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Piratage : Frédéric Lefebvre ne fait pas peur à BeeMotion
Par François Krug | Eco89 | 26/03/2009 | 21H57
Le député UMP Frédéric Lefebvre vient de demander la création d'une commission d'enquête sur BeeMotion. Ce site de vidéo pirate, attaqué dans la presse par Luc Besson, a fermé mi-février. Contacté par Eco89, son créateur juge que Frédéric Lefebvre « ne sait pas trop de quoi il parle ». Et il n'a pas renoncé à créer un nouveau site.
Le 14 février, Luc Besson s'en prend à BeeMotion dans Le Monde et sur Canal+. Il en fait le symbole du piratage et dénonce la complicité des fournisseurs d'accès et des annonceurs. Quelques heures plus tard, l'hébergeur du site, Free, le contraint à fermer.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais Frédéric Lefebvre annonce immédiatement qu'il demandera la création d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale. « Les sites comme BeeMotion sont des dealers », explique-t-il alors à 20 Minutes.
« Une entreprise de piratage industriel »
Un mois après, Frédéric Lefebvre a tenu promesse. Comme l'ont repéré PCInpact et Numerama, le député a déposé auprès du président de l'Assemblée nationale une proposition de résolution en vue de créer une commission d'enquête « de trente membres ». Objectif :
« Faire toute la lumière sur les circonstances exactes qui ont amené à la participation volontaire ou non de six acteurs du Net, à cette entreprise de piratage industriel, dont l'exploitant était BeeMotion.fr, et s'attacher à identifier les points sur lesquels il faudra éventuellement modifier la législation pour éviter qu'une telle affaire ne puisse se reproduire. »
Les « acteurs du net » formeraient en effet une chaîne contribuant, techniquement ou financièrement, au piratage : les hébergeurs (ici, le groupe Iliad et sa filiale Free), les régies publicitaires (Google et Allotrafic), et leurs clients (Price Minister, notamment).
Comme Luc Besson, Frédéric Lefebvre assure que BeeMotion diffuse ses vidéos pirates « depuis le Canada ». Le créateur du site, Romain, l'avait démenti sur Eco89. Il expliquait alors que « quand on paie une place de cinéma dix euros, c'est du vol aussi ».
Aujourd'hui, l'étudiant se dit surpris : « Franchement, je ne pensais pas que ça irait jusque-là. » Depuis la fermeture de BeeMotion, il n'aurait reçu aucun courrier ou e-mail de la justice ou des ayants droit des films piratés.
Les limites de la loi Hadopi
Romain rejette les accusations de « piratage industriel » lancées par Frédéric Lefebvre :
« J'ai un peu l'impression qu'il ne sait pas trop de quoi il parle. Par exemple, il accuse Free ou Google alors que ce n'est pas trop de leur ressort. Mais après tout, il est plus haut placé que moi… »
Si BeeMotion est devenu un symbole du piratage, c'est surtout parce qu'il illustre les limites du projet de loi Hadopi. Ce n'était pas un site de « peer-to-peer », mais de streaming, sans téléchargement. Une pratique de plus en plus courante mais oubliée par Christine Albanel.
Cet oubli n'a pas échappé à Frédéric Lefebvre. Dans sa proposition de résolution, le député explique :
« Il apparaît donc nécessaire d'apporter un éclairage juridique et économique sur cette affaire qui, selon les propres mots de l'entreprise concernée, entend réapparaître sous une autre forme, et plus inquiétant, pour servir de modèle à un système généralisé. »
Créer un Deezer du cinéma
Sur Eco89, Romain avait en effet expliqué qu'il comptait relancer BeeMotion, mais légalement. Son rêve : appliquer au cinéma le modèle de Deezer, site musical au départ illégal et aujourd'hui cité en modèle par Christine Albanel et Frédéric Lefebvre lui-même.
