TRIBUNE

Joseph Stiglitz et cette finance qui nous pigeonne

Par Joseph E. Stiglitz | Economiste | 24/05/2009 | 23H00

Le Nobel d'économie décrypte les techniques d'infantilisation nées des financiers pour régner sur la finance mondiale.

L'économiste et prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz en septembre 2006 (Mike Segar/Reuters).

Joseph Stiglitz, vice-président de la Banque mondiale de 1997 à 2000, en a démissionné en critiquant ce qu'il appelait « les fondamentalistes du marché ». C'est dire combien le prix Nobel d'économie 2001, qui a dirigé pendant quatre ans le conseil économique de l'administration Clinton -dernière époque prospère de l'Amérique- s'est montré clairvoyant.

En 2003, il publiait l'essai « Quand le capitalisme perd la tête » (Fayard, 2004). En 2007, l'étude « Irak. Une guerre à 3000 milliards de dollars » (Fayard, 2008).

Interrogé fin novembre 2008 sur la crise qui a dévasté la planète financière, juste après la chute historique de la banque d'investissement Lehman Brothers, Joseph Stiglitz proposait l'analyse qui suit -sans cacher sa colère contre les dirigeants des grands organismes bancaires qui engrangeaient d'énormes dividendes grâce au plan de sauvetage de l'Etat américain.

Cet entretien, jamais publié en France, décrypte les stratégies à l'œuvre chez les financiers pour tromper la société, et comment le « château de cartes » s'est écroulé. Nous avons dégagé ce qui apparaît comme les grandes règles de la puérilisation générale à laquelle nous avons assisté toutes ces années.

Organismes de crédit et banques trompent les gens sur leurs biens, jouent sur leur espoir de s'enrichir

Revenons à l'origine de la crise (…) D'abord, dans un contexte de faibles taux d'intérêt et de régulations laxistes, le secteur des prêts immobiliers a encouragé massivement les gens à emprunter. Nous nous sommes très vite retrouvés avec 950 milliards de dollars d'« extractions hypothécaires » (extraction de liquidités du capital immobilier par un prêt hypothécaire, ndlr). Les gens retiraient de l'argent de leur maison achetée à crédit, et en dépensaient une bonne partie. Ils se retrouvaient encore plus endettés.

Couverture Ravages n°2Ensuite, il y a eu les « innovations financières », en fait destinées à contourner les normes de prudence qui étaient à la base de la bonne santé de notre système financier. Par exemple, on accordait des prêts hypothécaires à 100%, voire plus. Les gens n'avaient même pas à payer les intérêts dus, si bien qu'à la fin de l'année ils devaient beaucoup plus d'argent qu'au début. Alors on leur disait : « Ne vous inquiétez pas, le prix des maisons va continuer de monter, vous allez vous enrichir. On promettait ce que les économistes appellent un “free lunch”, un repas gratuit.

En même temps, pendant que le prix des maisons grimpait, les revenus des Américains n'augmentaient pas. En fait, le revenu moyen baissait, tout le monde vivait à crédit, encouragé par les banques, tandis que la situation des gens en bas de l'échelle se détériorait. Il n'est pas nécessaire d'être prix Nobel pour comprendre que si les prix des maisons montent, pendant que le niveau des revenus baisse et que le crédit devient faramineux, un problème va surgir. Vous ne pouvez pas dépenser 100% de votre revenu, ou plus, pour vous loger. C'était un pari stupide. Le résultat, c'est le désastre auquel nous avons assisté.

Titrisation ou le principe du pigeon qui se lève chaque matin

A ce moment-là, les financiers ont commencé de reprendre les valeurs des crédits immobiliers –si juteux apparemment. Autrefois, lorsqu'une banque accordait un prêt, elle en devenait responsable, et si c'était un mauvais crédit, elle en supportait les conséquences. Alors elle faisait une enquête.

“Ravages” n°2

Cet article est tiré du n°2 de Ravages, une revue trimestrielle parue pour la première fois début 2008 et bloquée depuis par les problèmes d'un éditeur partenaire. Dans ce numéro, outre Stiglitz, l'autre prix Nobel d'Economie Muhammad Yunus, mais aussi Bernard Stiegler, Paul Virilio, Paul Jorion ou Ruwen Ogien, entre autres, s'expriment sur l'“Infantilisation générale”.

► Ravages n°2, 12€ en librairies.

Mais une autre “innovation”, baptisée “titrisation” contournait la difficulté -on transformait la créance en titre financier sur le marché des capitaux. La titrisation a permis la diversification de la prise de risque dans le monde entier.

Mais la diversification comportait un nouveau danger. J'en plaisante parfois avec mes étudiants, car quand je commence à leur expliquer les avantages de la titrisation certains veulent aussitôt se précipiter à Wall Street pour gagner de l'argent ! Seulement, ils n'ont pas écouté la seconde partie du cours. Le risque vient que la titrisation et la diversification créent ce que j'ai appelé une “asymétrie de l'information”. La personne qui vendait le crédit en sait plus sur ce crédit -sa solvabilité- que la personne l'achetant.

En d'autre termes, des financiers douteux ont commencé de vendre des crédits douteux au monde entier, en vertu du principe selon lequel “il y a un pigeon qui se lève tous les matins”. Ces “pigeons”, ils les ont trouvés partout, la mondialisation ayant ouvert des perspectives entièrement nouvelles pour détecter des victimes ignorantes. Ils en ont trouvé beaucoup dans le domaine des prêts hypothécaires, surtout en Europe, où les pertes des “golden boys” de l'immobilier ont été encore plus grandes qu'en Amérique.

Le retour des alchimistes : transformer le plomb en or

Tout n'était qu'un château de cartes. Et la banque Lehman Brothers, fleuron de Wall Street, qui avait acheté un nombre considérable de ces prêts hypothécaires “pourris”, s'est aussitôt retrouvée particulièrement exposée. Il faut dire que beaucoup d'autres gens étaient impliqués dans la combine.

