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Obama veut taxer les délocalisations : l'Inde réagit
Par Juliette Tissot | Aujourd'hui l'Inde | 08/05/2009 | 16H04

(De Delhi) Le président américain a annoncé cette semaine une réforme fiscale visant à récupérer 210 milliards de dollars auprès des grandes entreprises et des évadés fiscaux. Parmi les mesures, Barack Obama propose de taxer davantage les entreprises qui délocalisent une partie de l'emploi à l'étranger. L'Inde est particulièrement visée.
En début de semaine, Barack Obama a fustigé le système américain actuel qui permet « de payer moins d'impôt quand on crée un emploi à Bangalore en Inde qu'à Buffalo dans l'Etat de New York ».
L'Inde, surnommée le bureau du monde, est donc montrée du doigt. Les grandes entreprises américaines comme IBM ou General Electrics ont des dizaines de milliers d'employés dans le sous-continent. De nombreuses banques américaines délocalisent une grande partie de leurs services clients en Inde et à Bangalore, en particulier.
Lors de la présentation de sa réforme fiscale, le président américain a expliqué qu'il souhaitait favoriser l'emploi aux Etats-Unis, comme il l'avait déjà martelé pendant la campagne électorale. Barack Obama propose de mettre fin à l'abattement fiscal dont bénéficient les entreprises américaines quand elles investissent dans des filiales à l'étranger. Il veut taxer plus fortement leurs profits réalisés hors des frontières. Inversement, il compte faire des incitations fiscales pour soutenir les embauches sur le sol américain.
La presse indienne a vivement réagi à cette annonce. À la lecture des journaux, on pouvait sentir un certain agacement contre Barack Obama qui fait de Bangalore le symbole des emplois américains perdus, à l'image de ce titre du Times of India :
« Barack Obama torpille encore Bangalore ».
Aujourd'hui, aux Etats-Unis, le néologisme « bangalored » est largement utilisé pour décrire la perte d'un emploi à cause de la délocalisation.
En Inde, le monde des affaires est donc contrarié par ces attaques et cette menace pour le secteur informatique. Pour Sajjan Jindal, le président de la Chambre de commerce et d'industrie, cité par le New York Times, cela « pourrait tuer l'esprit de compétition ».
Mais l'agacement fait place à la réalité des faits. Comme l'explique Uday Ved, de KPMG India, également dans le New York Times, « si les entreprises délocalisent des emplois en Inde ce n'est pas parce qu'elles paient moins d'impôts mais parce que le travail coûte moins cher ».
Ainsi dans le Times of India, Aparup Sengupta, patron de Aegis un géant indien de la délocalisation de services, rappelle qu'en général « un service facturé 48 dollars de l'heure aux Etats-Unis ne coûte que 11 ou 12 dollars en Inde ».
C'est pourquoi les experts indiens s'accordent à dire que les conditions sont tellement avantageuses en Inde que les Américains ne pourront pas faire autrement que de continuer à délocaliser certaines tâches dans le sous-continent. Ils estiment que c'est la seule façon pour les entreprises américaines de rester compétitives.
Pour être appliquée, la réforme fiscale de Barack Obama doit maintenant être votée par le Congrès. Ce qui n'est pas gagné. Entre la détermination de la Maison Blanche et les lobbyistes du commerce américain, la bataille est lancée.
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De General Subverciòn
réfractaire délocalisé | 19H48 | 08/05/2009 |
Imaginons aussi qu'on demande aux multinationales de rembourser toutes les subventions européennes et autres aides qu'ils ont touché pour pouvoir délocaliser…ça serait juste mais parfaitement surréaliste…le jour ou les ouvriers américains ou autres en auront marre de crever la dalle,ils se révolteront,quelque soit le guignol au pouvoir..et ça promet d'être chaud et le capitalisme triomphant,il n'en restera heureusement pas grand chose…
« Yes we can » ? ? ? Que de la gueule ! ! !
à General Subverciòn
De DBL8
Retraité | 07H35 | 09/05/2009 |
Les Etats-Uniens commence depuis un moment en avoir marre de ses idées !
N'y a-t-il pas des Etats qui envisagent de quitter l'union ?
