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Riverains, de près ou de loin, vous côtoyez le harcèlement moral
Par Julie Banos | Etudiante en journalisme | 24/02/2009 | 11H58
Depuis la mise en ligne de l'enquête sur le harcèlement moral stratégique, vous avez été nombreux à réagir. Témoignages, conseils, analyses ou polémiques, le harcèlement vous touche et vous révolte.
De nombreux riverains se sentent concernés personnellement et racontent le harcèlement tel qu'ils l'ont vécu, de près ou de loin. Selon les professions, les cas sont différents. Mais c'est surtout l'attitude face à cette situation qui modifie les conséquences du harcèlement.
Buffy74 raconte le calvaire de l'une de ses ex-collègues :
« Caissière dans une grande surface, ils étaient sans arrêt derrière elle. Ils n'en voulaient plus, trop vieille (40 ans)… Il ne fallait pas lui parler, toujours lui dire d'aller plus vite, des réflexions désagréables devant les clients. »
Gouthe dô raconte que tout a changé le jour où elle a pris conscience de son harcèlement :
« Je me suis battue, je l'ai payé, mais maintenant ça va mieux. »
En essayant de se battre contre son employeur, Gouthe dô a été isolé dans son travail, a subi l'indifférence de ses collègues jusqu'au jour où la situation s'est améliorée. La solution : oser prononcer le mot harcèlement.
Olive 71 a le sentiment d'être victime de harcèlement mais ne sait pas comment s'en sortir. « Réflexions, allusions déplacées, rétention d'informations, manque de communication au sein de l'équipe », elle raconte son quotidien professionnel sans savoir comment s'en sortir. Elle a peur d'en parler, ses collègues sont indifférents.
D'autres riverains ont noté les mêmes schémas de harcèlement dans leur vie professionnelle. Ils sont plusieurs à rappeler que c'est un problème qui touche tout le monde, domaines privé et public confondus.
Pour Spiripotain, il faut rappeler que le harcèlement existe aussi dans le public, même si c'est moins connu du grand public. Ils peut en témoigner dans son travail :
« Je vis ce scandale démocratique chaque jour au travail. Je vois des personnels d'entretien partir en congé pour dépression, des personnels administratifs demander leur mutation sitôt arrivés, etc. et rien ne bouge. Un chef reste un chef. »
Sacha 95, dans un long témoignage raconte son parcours.
Poursuites judiciaires
Vous êtes nombreux à témoigner, mais vous êtes nombreux à agir. Plaintes, prud'hommes, médecine du travail : le harcèlement est un délit et certaines personnes sont chargées de le contrôler. C'est pour ça qu'il ne faut pas hésiter à lutter contre le harcèlement, selon plusieurs d'entre vous.
N.Maréchal met les choses au point :
« Le harcèlement moral est sévèrement puni par la loi. 15 000 euros d'amende et un an de prison. Ce genre de chose ne passe pas aux prud'hommes mais au pénal. »
Caro est allée jusqu'aux prud'hommes, mais elle reconnaît que la route est longue. Il faut être bien entouré, il faut oser aller contre l'indifférence des collègues, il faut être endurant pour aller jusqu'au bout de la procédure.
Vous êtes plusieurs à être confrontés à ces difficultés pour lutter contre le harcèlement. Mais les procédures judiciaires qui aboutissent restent isolées dans les commentaires. Sacha 95, qui a perdu son travail pour avoir voulu se débattre contre la harcèlement regrette de n'avoir pas su se défendre légalement, de n'avoir pas pu se faire entendre :
« Alors oui, Rue89, un jour je repousserai cette porte et j'aurai de la voix… »
Conseils pour stopper le harcèlement
Vous êtes souvent conscients que le harcèlement est un phénomène diffus et difficile à repérer. Vous multipliez donc les conseils. Il s'agit surtout de garder des preuves. Vous le répétez, il faut conserver une trace. Les techniques sont variables.
Pour Citrus, il faut enregistrer tous les signes posssibles. Sans aller jusqu'à cette extrémité pas toujours pratique, de nombreux riverains ont les mêmes techniques pour prouver le harcèlement : prendre des photos, garder les papiers, documents, prendre des collègues comme témoins. Pour se sortir du harcèlement, il faut le montrer au grand jour.
