décryptage

Le marché carbone indien, un bon plan pour l'environnement ?

Par John Hug | Aujourd'hui l'Inde.com | 30/04/2009 | 10H50

Petites usines sur la berge de la rivière Hooghly à Calcutta (Jayanta Shaw/Reuters).

(De Delhi) Le premier Carbon Bazaar a lieu cette semaine à New Delhi. Organisé par les ministères allemand et indien de l'Environnement, il va permettre aux acheteurs étrangers et aux vendeurs indiens de crédits carbone de se rencontrer. Pour les grandes industries indiennes, le changement climatique est devenu une opportunité d'engranger des revenus estimés à 4,35 milliards d'euros jusqu'en 2012.

Ne pouvant pas compromettre son développement économique, l'Inde bénéficie des mécanismes de développement propre qui visent à mettre en place des améliorations technologiques fournies par des pays industrialisés. Selon Pamposh Bath, de GTZ, l'agence de coopération allemande responsable de l'organisation du bazar,

« ces technologies doivent nécessairement réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, elles doivent apporter quelque chose de plus, une innovation qui permet de réduire des émissions qui n'aurait pas eu lieu autrement ».

Dès lors, des usines de traitements de déchets, des industries agroalimentaires, des industries chimiques et même des municipalités ont postulé auprès des autorités nationales compétentes pour réclamer des crédits carbone. Ainsi, jusqu'en mars 2009, 398 des 1455 projets enregistrés par les autorités de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se trouvaient en Inde, deuxième derrière la Chine avec 453 projets.

« Jusqu'à présent, l'Inde a généré quelques trente millions de crédits carbone et en aurait encore 140 millions à mettre sur le marché », explique la compagnie Global Advisor Limited.

« Le marché du carbone croît encore plus rapidement que les technologies de l'information, la biotechnologie et la sous-traitance technique avec plus de 850 projets en attente représentant 4,35 milliards d'euros jusqu'en 2012. »

Des prévisions trop optimistes

Ces prévisions sont optimistes, surtout que la baisse de la production européenne a entraîné une chute des prix des crédits carbone de 58% depuis les huit derniers mois atteignant les 11 euros la tonne de carbone. Par ailleurs, moins de la moitié des projets soumis aux pays industrialisés aboutissent. Les compagnies sucrières indiennes, par exemple, génératrices de crédit carbone grâce à leurs produits dérivés tel que la bagasse ont vu leur fonds s'amoindrir face à la concurrence d'autres pays tels que la Chine ou le Brésil, pays où les normes sont plus strictes.

L'environnementaliste Bittu Sahgal dénonce aussi le fait que l'innovation se substitue à la régulation fiscale et environnementale :

« La dégradation des espaces naturelles est responsable de 21% des émissions. Le gouvernement devrait négocier des fonds pour les restaurer, or la plupart des méga projets d'infrastructure ne prennent pas le changement climatique en compte. Par exemple, un projet hydroélectrique en Himachal Pradesh dans le nord-est du pays s'est vu attribuer des crédits alors que les autres aspects environnementaux tels que l'érosion, les glissements de terrain et inondations ont été négligés. »

Quoiqu'il en soit, le marché des crédits carbone reste pour l'instant la solution monétaire gagnante pour les entreprises occidentales et indiennes -les unes remplissent leurs quotas d'émissions et les autres perçoivent des investissements. C'est peut-être la vérité qui dérange.

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Photo : petites usines sur la berge de la rivière Hooghly à Calcutta (Jayanta Shaw/Reuters).

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Portrait de funkystefffff

De funkystefffff

Citoyen Grolandais du côté de ma mè... | 11H21 | 30/04/2009 | Permalien

« C'est peut-être la vérité qui dérange. “ Bravo Eco89 ! belle analyse !
Le principe même de l'achat de ‘droit à polluer’ dérange, mais c'est une question de point de vue, me direz-vous ! !

Et c'est comme ça qu'on sauvera la planète ? Le business s'en tape : du fric, du fric, et encore du fric… toujours plus ! on en crèvera tous, mais ils s'en foutent… du moment que ça rapporte.