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 20H49 | 08/05/2009 |
Il fait tout bien, ce Barack ! : -)
De obey
:| | 21H06 | 08/05/2009 |
Bravo Barack, enfin un qui a compris.
On attend la meme chose de nos gouvernants au sujet de la disparite des salaires en europe et de ceux qui delocalisent en chine…..
De letuyauteur
prorusse | 21H59 | 08/05/2009 |
J'ai passe 3ans et demi en inde en expat pour le compte de multinationales occidentales.
L'inde a ete percu comme un miracle , pas cher , « 'qualifiee' » , besogneuse …
Mais en fait pour ceux qui connaissent ce pays et y ont passes du temps , leur productivite n'a pas augmentee , mais leur prix oui !
Cela a fait la fortune de patrons et entrepreneurs indiens , des profils universitaires a gogo , pret a donner le maximum pour pas cher . Mais ceci a decu les top managers europeens qui voient les salaires monter et des problemes s'accumuler .Ou est alors le benefice ? (il est encore la , mais …)
Dans un contexte de ralentissement du marche mondial , les indiens ne sont plus benefiques aux capitalistes qui preferent garder leur bon personnel europeen , car en plus devenu docile et pret a retrograder pour garder son poste de travail .
Cette Inde citadine , new age , bobo , peut vraiment mal finir , elle est endettee a coup de credits revolving , les prix de l'immobilier avaient aussi explose etc…bref une nouvelle cata en perspective …Mais l'Inde est particuliere et a de la ressource , a suivre …Et c'est cruel a dire , mais ces choses la sont calcules de longue date par les multinationales , il parait que maintenant le pays sympa ,pas cher ce sera le vietnam.Et ainsi de suite …
De padiran
Chroniqueur mondain | 22H42 | 08/05/2009 |
Le libéralisme et ses « entrepreneurs » sont depuis longtemps pour :
- la diminution des coûts du travail
- l'augmentations de la productivité
- l'augmentation des marges
- l'augmentation des profits
Ce sont pour ces raisons que les produits importés sont « chinois » et les que prestations sont « indiennes »
Dans ce contexte, B. OBAMA veut un retour de toutes ces « belles » entreprises vers les USA.
A t'il les moyens de ses ambitions ?
La réponse est NON
Légiférer par la taxation pour le retour des entreprises délocalisées ? c'est de l'utopie dans une société où le capital est plus important que l'individu
Yes we can ! only for an electorale program
L'utopie a ses limites, celles du cash et de la cupidité
à padiran
De DBL8
Retraité | 07H38 | 09/05/2009 |
SI les entreprises avaient une nationalité cela ce saurait depuis longtemps !
Elle n'en ont qu'une : la cupidité !
Ainsi que leurs dirigeants, comme c'est démontré dans l'hébdo « chalenge » de cette semaine.
De pablico
23H58 | 08/05/2009 |
n'oublions pas que l'on a été « l'Inde de l'Amérique » à la fin de la guerre.. on était bien moins cher que les américains. Bon mais ce n'était pas de la délocalisation à grande échelle comme maintenant.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H52 | 12/05/2009 |
Cette situation est peut être dommageable pour les ricains, mais d'un autre côté elle est bénéfique pour les Indiens.
Enfin si un jour on m'avait dit que les Indiens allait finalement mettre une pâtée aux Américains : D
De Lugi
17H04 | 12/05/2009 |
Le capitalisme et la mondialisation, ça peut pas marcher avec les règles telles qu'elles ont été posées.
Si il y a une personne qui peut changer les règles du-dit capitalisme c'est M. Obama.
Donc en fait il y a 2 sortes de gens.
Ceux qui y croient.
Ceux qui n'y croient pas.
Maintenant j'attire votre attention sur le fait que depuis 20 ans on subit un lavage de cerveau comme quoi l'ultralibéralisme est : inévitable, inéluctable, inamovible etc… et tout un tas d'autres adjectifs ayant tous pour trait commun le caractère absolu de la chose.
Et l'ironie du sort a voulu que l'idée gagne finalement le village d'irréductible gaulois pile au moment où tout le monde était au bord de la falaise, les Etats-Unis en tête…
Et vous, vous croyez quoi ?