Pourquoi ça marche

« La Princesse de Clèves » enfin star grâce à Sarkozy

Par Victor Joanin | Etudiant en journalisme | 05/05/2009 | 20H36

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Nicolas Sarkozy s'est moqué, enseignants et intellectuels ont répliqué, « La Princesse de Clèves » a ressuscité. Le classique écrit en 1678 par Madame de La Fayette se vend comme des petits pains.

A la polémique créée par les déclarations successives du chef de l'Etat ont succédé de nombreuses réactions militantes : un « Sarkothon » pour réconcilier Nicolas Sarkozy avec la littérature, des lectures marathon un peu partout en France, et même des badges « Je lis la princesse de Clèves » mis à disposition des visiteurs du dernier Salon du livre -ses initiateurs de l'assocation du Motif ont d'ailleurs été rapidement débordés par leur succès.

La princesse crève le plafond

Chez Hatier, ses ventes ont augmenté de 22% en 2007 et de 40% en 2008. L'année 2009 qui a également bien commencé chez Folio, où « La Princesse de Clèves » s'est vendue à 5 500 exemplaires depuis janvier, contre 2 840 l'année dernière à la même époque. Elles ont carrément doublé au Livre de poche l'année dernière, atteignant les 20 000 exemplaires vendus, et l'éditeur prévoit une année 2009 encore plus fastueuse.

« Il y a eu un véritable effet prescripteur après les déclarations de Nicolas Sarkozy, s'enthousiasme-t-on au service de presse. Que les motivations soient militantes ou pas, peu importe : si ça donne envie de lire ce livre, tant mieux ! »

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Portrait de jexiste

De jexiste

si, si | 22H02 | 05/05/2009 | Permalien

Pour ma part, j'ai retrouvé le premier exemplaire que j'ai eu entre les mains, celui que j'ai lu à 15 ans.

Je l'avais annoté d'une citation de Prévert :

« Rire est le propre de l'homme, mais le sale n'est pas forcément de pleurer. »

Portrait de kk

à jexiste Portrait de jexiste De kk

star malgré elle | 22H10 | 05/05/2009 | Permalien

J'ai pour ma part perdu ou prêté à vie le mien.
J'aime Prévert et ne connaissais pas votre citation ; je serai votre deuxième top

Portrait de Mon-Al

à jexiste Portrait de jexiste De Mon-Al

roturière :-) | 22H18 | 05/05/2009 | Permalien

Et moi je serai votre troisième car la citation me plait … quant à « La princesse de Clèves » que j'ai lue à 15-16 ans, comme tout le monde (en principe) je n'ai pas trop accroché : trop mièvre, peut-être ! !

Portrait de egide

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De egide

Littéral | 22H54 | 05/05/2009 | Permalien

Mièvre, la princesse de Clèves !

À 15 ou 16 ans, on lit quelques pages du roman de Marie-Madeleine de La Fayette.
Au mieux.

Mièvre, cette expérience d'écriture aux extrêmes !

Mièvre, l'indicible qui prend sens au fil des pages pour devenir criant par ce non-écrit qui se précise dangereusement jusqu'à la dernière phrase !

Mièvre, cette maitrise de la langue du pouvoir par une femme qu'on édite en plein XVII ème siècle et qui revient sur l'histoire même qui voit le français devenir la langue de la Justice qui prédomine sur le Jus Eclesiae !

Mièvre, cette femme qui quitte la Cour pour vivre librement en son domaine faute qu'on la reconnaisse comme Sujet !

Tiens, je me tais et me retire !

Portrait de Mon-Al

à egide Portrait de egide De Mon-Al

roturière :-) | 23H01 | 05/05/2009 | Permalien

Je l'ai trouvé mièvre à 15-16 ans … probablement que je jujerais autrement maintenant …

Mais vous êtes trop cultivé pour moi … je baisse la tête et accepte bien volontiers la leçon ! ! ! !

Portrait de marie 75

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De marie 75 3563

08H37 | 06/05/2009 | Permalien

Ouvrage considéré comme 1er roman de la littérature Fse…
On n'y peut rien si Toto Sarko, Girophare du non-intellectualisme UMP, ait cru bon de faire « une tirade » sur ce livre.
La Princesse de Clèves fait partie - quoi qu'en dise ce petit monsieur - de la culture française.

