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Inscriptions à Pôle Emploi : prenez un ticket !
Par Camille Polloni | LesInrocks.com | 13/03/2009 | 11H26

Depuis fin 2008 et la hausse du chômage, les dossiers des demandeurs d'emploi s'accumulent. Pôle Emploi, le nouvel organisme issu de la fusion entre l'ANPE et les Assedic, a du mal à faire face.
L'engorgement des Assedic aurait dû être réglé à Noël. 47 000 chômeurs de plus en octobre, 64 000 en novembre et 46 000 en décembre, c'est lourd. Des milliers de dossiers sont en en attente, les nouveaux inscrits poireautent pour recevoir leurs allocations chômage.
Christian Charpy, délégué général de France Emploi, organisme préparant la fusion ANPE-Assedic, se veut alors rassurant. Il estime qu'à la fin 2008, la situation devrait redevenir « quasi-normale » et promet l'embauche de 200 agents en CDD pour traiter les dossiers en souffrance. Une mesure d'urgence validée par Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi.
Mais début 2009, la fusion ANPE-Unedic complique la donne. Les agents partent en formation, les dossiers s'empilent. 90 000 personnes s'inscrivent à Pôle Emploi en janvier, un record.
Devant l'absence d'amélioration, l'intersyndicale appelle la grève les 5 et 8 janvier. Puis, le 19 février, elle dénonce les conditions de la fusion et réclame un plan d'urgence pour augmenter les effectifs.
En 2008, le rapport Dassault rappelait ainsi :
« L'objectif de faire suivre trente demandeurs d'emploi par un agent [promesse de Christine Lagrade, ndlr] reviendrait à doter le nouvel organisme de 60 000 employés en contact avec le public alors que la fusion de l'ANPE et des Assedic ne réunit actuellement que 42 000 emplois à temps plein. »
Annette Dubois, membre du bureau national du SNU-Pôle emploi (syndicat majoritaire), confirme l'embouteillage : le ratio est actuellement d'un conseiller pour 200 agents, avec des retards de paiement d'un trimestre.
« Nous sommes submergés par les nouveaux inscrits de la crise économique. Les agents sont déjà sollicités pour faire des heures supplémentaires le soir et le samedi. »
Vous vous retrouvez à la rue ? Tapez sur votre femme : elle sera relogée, vous la rejoindrez…
Elisabeth a 52 ans. Licenciée, elle est en litige aux prud'hommes avec son employeur. Cette ancienne formatrice dans le secteur de l'aide à domicile ne comprend pas ce que lui demande Pôle Emploi. Elle est inscrite depuis le 17 février, a reçu une notification de ses droits : trente euros par jour pendant trente-six mois. Mais elle n'a pas encore touché un centime :
« Quelques jours après mon inscription, un agent de Pôle Emploi m'a réclamé le jugement des prud'hommes, que je ne peux pas avoir puisque l'audience est prévue le 7 mai. J'ai donc obtenu un papier de mon avocate qui confirme cette date, et je l'ai remis aux Assedic. Mais on m'a redemandé la même chose par courrier. Au total j'ai fourni trois fois le même papier et je n'ai toujours pas reçu mes indemnités. »
Avant son licenciement, Elisabeth gagnait 1200 euros par mois. Aujourd'hui, elle survit avec les 900 euros de la pension d'invalidité de son mari. Tous les mois, le couple doit payer 400 euros de loyer et 400 euros de soins médicaux non remboursés. C'est trop. La semaine prochaine, ils seront expulsés de leur logement, sans savoir où aller. Le mari d'Elisabeth a frappé à toutes les portes, dont celle de la préfecture :
« Là-bas, un agent m'a dit : “Faites en sorte que votre femme se prenne une porte sur le coin de la figure, qu'elle porte plainte contre vous. Il n'y aura pas de poursuites de toute façon, elle sera relogée et quelques jours après vous emménagez dans votre nouvel appartement”. »
« Grand bordel » et de « files d'attentes phénoménales »
Comme Elisabeth, ils sont nombreux à rester à la porte de Pôle Empoi. L'organisme admet 55 000 dossiers en en attente, mais « aucun retard » dans les versements, selon son directeur général Christian Charpy. Au total, 400 CDD auraient été embauchés pour traiter les dossiers supplémentaires.
