Cette prime annuelle, nous a expliqué un ancien salarié après avoir lu notre enquête, se décomposait de la manière suivante : « 33% sur objectifs personnels - qui ne sont jamais clairs, 33% sur les résultats de l'équipe, 33% sur les résultats de l'entreprise ».

Stéphane Truchi promet aussi pour 2008 un « résultat d'exploitation bénéficiaire ». Nous attendons de voir, surtout si cela inclut les opérations dont il est fait mention (vente d'Ifop Musique, dont la logique de la cession reste à démontrer, car si l'activité est bénéficiaire et valorisée, alors pourquoi s'en séparer en période de crise ? ).

Son pari stratégique (se diversifier vers le luxe) sera-t-il une réussite ? Là encore, nous ne pouvons que lui souhaiter.

Mais tout cela ne change rien à l'angle de notre enquête : comment Laurence Parisot a-t-elle géré ses entreprises ? Le résultat est, a minima, plutôt mitigé. Et de cela, Stéphane Truchi n'a rien dit… pas plus que l'actionnaire principal de l'Ifop, qui n'a pas jugé bon de répondre à Rue89.

PS : Parmi toutes les réactions reçues, il nous a été confirmé que les locaux de l'Ifop connaissent une hygiène douteuse, à tel point que chaque bureau est équipé -ne riez pas- d'un piège à souris.

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