La princesse de Clèves, en soi, n'est que le symbole de l'arrogance inculte du Rolexé de l'Elysée.
Les textes de la Bruni sont-ils supérieurs à ceux de Madame de Lafayette ?

Quant au critique littéraire qui se prend pour l'horloge parlante, mièvre …. répète-t-il….
On le paye bien pour cette analyse médiatisée ?
Qu'il relise la carte du tendre et revienne à la plume.

Portrait de egide

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De egide

Littéral | 08H41 | 06/05/2009 | Permalien

Alors je vous pardonne.

Vous me dites trop cultivé !
Mais ma culture est un tonneau des danaïdes
telle qu'ont les lecteurs maladifs et ceux qui
fréquentent énervés les expositions d'art en
évitant surtout de lire les panneaux didactiques
et se moquent bien de se munir de ces affreux
bavards d'écouteurs.

Nous prenons égoïstement des plaisirs insignes
non à accumuler des savoirs mais seulement à
flatter des goûts infâmes à lire et à comprendre,
à voir et à discerner parmi des couleurs les signes
des intimités, à entendre des émotions qui nous
transportent on ne sait où, à admirer le jeu fascinant
et tellement mensonger des personnes si vivantes
du spectacle et qui nous bernent avec un aplomb !

Et pendant ce temps là, s'il n'y a foule énorme et
guichets fermés, le président de de la République
s'emmerde au parterre de tous les spectacles et
les livres lui rappellent trop les devoirs de toute
charge. Lourde, la charge.

HI HAN !
HI HAN !
HI HAN !

Portrait de jexiste

à egide Portrait de egide De jexiste

si, si | 23H02 | 05/05/2009 | Permalien

Mais non, restez, je l'avais lu d'une traite et ne l'ai pas trouvé mièvre, moi.

Portrait de Ben85

à egide Portrait de egide De Ben85

ramoneur | 21H24 | 06/05/2009 | Permalien

Totalement d'accord.
La scène de la rencontre entre la princesse de Clèves et Nemours est l'un des plus beaux récits de rencontre amoureuse que j'ai lu. Tout y est : la subjectivité des regards fuyants de l'un et de l'autre, la pression de la cour autour des deux personnages, l'inéluctabilité d'un amour qui se dessine au premier regard… et ce jeu de séduction dans le dialogue qui suit, dans lequel aucun des deux amants ne veut tomber le masque…
Pour un roman du 17ème, c'est d'une modernité folle, et ce fut l'un de mes premiers « frissons littéraires ».

Portrait de jexiste

à Ben85 Portrait de Ben85 De jexiste

si, si | 23H02 | 06/05/2009 | Permalien

De quelle modernité parlez-vous ?

A une époque où la société tend à imposer aux femmes de se comporter dès le plus jeune âge comme des femelles bonobo, la Princesse de Clèves devient tellement subversive que certains réclament à cor et à cri sa mise au pilori - ou au pilon.

Portrait de Ben85

à jexiste Portrait de jexiste De Ben85

ramoneur | 06H07 | 07/05/2009 | Permalien

Par modernité, j'entends la façon dont les romans parlaient d'amour à l'époque et celle toute nouvelle dont Mme de la Fayette se sert pour dépeindre les sentiments de ses personnages. Les sentiments ne sont pas contrastés et caricaturaux.

La Princesse de Clèves mis au pilori ? Par qui ? Et pourquoi ? J'avoue ne pas bien comprendre. Si ce sont les quelques commentaires désobligeants sur ce post dont il s'agit, je ne suis pas très inquiet…

Portrait de jexiste

à Ben85 Portrait de Ben85 De jexiste

si, si | 13H00 | 07/05/2009 | Permalien

Les soixante-huitards ne l'ont jamais aimée, elle leur casse leur baraque. C'est une femme libre. Libre de ressentir, penser, s'autodéterminer. A 15 ans, comme d'autres j'imagine, je trouvais ça moi aussi parfaitement naturel. Je n'avais pas encore réalisé à quel point mon éducation était éloignée du modèle dominant. Je ne savais même pas que dans le même temps le journal des grands penseurs de gauche, les seuls, les vrais, faisait l'apologie de la pédophilie. Je ne savais pas non plus qu'une « vraie » femme est complètement pétée à la coke et se fait sauter tous les jours par un régiment de tarés… Nos grands penseurs travaillaient d'arrache-pied à l'avènement d'une société où tous les hommes, enfin égaux, auraient exactement les mêmes chances de consommer les femmes de leur choix…

