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Des locataires se rebellent contre une filiale de la Caisse des dépôts

Par Florent Pommier | Journaliste | 03/06/2009 | 11H03

En partenariat avec l'INCL'Icade, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, souhaite céder son parc locatif à vocation sociale. Un large collectif d'élus, de syndicats, d'associations et de résidents dénonce une « vente spéculative ».

« Si mon loyer augmente trop, je ne pourrai pas suivre. » Michel Pachkoff est inquiet. Lui qui loue depuis une dizaine d'années un appartement de la Cité des poètes, résidence de 313 logements à Malakoff (Hauts-de-Seine), pourrait être contraint de déménager si Icade cédait son parc à des bailleurs ne prévoyant pas d'encadrement des loyers.

La filiale immobilière de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) souhaite en effet vendre l'intégralité de son parc, soit 32 000 logements souvent vétustes, construits dans les années 50 et 60, essentiellement en Ile-de-France. Depuis quelques mois, elle en négocie la reprise avec un consortium de bailleurs privés ou publics.

Des loyers en forte hausse pour les nouveaux entrants

L'opération pourrait avoisiner les 2,5 milliards d'euros. Une somme qui, selon le syndicat CGT-Caisse des dépôts, serait orientée vers le Fonds stratégique d'investissement, dispositif voulu par le président de la République pour prêter main-forte à des entreprises françaises en difficulté ou en manque de liquidités pour investir ou s'exporter.

« Je gagne 1 350 euros par mois et paie 320 euros de loyer, sans compter les charges, raconte Michel Pachkoff. C'est un parc à vocation sociale, mais qui légalement ne relève pas du logement social.

Depuis 2006, Icade n'a pas fait renouveler son conventionnement auprès des pouvoirs publics. C'était un premier pas. Désormais, mon loyer augmente suivant l'indice de référence des loyers (IRL). Pour les nouveaux entrants, Icade a pu aligner les loyers sur le marché local : jusqu'à 800 euros pour un studio ! »

Michel Pachkoff pourrait subir le même sort à partir de 2013, car son contrat prévoit que le loyer pourra alors être calqué sur les prix du marché de sa zone géographique… Sauf si, entre-temps, son bailleur demande et obtient le reconventionnement.

Quand Icade a annoncé son intention de vendre, lui et des milliers d'autres locataires se sont mobilisés pour défendre leurs intérêts. Un large collectif réunit aujourd'hui habitants, élus locaux, associations et syndicats.

Le collectif demande le gel des loyers pendant six ans

Il refuse une « vente spéculative » et un passage aux logiques du secteur privé locatif. En juin, il doit rencontrer des responsables d'Icade et de la CDC. Besoin de rénovation

« Les locataires d'Icade ont souvent des revenus modestes, ce sont beaucoup de retraités et de salariés relogés dans le cadre du “1 % logement”, explique Philippe Denizot, secrétaire confédéral de la Confédération nationale du logement (CNL), engagé dans le collectif.

Pour les protéger, nous posons des conditions à la reprise : le gel des loyers pendant six ans et le transfert des profits de la vente aux nouveaux bailleurs, afin qu'ils financent des travaux de rénovation. »

Certains équipements en auraient bien besoin : toilettes qui fuient sans cesse, huisseries de moins en moins étanches… À la Cité des poètes, Michel Pachkoff les a mis sur la liste des soucis.

Parmi le collectif mobilisés : la CNL, l'Indécosa-CGT, la CGT et la CFDT. Un comité consultatif est entendu par Icade, avec en son sein des représentants de la CNL, de la CGL, de l'Afoc, de la CLCV et de la CSF.

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1 commentaires sélectionnés

Portrait de barbouille

De barbouille

surfeuse | 12H46 | 03/06/2009 | Permalien

j'ai habité ce genre d'appartement à Ivry sur Seine pendant 7 ans.
Quand nous sommes arrivés, en 1999, le loyer pour un trois pièces 80 m² etaient de 500 € environ. 7 ans après les nouveaux entrants payaient 1000 € !

Ce qui m'etonne est qu'actuellement les appartements et les façades sont en cours de rafraîchissement, ce que j'ai pu voir en y passant jeudi dernier.

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