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De guerzit

Incomprenant majeur | 13H04 | 30/04/2009 | Permalien

On parlait des marchés ouverts par l'économie verte, vous savez le new deal étasunien…

Et bah en fait fallait tabler sur l'économie noire… Enfin on avoue vendre de la merde…

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De Avigdor

homo sapiens | 13H18 | 30/04/2009 | Permalien

L'arnaque au carbone…

La crise financière a eu différents impacts sur l'écologie.
Vive la crise….

Le fumeux et scandaleux Global Warming se voit relégué au second plan, ce qui permet d'ailleurs à certains scientifiques de le contester sans craindre un déferlement de critiques, le sujet n'étant plus médiatique. Il est clair aussi que pour les gouvernements, la sauvegarde immédiate de la cohésion de la société l'emporte sur d'hypothétiques changements climatiques.

Les tenants de la théorie du Global Warming y verront sans doute une faute, j'y vois pour ma part un espoir que ce débat redevienne plus serein et surtout, surtout, que les arguments de tous soient examinés et non pas que l'on assiste à un point de vue unique, digne des démocraties dites populaires.

Mais ce changement ne plaît pas à tous : ainsi, Zapattero, le Premier Ministre espagnol a décidé d'une politique de très grands travaux.

Pas écologiques ont alors dit les Verts et une partie des médias.

Il est vrai que les autoroutes ou les extensions d'aéroports, ce n'est pas très écologiquement correct. Mais que faut-il faire : laisser ce pays s'enfoncer dans le marasme (le taux de chômage y est remonté au niveau des années 80, près de 20%) ou bien tenter d'en sortir.

Car les emplois écologiques dont on nous a vanté les mérites durant des années ne fonctionnent pas en période de crise : les gens parent au besoin les plus pressés et au rentable.

On ne peut que s'en réjouir …

Ces tartuffes d'écolos sont de moins en moins écoutés grâce à la crise ….

Ils devront rendre des comptes, ils peuvent en être sûrs….

La crise va nous aider à démasquer ces ignobles tartuffes…

Tout n'est pas si mauvais en définitive….

Portrait de riverain22

à Avigdor Portrait de Avigdor De riverain22

ingé | 13H55 | 30/04/2009 | Permalien

Avigdor, pour justifier votre parti pris « coup-de-poing »….. sources ? arguments ? études référencées ? J'aimerais tant être convaincu de votre point de vue….
(il est vrai que ces dernières années, à part Claude Allègre et Dick Cheney : deux éminents penseurs experts et désintéressés - grands défaiseurs de complots…. la tendance est plutôt aux « ignobles tartuffes » de l'écologie…)

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homo sapiens | 18H13 | 30/04/2009 | Permalien

@ riverain22

par devoir citoyen je vous réponds bien que ….

Par exemple , entre autres…
L'auteur de pensee-unique.fr

Chercheur scientifique…
En retraite depuis peu, il est vrai.

Carrière typique de chercheur : grande école scientifique, thèse, Doctorat, intégration au CNRS, service militaire, etc. J'ai terminé comme Directeur de Recherche CNRS après avoir
dirigé deux laboratoires associés au CNRS et exercé des responsabilités à l'Université et en grande école.

http://www.pensee-unique.fr/

Autre question, je peux ? ? ? ! ! !

Portrait de riverain22

à Avigdor Portrait de Avigdor De riverain22

ingé | 20H23 | 30/04/2009 | Permalien

@ Avigdor
Quand je disais « études référencées », je ne vous demandais pas votre parcours, mais si vous vous basiez sur des articles scientifiques référencés (Science, Nature….).
J'admets volontiers que cette formulation pouvait prêter à confusion.

Du reste le site que vous citez me fait davantage penser, sur la forme et les procédés, aux meilleurs espaces « d'information » du web façon créationnistes, ou complotistes de tous bord… il y en a pléthore…
Procès d'intention systématiques, citations tronquées et hors contexte, interprétations abusives voire aberrantes, caricature et stigmatisation de « l'opposant » du débat et de ses arguments, amalgame entre ses conclusions et ses motivations, absence de réel débat…
Je peux si ça me chante bâtir un site équivalent, mais dans l'autre sens, n'y sélectionner que les infos les plus catastrophistes qui paraissent sur le climat, et les instrumentaliser pour disqualifier grossièrement tout autre point de vue : sûr que le débat y gagnerait…