Portrait de Ben85

à jexiste Portrait de jexiste De Ben85

ramoneur | 18H33 | 07/05/2009 | Permalien

jexiste,
quand je te (je me permets de te tutoyer) lis, on se rapproche plus de Houellebecq que de Mme de Sévigné.
Je ne suis pas sûr qu'il faille opposer le « modèle féminin » représenté par la Princesse de Clèves à celui issu de 1968, tout simplement parce que cela n'a pas grand chose à voir, selon moi…

Je pense également que ces deux courants peuvent coexister (heureusement ! ) parce qu'ils ne traitent pas du même sujet, les écrivains « soixante-huitards » s'attachant au sexe, alors que Sévigné parle davantage des sentiments.

Portrait de jexiste

à Ben85 Portrait de Ben85 De jexiste

si, si | 21H29 | 07/05/2009 | Permalien

Je ne donne pas dans l'exercice de style. En fait, là j'ai tellement envie de HURLER que je ne sais pas où trouver la sérénité d'esprit nécessaire pour exprimer correctement, calmement et complètement tout ce que j'aurais à dire sur ce sujet.

Je ne parle pas de modèles féminins différents, encore moins à opposer, mais de tendances sociétales.

La Princesse de Clèves fait les choix qui lui conviennent en son âme et conscience parce qu'elle vit dans un monde qui lui accorde âme et conscience.

Ce n'est plus le cas de femmes vouées à n'être qu'objets de consommation ou esclaves sexuelles.

Plus généralement, on comprend bien que le « modèle » que pourrait constituer la Princesse de Clèves n'est plus l'exemple à suivre lorsqu'est envisagé ou programmé le retour à l'esclavage de la majeure partie de la population.

Portrait de nemo3637

à egide Portrait de egide De nemo3637

Déchoukeur | 02H45 | 07/05/2009 | Permalien

Ah oui, c'est très fort « La Princesse de Clèves ».
A lire quand on est jeune et con - et qu'on ne comprend pas grand chose à la vie - et à relire avec nostalgie quand on est vieux et con.

Portrait de muticompte b

à jexiste Portrait de jexiste De muticompte b

bbb | 23H56 | 05/05/2009 | Permalien

Je l'ai lu sous la contrainte, il fallait en faire des résumés à chaque leçon de français, impossible de passer au travers.

Cependant, je n'ai pas adhéré. Trop d'une autre époque : et pourtant c'était un livre assez scandaleux quelque part.. A notre époque plus le temps de disséquer ainsi toutes ses émotions !

L'amour, c'est plus du harsard.. nous sommes dans une société formatée.. L'amour présidentiel l'est autant que le reste !
Convenances, arrangements.. l'amour, la passion, la folie.. l'embrasement des sens, leur satisfaction…
Ce vers quoi nous devrions tous tendre !

Portrait de jexiste

à muticompte b Portrait de muticompte b De jexiste

si, si | 13H36 | 06/05/2009 | Permalien

Je l'ai lu hors contexte scolaire. Je lisais beaucoup. De toutes époques, tous lieux, et tous styles.

Portrait de obey

De obey

:| | 23H21 | 05/05/2009 | Permalien

Si ca peut mettre du plomb dans la tete a certains cons, ca peut etre interessant.

Je doute que certains cons de banlieue le lisent…. enfin ceux qui savent lire.

Portrait de muticompte b

à obey Portrait de obey De muticompte b

bbb | 00H00 | 06/05/2009 | Permalien

« certains cons de banlieue » ? ségrégationnisme.

Désolée, mais ces « cons de banlieue » aimeraient peut être qu'on les initie aux belles lettres, ils ne demanderaient peut être que cela. Ce sont peut être des gens qui ont tiré une boule noire à la loterie de la chance.

Ce n'est pas parce qu'on est de banlieue qu'on est « con ».. il y en a même à Paris 8e ou 16e, même à Neuilly.

