Enquête

Caisses de congés payés du BTP : un trésor de 777 millions

Par David Servenay | Rue89 | 11/06/2009 | 12H17

Jean Arthuis a déterré un trésor caché : les artisans réclament une réforme, les géants du bâtiment font le gros dos.

'Chantier interdit au public' (Mzelle Biscotte/Flickr).

Une fois n'est pas coutume, rendons hommage au Sénat et à son opiniâtre président de la commission des finances, le centriste Jean Arthuis. L'ancien expert comptable a plongé son nez dans les comptes des caisses de congés payés du BTP. Il a trouvé un trésor de 777 millions d'euros…

Le magot endormi du paritarisme

Il aura fallu quelques coups de semonce pour que l'Union des caisses de France (UCF) consente à lever le voile sur son fonctionnement. Après la longue enquête menée par Rue89, puis la grogne des entreprises, voici que les parlementaires et le gouvernement s'intéressent à ce magot endormi du paritarisme. Ce qu'ils découvrent est étonnant.

Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents, les caisses de congés payés du bâtiment gèrent l'argent des vacances des ouvriers du BTP depuis 1937. Le principe est simple : les employeurs versent à ces associations l'équivalent des congés payés (plus les congés intempéries et le risque accident du travail), qui est restitué au bout d'un an aux salariés des entreprises cotisantes.

Ce système pose plusieurs problèmes :

  1. il coûte cher, car il prive la trésorerie des entreprises de l'argent des congés (20% de la masse salariale) pendant un an ;
  2. il est peu fiable : les coûts de gestion des caisses varie de 15 à 75 euros par dossier, selon les régions ;
  3. il alimente des dérives car les organisations patronales s'en servent pour prélever, parfois indûment, leurs cotisations ;
  4. il est très opaque : nul ne connaissait jusqu'à maintenant l'état de leurs comptes.

Il y a un an, nous avions interrogé Claudine Metz, directrice de l'UCF, organisme qui coiffe les 31 caisses régionales et celle des travaux publics :

« Les cotisations, disait-elle, couvrent exactement le coût des congés payés, tel qu'ils sont payés par les caisses avec un certain nombre d'avantages, notamment une prime de vacances de 30%. » (Voir la vidéo)


Depuis, l'Union des caisses de France a placardisé Claudine Metz, remplacée par Pierre-Yves Tanguy, apparatchik du BTP, ex-secrétaire général de la Fédération française du bâtiment (FFB). Sa mission ? Faire le ménage, mais sans bruit. L'UCF a lancé en 2008 une procédure d'audit confié à KMPG.

« La gestion et la destination des excédents de résultat financier demeurent opaques »

A force de batailler, Jean Arthuis a pu obtenir quelques éléments de cet audit. Il les a présentés la semaine dernière à la commission des finances du Sénat. Rue89 s'est procuré le texte de cette intervention. Qu'y apprend-t-on ?

  • Sur l'exercice 2007-2008, les caisses ont prélevé 6,09 milliards d'euros de cotisations et versé 6,01 milliards de congés payés.
  • Les intempéries ont coûté 72 millions d'euros et le risque accident du travail 40 millions.
  • Le niveau des « réserves » atteint 777 millions d'euros, dont 243 millions de « réserve statutaire » et 534 millions de « fonds disponibles ».
  • Les placements financiers réalisés ont rapporté 134 millions d'intérêts, y compris dans quelques paradis fiscaux anglo-normands…
  • Les caisses ont versé aux organisations patronales des cotisations, « facultatives » précise Jean Arthuis, à hauteur de 63,6 millions d'euros pour la FFB et 6,5 millions d'euros pour la Capeb.
  • « Ces 32 caisses emploient 920 collaborateurs en équivalent temps plein et effectuent 4 millions de paiements par an auprès des 1,6 million de salariés répartis entre 210 000 entreprises, dont plus de 70% de moins de dix salariés. »

Dans sa présentation aux sénateurs, Jean Arthuis met en cause la « gestion et la destination des excédents de résultat financier [qui] demeurent opaques ». Tout comme le « patrimoine immobilier » qui n'est pas chiffré. L'absence de publicité des comptes, ajoute le représentant de la Mayenne, pose « le problème de la gouvernance des caisses et du déficit d'information auprès des employeurs et des salariés ».

Les caisses du BTP, une affaire UIMM bis ?