Sur le fond, ce que vous désignez comme la « pensée unique », celle des « écologistes » ( ? ? ? ), désigne non pas une vérité religieuse, mais un consensus scientifique : consensus car il concilie des sensibilités diverses (des sceptiques aux catastrophistes), pas toutes les sensibilités mais un nombre croissant.
Il n'empêche que si le consensus en question admet comme très probable que le facteur anthropologique est déterminant, il existe toujours une probabilité que cette thèse soit inexacte (et on l'espère tous, excepté quelques illuminés)

Parabole : lorsque l'on construit sur une zone où les probabilités d'inondation sont fortes, ne doit-on pas appliquer le principe de précaution et s'installer plus haut ?
La question reste ouverte. Désolé pour vous que dans ce débat vous apparteniez désormais (ça n'a pas du tout été toujours le cas ! ) à une opinion minorante.

A mon sens le débat le plus vif aujourd'hui, celui qui conditionnera les politiques à mener et les groupes d'influence à venir, relève davantage des solutions que du constat. Le marché du carbone, par exemple, est une solution très controversée.

On ne résoudra pas ces problèmes ici, c'est sûr.
Pour finir ce petit procès d'intention à l'égard des contradicteurs (comme quoi, ce procédé n'appartient pas qu'à une seule position) :
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/12/climat-claude-a.html

Portrait de karlM

à riverain22 Portrait de riverain22 De karlM 21378

07H49 | 01/05/2009 | Permalien

Pas la peine, il ne comprendra rien. Formatage précoce, enrichissement sur le dos du peuple, poste de chef qui renforce son égo de singe dominant, destructeur d'environnement à cause de l'obsession productiviste des trente glorieuse puis retraite dorée…Le pain béni (car adorateur du pape, aussi) du Ssarkozisme

Portrait de Avigdor

à riverain22 Portrait de riverain22 De Avigdor

homo sapiens | 09H51 | 01/05/2009 | Permalien

@ riverain22

Pas besoin de faire un long discours…
Depuis la nuit des temps , le climat change sans cesse …
Il y a eu des taux de CO2 supérieurs à maintenant ….

Vos amis parlaient de réchauffement climatique et maintenant vu que les températures rebaissent, ils parlent de changement climatique …

Bref, ce sont des bouffons en mal de subventions et de bons postes surpayés……

Le pire c'est que nos élus, Sarkozy en tête …les écoutent et en profitent pour nous mettre des taxes supplémentaires …

Avec la crise il n'y a plus autant de pognon à gaspiller …

Voilà le côté positif …

Quand je pense que l'Ademe à donné plus 70 000 euros à ce tartuffe d'Arthus Bertrand, écolo qui se ballade en hélicoptère, l'écologie c'est sûr que ça rapporte à certains ….

Mais certainement pas au citoyen de base qui paye toujours son gazole trop cher pour aller travailler car trop taxé,sur 10 euros il y a 6 euros de taxes, tandis que ces tartuffes d'écolos, Al Gore, Hulot , Bertrand , Cochet et consorts donneurs de leçons, se promènent dans le monde entier en avion…..

Il est bien de dénoncer ces dangereux, incompétents et menteurs qui font peur aux gens et aux politiques pour s'en mettre plein les poches par des subventions, des postes …..

Le CO2 n'a aucun inpact sur le climat …

C'est ce que disent les climatologues ….

Cf le site pensee-unique .fr

Si vous n'avez pas de jugement critique, libre à vous de faire partie du troupeau des médiocres moutons….

Mais à moi comme à d'autres, on ne me la fait pas aussi facilement …

Portrait de DocteurSka

à Avigdor Portrait de Avigdor De DocteurSka

Etudiant | 17H53 | 30/04/2009 | Permalien

Bravo pour cette magnifique preuve de liberté d'esprit ! Quelle lucidité !