Boissonzyskind est bien placée pour en parler :
« J'ai été harcelée, je suis juriste en droit du travail et ancienne élue du personnel. C'est pour ces raisons que je m'autorise à prodiguer quelques conseils : garder des traces écrites quand elles existent, voire les créer.
Par exemple, votre chef a mis en cause votre travail, n'hésitez pas à lui envoyer un écrit dans lequel vous reprenez ses reproches puis lui demandez des exemples concrets ainsi que des conseils afin de mieux lui donner satisfaction à l'avenir. »
Les conseils de Jean Luc Lumen sont plus légers :
« Pour autant, ne pas baisser les bras est la première chose à faire. Mais sortez de vos quatre murs, en allant flâner, se distraire. »
Un phénomène à analyser
Tous les riverains ne sont pas concernés personnellement par le harcèlement. Mais ils ont leur avis sur la question. C'est le cas d'Anastaze qui tente une analyse historique :
« Ces pratiques se sont institutionnalisées vers la fin des années 70 à titre individuel avec la mise en place des “évaluations de performances”, et à titre collectif tout au long des années 80 avec le développement des “fusions-acquisitions'.”
Grand Loup 74 analyse lui aussi le harcèlement comme un phénomène historique.
Melinster, comme plusieurs riverains assimile le harcèlement aux dérives du système :
“Il ne faut pas chercher d'excuses au harcèlement, il n'y en a pas. Le système actuel encourage n'importe quel patron peu scrupuleux à en venir à ce type de pratiques douteuses.”
Pour élargir ce débat sur le harcèlement, vous êtes plusieurs à conseiller l'ouvrage de Marie-France Hirigoyen, “Le Harcèlement moral : la violence perverse au quotidien”. Enfin, Ganima vous conseille même un film, “Le Couperet” de Costa Gavras.
A lire aussi sur Rue89 :
► Du harcèlement moral stratégique pour virer facile
► Victime de harcèlement ? Quelques conseils pour en sortir par Boissonzyskind
► Tous les articles sur le harcèlement
Ailleurs sur le Web :
► Le site de l'association Harcèlement Moral Stop (HMS)
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De marie 75 3563
12H00 | 24/02/2009 |
c'est la nouvelle technique de dégraissage !
Malheureusement !
à marie 75
De jexiste
si, si | 17H41 | 24/02/2009 |
Non, elle n'est pas nouvelle.
Le premier manuel du parfait tortionnaire, celui dont s'inspirent tous ceux cités dans le document que vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous, est français.
http://www.voltairenet.org/article14005.html
En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées…
De Chansommairus
bipède | 12H55 | 24/02/2009 |
Mlle, je n'ai pas du tout envie d'être désagréable, mais cet « article » ressemble à un exercice inachevé, l'ayant lu et relu, j'ai été obligé de me demander quel était l'objectif poursuivit, vous compilez des informations mais vous n'en tirez aucune conclusion ; à moins que le renvoie à la lecture du livres de… soit pour vous une manière de résoudre la question sans la traiter ?
à Chansommairus
De adrak
13H18 | 24/02/2009 |
Il ne s'agit pas d'un article mais d'une « revue de commentaires », qui complète une séries d'articles et de débats qu'ils ont suscités. Il ne s'agit pas non plus de fermer le débat, la question est loin d'être résolue d'après cette revue.
à adrak
De Chansommairus
bipède | 18H55 | 24/02/2009 |
D'abord je n'ai jamais dit qu'il fallait clore le débat, ensuite dire à une étudiante qu'il manque quelque chose c'est éventuellement lui rendre service.
« On » ne fait pas une « revue de commentaire » pour rien !
Je suis en train de dire que le titre ne suffit pas.
à Chansommairus
De penabranca
survivor | 13H20 | 24/02/2009 |
Je trouve la démarche intéressante au contraire. La compile testimoniale, en cours (plutôt qu'inachevée), est un travail qui n'a pas été fait jusqu'à présent.
Les analyses « intelectuelles » et les théories n'ont que peu de sens et d'intérêt si elles sont coupées du vécu.
