-
General Motors : Koenigsegg renonce à acheter Saab
ABCBourse.com24/11/09 | 18h51 -
Pour Que Choisir, l'indexation du gaz sur le pétrole est injustifiée
QueChoisir.org24/11/09 | 17h50 -
L'usine Continental de Clairoix fermera officiellement début 2010
AFP via LePoint.fr24/11/09 | 15h32 -
Pinault veut céder la Fnac et Conforama
Wall Street Journal via LExpansion.com24/11/09 | 15h10 -
Le coût de la santé pour les ménages en hausse de 50% depuis 2001
LeMonde.fr24/11/09 | 14h59
The Economist : la France fait mieux que les Anglo-Saxons
Par Pierre Haski | Rue89 | 09/05/2009 | 13H55
La couverture est assez drôle : Nicolas Sarkozy, sur la première marche du podium, regarde d'un air moqueur Angela Merkel qui fait grise mine sur la deuxième, et Gordon Brown et les « Anglo-Saxons » qui disparaissent dans la troisième. C'est la revanche du « modèle français », selon l'un de ses principaux pourfendeurs traditionnels : l'hebdomadaire libéral britannique The Economist.
Cette « nouvelle hiérarchie en Europe », qui met la France en tête de liste, est doublement paradoxale : d'abord, évidemment, parce qu'elle est définie par The Economist, qui n'a jamais caché ses critiques vis-à-vis du « modèle français » ; mais aussi parce que c'est Nicolas Sarkozy qui l'incarne sur ce montage de couverture, alors qu'il en a été, lui aussi, l'un des détracteurs !
Dans son dossier, l'hebdomadaire britannique tente une modeste autocritique en reconnaissant qu'il a fait partie de ceux qui considéraient que le modèle de l'Europe continentale poussé à l'extrême par la France était « sclérosé », « trop dominé par l'Etat », et que le salut résidait dans « une dose de réformes libérales à l'anglo-saxonne »…
Colbert règne de nouveau à Paris !
Mais il consacre dans sa dernière édition trois pages à démontrer que le rôle de l'Etat, le système de protection sociale français, et les résidus de « colbertisme » permettaient aujourd'hui à la France de s'en tirer mieux que les autres pays industrialisés face à la récession.
»Jean-Baptiste Colbert règne de nouveau à Paris. Et, plutôt que de s'opposer au dirigisme, les Britanniques et les Américains s'emploient à l'imiter. »
Le magazine analyse très bien le deuxième paradoxe de cette découverte : le fait que Nicolas Sarkozy en soit aujourd'hui l'incarnation, alors que, note The Economist, « il a été en partie élu Président de la France en expliquant que le modèle français était moribond, et en vantant les louanges des modèles britannique et américain ». C'est le même homme qui a pris la tête de croisade contre « le laisser-faire capitaliste », souligne à juste titre le magazine.
Ce paradoxe illustre d'une certaine manière la grande chance de Nicolas Sarkozy, qui n'a pas eu le temps d'introduire en France les réformes de libéralisation qui ont provoqué la catastrophe financière ailleurs. On se souviendra qu'il avait en particulier vanté pendant sa campagne un système de prêts immobiliers à la subprime, dont le monde entier réalise aujourd'hui à ses dépens les périls.
Cette inacapacité à introduire ces réformes en France permet aujourd'hui à un « born again » Sarkozy de se présenter en néo-dirigiste européen aux réunions du G-20, et de revendiquer un rôle de leadership au nom de valeurs auxquelles il ne croyait pas il y a peu…
De Washington à Londres, « Tous Français » ?
The Economist souligne à quel point aujourd'hui le « modèle français » ou du moins sa perception idéalisée ou mythifiée, influence les raisonnements en vigueur à Washington et à Londres, alors que la faillite des établissements bancaires ou de pans entiers de l'industrie réhabilitent le rôle de l'Etat, alors que la régulation est revenue au goût du jour, alors, enfin, que des millions d'individus qui perdent leur emploi dans les pays industrialisés s'en sortent mieux dans les pays à forte protection sociale que dans ceux qui ont libéralisé à outrance depuis l'ère Thatcher, il y a trente ans.
Mais The Economist ne serait pas The Economist sans un acte de foi néo-libéral renouvelé. Dans son éditorial, il souligne en effet que ce qui fait aujourd'hui la force de la France, et dans une moindre mesure de l'Allemagne, pourrait faire leur faiblesse le jour où la relance sera au rendez-vous :
« Les points forts qui donnent plus de résistance à l'Europe continentale en temps de récession, pourraient se transformer en faiblesses dans le rebond. Car il y a un prix à payer pour plus de sécurité et plus de protection de l'emploi : moins de souplesse et d'innovation qui signifient, à plus long terme, moins de croissance. (…) Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pourraient sortir de la récession plus vite que la majeure partie de l'Europe continentale. »
Et de conclure, s'agissant de modèles, que le libéralisme anglo-saxon reste à ses yeux le meilleur. Nul doute que Nicolas Sarkozy, même s'il figure en couverture de The Economist comme incarnation du vieux-modèle-français-qui-ne-s'en-sort-pas-si-mal, partage cette conviction idéologique, même s'il est contraint par les circonstances de faire le contraire.
