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Les tremplins rock : concerts amateurs ou vrai business ?
Par Renée Greusard | Etudiante en journalisme | 28/02/2009 | 18H42
Mettre en compétition de jeunes groupes de musique sur scène, c'est le principe des tremplins-rock. A chaque étape des compétitions, un vote à main levée consacre l'un des groupes. Alors pour obtenir le plus de voix, les jeunes musiciens doivent rameuter leur entourage. Une nouvelle économie de la scène rock ?
Exemple avec le tremplin Emergenza. La compétition s'organise en étapes avec éliminations successives. Plus les groupes en gagnent, plus ils jouent dans de grosses salles.
L'année dernière, après avoir joué au Gibus, les collégiens d'Hepatite X, ont ainsi gagné le droit de fouler la scène du New Morning, avant de rater l'Elysée Montmartre d'une place au classement. (Voir la vidéo)
Lola est la bassiste du groupe. A 14 ans, pour gagner des voix, elle s'est retrouvée « commerciale ». A vendre des places à 10 euros :
« Les potes des parents sont venus avec leurs enfants, et puis on a aussi dit à nos copains du collège de venir. Certains groupes avaient même ramené tout leur lycée. »
Vendeurs improvisés
Les jeunes musiciens s'improvisent vendeurs, sans pour autant être rémunérés. Ils paient même 60 euros d'inscription. Au mieux, si les ventes se passent bien, ils touchent de l'argent sur les dernières places cédées.
« L'organisation nous donne 100 places et si on en vend 80, ce qu'on gagne avec les 20 dernières est pour nous. »
De quoi agacer légèrement les jeunes musiciens d'Hepatite X :
« On leur remettait tout dans des enveloppes, et on sentait que pas mal d'argent circulait. Nous, ça nous a un peu fait chier. »
Des bénéfices revendiqués bien maigres
Côté organisateurs, on assure que le tremplin n'est pas vraiment une machine à faire des sous. Julien Delpi est manager général du tremplin Emergenza pour l'Europe de l'Ouest, la France et l'Asie. S'il reconnaît que « les ventes des places constituent 95% de [leur] chiffre d'affaire », il assure aussi :
« Le chiffre d'affaire est haut, mais le bénéfice est vraiment bas. Pour un petit peu plus d'un million d'euros de chiffres d'affaire, on ne fait que 1000€ de bénéfices ! »
Un chiffre justifié par les frais engagés. Le principe d'Emergenza, tremplin international, est de mettre à disposition des jeunes groupes un dispositif pro : Backlineur, location des salles (le Gibus reçoit par exemple 1500 euros la soirée, le New Morning 3000 euros…), marketing des concerts, managers.
Pour les groupes, l'attrait est de jouer dans des salles inaccessibles autrement. Et pourquoi pas d'être repérés.
Problème. Dans le milieu professionnel, on n'est pas vraiment convaincu de l'opportunité des tremplins. Après être devenu manager d'Hepatite X, Michel leur a déconseillé d'y participer. S'il tient à préciser qu'il n'a rien contre ces compétitions, il émet des réserves :
« Pour gagner le tremplin, il ne faut pas être le meilleur musicien, il faut être le meilleur pote. Je trouve que c'est un critère artistique douteux. D'ailleurs, je n'ai jamais vu un professionnel aller à un tremplin pour découvrir de nouveaux groupes… »
Il concède au moins l'intérêt pour les jeunes groupes « de se frotter à la scène ».
En France cinq personnes travaillent à plein temps sur Emergenza. Elles font partie des 50 salariés internationaux de l'organisation. Autant de personnes qui vivent grâce aux talents commerciaux… des jeunes musiciens.
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► Le scandale Emergenza, Par José Caballero, guitariste du groupe « Mojoya » avec droit de réponse d'Emergenza sur Lorgane.com
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De Lemmy_Nothor
En cavale, the one that got away... | 19H48 | 28/02/2009 |
Même Zappa est passé par la…..C'est souvent la seule manière que des jeunes musiciens puissent monter sur une scène. C'est bien joli faire des CD, mais le plus difficile c'est de refaire tout ca devant une foule….c'est l'épreuve du feu pour beaucoup.
De Kruppe
Etudiant | 20H17 | 28/02/2009 |
Ouh les grands méchants capitalistes qui s'accaparent vilement les profits générés grâce aux efforts de ces braves jeunes musiciens !
