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Loi Hadopi : « Je déclare que je suis un pirate »
Par Eco89 | | 10/03/2009 | 15H13
« Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates. » Alors que l'Assemblée s'apprête à examiner la loi Hadopi, un collectif de blogueurs baptisé Le Réseau des pirates appelle les internautes pratiquant le téléchargement illégal à sortir de l'ombre, et il propose un « Pacte pour les libertés numériques ».
Voici le texte de l'appel du Réseau des pirates :
« Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.
Je prends le parti des pirates.
Ils sont, nous sommes, des millions, en France, chaque jour à échanger des œuvres : des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables, des œuvres oubliées ou “tombées” dans le domaine public.
Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique.
Les tentatives d'interdire les échanges sur Internet -par l'intimidation ou par le filtrage- sont vaines.
Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable.
Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d'elles-mêmes.
C'est au grand jour qu'elles révéleront toutes leurs potentialités.Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse.
En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.Je déclare que je suis l'un d'entre eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate. »
Au-delà du débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi Hadopi, le Réseau des Pirates veut « inscrire les enjeux du numérique dans la campagne des Européennes ». Son Pacte pour les libertés numériques repose sur dix idées :
1) Préserver les libertés numériques
2) Protéger le droit à la vie privée
3) Encourager la libre circulation des connaissances scientifiques
4) Préserver et étendre le domaine public des créations de l'esprit
5) Donner un coup d'arrêt à l'extension de la propriété intellectuelle et au renforcement de ses mécanismes d'exécution
6) Préserver le principe de neutralité de l'internet dans le cadre de régulation européen en matière de télécommunications
7) Promouvoir un projet de directive reconnaissant les droits et libertés numériques des salariés
8) Favoriser l'implication des citoyens dans le débat public et l'évaluation des politiques publiques européennes
9) Promouvoir au niveau européen et national une approche exigeante de l'interopérabilité, qui fasse de celle-ci un droit effectif
10) Soutenir les initiatives sociétales visant les mêmes objectifs
Le Pacte peut être signé sur le site du Réseau des Pirates.
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De Jhal
16H03 | 10/03/2009 |
C'est bien joli tout ca, mais il n'y a pas beaucoup de place pour les createurs eux memes dans toutes ces idées…
Paradoxalement, on va arriver à ce dont les editeurs/producteurs ont toujours révé : la fin de la prise de risque.
Les artistes et autres creatifs feront les trucs dans leur coin, en vivant d'on ne sait trop quoi, (d'un autre boulot plus « serieux » sans doute) afin de monter leur projet, le soir, quand ils seront crevés. Puis ils mettront ca sur le net, et les plus populaires seront repéré et integré dans les dispositifs bankables. (notez que j'ai dit : populaire, ce qui n'est pas forcement synomyme de qualité.)
ce sera un principe Staracademy puissance 10000.
Et le travail d'auteur ne sera plus remunéré. Et seuls les dividendes issus du versant actuel le plus ultra liberal de la creation rapportera.
Le pire c'est que des gens prêts à mettre des sous pour récupérer des choses sur le net, il y en a… pleins…
Les newsgroups performants, et de nombreux services de téléchargements spécialisés, sont payants. Or, ce qu'il faut c'est c'est que cet argent aille dans les bonnes poches, pas dans celle qui profitent hypocritement du système.
Mais pour ca, il faut que les offres légales soient de meilleures qualités, sans restrictions, sans drm, souples, rapide et immédiatement.
et moi, pour avoir essayé 1 fois tf1 vision, je ne réitèrerai pas l'expérience tant c'est lourdingue. En plus chaque plateforme de téléchargement legale, impose son format et son api/applet proprietaire.
Marre de tout ca.
c'est plus facile de pirater, non pas parceque c'est *gratuit*, mais parceque c'est *techniquement* infiniment moins contraignant.
Quand comprendront ils ca ?