Internet permet le témoignage, et bien témoignons.
à défaut de résoudre la question, ça fait du bien.
à penabranca
De Un vieux
retraité | 15H39 | 24/02/2009 |
Une compilation de témoignages ne pourrait pas tenir dans une encyclopédie de 24 volumes… Chacun est différent…
C'est vrai que le vécu est plus « palpable » que les théories, mais ce sont tout de même elles qui ont permis de résoudre les problèmes posés…
Je tiens aussi comme certain qu'un « aidant » doit effectivement passer par la case harcèlement, mais avoir entièrement « évacué » son traumatisme, pour ne pas risquer une once de subjectivité… C'est à ce prix que le pourcentage d'affaires « gagnées » pourra flirter avec les 90%…
Le harcèlement ne peut être résolu globalement que par la prévention et la mise en place de « garde-fous », suivis au long cours au sein de l'entreprise, mais en ayant recours, régulièrement, à un oeil extérieur objectif… Mais ne rêvons pas…
Oui… ! ! ! Il faut reconnaitre le harcèlement et, s'il est encore temps, le montrer au grand jour… Comme un vampire, il tombera en poussière au soleil… Mais il est rare que les victimes aient encore la force et l'aplomb pour le faire surgir… La crainte des représailles, de perdre leur emploi les inhibe entièrement…
Il faut qu'elles sachent que de toutes façon, un harceleur ne s'arrête JAMAIS… Même s'il ralentit, ou semble se calmer, ce n'est que pour mieux recommencer plus tard… Donc, que les victimes réagissent ou fassent le dos rond, le processus est engagé jusqu'à leur départ, voire plus loin encore (heureusement rarement)…
à penabranca
De Chansommairus
bipède | 19H14 | 24/02/2009 |
Je suis d'accord avec vous, le sens de ma critique est bien là :
dire en quoi cette compilation est intéressante, il y avait une nécessité à mettre en avant et c'est ce que vous avez fait : comme « les analyses coupées de la réalité sont, selon moi, peut pertinente alors …
là, je suis en train de témoigner de l'intérêt pour le travail d'une étudiante journaliste, mon commentaire n'est pas contre elle mais bien au contraire “pour” elle.
De padiran
Chroniqueur mondain | 14H02 | 24/02/2009 |
Toutes les informations de cet article sont évidemment bonnes à prendre, néanmoins je ne vois nul part l'intervention des syndicats.
Je peux témoigner que la simple menace de faire intervenir un syndicat est parfois source d'apaisement.
De plus en plus d'entreprises pratiquent la rotation du management . La notation de ces cadres passe aussi par les relations avec le personnel et donc la constitution d'un CV irréprochable. La menace d'un recours auprès des instances représentatives est pour eux une menace pour leur carrière.
Il est évident que ce qui est valable pour certaines entreprises ne l'est pas pour d'autres ou la représentation syndicale est soit absente, soit symbolique
De jexiste
si, si | 14H31 | 24/02/2009 |
Tous les secteurs professionnels sont touchés, mais le milieu associatif aussi, et il l'est d'autant plus qu'existent des interférences entre objet de l'association et politique, tendance qui se retrouve d'ailleurs autant dans le secteur professionnel privé que dans les administrations et services publics.
Un exemple : les hôpitaux des Armées relèvent comme les CHU du service public, mais seuls les seconds se trouvent sous l'autorité suprême du politique, Monsieur le Maire de la commune, dont les affidés occupent aussi des postes clés à tous les étages de la pyramide. En conséquence, l'usager qui tient à sa peau fréquente de préférence les premiers, où l'on fait de la médecine et non de la politique.
Un autre exemple : les SSII, globalement divisées en deux grands secteurs, le monde Bull, franco-français, latin, et celui d'IBM, anglo-saxon.
Bull équipant les administrations et services publics français, les SSII se positionnant sur ce secteur sont les seules à répondre aux appels d'offres soumis au bon vouloir de politiques, à leur goût plus ou moins prononcé pour les pots-de-vin.
En conséquence, c'est le pire à tous points de vue.