Les “agences de notation” [chargées de contrôler la solvabilité des créances, ndlr] ont cru qu'elles pouvaient se livrer à une véritable alchimie. Transformer le plomb en or ! Elles s'emparaient de quantité des “titres” classées X puis se livraient à une sorte de tour de magie pour les convertir en produits classés A. Ensuite, elle les présentaient comme des valeurs suffisamment sûres pour les portefeuilles de fonds de pension, ou les banques, ou par Lehman Brothers (…).

Les petits truqueurs mènent la danse

Comment cela marchait ? Les agences de notation financière se faisaient payer par ceux-là même qui émettaient ces produits compliqués. Ils devenaient si peu transparents qu'au final ceux qui les possédaient ne comprenaient pas comment ils avaient été valorisés. Ces produits résultaient de tant de trucages comptables que plus personne ne savait quel titre valait quoi. Jaquette de 'Quand le capitalisme perd la tête' de Joseph Stiglitz

Bientôt, plus personne n'avait confiance. Or les marchés financiers doivent être fondés sur la confiance. C'est la base, le contrat capitaliste. Quand vous confiez votre argent à une banque, vous comptez le récupérer plus tard avec des intérêts. Mais quand les organismes à qui vous confiez votre argent l'utilisent pour acheter des actifs pourris ou partent avec, versent des primes faramineuses à leurs dirigeants, et qu'il ne vous reste plus que des paquets de titres insolvables, vous perdez confiance. Vous comprenez que vous avez été trompés. Et c'est qui s'est passé.

C'est précisément cela qui a abattu Lehman Brothers puis déclenché ensuite la cascade de faillites jusqu'en Europe : la perte de confiance. Plus personne n'avait envie de donner son argent à Lehman Brothers parce qu'ils vous disaient : “Nous ne savons pas ce que valent vos actifs” (…)

Cynisme absolu des riches

Le gouvernement devrait demander des comptes aux dirigeants de Lehman Brothers. J'ai été très critique lors de la mise sous tutelle des gigantesques organismes de crédit que sont Fannie Mae et Freddie Mac parce que le gouvernement Bush a laissé en place l'encadrement dirigeant qui avait mené ces sociétés dans l'abîme.

Un système de responsabilité doit pouvoir dire : “Vous, dirigeants, nous avez mis dans ce pétrin, comment vous faire confiance pour nous en sortir ? ” Regardez le salaire extraordinaire et les primes que touchent ces gens ! Ce sont eux qui ont plongé leur entreprise et le pays dans cette crise très grave.

Pourtant, impossible de les atteindre. Leurs primes colossales leur ont été versées sur la base des résultats 2006 et 2007. Aucune clause de leur contrat ne précise que s'ils occasionnaient des pertes colossales en 2008 et 2009, ils auraient à rembourser quelque chose. Ils ont agi au plus haut niveau d'incompétence, s'enrichissant personnellement, mais d'un point de vue juridique, cela n'équivaut pas à une tentative de fraude.

La plupart d'entre eux s'en sortiront très bien. Bien entendu, vous les entendrez se plaindre : “Nous aurions été bien plus riches si vous nous aviez proposé un plan de sauvetage plus avantageux.” Les gens de la société mobilière Bear Stearns se plaignent tous. Ils gémissent : “Regardez ce qui est arrivé à notre argent ! ” Je connais des gens à la City Bank qui disent : “Si notre stock d'actions était resté au même niveau surévalué, nous serions très riches, alors qu'aujourd'hui nous sommes seulement riches.” Une chose est sûre, tous ces dirigeants incompétents vont s'en aller avec beaucoup d'argent. (…)

Faire payer cash le peuple

Jaquette de 'Un autre monde: contre le fanatisme du marché', de Stiglitz.Trois millions d'Américains ont déjà perdu leur maison, et on estime que 2 millions encore vont se retrouver à la rue, en ayant perdu toutes leurs économies. Le système financier américain n'a pas joué pour le bien de l'Amérique.

Les marchés financiers ont innové par le passé, avec des inventions comme le “capital venture” qui soutenaient l'innovation, prenaient des risques technologiques, industriels, dans la recherche. Mais ils ont préféré se mettre à “parier” -c'est la seule façon dont on peut décrire leur activité. Des paris avec l'argent des autres, dont nous payons tous les conséquences. Nous perdons nos maisons, puis nos économies, bientôt nos jobs -et en plus, nous payons maintenant des centaines de millions de dollars pour renflouer Fannie Mae, Freddie Mac, Bear Sterns, et qui d'autre encore ?

Nous avons besoin d'une régulation plus forte, nous devons changer nos présupposés -nous aurions dû le faire depuis longtemps. Il faut que les financiers créent des produits utiles, sûrs pour l'économie américaine et mondiale, qu'ils gèrent les risques sérieusement, tout ce qu'ils n'ont pas fait ! (…) Au contraire, ils s'emballaient, ils disaient à ceux qui doutaient de leurs combines “méfiez-vous, vous surréagissez ! Vous allez nuire à l'innovation, qui est l'essence de l'Amérique.”

Mais leurs innovations financières n'ont pas du tout rendu l'Amérique plus prospère. La seule réelle innovation des marchés financiers, c'est d'avoir trouvé comment se remplir les poches aux dépens du pays. Ce n'est pas le genre d'innovations dont nous avons besoin (…).

Ne jamais considérer les répercussions de ses actions sur les autres

Au tout début de la crise, au moment de l'effondrement des sociétés hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, le gouvernement Bush s'est tourné vers les marchés financiers pour demander conseil. Et cela n'a rien donné.

Non seulement, tous ces financiers nous ont mis dans le pétrin, mais en plus ils ne savaient pas comment en sortir. C'est là un des fautes majeures de Wall Street, ils ne voient pas les répercussions de leurs actions, ils ignorent la situation dans son ensemble, ils sont aveugles aux effets sur le système économique global.

Ils n'ont pas vu qu'il était impossible que les prix des maisons augmentent tandis que les salaires diminuent. Ils auraient du s'interroger : quelles sont les conséquences pour le fonctionnement du système tout entier quand tout le monde emprunte ?