Dans ce constat accablant pour les patrons du BTP, véritables gestionnaires des caisses puisque les salariés n'y sont pas représentés, Jean Arthuis cite à deux reprises l'audit réalisé l'an dernier sur les caisses de congés payés :

  • « Elles sont devenues inutiles, coûtent cher, sont génératrices de complexité, n'évoluent pas. »
  • « L'hétérogénéité des pratiques au sein des caisses, l'indépendance recherchée par certaines d'entre-elles ainsi que l'insuffisance de coordination et de contrôle de la part de l'UCF ne permettent pas le fonctionnement de l'ensemble des caisses en véritable réseau. Cette situation génère un risque supplémentaire d'image d'inefficacité et constitue un frein à la transparence et à l'opportunité d'établir des comptes combinés au niveau du réseau. »

En clair, ce système particulièrement opaque est à réformer d'urgence. Commentaire lapidaire de Jean Arthuis :

« Il va falloir que la FFB, comme l'UIMM, revoie sa procédure de gouvernance. »

Le sénateur de la Mayenne ne prononce pas le terme de « caisse noire », mais il s'interroge sur la présence de « produits toxiques » dans les réserves de certaines caisses régionales qui, en plaçant leurs économies dans des « fonds de fonds » ou dans certains paradis fiscaux, vont sans doute perdre beaucoup de plumes :

« J'attends les comptes arrêtés au 31 mars 2009. »

Rififi chez les patrons : les petits râlent, les gros se taisent

Laurence Parisot, d'habitude si prompte à commenter les dérives du paritarisme, n'a jamais rien dit sur les caisses de congés payés du BTP. Il faut dire que la branche du bâtiment est, derrière l'UIMM, le second bailleur de fonds du Medef. Le président de la FFB occupe traditionnellement le poste de trésorier du Mouvement.

Ces derniers temps, Jean Lardin est plus prolixe. Le président de la Capeb a compris l'urgence de la réforme à mener, après avoir vu quelques documents résumant l'audit de KPMG :

« Je n'ai pas l'intime conviction que ce système soit clair, net et précis. Quand vous avez une mine d'or comme ça, il faudrait être fou pour noyer les galeries ! »

La mine d'or, c'est une série davantages qui fait vivre les organisations patronales depuis des décennies. Pour Jean Lardin, personne n'a intérêt à remettre en cause cette vache à lait :

  • « Les caisses de congés payés ont financé les locaux de la FFB et maintenant, elle les loue aux caisses. »
  • « L'essentiel des partis politiques étaient financés par des activités liées aux grands secteurs de notre pays : la grande distribution, le bâtiment… »
  • « La Fédération nationale des travaux publics a sa propre caisse et l'audit n'en dit rien. Comment fait Bouygues par exemple ? Je n'en sais rien. »

Sur les cotisations patronales un peu trop facilement perçues, le président de la Capeb propose de certifier la procédure par un document où l'entreprise est clairement informé qu'elle cotise à l'une ou l'autre des organisations (FFB ou Capeb). Quant à l'UCF, elle est toujours aussi peu loquace :

« L'Union des caisses de France ne souhaite pas commenter l'actualité du réseau. »

Photo : « Chantier interdit au public » (Mzelle Biscotte/Flickr).

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De padiran

Chroniqueur mondain | 14H22 | 11/06/2009 | Permalien

Entre L'UIMM et les caisses du BTP, le patronat a su gérer à son seul et unique profit des « trésors ».
Pour justifier cette trésorerie occulte, l'UINM avait avancé le besoin de « fluidification » des relations sociales, jetant le doute sur les centrales syndicales.
Le BTP va sortir quels arguments pour justifier 777 millions d'euros de caisse noire ?
- Le besoin de reconduire chez eux les centaines de milliers de travailleurs clandestins qu'il utilise tous les jours sur ses chantiers ?
- La nécessité de trouver rapidement des liquidités pour « fluidifier » les relations commerciales avec les grands donneurs d'ordres ?
- Le besoin de récompenser les grands patrons nécessiteux ?
Il n'est pas étonnant que l'ONG Transparancy International classe la France 23ème sur le plan mondial en matière de corruption et que l'extension du secret défense soit une menace sur les pouvoirs d'investigation des juges anti-corruption

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observateur | 17H56 | 11/06/2009 | Permalien

Inéluctablement et de façon « décomplexée » comme dit souvent le guide suprême à l'Elysée, la France se mue en République bananière !

Et les français s'en accommodent très bien, la preuve, à chaque éléction, c'est toujours les tenants de la doctrine du « chacun pour soi, ne te mêle pas de mes oignons », qui récolte la majorité des voix !

