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Les traders du Crédit agricole méritent leur bonus
Par Pascal de Lima | Maître de conférences en économie à... | 30/03/2009 | 12H13

La classe politique française s'est unie -comme des stars d'Hollywood contre la faim dans le monde- pour dénoncer la distribution par Chevreux de 51 millions d'euros de bonus à quelque 800 de ses collaborateurs dans le monde. Car Chevreux appartient au Crédit Agricole, groupe qui a perçu près de trois milliards d'euros de prêts de l'Etat français. En outre, il ne serait pas normal de redistribuer les deniers de l'Etat à quelques 800 privilégiés.
Cette distribution de bonus dans une filiale bénéficiaire d'un groupe ainsi soutenu pose une question similaire à celle que nous nous posons lorsqu »un groupe bénéficiaire décide de licencier des salariés d'un site déficitaire. Il est facile de critiquer l'entreprise qui décide de faire ce choix si l'on raisonne en des termes généralistes.
La gestion d'entreprise demande un raisonnement par filiales ou « business line » afin de responsabiliser chaque acteur de l'entreprise, mais aussi pour des raisons logiques ou logistiques.
Certains traders n'ont joué aucun rôle dans la crise actuelle
Mais si l'on choisit de se pencher sur les individus, il est plus difficile de s'indigner. Après tout, il s'agit de primes à la performance pour des gens qui évoluent dans un milieu à forte tension et qui ont fait gagner beaucoup d'argent à leur entreprise.
Le fait de dénoncer le versement de primes en 2009 pour l'exercice 2008 alors qu'un plan de rigueur est prévu pour 2009 est un argument difficile à entendre pour ces gens qui ont fait gagner cette argent à leur employeur il y a plus d'un an, en 2008, et qui s'apprêtent à toucher les bénéfices de leurs gains.
Certes, ils ne sont pas à plaindre et la plupart touchent des salaires confortables, même sans la part variable. Mais pourquoi des traders en « commodités » ou « forex » -activités structurellement rentables- devraient-ils renoncer à leurs gains juste parce que leurs collègues ont bu la tasse sur d'autres marchés ?
Photo : des traders à Paris en septembre 2008 (Charles Platiau/Reuters).
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De Dominique52
(technicien salarié) | 11H48 | 30/03/2009 |
« pourquoi des traders en “ commodités ” ou “ forex ” -activités structurellement rentables- devraient-ils renoncer à leurs gains juste parce que leurs collègues ont bu la tasse sur d'autres marchés ? »
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Parce que ce système de rémunération est risqué (la preuve est faite)
Parce que ce système de rémunération est anormal : on doit être payé pour faire un travail et percevoir un salaire pour ce travail.
Quand la « prime » devient l'essentiel, on sort de la normalité, d'ailleurs si les « traders » n'exercent pas toute leur vie c'est bien parce que ce mode de travail n'est pas tenable.
Est ce que les ouvriers sont payés eux en proportion de ce qu'ils rapportent ?
De CygnusB
14H48 | 30/03/2009 |
Personne ne s'est révolté contre les licenciement massifs des jeunes loups, souvent français, à la city ou ailleurs. Par contre, les bonus touchés par les épargnés, c'est à dire les meilleurs, ne seraient pas justifiés ?
Je trouve que la question posée par cet article est pertinente : En front office, un mec peu ou pas rentable est quasi-instantanément remercié, et remplacé par un autre. Adieu la paye, le bonus ou que sais-je encore…
Il est donc normal qu'à l'inverse, s'il est bon (au sens rentable), un trader touche des bonus, de la même façon qu'un attaquant qui plante un but est récompensé (si si).
Après, le débat sur l'utilité des traders, ou sur les énormes bonus qu'ils touchent (parfois), reste ouvert.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 16H48 | 30/03/2009 |
Mais une tribune est une tribune, elle ne reflète pas le point de vue de la Rue ! Mauvais procès, par conséquent. Depuis quand faut-il qu'un média indépendant s'exprime de manière univoque et toujours dans le sens du poil de la majorité (présumée) des lecteurs ?
Cela dit, je suis d'accord avec le Yéti, dans l'ensemble. Il faudrait payer des bonus aux traders parce qu'ils ont été « gagnants » au jeu de casino universel ? Autant licencier les traders et les employés qui ont été « perdants », si l'on veut être logique. Quant aux innocents qui ont au moins autant fait pour leur entreprise que les traders « gagnants » (voir Continental, Sony, etc.), qu'est-ce qui justifie qu'on les jette aujourd'hui au chômage ?