« Mais que faut-il faire : laisser ce pays s'enfoncer dans le marasme (le taux de chômage y est remonté au niveau des années 80, près de 20%) ou bien tenter d'en sortir. »

Bien sûr ! La protection des oiseaux au détriment des humains non merci, après tout la nature est avant tout un danger ! Alors qu'au moins les machines on sait comment ça marche…

Et puis ne laissons pas ces infâmes lobbyistes écolo (qui comme chacun le sait contrôlent l'ensemble de la classe politique) décrédibiliser le génie de nos ancêtres !
Je les entends déjà critiquer cette grande oeuvre qu'est l'Economie (alleluia), la Croissance (amen), et même jusqu'aux valeurs centrales de la « cohésion de notre société » (je vous cite) : Travail, Consommation, Patrie.

Français, on vous ment !

Entre l'économie et l'écologie, c'est la guerre ! Les hommes ou les zanimaux il faut choisir !

Il est grand temps de construire plus d'autoroutes et d'aéroports, comme ça notre niveau de vie pourra continuer à augmenter et nous serons tous plus heureux, même les pauvres.
Et on se plaindra que les ziozios sont morts, mais est-ce qu'on parlera de tous les pauvres qui ont pu retrouver le chemin de la consommation et donc de l'intégration sociale ?

Bâillonnons les adeptes de la lampe à huile et du retour dans les cavernes !

Portrait de Madiran

De Madiran

(Business Analyst) | 21H32 | 30/04/2009 | Permalien

L'occident, en se défaisant de ses propres usines devient « vert »…

Et par là , dispose donc d'un immense crédit carbonne…

Sur le point strictement « business » la chose est attrayante ! !

Mais sur le plan purement « carbone » je ne suis pas certain que cela soit un excellent plan, à terme, à la fois pour notre planète et pour nos enfants.

Portrait de Michael A.

De Michael A.

apprenti-chercheur (futur chômeur) | 10H14 | 01/05/2009 | Permalien

Petit article intéressant, car il met en évidence un phénomène pervers qui était envisagé dès l'origine de la mise en place de ECTS (marché carbone) : le prix de la tonne échangée n'a rien à voir avec sont prix réel de traitement. Celui-ci est compris (selon la technologie) entre 100 et 200 euros la tonne, alors que le prix de la tonne échangée a parfois baissé jusqu'à 2 ou 3 euros la tonne (aujourd'hui il est semble-t-il de 11 euros la tonne).
Un jour, lors d'une conférence sur le marché carbone dans le cadre d'un salon sur les énergies vertes, j'ai posé la question de ce décalage de prix au conférencier, qui m'a répondu (en gros car c'était un politique de l'Europe qui parlait un langage très politique) que ce système est un moindre mal permettant non pas de régler le problème des émissions mais bien de tenter de tirer les entreprises (cad le business) un peu vers l'écologie. Il a ajouté que si le prix d'échange était proche du prix réel de traitement, personne ne tenterait d'améliorer sa propre conduite, et que donc ce serait pire…

Autrement dit : les politiques qui ont avalisé ce système savent bien qu'il n'ont plus de pouvoir et tout ce qu'il peuvent faire c'est d'inciter très gentiment les « acteurs industriels » et surtout pas les contraindre.
Le problème est véritablement complexe car ce système ECTS est bien pour l'instant le seul système accepté par un grand nombre de pays, alors que toute politique de contrainte serait à coup sûr rejetée par certain d'entre eux, qui du coup prendraient un avantage énoooorme sur les « idiots » qui feraient une politique plus forte. Il n'y a pas pour l'instant ni de volonté forte des politiques (que nous élisons, je le rappelle) ni de solution facile à mettre en place.

Arrg… on est pas sorti de l'auberge !

En attendant, c'est toujours aux consommateurs que revient le « pouvoir » de choisir plus intelligemment les produits qui produisent moins ou peu d'émissions de carbone, par exemple en évitant les produits importés de très loin, ou qui mobilisent beaucoup de ressources énergétiques.

Portrait de Humain

De Humain

15H51 | 01/05/2009 | Permalien

Ce qui m'étonne le plus…

Est que le marché du carbonne, n'est pas nouveau

Le marché du Carbone est un echange financier du « droit à polluer »… !

Ce marché n'est pas une découverte, alors qu'il était quasi clairement stipulé dans le trop fameux document de la constitution Europ^éenne, heureusement réfusé par le France et la Hollande.

(Et soit dit en passant cette trop fameuse constitution fut signé de tous (y inclus la Turquie ! On se demanbde bien pourquoi ! ) et approuvé tant par la droite que par le gauche)

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