Un financier comprend facilement comment il peut gagner de l'argent, mais il ne voit pas plus loin. Leur clairvoyance, leur compréhension de l'économie, est très relative. Ils savent comment faire de l'argent, dans les bons moments. Ils savent se protéger aux dépens de leurs investisseurs (…) Mais nous parlons d'un système économique bien plus complexe et global, ils ont démontré leur incompréhension totale en la matière. C'est le boulot des économistes, du gouvernement, des politiques de réfléchir à rendre viable l'ensemble du système, pour qu'il profite à tous (…).

Nous avons tout cassé, faites nous confiance, nous allons tout réparer

L'un des grands problèmes de cette crise vient que nous n'avons pas seulement perdu confiance dans les institutions financières, mais en ceux qui étaient censés gérer, diriger notre économie. Pensez que lors du dernier sommet du G8, en mai 2008, avant l'effondrement de cet hiver, les chefs d'Etat ont affirmé : “Nous avons passé le mauvais cap, les choses s'améliorent, tout va bien.” Soit ils faisaient de la vente forcée, soit ils n'avaient rien compris du tout. Quelle que soit la réponse, pourquoi devrions-nous les croire à nouveau ? Ils ont eu “tout faux” quand cette crise s'annonçait, constamment. La crise de confiance est là.

Ensuite la situation économique va encore s'aggraver. La chute des prix de l'immobilier ne fait que commencer. Quand une bulle craque, elle ne revient pas à la normale tout de suite. Les prix s'effondrent d'abord, descendent bien au-dessous de la réalité avant de remonter vers un point d'équilibre.

Deuxièmement, les Etats et les communautés vont faire face à de grands problèmes. Dans l'Etat de New York, les banques dépendaient énormément des revenus du secteur financier. Mais quand les revenus n'arrivent plus, il faut couper les dépenses, les investissements, annuler les programmes prometteurs à long terme, ne plus aider les pauvres : ce qui implique que l'économie réelle s'écroule encore un peu plus (…).

Toutes ces années, l'administration Bush a préféré procéder à des baisses d'impôts, pensant que la baisse d'impôt est à la réponse à tous les problèmes. C'est le dogme républicain. Or la baisse d'impôts est une partie du problème. Comment peut-on prétendre qu'il s'agissait là d'une solution ?

Le problème des Etats-Unis n'est pas qu'on ne consomme pas assez. Cette baisse d'impôts va nuire à l'économie, surtout en temps de guerre. Tandis que les gens vont voir les prix de leurs maisons s'effondrer, les banques seront réticentes à prêter de l'argent à l'économie réelle -et entre elles, car leur état financier leur est inconnu. Elles ignorent quels risques elles prennent en prêtant de l'argent. Nous n'en sommes qu'au début (…).

Moi d'abord

Pendant toute cette crise, les marchés financiers ont voulu protéger leur avenir, même si cela devait tirer l'économie vers le bas. De manière répétée, le Secrétaire au Trésor a convoqué les gens de Wall Street, proposé de les aider, mais la réponse était “non, nous préférons voir l'économie s'effondrer qu'aller vers plus de régulation”.

Les intérêts sont clairement divergents entre la société et eux. Prenez l'exemple de Fanny Mac et Freddie Mae, les premiers organismes à avoir été aidés par de l'argent public. Ils ont aussitôt versé des dividendes à leurs cadres et leurs actionnaires, prenant de gros risques pour l'économie globale. Le gouvernement leur donnait de l'argent pour l'injecter dans le système, et eux retiraient l'argent pour le verser à leurs actionnaires. C'est inconcevable ! Il y a divergence d'intérêts. A l'avenir, nous ne devrions plus nous tourner vers eux (…).

Surtout pas de transparence

Quand les banques Merill Lynch et Citibank ont connu des problèmes au début de la crise, elles se sont tournées vers d'autres sources de fonds, étrangères, y compris des fonds souverains de plusieurs pays. Elles n'avaient pas le choix. Avec l'épargne américaine proche de zéro, elles se sont tournées vers l'extérieur pour trouver des liquidités. Il y a de quoi s'inquiéter.

Nous sommes ravis quand les puissances étrangères s'ouvrent à nos fonds, mais quand l'inverse se produit, tout le monde est beaucoup plus nerveux. Aujourd'hui les fonds souverains ont essuyé beaucoup de pertes, consécutivement à leurs investissements dans le système financier américain. Ils seront réticents, quoiqu'en disent certains experts, à investir encore plus d'argent dans les Etats-Unis.

Notre problème a empiré, en devenant le leur. Je les vois mal continuer à investir. J'ai parlé à différents dirigeants de fonds souverains et, pour le dire franchement, ils sont très en colère ! Les Etats-Unis leur parlent depuis toujours de transparence, quand notre propre système financier n'a plus rien de transparent. C'est évidemment bon, la transparence.

Mais les fonds d'investissements comme les “hedge funds”, qui gèrent plus d'un milliard de dollars dans le monde ne sont pas transparents. Dire que les fonds souverains doivent être plus transparents dans leurs investissements, et qu'ils peuvent investir dans des “hedge funds” où personne ne sait ce qu'il se passe, comment appeler cela ? Un jeu. Un jeu pour que les gens aient l'impression qu'on est en train d'agir (…).

Emprunter sans rembourser

Jaquette de 'Irak. Une guerre à 3000 milliards de dollars' de Stiglitz et Bilmes.Il existe une relation directe entre la guerre en Irak et l'état de l'économie américaine. Les foyers, le pays et le gouvernement, conjointement, depuis cinq ans, se sont lourdement endettés.

D'abord, le gouvernement a emprunté des sommes gigantesques. Notre dette a grimpé cette année jusqu'à 9000 milliards de dollars. Aujourd'hui, avec ce que va nous coûter le plan de sauvetage des banques, la crise de l'économie réelle, plus la guerre en Irak, le Congresionnal Budget Office (CBO) prévoit que la dette monte à 15 000 milliards de dollars.