- ► Sarkozy sera-t-il le Thatcher français ? Le premier éditorial de Rue89, le 6 mai 2007
- ► Sarkozy, à des années-lumières du libéralisme, par Thomas Lefebvre
- ► Nicolas Sarkozy ou le libéralisme contrarié
- ► Libéral, néoliberal, socialiste… mais que signifie tout cela ? Par Nathan Sperber
- ► Subprimes : quand Nicolas Sarkozy découvrait l'Amérique, par Jean Matouk
42154 visites | 222 réactions
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






























8
De Stambouliote
... | 14H12 | 09/05/2009 |
Ce que l'on appelle le modèle français ou le système social français est en fait une gigantesque escroquerie, un monument d'injustice et d'inégalité. Entre l'agent EDF, entré à EDF avec Bac moins 6 et la caissière de supermarché qui est parfois à bac plus 4, il y a des années-lumière. D'un côté une avalanche d'avantages et de gâteries de toutes sortes qui vont du chauffage gratuit à une retraite dorée à 50 ans, de l'autre une précarité sans égale, un maigre salaire, pas de primes, une retraite tardive et étique et surtout une indifférence totale des syndicats à leur triste sort. Assez d'imposture ! Sarkozy avait tout à fait raison de refuser ce système très inégalitaire et qui favorise toujours les mêmes…
De Hulk_
nc | 14H36 | 09/05/2009 |
C'est clair. En France, quand la situation économique globale est bonne ou même médiocre, nous avons moins de croissance que les autres à cause de notre modèle défaillant et sclérosé.
Et quand il y a crise profonde, nous sommes mieux protégés, et nous passons à travers avec moins de dégats.
Mais comme globalement les périodes de crise profonde sont relativement rares, le résultat c'est que la France fait moins bien que les autres les trois quarts du temps, et que au total, on y perd quand même.
Donc oui, il faut continuer les réformes structurelles vers une économie libérale convenablement régulée.
De Hulk_
nc | 15H03 | 09/05/2009 |
A propos des beautés du modèle français, je vous invite à lire cette passionnante petite étude du Cepremap (Centre pour la recherche économique et ses applications), disponible en ligne.
Le titre est :
LA SOCIÉTÉ DE DÉFIANCE
Comment le modèle social français s'autodétruit
Cette étude compare le modèle français à celui d'autres pays, et le fait non pas sur des thèmes vagues et idéologiques, mais sur des faits statistiques précis, recueillis sur la longue durée.
Résumé : http://www.presses.ens.fr/cgi-bin/automaton2.pl ? Automaton_State=PLUSINFO…
Etude complète en pdf : http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS09.pdf
De Salmon
15H09 | 09/05/2009 |
The Economist a beau être un apôtre traditionnel du libéralisme à l'Anglo-saxonne (ou plutôt, de ce que nous devrions appeler capitalisme, libéralisme étant un terme dédié en toute rigueur à la doctrine d'Obama), ses articles ne sont jamais inintéressants et ne me heurtent pas, même quand il s'agit de critiquer le modèle français. En particulier, cet article reprend la critique sur la fin, et de manière assez pertinente, même si je ne peux pas m'empêcher de relever cette citation assez savoureuse par son caractère paradoxal :
« the French model has not yet not incorporated enough flexibility, leaving it with the task of ensuring solidarity, but not the dynamic growth needed to sustain it in the long run. »
En clair, dans l'esprit anglo-saxon, le modèle français s'attache à un idéal de solidarité aux dépends de la flexibilité économique, mais ne dispose pas de la croissance économique qui lui permettrait de se maintenir sur le long terme. Paradoxal, car notre système est réputé pour ses projets aux coûts faramineux et rentables uniquement sur le long terme (le TGV, le nucléaire, le tunnel sous la Manche ou plus récemment le viaduc de Millau), mais aussi parce qu'en ces temps où le système capitaliste est si vivement critiqué, c'est justement à cause de sa vision à court terme et ses objectifs de profit rapide, le modèle français apparaissant d'autre part comme l'antithèse de cet esprit.