De Un vieux
retraité | 15H14 | 24/02/2009 |
Euhhh… M-F Hirigoyen est un ouvrage de vulgarisation qui, comme tous ceux de ce type, aurait tendance à pousser à la paranoïa… Elle a dû en écrire un autre pour recadrer les choses, des gens stressés voyant des pervers narcissiques partout…
Un ouvrage de référence serait plutôt, après « la persécution au travail » de Heinz Leymann, « Souffrances en France » de Christophe Dejours, dont M-F. H. s'est largement inspirée…
On peut aussi trouver une des branches historiques à : http://cfdt-eurocopter.over-blog.com/article-4282916.html …
Mais je pense aussi qu'il serait bon d'expliquer le but poursuivi par cet article, documenté par des situations dont on sait qu'elles ne pourront jamais être semblables…
à Un vieux
De jexiste
si, si | 15H33 | 24/02/2009 |
« Souffrance en France », très bonne référence. Recadre la problématique syndicale.
« La fabrique des exclus », de Jean Maisondieu, en est une autre à retenir.
à Un vieux
De multicompte e
eee | 15H35 | 24/02/2009 |
Je n'ai pas lu le livre de Christophe Dejours, mais le livre de Madame Hirigoyen a eu le mérite de faire connaître et reconnaître le phénomène : au moins aux victimes, en partie aux législateurs… Reste à le faire reconnaître aux harceleurs, directions d'entreprises, et juges.. Une paille !
à multicompte e
De Un vieux
retraité | 15H54 | 24/02/2009 |
Les législateurs étaient au courant bien avant… Le livre de M-F H est sorti en septembre 1999, et le contrat social Européen devait être, et a été signé en juillet 2000… Il comprenait des clauses de lutte contre le harcèlement moral… Opportun, non ? ? ?
Les livres à ce sujet sont légion, j'en ai un plein placard, mais Leymann et Dejours sont les seuls que l'on retrouve dans toutes les bibliographies des autres auteurs…
à multicompte e
De jexiste
si, si | 16H21 | 24/02/2009 |
A vrai dire, en ce qui me concerne, c'est Marie-France Hirigoyen que je n'ai jamais lue. Pas pu. Mais certains de mes proches l'ont fait et y ont trouvé confirmation de tout ce que je décrivais moi-même depuis déjà longtemps.
à jexiste
De multicompte e
eee | 19H31 | 24/02/2009 |
Hirigoyen a écrit deux livres : le premier, clair, limpide.. sorti en livre de poche…
Dans le 2e, elle revenait sur certains de ses dires… Et mettait en garde les victimes contre le recours à la justice qui pouvait se révéler plus traumatisant que réparant, ce qui devrait être le rôle de la justice, puisque celle-ci continue à vouloir jouer les sourdes et les aveugles.
De jexiste
si, si | 15H23 | 24/02/2009 |
Un exemple de schizophrénie à la française, source de souffrance dans le travail :
Du régime fiscal des pots-de-vin :
http://www.mbaconseil.com/Rubrique%20juridique/etudes_diverses/potvin.ht…
ASPECT FISCAL
Phénomène sans doute intemporel, la corruption est devenue en France une gangrène quasi institutionnalisée. L'actualité judiciaire la plus récente est une éloquente démonstration du caractère glauque des relations que certains élus ont mis en place avec le monde de l'entreprise (l'« affaire Carignon », par exemple) :
Soyons clairs : dans certains secteurs d'activité, les entreprises n'ont plus le choix pour décrocher des marchés publics locaux : soit elles acceptent de verser des pots-de-vins, soit elles perdent ces marchés au profit d'une concurrence plus accommodante, au risque de devoir déposer rapidement leur bilan. Face à la généralisation de ces pratiques, nos magistrats font preuve d'une affligeante incohérence. Ils reprennent en effet d'une main en matière pénale ce qu'ils donnent de l'autre en matière fiscale.
Difficile, dès lors, pour un dirigeant de société de comprendre cette curieuse alchimie judiciaire. Pour l'aider à piloter son entreprise dans ce véritable maquis jurisprudentiel, nous traiterons ici du régime fiscal des pots-de-vin.