Il faut comprendre que le gouvernement Bush a emprunté chaque cent dépensé pour la guerre en Irak. C'est la seule guerre connue financée par l'emprunt. Normalement, quand on fait la guerre, on diminue les dépenses, on augmente les taxes, on répartit les dépenses sur plusieurs générations (…)

Or en 2001, au début de la guerre, l'administration Bush a procédé à des baisses d'impôts. Puis à une seconde vague de baisses d'impôts. Résultat, la guerre a été payée avec la carte de crédit - d'où l'énorme dette fédérale. Le pays lui-même a emprunté. Le gouvernement ne pouvait plus se tourner vers les Américains, nous avons emprunté plus de 800 milliards de dollars au reste du monde. Et aujourd'hui, l'Amérique est incapable de rembourser sa dette (…)

Pendant que la guerre nous coûtait tant, les ménages américains empruntaient empruntaient, empruntaient… La Réserve Fédérale, la FED -menée par Alan Greenspan et le gouvernement- encourageait ce principe, en gardant ses taux d'intérêts très bas, ainsi qu'une régulation trop permissive. Ainsi, alors même que nous dépensions tellement d'argent pour importer du pétrole, l'économie fonctionnait car tout reposait sur notre consommation à crédit. Les ménages dépensaient, n'épargnaient plus.

Mais ça n'était pas durable. Un jour, le voile devait se déchirer. L'administration Bush espérait cyniquement que cela se produirait après novembre 2008, mais, comme pour beaucoup d'autres choses, cela ne s'est pas passé comme ils l'avaient prévu (…)

Investir dans la guerre, pas la sécurité sociale

Aujourd'hui, après une enquête indépendante, j'évalue le coût global de la guerre en Irak à 3000 milliards de dollars. (…) Larry Kingsley, “chief economic adviser”, disait qu'elle coûterait 200 milliards de dollars : il a été renvoyé par Bush. L'administration prétendait que la guerre ne coûterait pas plus de 50 à 60 milliards de dollars, et qu'il n'y aurait pas plus de trois mois de combats sur le front. (…)

Qu'aurions-nous pu faire avec 3000 milliards de dollars ? A l'époque, le Président estimait que “nous ne pouvions pas nous offrir la sécurité sociale” comme en Europe. Le fait est que, pour le prix d'un sixième de la guerre en Irak, nous aurions pu mettre en place un système de sécurité sociale viable pour les soixante-quinze ans à venir. Dans les faits, nous avons élargi le fossé social, accru les difficultés des gens pour se soigner, tandis que le prix des médicaments montait, sans même voir que ne pas soigner les gens coûte beaucoup au pays, humainement et financièrement.

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Portrait de blablablaetblablabli

De blablablaetblablabli

patati et patata | 05H21 | 25/05/2009 | Permalien

Titrisation kézako ?

« En d'autre termes, des financiers douteux ont commencé de vendre des crédits douteux au monde entier, en vertu du principe selon lequel “il y a un pigeon qui se lève tous les matins”

En fait de l'escroquerie pur et simple et dans les règles de l'art,

du vol, c'est ce que j'ai toujours appelé la racaille en col blanc.

Portrait de Blédine

De Blédine

formation en illettrisme | 05H31 | 25/05/2009 | Permalien

Cet article est clair, compréhensible et nous donne un avant goût de la politique du kicsi.
Je ne pense pas que les élites européennes remettent en question l'économie de marché même si ils savent que l'on va droit dans le mur.
Leur objectif est d'aligner l'Europe sur les Etats-Unis quel qu'en soit le prix.
Les banques décident, les politiques suivent.

Pour le moment, les ménages sont invités à consommer, pas à faire des économies. L'écologie pourraient créer des emplois mais il me semble que ce n'est pas l'urgence de nos gouvernants. L'urgence se situe dans le travailler le dimanche, travailler jusqu'à 70 ans pendant que les jeunes attendent que notre société veuille bien créer des emplois. Il est plus rentable pour les banques d'avoir 5 millions de chômeurs et 7 millions de travailleurs pauvres, de conduire des réformes qui cassent la société.

Portrait de Saba

à Blédine Portrait de Blédine De Saba

10H16 | 26/05/2009 | Permalien

Effectivement les ménages sont invités à consommer et pendant que le discours ambiant est : les subprimes américains nous ont mis dans le mur , on développe en France des techniques de crédit qui ne peuvent que mal se terminer . Il y a quelques semaines mon banquier m'a convoquée pour me proposer une carte qui me rendrait le crédit plus facile . Je lui ai répondu que je payais géneralement comptant , il m'a alors dit que cette carte était en même temps une assurance de 3 ans pour tous les objets achetés avec cette carte . Comme j'étais sur le point de renouveler mes appareils ménagers , j'ai accepté la carte . Et je me rends compte maintenant avec horreur que je pourrais TOUT acheter à crédit : quand je sors de l'argent au distri-banque , quand je paye à la caisse du super-marché, on me demande si je veux payer comptant ou à crédit . J'imagine les dégats qu'un tel système peut occasionner chez des gens qui ont très peu de moyens et peu de responsabilité en matière financière . Et je me demande par quelle aberration , les banques , le gouvernement peuvent autoriser de tels systèmes .
J'ai protesté auprès du banquier , il m'a répondu que les banques au moins connaissaient les finances des gens auxquels ils donnent des cartes . Par contre de telles cartes existent dans tous les supermarchés et sont distribuées largement ….. Jusqu'à présent les Français étaient relativement économes par rapport aux anglo-saxons , mais malgré ses grands discours Sarkozy tient absolument à nous faire adopter l'american way of live , il faut donc que nous aussi devenions des cigales , jusqu'au moment où…..

Portrait de RBWL

à Blédine Portrait de Blédine De RBWL

Cineaste | 11H37 | 26/05/2009 | Permalien

Je suis d'accord avec cette analyse. Je rajouterai que la dette mondiale des états s'élève, pour l'ensemble de la planète à 73.000 milliards de dollars, c'est à dire, à plus de 10.000 $ par tête de pipe, sachant que dans certain pays du globe, ces 10.000 $ représentent plus qu'une vie de revenu.
Qui va payer cette dette ? Personne. Tout va s'effondrer, et les ayatollahs du libre-échangisme n'ont plus de vision, mais des objectifs à très court terme qui constiste à en…..sauvons ce qui peut encore être sauvez…après on verra !

