Question séléctionnée par Eco89

Pourquoi Continental refuse de vendre son site de Clairoix ?

Question posée par Guillemette Faure | Eco89 | 02/05/2009 | 20H32
La réponse de Gilles Le Blanc

A priori, le refus par un groupe industriel de vendre un de ses sites en difficulté semble étonnant : pourquoi se priver du produit qu'il en retirera alors qu'il doit financer un plan social ?

Deux raisons principales peuvent expliquer cette attitude.

D'abord les problèmes économiques du site exposés sur la place publique vont l'affaiblir dans les négociations avec un éventuel acheteur.

Ce dernier bénéficie en outre du calendrier imposé par la procédure juridique et sait que le vendeur ne peut pas attendre au-delà d'une certaine limite, ni solliciter d'autres acquéreurs potentiels faute de temps. Le prix de vente a donc de fortes chances d'être peu élevé.

Le coût induit par un renfort de la concurrence

Ensuite, le cas de figure le plus courant consiste à vendre a un concurrent. Celui-ci augmentera ses capacités de production s'il s'agit d'un bien qu'il fabrique déjà, ou bien étendra la gamme de son offre en se plaçant sur des segments ou des zones géographiques dans lesquels il n'était pas présent.

Le vendeur peut donc craindre que la cession d'un de ses sites conduise à renforcer la concurrence et par une baisse des prix et/ou de ses parts de marché se traduise finalement pour lui par un coût, qui risque de dépasser largement le prix de vente.

On objectera que le site en question va mal, est en difficulté et ne constitue donc pas une vraie menace pour le futur.

Un site industriel n'est pas mauvais en soi

Mais c'est précisément la vraie et intéressante question économique. Un site (plus généralement des actifs) n'est jamais profitable ou déficitaire dans l'absolu.

Tout dépend de l'environnement et des autres actifs avec lesquels il est combiné.

Ainsi une usine qui fait des pertes pourra, avec une direction différente, de nouveaux choix de produits, d'autres méthodes de travail, des fournisseurs différents, un nouveau réseau de distribution ou bien encore une nouvelle marque, devenir rentable. Des entreprises en difficulté reprises par des cadres et des salariés et ayant retrouvé le chemin de la croissance et de la rentabilité en fournissent l'illustration.

Face à cette éventualité, le groupe peut ainsi choisir de refuser la vente à un concurrent, quitte à subir à court-terme un coût plus élevé.

6 commentaires sélectionnés

Portrait de Bête à part

De Bête à part

parmi nous autres. | 10H54 | 03/05/2009 | Permalien

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Nous pouvons aussi se déplacer légèrement et observer autrement.
Nous pouvons constater que ce site de production de va pas si « mal », qu'il est riche de savoir-faire, qu'il sait s'adapter aux défis de la recherche, qu'il sait produire presque mille produits finis différents, qu'il est raisonnablement rentable au point de produire du salaire pour plus de mille personnes tout en rapportant honorablement aux investisseurs financiers, qu'il est créateur d'emploi et d'activités sur toute une région, qu'il est situé idéalement au regard des projets et réalités d'aménagement du réseau routier et fluvial dans une Europe au coeur du Monde, qu'il produit des revenus de fonctionnement conséquents aux collectivités locales.

Nous sommes en droit de penser que là ce sont les investisseurs, les « gros » actionnaires » qui vont « mal », au sens où ils imposent des vies aux caprices de leurs folies de l'or.

Nous pouvons penser que l'avidité que des princes érigent en loi et destin est illégitime et meurtrière, qu'elle ne peut déterminer et décider en maître tout puissant.

L'usine de Clairoix ferait des « pertes » ? … Diable !

C'est le futur qui promet de faire des pertes, pas l'activité de cette usine.

Les « pertes » évoquées ici sont en fait les délires de quelques milliardaires qui s'amusent entre eux à faire de l'argent. Toujours plus d'argent.

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Portrait de Jean-François@Carenton

De Jean-François@Carenton

10H53 | 03/05/2009 | Permalien

En gros, Clairoix avec ses Contis serait rentable ? Intéressant.

Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 14H04 | 03/05/2009 | Permalien

Pourquoi ne pas solliciter l'avis des Conti eux-mêmes, puisque les syndiqués du Mexique, de l'Allemagne et de France se sont réunis ?
Les Mexicains, par exemple, ont peur de leur voisins brésiliens, moins chers et plus malléables (Continental a acheté une usine « dormante » au Brésil comme moyen de pression).
Quel est le moyen de pression dont dispose la direction sur les salariés français pour se permettre de les larguer tout en conservant les murs ?
Quel est l'outil de production similaire le plus proche ?
La solution est peut-être par là…

Portrait de tonyau

De tonyau

Chef de projet | 19H21 | 03/05/2009 | Permalien

Je n'ai pas compris que le site était déficitaire. De mémoire les employés ont même touchés de l'intéressement et de la participation l'année dernière…

Il est indiscutable que nous achetons moins de véhicules ; Environ 20% à 25% de moins. Ce chiffre peut varier légèrement en fonction des Clients réels de l'usine. Clairoix par exemple faisait beaucoup de pneu pour les particuliers. Je n'ai pas entendu dire que nous roulions moins… Donc en ce qui concerne ce site particulier la baisse réelle de sa production est sans doute inférieure à 20%. Or on ne ferme pas un site pour une baisse de production de 20% « seulement ». Il y a sans doute bien autre chose derrière cette fermeture.
Par exemple la montée en cadence de L'usine Roumaine de Timisoara.
Continental s'est dernièrement (fin 2007) beaucoup endetté et doit remboursé environ 1 milliard d'Euro par an. La crise « aidant » l'entreprise ne produit plus assez de cash pour permettre de rembourser les crédits, de rémunérer les actionnaires et d'investir pour le futur. D'ailleurs l'entreprise déploie en urgence un plan mondial visant à dégager du cash à très court terme.
Les pneus qui ne seront plus fabriqués à Clairoix mais en Roumanie rapporteront plus à Continental, les économies faites sur les salaires compensant largement les éventuels sur-couts logistiques.
La fermeture de Clairoix n'est pas le résultat de sa propre activité mais la conséquence de la stratégie d'investissement « osée », pour ne pas dire inconséquente, de la direction de Continental mis à mal par la crise. Il est maintenant plus compréhensible que « Conti » ne souhaite pas vendre ce site qui deviendrait rapidement un concurrent direct dangereux pour lui…

Portrait de BILOU

De BILOU

08H31 | 04/05/2009 | Permalien

Continental ne peut vendre Clairoix car cela ne convient pas à sa stratégie.
Celle-ci répond à plusieurs critères :
1/ Vendre sous la pression équivaut à vendre à « vil prix »

2/ La vérité d'aujourd'hui ne sera pas forcèment celle de demain, en clair, Clairoix n'entre pas dans le plan de Continental à court terme, mais en cas, de retournement de situation, le site pourra être remis en production.

3/ Vendre Clairoix risque de permettre à un concurrent de s'implanter dans une zone à potentiel

4/ Conserver ce site permet d'envoyer un signal auprès des autres usines européennes du genre « si vous ne pliez à nos exigences, nous remettons en route Clairoix .. »

5/ Il ne faut pas oublier que la fermeture des 2 sites Clairoix et Hanovre sous couvert de rentabilité permet à la nouvelle usine roumaine d'être plus rentable et de rembourser rapidement les investissements faits sur place.

6/ Garder Clairoix est aussi une manière de faire pression sur les politiques pour obtenir des compensations ou autres prébendes.

Portrait de Simes

De Simes

Futur ex | 16H13 | 04/05/2009 | Permalien

Le site n'étant pas déficitaire, la fermeture de clairoix est uniquement un choix stratégique de réduction des cout de production.

Un pneu standard à clairoix > 9€, le même à timi > 4€.

La revente du site pour continental AG est un risque de perte de marché.

De plus, les investissements des dernières années à clairoix, des machines de production pour l'essentiel, sont destinés à être transférés dans d'autres usines du groupe.

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