Selon l'association Agir contre le chômage (AC ! ), ce sont 80 000 dossiers qui traînent.
Serge Havez, son président, parle d'un « grand bordel » et de « files d'attentes phénoménales » devant les antennes Assedic. Impossible selon lui que les indemnités soient versées sans retard puisque les dossiers ne sont pas validés.
De plus en plus de chômeurs en situation très délicate viennent solliciter son association et il sent la tension monter d'un cran :
« Les gens gueulent, les salariés de Pôle emploi sont à cran. Ils nous disent qu'ils ont peur. On explique aux demandeurs d'emploi que leur dossier a été perdu, qu'il manque des pièces alors qu'ils les ont déjà données. Nous il faut qu'on négocie derrière avec EDF et les huissiers. On essaie de jouer un rôle tampon, mais quand les gens sont à bout… »
La débrouille devient la règle pour faire passer son dossier au sommet de la pile. Le 3949, numéro unique de Pôle Emploi (et payant), étant surchargé, les associations de chômeurs commencent à faire circuler les numéros directs des conseillers.
Photo : à l'agence Pôle Emploi de Nice le 5 mars 2009 (Eric Gailard/Reuters).
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De skalpa
actif et militant ? | 14H45 | 13/03/2009 |
Inscrit à l'ANPE et aux Assedic entre 1998 et 2004 de façon régulière, malheureusement rien n'a changé…
Le personnel est mal formé, mal informé, peu valorisé, alors forcément…
Les usagers sont forcément en galère, donc les tensions sont parfois bien présentes.
Je me rappelle que lorsque je devais me rendre à l'un ou l'autre, c'était un peu la loterie : ça va bien se passer ou ça va péter ? ? ? ?
Le pire coup qui m'a été fait (en 6 ans, y'en a des anecdotes ! ), c'est une fois, lors d'une réinscription…
Je ramène mes différents papiers (fiches de paye, attestations, feuilles jaunes etc) concernant plusieurs mois…
J'avais de tout comme type de contrat : intérim, droit privé, droit public, animation socio-culturelle (forfait : une journée de travail=2 h de cotisation),…
Le gars, me montre tout content, le nouveau système de paiement et me l'explique…
Puis, m'informe qu'il va traiter mon dossier l'après-midi. Je le remercie.
L'après-midi même, il me rappelle pour me dire qu'il traitera mon dossier dans la semaine, au vu de la complexité de celui-ci.
La semaine passe, une autre aussi, pas de nouvelles..
Je vous passe les coups de fil de ma part et les temps d'attente payés par mes soins (et oui, les téléphones surtaxés ne datent pas d'hier ! )….
Un mois plus tard, pris à la gorge par un découvert important, je me rend à la première heure aux ass et dick (cul and bite en français).
J'ai accès à une conseillère qui ne comprend guère pourquoi mon dossier n'a pas été traité…
Je reste courtois et patient, elle me laisse de longues minutes dans son bureau, puis repasse en coup de vent pour me prévenir qu'elle revient mais que cela risque de prendre du temps…
Le temps pour moi de regarder toutes ses photos et autres décorations personnelles et d'attendre, d'attendre….
La voilà qui revient en s'excusant du délai, elle a cherché partout mon dossier avant de le retrouver partiellement rempli.
En effet, elle m'explique que le dossier a été commencé mais pas terminé, au vu de son côté atypique…
Puis le traite en direct devant moi (entre 5 et 10mn) et je ressors avec un virement de 5 000 francs sur mon compte le jour même.