Vous l'aurez deviné, je suis irrité par le ton de l'article et cette manie de vouloir faire de toute chose sujet à scandale. Qu'il y ait magouille, injustice ou sentiment d'injustice, pourquoi pas, j'ai assisté à plusieurs concerts dans le cadre du tremplin Emergenza et je confirme que tous les groupes ne sont pas logés à la même enseigne ; hélas cela fait parfois aussi partie des règles du jeu, notamment lorsque l'on se lance dans la musique.
Que les musiciens paient l'inscription n'a rien de choquant non plus, certaines salles de répétition coûtent autant. L'article précise bien que la plupart de ces salles sont autrement inaccessibles..
Vraiment, polémique ?
De pKp
21H31 | 28/02/2009 |
Pour l'avoir fait, je t'assure que c'est aussi l'occasion de se prendre des claques salutaires dans la tête en se confrontant avec d'autres amateurs plus sérieux.
De Paper Duck
Graffer Officiel | 21H34 | 28/02/2009 |
Bah, Polémique ? Oui, je le pense… Mon premier click sur le site d'Emergenza a suffi pour m'orienter sur la conviction que ces gens là sont éloignés de toute motivation artistique. On est proche, là, d'une démarche à la « nouvelle star » et ses « coup d'fil et sms » chers payés. Cependant, il manque le « glamour », le pavillon Baltard, ses techniciens du son et la pseudo reconnaissance qu'un prime sur une tv comme M6 peut leur amener (certes, il ne s'agit pas de groupes). Dans la ville où je vis, les groupes émergents jouent en première partie des « stars internationales du rock underground », sont connus des principaux tourneurs locaux (associatifs, motivés et concernés), touchent un cachet légèrement supérieur aux 10x20 € de « prime » proposé par Emerdegenza (tout en ayant des places gratuites à distribuer à leurs amis, sans l'obligation de se prostituer pour vendre des places à leurs proches). Pour les « pas encore connus », il existe des p'tits bars avec des petites jauges (50/100 pers) qui sont là pour qu'ils se fassent leurs dents devant un public qui n'aura pas payé 10 € et qui, par conséquent, sera certainement plus réceptif (la curiosité récompensée pour pas cher).
Bref, ils ont droit à un circuit traditionnel pour faire leurs armes et se faire connaître du public qui les amènera plus haut, si affinités.
Ce que j'en pense ? J'aime pas la sous-version « vie réelle » du myspace virtuel, qui lui, malgré ce que j'en pense, permet une réelle connection artistique. Si Demerdetoigenza veut m'expliquer qu'ils ne font pas ça dans un but mercantile…
De jamasvencido
equit;bio | 22H14 | 28/02/2009 |
les epoques changent , les styles musicaux aussi , et certains ont toujours la meme bonne recette ….surfer sur les modes musicales pour remplir le tiroir caisse , juste change le mode de fonctionnement . Avant c'etait plutot tu joues gratos ou presque ( payé au pichet de biere tiede ) dans des conditions de merde ( sono et backline pourri ou plutot inexistant ) et si tu osais revendiquer un quelquonque comfort supplementaire tu te voyais signifier via les pitbulls detachés à la securité que tu tu pouvais te casser plus vite que prevu …( n'est-ce pas Mr propre …) Combien de centaines de groupes ont accepté depuis les années 60 de jouer dans ces conditions… Moi meme ayant fait partie d'un groupe de rock alternatif au debut des années 80 , et qui pour avoir denoncé ce genre de methodes sur les ondes d'une radio libre (decapante) à l'epoque s'etait vu confronté de maniere musclée à la sortie de cette emission au service d'ordre communautaire et fascisant de l'endroit en question … Et pour en revenir à l'essentiel de ce sujet … oui il est evident que tout ce genre de scenes « ouvertes “ ou ‘ tremplins sont toujours juste là pour servir les interets de ces limonadiers ….
De Glam
juste ce type, vous savez ? | 23H25 | 28/02/2009 |
Tiens, j'étais à un truc comme ça ce soir (le fallenfest), emmené par une fan d'un des groupes et je ne regrette absolument pas mes 10 €.
Très bonne expérience !
(rien de plus à dire, sorry)