D'un point de vue fiscal, la jurisprudence fait preuve d'une permissivité qui, pour certains, sera considérée comme frôlant l'immoralité. En effet si, pour obtenir un marché public une entreprise doit verser une « commission », les charges correspondantes, et même les sanctions encourues (à l'exception des sanctions pénales) ne sont pas considérées comme des actes anormaux de gestion. Autrement dit, malgré son caractère illicite, le pot-de-vin est alors déductible du bénéfice imposable de l'entreprise qui le verse (Conseil d'Etat, 15 avril 1988).
L'article 1763 A du Code général des impôts (CGI) pose toutefois des contraintes pour bénéficier de cette faveur. Toute société soumise à l'impôt sur les sociétés qui verse de tels revenus à des personnes dont elle refuse de révéler l'identité à l'administration fiscale est passible d'une pénalité écale à 100% des sommes en cause.Ce montant est ramené à 75% si la société mentionne spontanément dans sa déclaration de résultat qu'elle a versé des rémunérations occultes, sans désigner pour autant les bénéficiaires. En outre, dans l'hypothèse où la société serait insolvable, les dirigeants sociaux, de droit ou de fait, seraient solidairement tenus au paiement de la pénalité.
Mais l'apparente rigueur de ce texte ne doit pas faire illusion. Car il a été facilement contourné.
En matière de commerce international, tout d'abord, une entreprise confrontée à la nécessité de verser un bakchich pour obtenir un marché étranger pouvait obtenir l'accord d'un service spécialisé du ministère des Finances (pratique dite du « confessionnal »). Cette bienveillance de l'administration a cependant été remise en cause en janvier 1993, à la suite des recommandations du rapport Bouchery sur la prévention de la corruption.
En outre, la loi de finances rectificative pour 1997 (du 29 décembre 1997) a supprimé la déductibilité des sommes versées à des agents publics (article 32) Cette disposition a été votée a la suite du dépôt d'un amendement par le gouvernement, qui signait dans le même temps (le 17 décembre 1997), avec les états membres de l'OCDE et cinq autres pays, une convention « sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales ». Mais, d'une part, cette réforme ne s'appliquera qu'à compter de l'entrée en vigueur de la convention de l'OCDE, d'autre part, elle ne concerne pas les pots-de-vin versés aux « corrompus nationaux ».
En France, les pénalités prévues par l'article 1763 A du CGI n'ont guère gêné les élus véreux dans l'organisation de leur fructueuse collecte. Ils ont tout simplement permis aux entreprises devant « passer à la caisse » de satisfaire à l'obligation de déclaration du bénéficiaire de la « commission », en s'abritant derrière l'écran protecteur de pseudo bureaux d'études destinés à « blanchir » les commissions occultes. Les magistrats ont fermé les yeux. Une décision récente concernant des « honoraires » versés à un tel bureau d'études l'atteste à nouveau, « considérant (…) que le versement de ces honoraires était une condition imposée par les municipalités pour l'obtention de marchés publics (…) ; que, dès lors, et alors même que ces pratiques constitueraient des infractions aux lois et réglements en vigueur, les charges correspondantes engagées dans l'intérêt de la société ont le caractère de charges déductibles » (tribunal administratif de Lyon, 17 juin 1997). Cette jurisprudence est difficile à justifier car, s'agissant de pots-de~vin locaux, on a du mal a percevoir le contexte de « guerre économique », qui a été avancé lors de la discussion de la loi de finances rectificative pour 1997 pour tenter demaintenir la déductibilité de ces bakchichs internationaux. Ce jugement du tribunal administratif est surtout pervers, car il invite les chefs d'entreprise à entrer dans un système où le juge pénal les attend au virage, avec un arsenal de dispositions répressives. Là est l'incohérence de notre droit interne. Si le pot-de-vin inévitable est admis en droit fiscal, il ne l'est pas endroit pénal, la jurisprudence française se livrant à un exercice tenant du grand écart.