Portrait de Agnès Lenoire

De Agnès Lenoire

Enseignante blogueuse | 06H07 | 25/05/2009 | Permalien

Bonjour,
C'est drôle, c'est toujours après coup qu'on découvre une multitude de gens qui l'avaient prévue, cette crise ! Exactement comme l'astrologie. Amitiés
Agnès
http:// doutagogo.com

Portrait de Monard

à Agnès Lenoire Portrait de Agnès Lenoire De Monard

08H59 | 25/05/2009 | Permalien

@ Agnès : ce qui n'empêche pas que beaucoup de politiques, d'économistes ou de gens liés aux milieux d'affaire savaient : les indicateurs étaient clairs . Pour beaucoup le secret permettait de retarder les échéances , refiler la patate à d'autres , et faire payer leur inconséquence et leur malhonnêteté par les contribuables ( en taxes, en privatisant , en gonflant la dette,etc en attendant de renverser le dogme de la baisse d'impôts , sauf pour les riches (niches, paradis fiscaux, etc…) évidemment .

Portrait de Le Yéti

à Agnès Lenoire Portrait de Agnès Lenoire De Le Yéti

yetiblog.org | 10H12 | 25/05/2009 | Permalien

Ce n'est pas les « prévisionnistes » qui manquaient, chère Agnès, mais les médias et les politiques pour relayer leurs « prévisions ». Et pour cause (cf. l'explication de Monard).

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 06H23 | 25/05/2009 | Permalien

Et dire que le « ventilo » veut « moraliser le capitalisme », c'est fou… !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de franc parleur

De franc parleur

anarchieevangelique.wordpress.com | 06H36 | 25/05/2009 | Permalien

Cet homme a démissionné de l'imposture : voilà un exemple d'avenir !

« Puissants » de la Terre,
démissionnez
- et dites-nous tout !

Je crois qu'il faut éviter de vous prendre pour des imbéciles.
Vous-mêmes vous considérez comme responsables (mais pas coupables, tu parles), conscients et justes.

Vous savez très bien ce que vous faites.
Votre « justice » condamne la misère sociale,
met en taule celui ou celle qui vole un steak (loi des trois délits aux États-Unis).
Condamne celui ou celle qui trébuche et chute.
Justifie, par contre, les crimes dans les livres d'histoire.
Du reste ce ne sont jamais les vôtres.
Le criminel est toujours un autre.

Les « puissants » savent ce qu'ils font quand ils défilent sur les grandes avenues de la terre, tout ronflant de gloire sanglante,
tout bouffis,
gonflés,
enflés par l'aspect auto-satisfait de leur image.
Ils endorment les consciences,
maquillent,
travestissent la réalité sous des uniformes impeccables,
sous de fausses théories économiques et sous leurs titres ronflants.

Le pouvoir s'arroge, par l'entremise des lois, le déléguant aux fonctionnaires de la mort , le droit de tuer.
Ce n'est plus tuer, cela devient justice, nécessité, devoir, lutte contre l'axe du mal.

La lumière découpe cruellement leurs visages sans amour.
Ils ne supportent pas de voir ce qu'ils sont devenus.
Ils éteignent toute lumière vraie afin que leurs erreurs deviennent vérité à nos yeux fatigués.

Que le produit de leurs actes puisse les enseigner avant qu'il ne soit trop tard.
Leur orgueil ne tombera que lorsqu'ils en mangeront le fruit.

_______________
LES FAUX JUSTES
« Ce ne sont pas des justes mais des pécheurs que je suis venu appeler à changer de vie »…
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/04/26

Portrait de sossa

De sossa

ingénieur en informatique | 06H42 | 25/05/2009 | Permalien

Dans ce genre d'article, le diable est dans les détails oubliés. Ici, on passe bien vite sur pourquoi les banques américaines ont prêté à des insolvables, évidemment, cela ne soutient pas la thèse de M. Stiglitz qui est que la finance est pourrie et que Bush est le seul politique responsable.

Malheureusement pour cette thèse, le délire du crédit tous azymuths a commencé aux USA avec Carter à la fin des années 70, un affreux républicain comme chacun sait ; ah non, mince, il a été Prix Nobel de la paix pour ennuyer Bush (comme Stiglitz, quelle coincidence ! On ne dégomme pas les copains). Le principe était qu'aux USA, les banques suivant les règles prudentielles, elles ne prêtaient pas assez aux pauvres. On a alors forcé les banques à augmenter leurs prêts aux pauvres de leur communauté locale pour obtenir de bonnes notations de la part de l'Etat.

La deuxième grand impulsion arrive en 1996 sous l'ère Clinton, encore un méchant républicain sans doute, et cette impulsion lancera la période de croissance économique de cette ère, croissance en partie fictive bien sûr, mais louée dans le monde entier comme argument anti-Bush. Le principe était là que les encore plus pauvres non couverts par les mesures Carter se retrouvaient face à des établissements financiers ayant fait le choix de ne pas être notés par l'Etat, souvent des usuriers purs et simples, et l'Etat a encore baissé les règles prudentielles des banques notées afin de remettre les banques « standards » sur le marché des prêts aux très pauvres.

La troisième impulsion vient effectivement de Bush, d'une part pour financer la guerre en Irak, et d'autre part pour relancer la machine suite à l'explosion de la bulle internet. Mais l'article partial de M. Stiglitz semble faire de Bush et des banques les deux responsables de la crise, alors qu'ils sont co-responsables avec l'Etat.

Un autre point est très contestable dans cet article : la critique de la titrisation ne saurait être complète en oubliant la première des titrisations : la monnaie. Depuis l'abandon de l'étalon or, la monnaie est une titrisation de la confiance du marché en la capacité d'un Etat à garantir la valeur de sa monnaie sur quelque chose (ses fonds propres, la qualité de son économie, le bas de laine de ses citoyens…). C'est pour cette raison que l'euro s'est tant apprécié pendant la période 2002-2008 : les USA, avec l'explosion de la bulle internet, le coût de la guerre en Irak, étaient vus comme moins solvables potentiellement que l'Europe. De même, le yen s'est envolé fin 2008 face à l'euro et au dollar car le Japon financier a peu été touché par la crise des subprimes, et donc le pays a été globalement vu comme plus solvable que l'Europe et les USA. Malheureusement pour les japonais, la montée du yen est très mauvaise pour leur industrie fortement exportatrice, sans compter la baisse de consommation mondiale, ce qui leur vaut une récession terrible aujourd'hui.