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

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Chroniqueur mondain | 18H16 | 11/06/2009 | Permalien

La France en est restée, sur le plan mental, à la monarchie, c'est à dire que celui qui possède un titre, une fonction ou le rang de notable n'est que peu contesté.
Que l'on soit Président de la République, d'une association de pétanque ou notaire à trifouillie les oies, il faut vraiment mettre la barre très haute dans le délit pour qu'un citoyen ose dire « heu… ». Celui qui le fait le premier est soupçonné de folie ou pire de gauchisme.

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chapolin.fr | 20H58 | 11/06/2009 | Permalien

Oui on est très prout prout en France.

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De fidal

guide de tourisme | 13H14 | 11/06/2009 | Permalien

BEURK

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De Autist Reading

Plombier/Electricien | 13H22 | 11/06/2009 | Permalien

Quand ARTHUIS propose des réformes çà fait flipper.

Le seul moyen pour les ouvriers du BTP de faire des réformes qui obligent à déclarer tous les travailleurs, à les payer correctement y compris le salaire différé assurant les protections sociales, c'est de destituer les patrons, de destituer les législateurs, les exécuteurs, et de tout faire eux-même.
L'administration, c'est comme le chantier, on bosse mieux quand y'a pas le patron.

Et puis çà permetrait de faire une première maison à tous ceux qui n'en ont pas, au lieu de faire des troisième, dixième, maisons aux gros pleins de soupe. Ou des bâtiments pourris pour les gros pleins de soupe qui les loueront 2/3 de smic à des smicards.

Y'a-t-il des gens pour mettre en oeuvre le projet socialiste ?

Ah ben non, ce serait trop méchant, à bas la violence, on a qu'à prier pour que les patrons se moralisent. On devrait les y inciter avec des gros chèques.

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De Hlebon

étudiant en droit | 13H36 | 11/06/2009 | Permalien

Arthuis est un élu qui aime bien tout ce qui est finances publiques…

Il a découvert un joli pactole.

A voir ce qu'il faut en faire et ce qu'il va proposer, Jeannot est tout de même d'avis de supprimer les cotisations sociales, il n'a donc pas que des bonnes idées.

Portrait de sarkophage_xyz

à Hlebon Portrait de Hlebon De sarkophage_xyz

13H46 | 11/06/2009 | Permalien

Ca oui, il est bien capable de règler le problème en supprimant les congés payés.

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De Enki

Alchimiste | 13H57 | 11/06/2009 | Permalien

En tant qu'ultra neuneu sur ces questions, j'ai compris ce que j'ai lu. Chapeau !

En tant qu'ultra neuneu… Si la sécu gère une caisse de solidarité, il y a un trou, si c'est le patronat, il y a un trésor. Alors j'ai peur d'avoir des idées de neuneu. Heureusement, Autist reading m'a rebranché deux ou trois neurones (ya encore du boulot).

J'ai quand même une idée de neuneu : Si, au lieu de persécuter les crève-la-faim, la justice mettait un peu plus la pression sur le patronat, on pourrait peut-être proposer aux éventuels gestionnaires ultra-compétents qui se seraient éventuellement compromis dans quelque éventuelle infraction de voir leurs éventuelles condamnations commuées en Travaux d'Interêt Général pour la sécu ?

Si on attrapait ceux qui ont volé des subventions publiques pour aboutir à des licenciements massifs ultra rentables, on pourrait peut être obliger ces gens pas neuneus du tout à bosser gratos pour la sécu jusqu'à ce que le déficit en soit résorbé ? Ils seraient motivés.

Oh, ne me traitez pas de rêveur gauchiste… Je sais bien…

Portrait de fidal

De fidal

guide de tourisme | 15H30 | 11/06/2009 | Permalien

J arrive

Portrait de GROS CON DE PATRON

à fidal Portrait de fidal De GROS CON DE PATRON

RACKETE | 15H45 | 11/06/2009 | Permalien

Du racket……. avec la crise virtuel,J'ai demandé un délai de paiement pour les congés payés car gros soucis financier et pas de trésorerie.

J'ai reçu en retour une assignation au tribunal de commerce de Caen…..Je ne vous parle pas des huissiers et des lettres recommandées.

Aucun dialogue possible il préfère mettre trois personne au chômage ….

Quand allons nous nous révolter nous petit artisan de ses racketteurs.

Agissons comme les agriculteurs, arrivons en force et bloquons leurs palais de marbre avec bureaux climatisés construits et payée avec notre sueur et notre argent.

L'union fait la force mais pas avec la FFB ou la CAPEB qui sont parties prenante.

Signé d'un petit patron avec un état d'esprit d'ouvrier

Portrait de Turlough

De Turlough

15H43 | 11/06/2009 | Permalien

Intéressant.