Qui fait que nous naissons dans tel berceau plutôt que dans un autre ?
Vous vous croyez moins con que les autres « obey » ? Qui vous y autorise, qui vous le permet ?

Portrait de leo s

à obey Portrait de obey De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 08H18 | 06/05/2009 | Permalien

du plomb dans la tete a certains cons…

Reste calme Ebahi.
Ne vas pas jusqu'au suicide.

Portrait de heretok

à obey Portrait de obey De heretok

citoyen hors-service | 12H51 | 06/05/2009 | Permalien

On murmure dans certains cercles (de droite) qu'ils mangeraient aussi leurs enfants..

Portrait de jexiste

à obey Portrait de obey De jexiste

si, si | 15H49 | 06/05/2009 | Permalien

Si c'est à l'objet de cet article que vous pensez, je doute moi aussi qu'il en ait même entendu parler :

http://www.slate.fr/story/4765/fofana-justice-ou-vengeance

Mais dans la magistrature non plus, on ne lit pas beaucoup…

Portrait de Ishtar

à obey Portrait de obey De Ishtar

16H32 | 06/05/2009 | Permalien

« Je doute que certains cons de banlieue le lisent….enfin ceux qui savent lire. »

Ma voisine qui ne vis pas en banlieue n'a jamais lu la Princesse de Clèves,ni aucun autre livre d'ailleurs.Je connais en outre une personne qui a vécu en banlieue il y a peu et qui dévore toutes sortes de bouquins.J'ai eu souvent l'occasion de m'apercevoir que les gens cultivés sont parfois là où on les attend le moins.

Quelle est ce genre de réflexion suffisante et ….imbécile ?

Portrait de I.P

à obey Portrait de obey De I.P

Flat4 | 18H44 | 06/05/2009 | Permalien


Je doute que certains cons de banlieue le lisent…. enfin ceux qui savent lire.

Change de pseudo Eric Zemmour, on t'a démasqué.

Portrait de Rezonor

De Rezonor

Collectif | 01H19 | 06/05/2009 | Permalien

Pour ceux qui désirent compléter leur panoplie de Clèvistes endurcis, à noter l'intéressante adaptation (prémonitoire ? ), qu'en a donné Christophe Honoré dans son film « La belle personne ».

Images bouleversantes de Léa Seydoux incarnant la liberté féminine en train de se découvrir telle face au désir d'autrui.

Chantal Newirth y règne sur un second rôle qui fait écarquiller les yeux au spectateur se demandant combien de temps elle a bien pu matronner un estaminet pour s'y mouvoir avec une telle aisance.

Le film et le livre éclairent mutuellement leurs libertés respectives, tous les acteurs dirigé par Honoré semblent bénéficier de la grâce spéciale de madame de La Fayette.

Alors tremble celui qui brigue l'empire, car il redoute les perspectives découvertes par ces plaisirs décrits ou filmés.

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

08H28 | 06/05/2009 | Permalien

PECRESSE et LE GOUVERNEMENT NE REPONDENT PAS DEPUIS 14 SEMAINES !

Le blocage des universités : des problèmes immédiats … et des questions de fond (cf tageblatt)

Les étudiants de l'université de la Sorbonne (Paris I et Paris IV) ont reconduit hier leur grève

Les universités françaises, du moins les nombreuses qui sont affectées par le blocage des cours décidé par la plupart des syndicats enseignants et plusieurs organisations étudiantes, sont entrées lundi dans leur quatorzième semaine de blocage partiel ou total. / De notre correspondant Bernard Brigouleix, Paris