ASPECT JURIDIQUE
Si les juges ferment les yeux sur la déductibilité fiscale des pots-de-vin, il n'en va pas de même en matière pénale. Cette contradiction constitue d'ailleurs un véritable piège pour les patrons français. En effet, lorsqu'ils sont obligés, comme cela arrive souvent dans certains secteurs, de verser une « commission » à un élu ou à un fonctionnaire pour que leur entreprise puisse obtenir un marché, ils ne doivent surtout pas s'illusionner et croire que cette bienveillance en matière fiscale les exonère de leur responsabilité en matière pénale. Bien au contraire.
Les juges les attendent au tournant avec un arsenal d'infractions : délits de corruption et de trafic d'influence d'une part, abus de biens sociaux d'autre part.
La corruption, tout d'abord, est un délit qui a une double facette : elle peut être « active “ ou ‘ passive . La corruption active’ est sanctionnée en ces termes par l'article 433-1 du Code pénal : ‘Est puni de dix ans d'emprisonnement et de 1 million de francs d'amende le fait de proposer, sans droit, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques pour obtenir d'une personne dépositaire de l'autorité publique, chargée d'une mission de service public ou investie d'un mandat électif (… ), qu'elle accomplisse ou s'abstienne d'accomplir un acte de sa fonction, de sa mission ou de son mandat.’ En fait, ce texte ne concerne pas que le corrupteur actif. Il vise également le dirigeant de société obligé de ‘passer à la caisse’, puisqu'est ‘puni des mêmes peines le fait de céder’ à l'une des personnes susvisées. La corruption ‘passive’ ne sanctionne certes que la personne corrompue (art.432-11 du Code pénal) mais le chef d'entreprise risque d'être poursuivi pour complicité.
Comme la corruption, le délit de trafic d'influence est sanctionné sous ses aspects actif et passif. L'article 433-1-2°du Code pénal prévoit en effet ‘qu'est puni de d'emprisonnement et de 1 million de francs d'amende le fait de proposer, sans droit, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques pour obtenir d'une personne dépositaire de l'autorité publique, chargée d'une mission de service public ou investie d'un mandat électif public (… ) , quelle abuse de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d'une autorité ou d'une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision formelle’. Et, là encore, tombe sous le coup des mêmes sanctions celui qui cède à l'une des personnes visées par ce texte et accepte d'” acheter “. Quant au trafic d'influence passif, il ne vise certes que celui qui abuse de son influence, mais,dans l'hypothèse qui nous intéresse, il également à craindre que le délit de complicité soit reproché au chef d'entreprise.
Outre la corruption et le trafic d'influence, qui sont assortis de peines complémentaires, existe également le délit de ‘favoritisme’. Mais tous ces délits n'étant pas faciles à prouver, les juges ont trouvé un autre moyen, plus efficace, pour sanctionner les élus véreux. Ils utilisent une infraction qui n'avait nullement été prévue pour cela : l'abus de biens sociaux (ABS). Ils poursuivent le dirigeant qui a été contraint de verser un pot de vin pour ABS, afin de ‘ faire tomber le bénéficiaire pour complicité ou recel d'ABS. Mais, outre le fait qu'ils se trompent ainsi d'infraction et d'adversaires, leur stratégie se heurte à un obstacle de taille : pour qu'un ABS soit constitué, il faut en effet une violation de l’ ‘ intérêt social .
Or, le dirigeant qui verse des commissions’, non dans son intérêt personnel mais pour permettre à son entreprise d'obtenir des marchés, qui, sinon, iraient à la concurrence, utilise bien les fonds de la société conformément à l'‘intérêt social’. C'est d'ailleurs la position de la jurisprudence en matière fiscale.
