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D'ou vient le problème des retraites ? S'il y a trop de retraités aujourd'hui c'est qu'il y avait trop de travailleurs hier…

Question posée par Arnaud L. | 06/05/2009 | 05H55

3 commentaires sélectionnés

Portrait de spin590

De spin590

17H43 | 07/05/2009 | Permalien

La retraite des salariés comprend deux composantes :
1 - La retraite sécurité sociale dite par répartition
2 - Les retraites complémentaires (ARRCO et AGIRC) qui sont reversées en fonction de points acquis par les prélèvements réalisés pendant les périodes d'activité.
Pour ce qui concerne la retraite par répartition, ce sont les prélèvements faits sur les revenus des actifs qui permettent le reversement aux retraités.
Hier, la question ne se posait pas, et les caisses de retraite pouvaient même être excédentaires.
Il est certain que s'il y a plus de retraités que d'actifs, il faut, soit baisser les reversements, soit augmenter les prélèvements.
Cette équation supposerait que les prélèvements soient bien effectués sur tous les revenus de tous les actifs salariés. Aujourd'hui ce n'est pas le cas. Toutes les exonérations de charges réclamées et accordées au nom de la « compétitivité », participent pour beaucoup à ce déséquilibre.
Il est quand même vrai, qu'à terme, et en conservant une retraite à taux plein à partir de 60 ans et ou 160 trimestres, il eût fallu augmenter légèrement les prélèvements des actifs.
C'est la réponse à ce type de question qui fait la différence entre une politique dite de gauche et une politique dite de droite.
A « gauche » on trouve les recettes nécessaires, à « droite » on
dépense moins en orientant vers des solutions individuelles du type « capitalisation ».
Les retraites complémentaires sont déjà individualisées, mais sont « obligatoires » et issues de prélèvements.
Pendant toutes les périodes d'activité, salarié et employeur cotisent en fonction de la partie du salaire qui dépasse le plafond de la sécurité sociale, et toutes les cotisations versées sont transformées en « points » selon une valeur déterminée par des accords entre partenaires sociaux.
Au moment de la liquidation de la retraite, il est reversé au retraité une rente équivalente au nombre de points acquis multiplié par la valeur du point du moment également négociée entre partenaires sociaux.
On retrouve à nouveau un problème de recettes qui conditonnera la valeur du point. Et là, même « punition », la valeur du point reversé peut très bien stagner et celle permettant d'acquérir les points augmenter, en fonction des besoins en recettes.
Dans ce cas, les pensions ne peuvent que diminuer au regard du coût de la vie.
Le problème des retraites est donc bien lié au nombre de retraité et à leur durée de vie, dont l'effet conjugué est d'augmenter la dépense. Mais le problème principale reste celui des recettes à mettre en face de ces dépenses.
Comme dit plus haut, il existe des solutions dites de « gauche » et des solutions dites de « droite ».
Il faut savoir que ces solutions (l'une ou l'autre) sont très liées aux orientations de politiques générales et aux idéologies sociaux économiques.

Portrait de Dominique THOMAS

De Dominique THOMAS

réseau alerte libertés | 07H51 | 08/05/2009 | Permalien

S'il n'y avait pas eu de travailleurs, on serait aujourd'hui dans un pays beaucoup moins riche et moins développé.
Plus sérieusement, le problème des retraites vient de deux facteurs démographiques et d'un facteur politique. Démographie : allongement de la durée de la vie et baisse de la natalité : de moins en moins d'actifs pour financer de plus en plus de retraités, c'est mathématique ça ne peut pas marcher quand on reste dans un système de solidarité générationnelle.
Le problème politique c'est l'incapacité à adopter une politique prévisionnelle et à long terme. Les rapports ne manquaient pas depuis le Livre Blanc de Michel Rocard et tous disaient la même chose : à moins d'une profonde réforme de ce système pensé pour une population différente, on ne s'en sortirait pas. Il fallait à la fois former les jeunes (en clair adapter l'Education nationale à cette nouvelle donne) allonger la durée de vie professionnelle sauf pour les professions pénibles physiquement ou psychologiquement (revendication de la CFDT depuis des lustres) aménager le temps de travail et de formation tout au long de la vie professionnelle pour développer les passerelles d'une activité à l'autre. Bref une politique à long terme (utopie de nos jours) menée en concertation avec toutes les branches pour cerner au plus près les évolutions de chaque profession, avec un souci de « sur mesure » incompatible avec le dogme français de l'égalité de tous devant la loi. Une chimère quoi !

Portrait de nipivime

De nipivime

;- | 10H15 | 10/05/2009 | Permalien

Question taquine… D'ailleurs, pourquoi parler de « problème » des retraites ? Le mot est chargé de sens. Il y a une chose certaine, la tendance au vieillissement de la population française. Cela aura des conséquences pour le choix social.

Toute société construit sa solidarité. Dans cette solidarité, il s'agit notamment de pourvoir aux besoins de ceux qui ne peuvent pas le faire seuls. Ainsi, ces derniers siècles, s'est petit à petit imposée l'idée que ceux qui ont travaillé quand ils étaient dans la force de l'âge ont le droit de s'arrêter de travailler (produire, aider,…) et de conserver une partie de leurs revenus.

Concrètement, cela passe par une ponction sur le revenu de ceux qui travaillent vers ceux qui ne travaillent plus : c'est le système de retraite qui organise ce transfert. Attention, quel que soit le système de financement des retraites (capitalisation, répartition, public, privé), le résultat global est toujours le même, une partie de ce qui est produit par les uns est transféré aux autres. Dans seconde moitié du XXe siècle, il y avait peu de retraités par rapport aux travailleurs, d'ou un « âge d'or » des retraites, cotisations faibles et pensions assez correctes.

Mais, plus il y a de retraités par rapport à ceux qui gagnent de l'argent, moins on peut donner aux premiers à ponction comparable et plus on doit prendre aux seconds pour garantir le revenu des premiers. Prendre plus aux seconds, c'est soit augmenter la part de leur revenu qu'ils consacrent aux retraites, notamment leurs « prélèvements obligatoires » (outil délicat dans un monde aux frontières ouvertes), soit leur demander de payer plus longtemps (on allonge la durée de cotisation). Donner moins aux premiers, c'est soit donner à chacun moins chaque année (diminuer les pensions), soit donner à moins, donc diminuer le temps passé à la retraite (allonger le durée de cotisation…).

Pour résumer, face au vieillissement de la population, soit on augmente les prélèvements, soit on donne moins aux pensionnés, soit on étale dans le temps, en demandant à ceux qui ne sont pas encore en retraite de continuer à travailler. C'est un mélange de tout cela qui est choisi, avec beaucoup de la troisième option.

Cela dit, tout cela n'est qu'un aspect des choses. Par exemple, avec le vieillissement, il y aura plus de retraités, mais moins d'enfants (qui sont, eux aussi, financés par les travailleurs, mais c'est marrant, on en parle peu). Il y aura des conséquences sur la productivité du pays. Sur ses besoins en infrastructures, bref, sur l'ensemble du système économique. On pourrait également remarquer qu'une solution, pour retarder cela, passe par l'ouverture des frontières aux personnes (des travailleurs entrant alors compenser les déséquilibres démographiques), mais il semble que, pour des raisons difficiles à comprendre objectivement, cette option soit exclue par les décideurs en Europe, quand elle est très utilisée aux Etats-Unis. Mais ceci est une autre histoire…

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