De C. Creseveur
D'actualité | 16H00 | 10/03/2009 |
D'un côté on a des majors qui s'en foutent plein les poches depuis la création du CD (rappelons qu'un 33t dans les années 80 valait dans les 9€ en moyenne, et que ce prix a doublé ; que le cd coûte 10x moins cher à fabriquer qu'un vinyle), et qui flippent comme des folles avec la dématérialisation qui ne permettra plus de justifier ces prix.
De l'autre on a des gens qui sont prêts à payer n'importe quoi pour un forfait téléphonique, ou une sonnerie, mais qui ne veulent plus claquer 1ct pour écouter un disque ou voir un film.
Entre les deux il y a nous, créateurs, qui demandons simplement à être rémunérés de notre travail, et qui pourrions l'être correctement si ceux nous promeuvent n'abusaient pas de leur position, et ne poussaient pas de plus en plus ceux qui nous regardent ou nous écoutent à chercher la gratuité à tout prix.
De loicsan
observateur | 16H47 | 10/03/2009 |
D'accord, d'accord, c'est de la piraterie…
Et l'UMP qui utilise une chanson de MGMT sans leur autorisation, c'est quoi ? Ah mais c'est vrai, leur chef à eux c'est Jack Sarkow…
De tchavolo
17H09 | 10/03/2009 |
Ce n'est pas du vol, c'est de la contrefaçon. Pour qu'il y ait vol, il faut que la personne volée ne puisse plus jouir du bien qu'on lui a dérobé. Mais c'est là toute l'usurpation de l'expression « propriété intellectuelle ». Lorsqu'on achète un DVD, un CD, on achète en fait le « droit » de l'écouter chez soi. C'est tout. Lorsqu'on vend un bien artistique ou intellectuel, on vend, en fait, le droit d'en profiter. Mais comme dit George Bernard Shaw : « Si tu as une pomme, que j'ai une pomme, et que l'on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j'ai une idée et que l'on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées. »
De yalienx
un passant | 18H16 | 10/03/2009 |
Je suis totalement favorable à cette nouvelle loi HADOPI… sous réserve qu'elle puisse effectivement être mise en oeuvre techniquement (ce qui me semble difficile).
J'ai moi aussi déjà téléchargé des musiques (principalement) illégalement sur le net. C'était il y a plusieurs années, et en nombre finalement assez restreint. J'ai cessé le jour où les opérateurs ont proposé du contenu musical de qualité en ligne (iTunes notamment) et à des tarifs nettement plus intéressant que les CD que l'on pouvait acheter avant.
Le piratage me semble extrêmement critiquable, dans la mesure notamment où il est susceptible à terme de tuer la création artistique, et donc de nous priver de morceaux intéressants (si nous devenons tous pirates, on ne nous proposera à terme que des produits hyper standardisés, et on pourra dire adieu à la diversité).
La loi HADOPI introduit des sanctions très douces (trop ? ) et sans doute difficiles à mettre en oeuvre techniquement. Mais c'est un premier pas intéressant dans la lutte contre le piratage.
De Mandoline
demain peut-être... | 19H48 | 10/03/2009 |
J'achéte de la musique sur ITunes, principalement. Étant moi même artiste, il me parait évident que le travail créatif se paye. À moins que ceux qui téléchargent illégalement soient O.K pour nous payer nos loyers, remplir notre frigo, payer les diverses factures.
Comme beaucoup l'ont déjà écrit dans ces commentaires, le téléchargement illégal fait le jeu des majors qui formatent tout pour satisfaire aux goûts populistes d'une grande majorité et faire plein de fric trés vite. Confére la montée en fléche des prix des places de concert.
Ce que demande le réseau des Pirates est une attitude d'enfant- roi.
Est ce que cette loi HADOPI est la bonne, je ne sais pas mais qu'une loi soit faite marque l'évidence que le travail des artistes n'est pas un dû !