Pourtant, les magistrats français, qui se sont livrés ici à un exercice relevant du grand écart, ont pris en matière pénale une position radicalement opposée. Dans un arrêt 22 avril 1992, confirmé récemment dans ‘l'affaire Carignon’ la Cour de cassation a en effet péremptoirement affirmé que ‘ l'usage des biens d'une société est nécessairement abusif lorsqu'il est fait dans un but illicite . Même si un tel postulat relève davantage de la pirouette verbale que du raisonnement juridique, cette jurisprudence existe et on ne peut qu'attirer l'attention des dirigeants de sociétés sur le risque d'ABS, désormais systématiquement lié au versement d'un pot-de-vin. Et ne croyez pas qu'il suffit, pour éluder ce risque, d'utiliser le système de la caisse noire’ en jetant un voile pudique sur le versement de la ‘commission’. La cour de cassation considère en effet qu” “à moins qu'il soit justifié de leur utilisation dans le seul intérêt de la société -ce qu'elle n'accepte pas, on vient de le voir, lorsque cette utilisation consiste à payer un pot de vin-, ‘ les fonds sociaux prélevés de manière occulte par les dirigeants l'ont nécessairement été dans leur intérêt personnel (Cassation criminelle, 20/06/96). C'est donc là encore une condamnation pour ABS assurée.
(Article de Jean Pierre Bertel : extrait du revenu français )
De multicompte e
eee | 15H34 | 24/02/2009 |
Citrus est bien content de voir que Rue89 s'intéresse d'aussi près au harcèlement moral, mais Citrus a été aussi « victime » de harcèlement moral, et Citrus est très soucieux actuellement, parce qu'une autre victime à son travail que le Président de la composition de jugement aux Prud'hommes récemment n'a pas voulu l'entendre, est en attente de reprise.
L'avocat de la partie adverse a dit : « pas de contradictoire »… Or, l'intérêt de faire déposer sous serment à la barre un « sachant » témoin consentant a pour intérêt l'effet de surprise, car le « sachant » déclare ce qu'il veut dire et répond aux questions des Conseillers.
C'était tout à fait légal… Certes limite ligne blanche, mais ô combien délicieux de leur faire un coup de Trafalgar à ceux qui ont décidé de l'avenir de votre affaire (et du vôtre aussi, par la même occasion ! ) bien avant le début de la séance !
Les Conseillers se sont retirés pour délibérer et ont refusé…
De toute façon, ils n'ont pas cessé de refuser mes demandes…
Mais j'ai continué quand même et je continuerai toujours.
Les syndicalistes me félicitent ; ils me disent que je suis de ceux qui ne lâchent pas…
Je leur facilite ainsi la tâche.
J'ai sur les épaules le poids de morts, suicidés, enterrés sans qu'il soit tenu compte de leurs dernières volontés, celles exprimées dans le petit mot laissé auprès de leur cadavre.
Un jour, nous arriverons à faire parler les morts.
La victime dont le tribunal a REFUSE d'entendre le témoignage et il valait son « pesant d'or » est toujours prolongée par l'intervention auprès de son médecin traitant d'un psychologue d'une association de victimes.
Le situation est en standby, mais Citrus va donner un coup de pied dans la fourmillière.
Je suis d'accord avec Chansonmairus, vous relancez le sujet, mais où sont les solutions…
Nous sommes dans un magma, style sable mouvant… et à côté de l'endroit où j'écris, je trouve une publicité « conseil et formation en Prévention du risque psychosocial au travail »…
C'est bien de cela qu'il s'agit de « psycho-social »… Peut être faudrait-il changer le nom, la dénomination de ce fléau…
En tout cas, les tribunaux ont du mal à l'entendre prononcer ce mot dévastateur « harcèlement » dans le sens où cela empiète sur le pouvoir « souverain » de décision de la direction de l'entreprise… Pouvoir régalien : droit de vie ou de mort sur ses sujets, comprendre les « salariés.
Pfuitttt !
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H30 | 24/02/2009 |
Moi aussi je vais écrire un livre, mais il aura pour thème « Comment harceler moralement ses subordonnés sans qu'on puisse le prouver ».
On m'a promis un petit larbin pour bientôt, je vais voir en combien de temps je peux le faire craquer : D
à Keldan
De jexiste
si, si | 16H44 | 24/02/2009 |
Ne vous leurrez pas, Keldan, il reste toujours des traces, des preuves, des témoins.
Seule la corruption des juges permet aux harceleurs de prospérer et proliférer.
à Keldan
De multicompte e
eee | 19H32 | 24/02/2009 |
C'est très bien, Keldan, belle mentalité…
De Eliott
16H55 | 24/02/2009 |
Le harcèlement moral au travail est très proche des cas des femmes battues dans leur foyer. Tout le monde sait, mais personne ne parle.