Le dernier sondage est sans appel : seuls 4 pour cent des étudiants sont favorables à la suppression des examens de fin d'année universitaire ; et parmi la masse considérable de ceux qui s'y opposent, 51 pour cent demandent même que ces épreuves soient „maintenues dans leur forme habituelle« , contre 32 pour cent qui estiment que, compte tenu des circonstances, elles devraient être „simplifiées“.
Mais beaucoup de présidents des universités bloquées, considèrent d'ores et déjà que l'échéance normale ne pourra être respectée.
Et certains sont prêts à donner leur démission si une validation générale de l'année sans examen leur était imposée. Des bagarres ont opposé ces derniers temps les étudiants d'abord soucieux de travailler à ceux qui leur reprochent de ne pas voir plus loin que leurs propres échéances immédiates.
C'est peu dire, donc, que le ton monte parallèlement à la peur d'avoir perdu une précieuse année, sans aucune certitude d'arracher finalement au gouvernement l'abandon d'une réforme qui ne mobilise aucunement le reste de l'opinion. Comme le notait ces derniers jours, désabusé, un important responsable syndical ouvrier : „Nous, on est contre, bien sûr ; mais allez dire aux gens qui sont à sept heures du matin dans leur train de banlieue pour aller faire leur journée à l'usine que les étudiants, et leurs professeurs qui n'enseignent pas plus de quelques heures par semaine, sont très malheureux ! Bonne chance …‘
Dans ce bras-de-fer où le gouvernement, et singulièrement la ministre chargée des Universités, Valérie Pécresse, semblent pour l'instant dépassés, ne sachant ni rétablir la liberté d'enseigner demandée par le plus grand nombre, ni faire les concessions intelligentes qui permettraient aux contestataires de sortir de l'impasse la tête haute, la droite, sentant à tort ou à raison tourner le vent de la contestation, cherche désormais à diaboliser celle-ci.
Ce qui est frappant dans la crise que traversent actuellement les Universités françaises, c'est que le débat originel, qui avait toute sa raison d'être et que le gouvernement aurait d'ailleurs gagné à engager avant de présenter son projet plutôt que de devoir en gérer a posteriori les retombées les plus incertaines, est totalement oublié. Comme s'il ne s'agissait plus que de conduire, ou de contrer une vaste opération d'opposition de terrain à la politique de Sarkozy. Mais on a parfois l'impression d'avoir un peu perdu de vue sur quoi portait à l'origine le débat sur la réforme de l'Université française. Quatre dossiers principaux sont en fait au coeur du litige.

Les quatreprincipaux litiges

Le plus médiatisé est celui qui est connu sous le nom, passablement obscur aux profanes, de „mastérisation. Il s'agit en fait, au nom de la revalorisation du métier d'enseignant, d'imposer à ceux qui se présenteront à un concours de recrutement de professeurs d'être titulaires, non plus d'une simple licence (soit un niveau dit Bac+3), mais d'un master (donc de niveau Bac+5), en échange d'une meilleure rémunération des enseignants dès le début de leur carrière, et pour correspondre en gros aux normes européennes. Les programmes des masters en question sont encore dans les limbes pour l'instant, ce qui irrite et inquiète les postulants potentiels.
Deuxième pierre d'achoppement : le statut des enseignants-chercheurs. Signe que le gouvernement n'était pas très à l'aise sur le sujet, le décret en est à sa troisième version. L'idée qui a exaspéré les intéressés est qu'ils pourraient être conduits à faire des heures supplémentaires, moyennant rémunération adéquate bien entendu : ils redoutent de voir leur salaire global servir de variable d'ajustement lorsque les crédits de leurs universités respectives seront en baisse. Et aussi de faire l'objet d'une gestion personnalisée des carrières, les critères de quantité se substituant à ceux de la qualité.
Au-delà se pose aussi la question budgétaire globale. Les crédits de l'Enseignement supérieur ont été augmenté cette année. Mais le gouvernement a annoncé quelque chose qui pouvait sembler en totale contradiction : la suppression de plusieurs centaines de postes. En fait, le ministère a présenté la chose comme un redéploiement des moyens, non une réduction de voilure ; mais c'est bien ainsi que les syndicats universitaires ont perçu la réforme : „On va donner de moins en moins d'argent à l'Université, assurent-ils, même si – pour l'instant – la réalité est (légèrement) inverse.
Enfin, le mouvement de grogne actuelle est aussi l'occasion de remettre en cause une loi qui a pourtant été votée, à l'époque sans drame si ce n'est sans opposition, il y a presque deux ans : celle qui prévoyait l'autonomie des universités. Là aussi, il s'agissait dans une large mesure d'imiter ce qui se fait un peu partout dans le monde ; mais cette démarche – que l'on réclamait pourtant déjà en … mai 1968 ! – est en fait terriblement contraire à la mentalité de la Fonction publique à la française, fondée sur la péréquation territoriale entre communautés et régions riches et pauvres, et sur l'unicité des carrières. La crainte est grande de voir se développer une Université à deux vitesses, pour ne pas dire quatre ou cinq.
A quoi certains répondent que c'est déjà très largement le cas. D'abord à l'intérieur même du système des facultés : qui peut croire sérieusement que toutes soient à égalité réelle, non certes de statut, cela au moins reste une réalité, mais de niveau et d'attractivité – pour les enseignants les plus brillants, pour les meilleurs étudiants … et pour leurs futurs recruteurs ? Et puis, et l'on touche sans doute là à l'une des causes très profondes du malaise universitaire français, il y a, à côté de ces facultés si souvent en grève, pas très bien équipées, en manque de prestige et de débouchés, les mythiques „Grandes écoles : Normale Supérieure, Polytechnique, ENA, Sciences-Po’ …