De ledzepforever
curieux | 08H27 | 11/03/2009 |
D'un coté des consommateurs qui veulent des produits gratuits mais qui invoque la défense de la liberté. De l'autre des artistes qui vont revenir au temps des chanteurs de rue, des producteurs de films, réalisateurs, techniciens, industries techniques, effets spéciaux frappés de plein fouet par le piratage. L'industrie de l'audiovisuel français est un vecteur de création et de croissance pour notre pays. Elle fait vivre plusieurs centaines de milliers de travailleurs. Nous assistons à un véritable effondrement des ventes de disques dont les artistes sont les principales victimes. Même signe d'érosion catastrophique pour les DVD de films qui contribuaient de manière significative au financement d'un film. En ne luttant pas contre le piratage nous favorisons directement le cinéma américain qui dispose lui d'un marché mondial. Bilan : désertification culturelle française, perte de centaines de milliers d'emplois. Bravo pour les supporters du piratage.
De NonooStar
Informaticien | 13H57 | 11/03/2009 |
Techniquement, je devrais signer ce manifeste étant donné que je suis moi-même un pirate.
Pourtant, je ne le ferai pas parce que je trouve que ce genre d'action ne résout rien, bien au contraire. Comme on le voit dans les commentaires précédents, il a tendance à attirer le courroux des artistes et c'est normal.
Ce manifeste fait preuve d'un égoïsme assez hallucinant et provoque donc une polarisation du débat : d'un côté, les internautes qui veulent pouvoir télécharger librement tout ce qu'ils veulent et de l'autre, les artistes qui se demandent si les internautes n'essaieraient pas de les gruger. Et au milieu, les majors et le gouvernement accentuent les dissensions avec des discours qui cherchent à faire passer les internautes pour des téléchargeurs sans scrupules.
De la même façon, je ne suis pas d'accord avec tout ceux qui souhaitent la fin des majors ou que les artistes vivent uniquement de la scène. Ces gens-là sont soit de parfaits hypocrites soit de sombres idiots qui ne comprennent rien à la musique :
- parce qu'on ne peut pas écouter que de la musique minimaliste, parce que certains artistes ont heureusement une certaine ambition créatrice, il leur faut de l'argent pour pouvoir louer du temps de studio, pour pouvoir expérimenter ou même ne serait-ce que pour vivre pendant ces périodes de recherche. De la même façon qu'un chercheur doit être rémunéré en espérant qu'il trouve, un artiste doit être rémunéré en espérant qu'il « trouve » (tout comme doivent être rémunérés tous ceux qui l'assistent). A l'heure actuelle, c'est aux labels et donc aux majors de fournir cet investissement. On peut certes discuter de la façon dont ils s'acquittent de cette tâche. Néanmoins, souhaiter la disparition des majors sans solution de rechange, c'est mettre en danger l'apparition d'oeuvres ambitieuses qui peuvent réclamer des investissements.
- parce qu'un bon compositeur n'est pas forcément un bon interprète ou un bon show-man, on ne peut pas demander à un musicien de vivre de la scène, autant demander à un écrivain de théâtre de jouer dans ses propres pièces et de n'être rémunéré que lorsqu'il est sur les planches. De plus, concernant la musique, il faut considérer que les tournées ne sont pas forcément le meilleur moment pour composer et que certains musiciens ont besoin d'une certaine stabilité que le rythme autobus-concert-hôtel ne peut pas leur apporter.
Donc se revendiquer comme pirate, pourquoi pas ? Mais il faut alors impérativement tendre en même temps la main aux artistes car la création artistique a (et a toujours eu) besoin de trois parties : des créateurs, des financiers et un public. Actuellement, les financiers se retournent contre le public et tentent également de tourner les artistes contre le public. La seule réponse à apporter à cela est de tendre la main aux artistes pour envisager ensemble des solutions convenables pour les différentes parties et espérer ainsi convaincre les financiers de changer leur modèle économique.
De cassino
Auteur | 18H26 | 12/03/2009 |
Je salue cette initiative ! Il faut que tous les pirates se déclarent, ce sera alors beaucoup plus facile de leur sucrer Internet, et ça évitera de payer des gents à faire du flicage !