Aujourd'hui, il est important d'avoir un véritable équilibre en terme de droit entre l'employeur (qui est souvent le harceleur) et le harcelé (un employé).
Aujourd'hui le harcelé doit amener la preuve de son harcèlement, et souvent cela se retourne contre lui.
Un exemple, une des méthodes pour éviter ou prouver le harcèlement, est de ne jamais être seul dans le bureau du harceleur, un des moyens est de demander la présence d'une tierce personne ou mieux un délégué du personnel qui est protégé par son mandat. La loi condamne lorsque le salarié demande trop souvent la présence d'un DP pour une réunion. Tout le problème pour un juge est le « trop souvent », pour certains le trop souvent commence à partir de la deuxième fois.
Il en résulte souvent des décisions de justice très variables qui dépendent de la sensibilité de la cour et de la plaidoirie de l'avocat. Dans certains cas c'est même le harcelé qui se retrouve condamné pour harcèlement. Envoyer plusieurs RAR à son employeur peut être considéré comme du harcèlement.
Tant que la loi, et les institutions ne permettront pas de soustraire le harcelé du harceleur, tout en mettant à la totale charge du harceleur l'ensemble des charges (salaires, DI, arrêt maladie, médicaments…), les harceleurs continueront à agir en toute impunité.
La solution du MEDEF et de Sarkozy est de permettre la démission à l'amiable, ce qui fait que les harceleur font régler leur crime par l'ensemble de la société civile.
Je parle de crime car le harceleur devrait être traité comme un criminel, tout comme l'est un violeur. Combien de harceleurs condamnés à une peine de prison ferme ?
à Eliott
De jexiste
si, si | 00H18 | 25/02/2009 |
Femmes battues, ou femmes violées. En effet, ce sont elles qui trop souvent doivent quitter leur foyer, leur ville, voire leur région, leur boulot, leur réseau relationnel, amical, pour fuir les coups, viols, représailles, comme le harcelé doit lui aussi quitter l'entreprise, tout abandonner, changer de métier ou s'expatrier quand il le peut.
De jexiste
si, si | 18H50 | 24/02/2009 |
La liste de « Tous les articles sur le harcèlement » à laquelle est renvoyé le lecteur n'est pas complète.
En voici d'autres qui devraient y figurer :
http://eco.rue89.com/2008/12/05/suicide-au-travail-les-psys-se-font-enqu…
http://www.rue89.com/2008/12/18/comment-savoir-si-je-suis-victime-de-har…
http://www.rue89.com/philippe-madelin/2009/01/24/prudhommes-la-secretair…
http://www.rue89.com/2009/02/17/harcelement-precarite-et-solitude-les-af…
http://eco.rue89.com/2009/02/21/les-lanceurs-dalerte-sont-ils-en-danger ? …
à jexiste
De multicompte e
eee | 19H34 | 24/02/2009 |
Beau travail, jexiste, ton implication t'honore…
Nous n'allons pas tarder à te décerner le Prix de la Spécialiste Anti-Harcèlement à la Rue.
Qu'en pensez-vous à la Rédaction ?
Ce ne serait que justice, non ?
à multicompte e
De Un compte supprime
nc | 17H46 | 25/02/2009 |
larrons en foire…
à Un compte supprime
De jexiste
si, si | 21H55 | 25/02/2009 |
« Hips ! » laissa encore échapper type en couettes, ne pouvant contenir un irrésistible élan, l'attraction du vide l'aspirant puissamment vers le néant…
La cellule de dégrisement vous guette, Homère.
à jexiste
De Un compte supprime
nc | 01H25 | 26/02/2009 |
puisque tu vas dans cette direction, je t'emboite le pas inexistante jexiste : en ce qui te concerne, c'est d'une cellule de confinement qu'il s'agit.
à Un compte supprime
De multicompte e
eee | 12H31 | 26/02/2009 |
Pourquoi tant de haine ?
à multicompte e
De jexiste
si, si | 12H45 | 26/02/2009 |
Je dénonce des mafias. C'est peut-être ça, son problème. Il indique être en Colombie. Qu'y fait-il ? Drogue ?