On ne peut donc exonérer les Etats de jouer à la titrisation, car que font-ils pour pallier à la crise sinon relancer la planche à billets, et utiliser leur caution solide sur les marchés pour injecter de l'argent frais dans le système bancaire comme en France, et qu'est-ce là sinon de la titrisation que Stiglitz considère comme l'antéchrist ? La formidable sécurité sociale que Stiglitz nous envie ne tient que parce que l'Etat français en titrisant sa monnaie et la confiance dans son territoire et sa population emprunte comme un malade, est-ce bien mieux que la titrisation des prêts aux pauvres ?

Il n'y ni blanc, ni noir, il n'y a que du gris. Une telle partialité de la part d'un prix Nobel d'économie est bien dommageable.

Portrait de zorbek

à sossa Portrait de sossa De zorbek

08H15 | 25/05/2009 | Permalien

Effectivement, le diable est dans le détail comme vous le montrez vous même car votre discours sur la monnaie comme titrisation est complètement à coté de la plaque. L'échange de monnaie n'est en rien comparable aux subprimes. Personne n'a besoin d'agence de cotation pour donner un prix à une monnaie, c'est le marché qui le détermine directement, ce qui n'est évidemment pas le cas des subprimes via l'enfumage généralisé et effectué en toute connaissance de cause par les agences de cotation et autres investment banks. Il y a eu tromperie manifeste, et à voir comme vous la défendez ca ne me surprendrait pas autre mesure que vous en ayez bénéficié directement.

Maintenant, si les européens avaient eu des couilles au cul, ils se seraient alliés avec les Russes et les Chinois pour constituer une monnaie de réserve autre que le dollar, comme ces derniers l'avaient proposé lors du dernier sommet économique du G7 mais que tout le monde a fait semblant de ne pas entendre de peur de bousculer l'empire américain. Ca aurait pourtant permis de remettre les pendules à l'heure de manière explicite quant aux dépenses américaines et autres frais de guerre pour le pétrole. Mais de toute façon ce n'est qu'une question de temps, car l'héritage de Bush ne s'épongera pas de si tôt, et d'autre part sur le long terme la proportion de dollars échangés diminue, ce qui est une bonne chose, pour les non-Americains, cad le reste de la planète.

Portrait de sossa

à zorbek Portrait de zorbek De sossa

ingénieur en informatique | 11H21 | 26/05/2009 | Permalien

Désolé pour vous zorbek, mais d'une part, je n'ai absolument pas bénéficié des subprimes, je souffrirais plutôt de leurs conséquences sur certains de mes clients qui ont vu disparaître l'argent qu'ils croyaient avoir, et d'autre part, votre remarque, quoique intéressante, ne démonte pas mes arguments. Mon discours n'est pas à côté de la plaque, car Stiglitz, comme les autres « yakafokon », stigmatisent la titrisation comme le Grand Satan et voudraient l'interdire, or, comme je l'ai démontré et comme vous ne le niez pas, la monnaie elle-même est une titrisation. Je critique la solution « éliminer la titrisation », je ne défends pas le mécanisme de tromperie qui a abouti à la crise des subprimes. C'est Stiglitz et Sarkozy qui sont à côté de la plaque. Dans un monde développé dominé par les services, vous ne pouvez plus asseoir la valeur sur des biens physiques comme dans le cadre de Bretton-Woods, la titrisation est donc inévitable.

Je vous rejoins cependant sur la tromperie manifeste du pricing des produits dérivés des subprimes par les agences de cotation. Le marché s'est fait avoir par des vendeurs de vent. Mais je m'inquiète aussi du vent que nous vendent nos Etats et nos politiques. Quand Nicolas Sarkozy affirme qu'il faut en finir avec la titrisation, je me dis qu'il a sérieusement besoin de cours sur la monnaie.

Le seul changement que j'imagine possible et souhaitable est de forcer la transparence des produits titrisés, qu'on ne puisse les vendre et les acheter sans qu'on connaisse tout de leur sous-jacent. On peut aussi envisager de limiter la titrisation en cascade à un certain nombre de niveaux. Ensuite, il faut rééduquer les investisseurs sur les précautions de base : n'investir que le superflu en bourse, diversifier son portefeuille (ce qui a tué les plus gros pigeonnés de Madoff est le fait qu'ils aient tout misé chez lui), s'informer sur ce qu'on achète (là aussi, dans le cas d'école Madoff, il ne donnait jamais aucune information sur la façon dont il investissait l'argent…).

Portrait de zorbek

à sossa Portrait de sossa De zorbek

08H24 | 27/05/2009 | Permalien

Oui, la monnaie est aussi une forme de titrisation, mais pas la même. En ceci que sa création ne participe pas de l'enfumage généralisé et volontaire (pour rappel, par conflit d'intérêt des agences de cotation avec les investment banks qu'elles notent et qui sont en même temps leurs clients ) qui a accompagné celui des subprimes et les produits dérivés qui se sont agglutinés dessus. C'est cette différence qui m'a fait réagir. En principe, si un pays se met à émettre des obligations dans sa propre monnaie et qu'il se révèle qu'il a peu de chance de rembourser, leur prix va baisser et la monnaie dégringoler, c'est quand même un peu plus clair que les subprimes. C'est d'ailleurs ce qui pend au nez des investissements en dollars, ce dernier étant sauvé parce que monnaie de réserve, d'où la seconde partie de mon intervention sur ce qui a manqué aux Européens…

Mais à l'heure du non à l'Europe, autant prêcher dans le désert. Expliquer à un partisan du NPA en quoi dire non à l'Europe favorise nécessairement l'asservissement de cette dernière au dollar est au dessus de mes forces.