Il me semble qu'il manque l'essentiel pour la compréhension de cet article :

Comme dans le spectacle, la caisse de congés permet de centraliser les congés payés pour des salariés qui souvent travaillent pour plusieurs employeurs dans la même année. Le fait qu'elle soie gérée que par les employeur n'est pas très sain, mais malheureusement logique : les congés payés ne sont payés que par l'employeur à la différence des caisses paritaires pour lesquelles les cotisations viennent de la part patronale et de la part salariale (d'où la différence entre le salaire brut et le salaire net). D'où mon étonnement par rapport à l'expression « paritarisme » employée dans l'article, pour faire du « paritarisme »… il faut être une paire, ce qu'est pas le cas pour les caisses de congé.

PS : Dans le spectacle la caisse des congés semble tout aussi opaque.

Portrait de David Servenay

à Turlough Portrait de Turlough De David Servenay (auteur)

Rue89 | 15H53 | 11/06/2009 | Permalien

Formellement, Turlough, vous avez raison : la gestion des caisses n'est pas paritaire, puisque exclusivement aux mains des (gros) employeurs. Aucun artisan indépendant dans les AG des caisses.

Par contre, je ne suis pas d'accord lorsque vous dites que les congés payés sont une cotisation « patronale ». C'est de l'argent de l'entreprise pour ses salariés.

Enfin, ce que vous dites sur le turn-over au sein de cette branche professionnelle est faux.

Le raisonnement qui prévalait à l'époque de la création des caisses (1936-37) d'ouvriers nomades est complètement éculé. Au contraire, le turn-over dans le BTP est l'un des plus faibles du monde salarié (voir chiffre de la Dares), notamment parce qu'il s'agit de métiers « en tension » où les ouvriers qualifiés ont plutôt l'embarras du choix pour trouver du boulot.

Portrait de Malened

à David Servenay Portrait de David Servenay De Malened

16H19 | 11/06/2009 | Permalien

Il n'empêche (et je suis d'accord avec les termes de votre réponse à Turlough) que la même opacité prévaut à la Caisse des Congés Spectacles, alimentée par tous les employeurs d'intermittents (spectacle et audio visuel). L'obligation nous est faite de leur verser les cotisations, y compris pour des gens en cours de professionnalisation (dont bon nombre ne deviendront jamais professionnels) ou des artistes étrangers « de passage » qui jamais ne demanderont ce à quoi ils ont droit.
Pour l'employeur, c'est 14,70% du brut (non abattu), pour le salarié 10%. Impossible de savoir où passe la différence, ni à quoi elle sert… Et en plus, si l'employeur a des soucis de trésorerie, les salariés sont pénalisés et ne perçoivent pas la totalité de leurs congés tant que l'employeur en question n'a pas régularisé…
Nous aussi on aimerait savoir ce que devient ce « trésor » dont on ignore même le montant…

Portrait de Turlough

à David Servenay Portrait de David Servenay De Turlough

19H32 | 11/06/2009 | Permalien

La « cotisation patronale » ou « part patronale » est pourtant le terme officiel, celui qui est mentionné sur les fiches de paye et probablement dans le Code du Travail. Un contrat de travail est établi sur la base du salaire brut. Toute cotisation payée par l'employeur au delà du salaire brut s'appelle « cotisation patronale » ou « part patronale ». Le salarié paye aussi de son côté, c'est la part salariale, la différence entre le salaire brut (celui qui est mentionné au contrat) et le salaire net (l'argent effectivement versé au salarié). La part salariale est retenue par le patron qui la verse en sus de ses propres cotisations aux différentes caisses. Ce système est assez compliqué mais date d'une époque où cotiser à une caisse voulait dire quelque chose, même pour le salarié… qui était souvent fier de participer à la solidarité professionnelle, puis inter-professionnelle quand les caisses ont fusionné.

Dans le cas des congés payés il s'agit d'une cotisation patronale uniquement.

J'imagine assez bien que le fonctionnement des caisses de congés implique un droit de vote plus important aux plus gros payeurs, un peu comme dans une co-propriété où le propriétaire du 5 pièces n'a pas le même poids au niveau des votes que le propriétaire d'un studio. Évidemment avec un tel système les petites entreprises n'ont aucune change d'avoir droit au chapitre.

Maintenant il est clair que ce genre de caisse ne pourrait se justifier que seulement pour les salariés qui sont embauchés / débauchés « au chantier », ce qui semble être maintenant une pratique minoritaire du moins d'après les statistiques que vous citez, et qui bien entendu ne prennent pas en compte le travail dissimulé ; autre plaie béante du secteur.