Les mythiques„Grandes écoles‘

Au-delà de cette crise immédiate, qui a déjà derrière elle plus de trois mois de troubles et à laquelle trop de Français ne s'intéressent guère, faute de comprendre qu'elle concerne l'avenir de plusieurs générations dont celle de leurs enfants, il y a cette poignante nostalgie d'une époque où la Sorbonne et quelques autres facultés, point nécessairement parisiennes d'ailleurs, régnaient sur l'Europe des clercs.
Aujourd'hui, chaque classement mondial qui paraît dans les journaux achève d'enfoncer, au palmarès des nations, l'Université française – quitte à oublier qu'elle reste, pour tout l'essentiel, gratuite et de bon niveau. Et qu'elle a dû faire face avant d'autres, dans le respect de la norme républicaine, à l'explosion démographique qui n'affectera jamais tout à fait de la même façon ni Oxford, ni Yale … Même si les Allemands, les Japonais, les Italiens ont su, semble-t-il, maîtriser mieux cette quadrature du cercle.
Ces considérations générales ne peuvent faire oublier les problèmes particuliers, et très prégnants, très urgents, auxquels se trouvent aujourd'hui confrontés, et le gouvernement, et les étudiants, et leurs maîtres. Mais on gagnerait certainement, de part et d'autre de cette ligne de tranchées qui sépare le pouvoir et les contestataires, à replacer la crise actuelle dans la perspective de ce mouvement ancien et lent, mais terriblement fort.

Portrait de Marie-Sophie Keller

à marie 75 Portrait de marie 75 De Marie-Sophie Keller

Rue89 Eco89 | 09H15 | 06/05/2009 | Permalien

Marie75, auriez-vous l'obligeance de cesser d'écrire des commentaires hors sujet de quinze kilomètres à chaque fois ? Ça ne rend pas les fils de commentaires très digestes… Vous auriez pu résumer celui-ci et le noter sous le bilan des deux ans de Sarkozy, ça aurait été plus logique. Mais si vous préférez continuer à être « dépubliée » une fois sur deux, c'est votre choix.
Bonne journée !

Portrait de nemo3637

à marie 75 Portrait de marie 75 De nemo3637

Déchoukeur | 02H53 | 07/05/2009 | Permalien

Glouk. J'étouffe. Retirez l'entonnoir !

Portrait de Ben85

à marie 75 Portrait de marie 75 De Ben85

ramoneur | 18H43 | 07/05/2009 | Permalien

Marie 75,
serait-il possible de parler tranquillement du sujet proposé sans dévier de façon grossière sur un thème qui n'a aucun rapport avec l'article de départ ?
On disserte assez peu souvent de littérature pour que, quand ça arrive, on puisse le faire en toute sérénité et sans parasitage politicien.
Merci.

Portrait de Virginie Tauzin

De Virginie Tauzin

CPJ | 10H26 | 06/05/2009 | Permalien

J'ai 26 ans et j'ai lu la Princesse de Clèves pour la première fois il y a quelques mois. A sa lecture, je n'ai pu m'empêcher de penser : « Comment aurais-je pu comprendre cet ouvrage il y a dix ans ? » La richesse de l'écriture et la puissance romantique n'auraient pas pu me bouleverser à l'époque. Il faut une certaine maturité pour en comprendre la portée, sinon on referme le bouquin et on passe à côté. Et c'est pas possible de passer à côté !

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