Merci à elle, mais pas à lui….
http://kprodukt.blogspot.com
De Raslacouette
. | 17H39 | 13/03/2009 |
Tellement vraie ton anecdote Skalpa ! Tous ceux qui sont passé par la case chômedu ont vécu au moins une fois ce type de situation. Et encore, tu as eu de la chance de rencontrer quelqu'un. Sans faire de généralités (y'a sûrement des gens très bien aux assedic, juste, je les ai pas rencontrés) un autre exemple.
La méthode, c'est de laisser un conseiller seul à l'accueil. Quand t'arrives, tu poireautes donc, en file indienne avec tes camarades chômeurs. En attendant, tu « profites » des problèmes exposés par tes comparses. L'hôte reçoit à l'arrache en tête de file. Aucune confidentialité, ni de pudeur (t'es du bétail).La moutarde te monte déjà au nez quand un Monsieur parlant peu le français est rabroué vite fait bien fait « Faut lire, c'est écrit là. Allez, au revoir. Suivant ».
Quand vient ton tour, tu exposes ta situation enfin, tu dis vite fait pourquoi tu viens, faut pas s'éterniser, le comité d'accueil est débordé. Et là, on te dit :
« - Prenez le téléphone là et faites le 3949
- Heu… oui… mais si je me déplace, c'est pour…
- Oui, on répondra à vos questions au téléphone, suivant.
- Ben oui, mais bon… Moi, je veux voir quelqu'un, c'est important et expliquer par téléphone, c'est pas facile. Alors que ça peut être règlé en deux min… »
Non. Impossible de rencontrer qui que ce soit. A moins de menacer de « tout faire péter là-dedans » comme celui qui suivait dans la file (la prochaine fois, je ferai pareil).
Alors bon… Ils ont la pression de plus haut, on les encourage sans doute à agir mécaniquement. Mais ils s'adressent à des humains bordel ! Déjà égratignés par leur position de chômeur dans leur moral et leur égo. Et tu t'estimes bienheureux quand tu es en mesure de te défendre, de comprendre et d'avoir un peu d'énergie pour batailler. Comment font ceux qui n'ont pas les ressources (barrière de la langue ou personnes analphabètes) dans ce dédale administratif et cruel ?
PS : Au final, le problème pour lequel je me déplaçais semble se résoudre, 9 mois plus tard, après 4 visites, 5 appels, 6 copies des pièces au dossier et 2 recommandés au responsable de l'agence.
Re PS : Pardon, commentaire trop long.
De YoshiL7
16H20 | 13/03/2009 |
Une bombe à retardement finalement ce pole emploi :


Pôle Emploi : agression d'une conseillère
Tout semble fait pour mettre la pression sur la bombe sociale qui couve quand on lit les articles du site Actuchomage.org, par ailleurs, excellente source d'information sur tout ce qui tourne autour du chomage et du salariat etc… tous les coups sont permis et force est de constater que bien des choses se passent concernant le salarié et le privé d'emploi sans que les gens ne soient mis au courant… bien évidemment, ca ne va que rarement dans le bon sens pour tout à chacun…
De marie 75 3563
18H35 | 13/03/2009 |
et la CAF ?
vous êtes au courant ?
Galère dans les CAF : c'est dans toute la France, et le pire est à venir
Un article du 9 mars relate l'action du Réseau des allocataires solidaires dans un accueil de la CAF à Paris.
Cet article est très bien fait, mais il faut juste ajouter que :
ce n'est pas seulement à Paris, c'est dans toute la France que les CAF sont en difficulté, même si la situation est encore plus détériorée dans les grandes villes.
le gouvernement veut fusionner les CAF infra-départementale : suppression des accueils de proximité et pagaille assurée
à partir du 1er juin le RSA est généralisé : afflux massif de nouveaux allocataires. Les embauches sont tardives (pas de temps de formation) et insuffisantes : le gouvernement n'autorise que la moitié des embauches estimées nécessaires par la direction nationale.
http://travailleurs-sociaux-caf-cgt…
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NB (ndlr) :
le logiciel pour mettre en place le rsa n'existe pas encore.. ! ! !
? ? ?
Ce n'est pas Hirsch qui le dira…..
Le personnel des CAF n'en peut plus !