Portrait de jmc06

De jmc06

retraite | 06H49 | 25/05/2009 | Permalien

il a entièrement raison joseph

un ex parmi la montagne,

en s'moment les européennes,et son budget, le détournement des aides alimentaires ect ect,pasque y en a rien que là

MR b…y qui a une société qui elle mème a pondue des sociétés off schore, dont l'une a payé les frais d'honoraire du dentiste de la cresson,
rien que ça, c'est une goutte d'eau parmi la corruption avec le budjet européen
mais les enquètes avance très très très lentement dans se domaine
pasque a un certain moment « juges » « enquèteurs “ arrivent à une frontière qu'ils ne peuvent pas depasser

donc vous avez compris (j'pense) donc la suite

franch'ment le 7 juin j'préfèrerais ètre et de très loin ,de l'autre coté , et me partager aussi le gateau

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 07H19 | 25/05/2009 | Permalien

Eh oui, si même les prix Nobel d'économie leur volent dans les plumes maintenant !

Rappelons que nous en avons un aussi en France. Un seul, et vivant. Maurice Allais. Mais vous ne l'entendrez, ne le lirez jamais sur nos médias serviles du cénacle. Ils lui préfèrent Minc, Attali et François Lamy. Figurez-vous que notre iconoclaste est :

1/ opposé à l'Europe du libre-échange (il a publiquement pris position contre le traité constitutionnel européen) ;
2/ pour un protectionnisme et contre « la doctrine laissez-fairiste mondialiste » ;
3/ contre la création monétaire artificielle par les banques (l'argent de la dette, dit-il).

Bref, de la quasi-racaille pour nos vautrés prêcheurs de la pensée unique néolibérale.

Citation : « Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n'hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. »
(Maurice Allais, La Crise mondiale aujourd'hui)

Portrait de leo s

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 07H46 | 25/05/2009 | Permalien

même les prix Nobel d'économie leur volent dans les plumes maintenant

maintenant ?
maintenant ?

souviens toi de Tobin et de sa taxe

et de l'association qui bosse depuis 10 ans

Portrait de Oeillet rouge

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Oeillet rouge

rêve générale | 10H12 | 25/05/2009 | Permalien

Et trois nouveaux économistes rejoignent l'appel du Front de gauche « pour sortir du dirigisme libéral ».

http://www.frontdegauche.eu/index.php ? option=com_content&view=article&id…

L'appel :

http://www.frontdegauche.eu/index.php ? option=com_content&view=article&id…

Portrait de jivé13

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De jivé13

salarié comme plus de 90%des actifs... | 10H57 | 25/05/2009 | Permalien

On trouve un entretien avec Maurice Allais mis en forme par François Ruffin dans son bimensuel Fakir.
Pour en savoir plus : www.fakirpresse.info

Portrait de Saheyus

De Saheyus

Rêveur invétéré | 07H29 | 25/05/2009 | Permalien

C'est un article très intéressant, et je suis d'accord avec la grande majorité de ce qu'il contient. Il y a cependant un point sur lequel je suis en total désaccord, car c'est une idée que je trouve même dangereuse.

« Bientôt, plus personne n'avait confiance. Or les marchés financiers doivent être fondés sur la confiance. C'est la base, le contrat capitaliste. Quand vous confiez votre argent à une banque, vous comptez le récupérer plus tard avec des intérêts. Mais quand les organismes à qui vous confiez votre argent l'utilisent pour acheter des actifs pourris ou partent avec, versent des primes faramineuses à leurs dirigeants, et qu'il ne vous reste plus que des paquets de titres insolvables, vous perdez confiance. Vous comprenez que vous avez été trompés. Et c'est qui s'est passé. »

C'est là une idée qu'on a beaucoup claironnée en ces temps de crise : Ayez confiance ! Ayez confiance ! Comme si le manque de confiance était la cause de la crise, et comme si son renouveau était une formule magique qui nous apportera de nouveau le bien-être, le confort et la justice.
Non, la confiance n'est la base de rien. La confiance n'est qu'un effet secondaire, ce n'est pas une cause mais un effet. Si cette crise est apparue, ce n'est pas parce que nous avons perdu confiance dans ce système, c'est bien au contraire parce que nous avons cru trop longtemps à tous ses mensonges. Parce qu'à force de chiffres divers (la croissance notamment), le mensonge éternel passait presque trop bien. La société allait bien, disait-on, nous progressions, nous vivions mieux. De fait, nous vivions au-dessus de nos moyens. L'argent pleuvant, comme tombant gracieusement des caisses des plus riches, tout allait bien. Jusqu'au jour où l'on s'est rendu compte que les grandes entreprises n'ont jamais lâché le moindre centime.

Aussi je n'aurais pas peur de dire que la confiance exagérée a été *la cause* de ce fiasco, et ne sera certainement pas son remède. Aussi longtemps, que l'on considèrera que la confiance doit être la base de la finance, et même de l'économie (car sur quoi se basent les publicistes sinon sur cette notion ? On fait une « promesse » à un « client », et on espère qu'il va gober), tant que les choses marcheront à l'envers, que la qualité découlera de la confiance, et non pas la confiance de la qualité, alors on fera tout aussi bien de se tirer une balle dans la tête.
Evidemment, je n'accuse pas Stiglitz de reprendre à son compte le discours ambiant si prisé des Sarkozy et autres Parisot, mais je trouve que le paragraphe que j'ai cité est singulièrement ambiguë.

Portrait de CabaneEnBoisAUnMilliard

De CabaneEnBoisAUnMilliard

| 07H51 | 25/05/2009 | Permalien

Les banques, les financiers sont des escrocs qui racontent des conneries ok. Mais ceux qui les gobent tout cru ne sont-ils pas un peu cons ? Une baraque minuscule, moche, moisie, en bois dans un quartier pourri a 10m d'une 2x9 voies dans la banlieue de L.A., se vendait plus d'1 million ie un mortgage de plus de $5000 par mois pendant des dizaines et des dizaines d'annees. Et y'avait des clients. De toute facon, du moment qu'il y a un drapeau, l'americain achete n'importe quoi.