Alors, qui a raison ? Je serais bien incapable de répondre à cette question, si ce n'est en disant que l'avenir nous le dira… tout ce dont on peut être sûr, c'est que le problème n'est pas aussi simple que ce que The Economist le dit. Peut-être les évènements actuels vont-ils signer la fin du capitalisme, peut-être n'est-ce qu'une de ces crises économiques occasionnelles qui permettent de remettre les choses à plat sans rien changer en profondeur. Peut-être la crise économique cédera-t-elle sa place à la crise climatique, et un autre modèle sera à l'honneur à cet occasion. Mais de toute façon, contrairement à ce qui est dit, le modèle français n'est pas condamné à demeurer inchangé ; même si sa philosophie ne bouge pas, son expression peut très bien être modifiée par les politiques actuelles et futures.
Un modèle, c'est comme en peinture, ça peut changer de pose…
De Jean-François@Carenton
15H13 | 09/05/2009 |
Ce qui est terrifiant dans cette histoire, c'est que ce « modèle français », c'est très exactement ce que notre NS démolit pierre après pierre. Que la Sécu, l'assurance chômage, les retraites par répartition, cette solidarité (ils étaient combien à défiler, le 1er mai, à Londres ? ), bref que cette exception française qui nous faisait passer pour des ploucs devienne un modèle de société, ça va en réconforter plus d'un. A la limite, cette couverture, c'est le plus beau décret de mort du sarko/Medefo/Lagardéro/Boloréo(ollé ! )/Fouquetéo/DSKéo/Delanoëo/libéralisme…. Allez, encore un effort Camarade. Les prochaines élections, je les sens bien.
De Cyp_
nc | 16H00 | 09/05/2009 |
T'es quand même chié, Hulk.
Faut voir les choses en face : The Economist s'est planté d'un bout à l'autre, déjà : ils ont de super journalistes, les gars : prôner l'hyper-libéralisme pendant des décennies et dégueuler sur le modèle social français, et puis maintenant attribuer à Sarko le mérite d'avoir su le préserver, parce que nous tenons effectivement mieux que tous les autres face la plus monstrueuse arnaque mafieuse de tous les temps…
Ils sont totalement à côté de la plaque et toi aussi : ton Sarko chéri, il a tout fait pour le bousiller, ce fameux modèle, et il continue. Il ne s'est mis en cale sèche que tout récemment, face au raz-de-marée, pour sauver les meubles.
Je déconne pas : c'est la réalité.
Alors que tu ne jures que par le libéralisme, OK : je sais pour t'avoir suffisamment lu que dans ton esprit il s'agit d'un libéralisme « gentil », mais ce n'est pas du tout l'idéal sarkozyen…
T'es sûr que tu es un vrai sarkozyste, au moins ?
Des fois je me demande…
De Merak
pré retraité | 17H06 | 09/05/2009 |
ils sont quand même étonnants nos libéraux. Après avoir foncé dans un mur en klaxonnant comme des cons ils viennent la ramener avec des principes à deux balles dont on vient de vérifier l'inanité…
Les raisons de base de la crise actuelle sont pourtant simples, les politiques demandent de la croissance parce que c'est le moteur d'un système de fuite en avant ; des bonimenteurs prix nobel leurs vendent de la croissance à crédit avec au bout du chemin un méga ajustement qui remet les compteurs à zéro.
A une subtile différence près : les gens modestes deviennent pauvres et tombent dans l'indignité, les gros malins ont perdu 50% de ce qu'ils ont volé c'est à dire qu'ils gardent beaucoup.
Aujourd'hui, des plus faibles aux cadres moyens : une dette vis à vis d'escrocs immobiliers, une retraite flinguée par l'aventurisme des fonds de pension et plus de travail …
Et on trouve toujours des neuneus pour continuer à klaxonner.
Pour en revenir à NS c'est juste un employé en période d'essai. Si ça marche il rejoindra Carlyle comme John Major ou Gerart Schroeder. Il sera enfin riche, par la seule méthode qui compte dans ces milieux là : Le trafic d'influence.
De kutabali62
militaire | 20H02 | 09/05/2009 |
il est bon ce journal . le modéle francais est le top en cas de crise , mais des le retour de la croissance , il faut revenir au modéle néolibéral. le bon raisonnement est de trouver le modéle qui permettrait d eviter une autre crise dans 10 ou 50 ans.
je crois que le modéle francais est celui qui est le plus proche de la vérité , meme si il n est pas parfait. et Sarko a du bol , car si il avait démantelé le modéle comme il veut toujours le faire , nous serions au meme niveau des allemands , voire pire , des anglais , des américains ou des japonais.
Sarko ayant été contredit par les evenements , nous voyons qu'il n est pas l'homme providentiel que ceux de son parti pretendent , mais un chanceux de profiter du modéle crée par les gaulistes. je ne dis pas socialistes , ils ont dans l'histoire proche , encore plus privatisé que la droite .
dire que si nous avions encore nos autoroutes et elf , nous ne serions peut etre meme pas en crise , vu les benef de ces sociétes.
Ah ces hommes qui nous gouverne qui mettent toujours a coté de la plaque au moment de faire des choix. je ne leur dis pas merci.