Il n'a pas abandonné ce projet :
« On a commencé à réfléchir à une interface pour le site. J'attends aussi ce que les parlementaires vont dire sur le projet de loi Hadopi. Ils disent justement que Deezer est un bon modèle économique. »
Le président de l'Assemblée nationale doit encore se prononcer sur la demande de Frédéric Lefebvre. Mais si le créateur de BeeMotion était convoqué devant les députés, que leur dirait-il ?
« Ce n'était pas tellement légal et je ne peux pas le nier. Mais ce sera peut-être l'occasion de se poser des questions et d'ouvrir les yeux des producteurs et réalisateurs, pour qu'ils réalisent que c'est à eux de s'adapter et pas à leurs clients. »
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De Airinys
ailleurs | 23H36 | 26/03/2009 |
Ces interminables débats sur le piratage sur Internet commencent sérieusement me taper sur le système.
Non pas que je me sente menacé par toutes ces lois débiles, mais que de défendre systématiquement la rente d'entreprises ultra bénéficiaires au détriment du libre accès à la culture ça me donne envie de vomir à force.
Ce débat compatissant sur les artiste me révulse. Comme si Johnny ou Lhermite avait le moindre rapport avec l'art et la réalité des vrais artistes.
Ceux qui sont piratés, sont riches. Ils sont devenus riches avec un effort infinement moindre à n'importe quel travailleur, j'oserais même dire moins que n'importe trader, footballeur ou top model.
Où est la morale là dedans ? Où est le mérite ?
De quoi se plaignent-ils ? De ne pas être rémunéré justement ?
Qu'ils la ferment et soient contents d'avoir leur bouclier fiscal.
Ce débat est indécent.
Contres les débilités comme Hadopi, ma réponse est cynique et méprisante, elle se résume en un mot : cryptographie.
10 ans qu'on attends tous une offre légale à un prix décent ! !
Entre l'internaute, et le marchand de disque le voleur n'est pas celui qui est sanctionné. Les marchés du disque et du cinema sont les seuls secteurs économiques où l'Etat intervient avec partialité sans jamais remettre en cause le modèle économique ou défendre le consommateur.
Et demain on va interdire les bibliothèques qui prêtent des livrent sans que chaque lettre lue soit monétisée ?
Pour finir, à Frédéric Lefebvre, j'ai envie de lui répondre « cause toujours ». Ce type est inutile et pathétique de cynisme. C'est le genre de politicien qui aurait défendu les profits des labos pharmaceutiques contre le droit des pays émergents à se soigner avec des génériques. Mais bon, ils nous a déjà plusieurs fois prouvé son absence totale d'humanité.
De Bill Aufonduvab
tout au fond | 08H14 | 27/03/2009 |
Et n'oublions pas que le parlement européen à validé le principe comme quoi internet était une liberté fondamentale par 481 voix contre 25 (et 21 abstentions)« Garantir l'accès de tous les citoyens à Internet équivaut à garantir l'accès de tous les citoyens à l'éducation »« cet accès ne devrait pas être refusé comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées ».
www.aufonduvab.com
De YoshiL7
10H43 | 27/03/2009 |
Pas certain qu'une commission d'enquête puisse etre créer sur Beemotion ou sur le streaming en général… Je n'ai pas la définition complète de ce qu'est une commission d'enquête et dans quel cas on peut la saisir… mais pas sur que ca rentre dans sa définition tout ca de la part de Lefebvre… A vérifier… Par contre, il pourrait etre de bon ton d'enquêter sur ce genre d'individus et les liens avec ceux qu'il défend !

De Iv
Roboticien utopiste | 15H39 | 27/03/2009 |
Avant qu'on appelle ça du piratage, on appelait cela du partage (file-sharing).
Comparer à des dealers, à des pirates maritimes, on oublie un point important : les pirates ne font pas ça pour l'argent, ils font ça pour la culture, et parfois parce qu'ils défendent l'idée, devenue hérétique, que la culture doit circuler le plus librement possible.
Et là qu'est ce qu'on constate ? Le « piratage » va devenir véritablement industriel et pécunier afin de pouvoir se payer le luxe d'être légal. Dans vingt ans, nos enfants regarderont avec perplexité l'état d'esprit des politiciens actuels.