Portrait de gribouillemoqueur

De gribouillemoqueur

08H38 | 25/05/2009 | Permalien

Il est à mon avis nécessaire de souligner la divergence entre les intérêts du monde de la finance et l'économie réelle. Beaucoup de financiers n'ont aucune envie de dire adieu à leurs gros bonus. Il faut garder à l'esprit qu'ils veulent continuer comme avant comme si rien n'était arrivé.
Il est particulièrement intéressant de remarquer que chaque appel à une nouvelle régulation (souvent en réaction à un nouveau scandale sur les marchés), est inmanquablement suivi de réactions de financiers qui viennent s'exprimer sur les médias pour nous expliquer « ô combien les innovations financières sont bonnes pour l'économie ».
La situation est d'autant plus critique que ces exigences du monde de la finance contre toute régulation sont soutenues par la ceux chargés de la régulation, les banques centrales, et sont même relayées jusqu'au sommet des gouvernements de la planète.
Beaucoup d'économistes n'hésitent plus à parler d'une finance qui contrôlerait le pouvoir politique en raison du poids des institutions financières dans l'économie. En effet, alors que les profits des institutions financières représentaient 20% de la somme de tous les profits dans les années 80, le chiffre est passé à 40% aujourd'hui.
Pourtant on ne doit pas oublier que la crise financière a failli emporter tout le système financier si les gouvernements n'étaient pas intervenus pour aider massivement les banques avec l'argent des contribuables.
C'est presque le couteau sous la gorge que les citoyens, par le biais des poltitiques, ont du secourir les banquiers sous peine de perdre toutes leurs économies et tous leurs dépôts déposées dans ces mêmes institutions financières.
On a pu découvrir à cette occasion que la notion de « bien public » s'appliquait au système financier dans la mesure où tout notre épargne, nos avoirs et tous nos instruments de paiement dépendaient de lui.
Mais aujourd'hui on doit prendre conscience que ce bien public a été confié à des intérêts privés dont le refus de toute régulation signifie qu'ils peuvent prendre tous les risques pour gagner de l'argent sans avoir à payer le prix de leurs échecs.
Ce qui est paradoxal dans une économie de marché où tout gain est la contrepartie d'un risque. La différence Ici est qu'il n'y a pas de risque puisqu'ils ne perdent jamais.

Portrait de antonvoyl

à gribouillemoqueur Portrait de gribouillemoqueur De antonvoyl

gestionnaire administratif | 13H50 | 25/05/2009 | Permalien

Non seulement je suis d'accord avec vous mais je vous invite à ne pas rester au bord de l'insinuation.

L'idée de l'indépendance politique face aux tenants de l'industrie et de la finance relève du fantasme et du mythe. Le politique a toujours été la soubrette du pouvoir réellement exercé par les financiers. Regardez donc comme ils théâtralisent un pseudo divorce avec les patrons… Franchement ridicule…

Pour les sceptiques, quelques suggestions :

1) Qui détient l'influence au niveau international

2) Qui a fait la révolution française

3) Comment au juste dessine-t-on les cartes ? Qui délimite les frontières ? Vous croyez qu'un maître de l'acier laissera sa zone d'extraction coupée en deux par un pouvoir politique représentatif d'une démocratie ?

Il y a longtemps que je me suis torché le cul avec ces rêves…

Portrait de Kissoon

De Kissoon

Futur chômeur ... | 09H10 | 25/05/2009 | Permalien

Remarquable article. Merci.

Portrait de penabranca

De penabranca

survivor | 09H39 | 25/05/2009 | Permalien

conclusion :
1) La crise n'est pas la résultante d'une succession d'erreurs mais d'une volonté consciente de prédateurs lucides et déterminés.
2) Les spectateurs victimes n'ont pas les moyens de mettre fin aux agissements de ces même parasites.
3) Rien de nouveau sous le soleil, l'homme est un loup pour l'homme.

Portrait de Cyril.

De Cyril.

en partance... | 09H53 | 25/05/2009 | Permalien

Je vais essayer de résumer ma pensée en une phrase :

Comment ne pas considérer comme nécessaire un changement complet de ce système économique, quand on voit les drames récurrents (et inhérents) que provoquent les intérêts de l'oligarchie qui dirige le système actuel ?

C'est ça le « risque » révolutionnaire. Et pour beaucoup, ce n'est pas un risque mais la perspective d'un monde plus juste.

Portrait de penabranca

à Cyril. Portrait de Cyril. De penabranca

survivor | 11H16 | 25/05/2009 | Permalien

Changer de système ! ! ? vaine espérence.
Vous connaissez cette expérience de labo avec des rats ? On prend un groupe de (admettons) 20 rats. Très vite s'installe une hiérarchie dominants/dominés. On sépare le groupe des dominants, on les laisse entre eux et très vite le schéma se reproduit. Idem pour le groupe des dominés. En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, des dominants se déclarent et exploitent des dominés.
Vous voyez où je veux en venir ?

Portrait de clive

à penabranca Portrait de penabranca De clive

11H38 | 25/05/2009 | Permalien

Argument habituel des dominants pour justifier leurs prérogatives.
Pour inciter les autres à se résigner.
(et discours des sauterelles dans « A Bug's Life »)
On peut aussi, contrairement aux rats, montrer une certaine aspiration à…
disons…
…la civilisation.

Portrait de penabranca

à clive Portrait de clive De penabranca

survivor | 11H59 | 25/05/2009 | Permalien

…Cela étant, la civilisation des rats prospère et survivra à celle des « hommes » qui périclite. Où est le bug ?
à mon avi, dans le fait que l » « homme » s'estime au sommet d'une hypothétique hiérarchie dans le monde du vivant : Les végétaux seraient supérieurs aux minéraux, les animaux aux végétaux, les hommes aux animaux…et certains hommes à d'autres…
Fort de sa présuposée position dominante, sa conscience de l'autre est infirme et il est capable de détruire ce dont il ne s'estime pas interdépendant.
Impossible dès lors d'espérer un changement de civilisation sans passer par un reset de chaques conscience individuelle.
là non plus rien de nouveau, la sagesse enseigne depuis la nuit des temps que le changement du monde passe par le changement de chacun.
Si c'est possible, ce sera long…si long qu'à l'échelle d'une vie, on peut dire « impossible ».

Portrait de imaneo

à penabranca Portrait de penabranca De imaneo

un poisson dans un bocal | 11H57 | 25/05/2009 | Permalien

…à vouloir croire que nous (ne) sommes (que) des rats de laboratoire… ?

Portrait de penabranca

à imaneo Portrait de imaneo De penabranca

survivor | 12H01 | 25/05/2009 | Permalien

Je ne suis pas loins de trouver les rats supérieurs.

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