Pourquoi ça marche

Cinq idées conso pour faire du bien à la planète

Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 04/04/2009 | 18H22

A ceux qui se demandent ce que veut dire « consommer durable », le salon Planète durable (qui se déroule jusqu'à dimanche porte de Versailles à Paris) apporte un début de réponse. Récup », fait main, bio, équitable, économies d'énergies… Eco89 présente quelques petites idées astucieuses.

Aller au salon Planète Durable, c'est d'abord prendre le pouls d'un secteur très prospère. Certes les offres alternatives ne représentent pour l'instant pas plus de 4% sur leurs marchés respectifs selon l'étude réalisée par mescoursespourlapanete.com, mais le secteur de la consommation durable connait une croissance à deux chiffres.

Pour sa deuxième édition, le salon a doublé de volume tout en étant encore loin d'accueillir tous les acteurs de la filière. Les mastodontes se sont payé d'immenses stands près de l'accueil. Ce qui donne une grosse visibilité la SNCF, la Poste, EDF-GDF… qui font des efforts pour moins polluer mais ont encore du mal à nous faire croire qu'ils ont fait leur révolution écolo.

Honda a beau présenter une berline hybride qui ne consomme que 4,4 litres /100 km, et Casino innover avec son « étiquette carbone » qui donne la quantité de gaz à effet de serre émise pour fabriquer les cookies ou le yaourt, on se dit qu'il vaudrait mieux ne pas rouler en voiture et consommer chez les petits producteurs (qui n'ont pas fait le déplacement jusqu'à la porte de Versailles).

Cuisine verte et maison bioclimatique

Un peu plus loin, quelques marques aux gros moyens tentent de nous faire rêver au futur.

Whirlpool présente un prototype sa « green kitchen », concept « inspiré de l'écosystème » nous dit on, et qui ne sera commercialisée qu'en 2012. Elle promet, grâce à des appareils « intelligents » d'économiser 70% sur les factures d'eau et d'électricité… pour un prix de vente, non encore révélé mais « qui comprendra le coût de l'innovation » dans un premier temps. Si l'on acquiert l'ensemble, on profitera d'un circuit de réutilisation des eaux sales d'un appareil par un autre, d'un cuiseur à vapeur ultra-rapide intégré dans le plan de travail… mais on pourra aussi ne prendre qu'un élément, comme le four « à cavité flexible » qui ne chauffe que la partie dont on a besoin.

Maison de cèdre à ossature bois (DR).Au centre du salon, on pénètre dans un modèle de « maison de cèdre » à ossature bois, aux allures de yourtes et commercialisée à partir de 150 000 euros, qui permet de cumuler pas mal de qualités environnementales (chantier court, faible consommation d'énergie, peu d'entretien…). Il s'en construirait plus d'une centaine par an en France.

On ne s'arrête pas sur les stands des magasins Biocoop, ni pour goûter les yaourts Les 2 Vaches faits par une filiale de Danone, ni chez Nature & Découvertes qui compte un réseau de 72 magasins en France, ou Alter Eco la marque équitable qui a la première franchi la porte des supermarchés. Tous ceux-là font partie du paysage désormais traditionnel de la consommation « éthique ». Mais en fouinant du coté des petits stands aux idées décapantes -ou simplement du bon sens-, Eco89 a déniché cinq produits. (Voir la vidéo)


Chacun a ses arguments pour expliquer qu'en préservant la planète, on préserve aussi son porte-monnaie :

  • Zecodesign vend pour 2 euros des pliages en carton où l'on emboîte d'anciennes bouteilles en plastiques et qui deviennent des cintres. On l'oubliait mais, lorsqu'ils sont fabriqués en plastique et acier, les cintres sont très difficiles à recycler et c'est l'occasion d'offrir une deuxième vie à nos bouteilles en plastique.
  • Les élèves designer de l'Esam transforment en sièges ces piles de magazines qu'il faut sinon descendre dans la poubelle jaune, mais aussi des pneus, des sacs plastiques.
  • La boutique Bo, par ailleurs très « bobo », récupère des barils de farine et les fait customiser par des stylistes comme Jean-Charles de Castelbajac pour en faire de jolis coffres à jouet, bacs à linge sale ou petites tables (de presque rien à l'origine, ils passent à 64 ou 92 euros une fois transformés).
  • Chez Lush, les savons au poids faits à la main et 100% naturels sont aussi économiques puisqu'un petit galet coûtant une dizaine d'euros permet de se shampooiner au moins quarante fois, nous jure-t-on.
  • Gemka vous propose de bannir le tartre de vos machines pour un investissement de 1250 euros, prévu pour durer vingt-cinq ans et amorti en très peu de temps puisque, selon le vendeur, « le calcaire coûte 800 euros par an à une famille de quatre personnes ». On n'y pense pas, mais, comme le vend la société « le calcaire, c'est le cholestérol de vos tuyaux, on ne s'y intéresse que quand est arrivée la crise, c'est-à-dire quand le cumulus tombe en panne à cause du calcaire. On oublie que des machines entartrées consomment beaucoup d'énergie. »
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3 commentaires sélectionnés

Portrait de pier31

De pier31

reprendre la main | 19H02 | 04/04/2009 | Permalien

on dirait la foire de Paris dans le hall des demonstrateurs ! ! !

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De sozzz

11H45 | 05/04/2009 | Permalien

Pour ma part, j'y travaillais samedi et ayant plus l'habitude des salons bio, les vrais avec les petits producteurs, j'avoue avoir eu un peu de mal à me trouver à côté de marques de voitures, GMS et autres ersatz de bonne conscience écolo… Ceci dit, cela m'a permis d'expliquer notre démarche, qui ne date pas d'hier, à un tout autre public, beaucoup moins averti.
Ce qui est sûr, c'est que dans toute nouvelle émergence, il y a une période de grand désordre, d'effet « mode », dans lequel chacun doit faire le tri.
On verra bien quelles enseignes seront toujours au rendez-vous dans quelques années, avec la même constance.

Portrait de yalienx

De yalienx

un passant | 08H53 | 06/04/2009 | Permalien

Je ne suis pas franchement convaincu par tous ces vendeurs de « miracles » qui n'en sont pas. On culpabilise le consommateur pour lui faire acheter tout et n'importe quoi (et surtout n'importe quoi en fait ! ).

Exemple : ces cintres en bouteilles de plastiques ! Déjà, il faut acheter des bouteilles en plastique (pas franchement vert tout ça ! ). Ensuite, il faut acheter une armoire de 12 mètres de long (parce que des cintres en bouteilles, de 10 cms de diamètre, ça tient plus de place que des cintres « fils » en métal de 2 mms ! ). Surtout, faut pas déconner, les cintres ne sont peut-être pas recyclables, mais en général on les garde à vie, ou quasiment. Ce n'est donc pas franchement le produit qui nécessite le plus d'être remplacé par quelque chose de plus écolo… (ou alors, par une solution réellement efficace ! ).

Autre exemple amusant avec ces aimants vendus 1 250 euros et censés nous débarrasser du calcaire ! Quand on voit ça, ça donne presque envie de se lancer dans le business « vert » et de vendre un produit débile à des consommateurs idiots… histoire de se faire un peu d'argent en exploitant la bêtise et la culpabilité de quelques-uns (je pense quand même que la très large majorité des gens ne tomberont pas dans le panneau ! ).

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