Portrait de frfrbo

à Turlough Portrait de Turlough De frfrbo

artisan | 22H04 | 14/06/2009 | Permalien

Vous dites : « Dans le cas des congés payés il s'agit d'une cotisation patronale uniquement. »

« Cotisation » n'est pas le bon terme pour les congés payés. Les congés payés sont un droit qui fait passer la paire (salaire, temps de travail) dans un état (même salaire, temps de travail réduit + congés = temps de travail initial).

Autrement dit, le patron paye pareil mais le salarié a droit - et le devoir - de se reposer en posant des congés.

Le mot « cotisation » n'existe que dans le bâtiment ou le spectacle lorsqu'il y a une caisse pour les congés. Mais à la base, ce n'est pas une « cotisation ».

Portrait de framboise.

à David Servenay Portrait de David Servenay De framboise.

incognitotte | 18H02 | 11/06/2009 | Permalien

Mon compagnon peintre décorateur a coulé à cause à cause d'avoir employé !
(peintre décorateur)
Je connais !

Portrait de minimir43

à Turlough Portrait de Turlough De minimir43

ex-controleur | 16H23 | 12/06/2009 | Permalien

La paire c'est le travail fourni et son paiement.

Lorsque le travail est accompli le code du travail, le contrat, prévoient un salaire dont font partie les congés…Précisément 2,5 jours de congés par mois de travail.

La gestion paritaire serait ici la gestion d'un bien qui appartient au salariè (1er concerné) car le congé est acquis en même temps que le salaire et à l'employeur (2e concerné) qui ne l'a pas encore versé.
Hors des caisse de congé certaines entreprises provisionnent un compte pour les congés futur. C'est prévu en bonne comptabilité !

Les caisses ont été créée pour les salariés à employeurs multiples dans une même année…

Portrait de minimir43

à Turlough Portrait de Turlough De minimir43

ex-controleur | 16H53 | 12/06/2009 | Permalien

La paire c'est le travail fourni et son paiement.

Lorsque le travail est accompli le code du travail, le contrat, prévoient un salaire dont font partie les congés…Précisément 2,5 jours de congés par mois de travail.

La gestion paritaire serait ici la gestion d'un bien qui appartient au salariè (1er concerné) car le congé est acquis en même temps que le salaire et à l'employeur (2e concerné) qui ne l'a pas encore versé.
Hors des caisse de congé certaines entreprises provisionnent un compte pour les congés futur. C'est prévu en bonne comptabilité !

Les caisses ont été créées pour les salariés à employeurs multiples dans une même année… comme vous l'écrivez !
Il existe des caisses de congé pour les dockers, etc…

Portrait de esox

De esox

là bas | 17H14 | 11/06/2009 | Permalien

Encore une association ! !
En France il y a presque autant d'associations que d'habitants.
chacune a un fonctionnement dont l'opacité s'amplifie proportionnellement à sa taille.
L'association la plus opaque n'a jamais été inquiété pourtant elle regroupe en son sein plus de 2000 banques ayant pignon sur rue.
Elle se nomme « a banque à qui parler » vous connaissez ?
Au sommet nous avons une confédération : association 1901
En dessous des fédérations : association 1901 et la plus grosse la FCMCEE association de Droit Local Alsacien Mosellan que bien sur, tout le monde connait.
En dessous des fédérations les 2000 banques CCM pratiquement la moitié d'entre elles ont un statut de société coopératives régi par la Loi de 47 sur les coopératives et l'autre moitié a un statut d'association coopérative de Droit Local Alsacien Mosellan tout à fait spécial.
En ce qui concerne les comptes :
toutes les CCM sont vérifiées comptablement par un réviseur aux compte de la maison. Les comptes sont ensuite approuvés à mains levé en assemblée (ou assis debout) à défaut d'être vérifié par un organisme indépendant.
Et tout ça ça brasse des milliards, a des filiales dans les paradis fiscaux, et gère une bonne partie des comptes de la Sécu.
A se demander comment que ça se fait que cette dernière est déficitaire….
Si ça se trouve elle ne l'est pas déficitaire, mais les fonds sont placés au Liechtenstein où la banque sourde à qui parler a une filiale…

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 17H17 | 11/06/2009 | Permalien

Et Bongo, il filait aussi des liquidités à l'UIMM et aux BTP… ? !

N'importe comment, comme l'OMS vient de passer au niveau 6, on ne passera pas l'hiver. Alors profitons de cet été en allant occuper les yachts avant que Sarko ne s'y invite… ! !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de aa77

De aa77

Bâti | 22H11 | 11/06/2009 | Permalien

Je suis intéressé de savoir si des recours par les petits artisans contre cette institution existent (j'en suis un) ?

Si la structure est sous forme d'association loi 1901, tout adhérent a droit d'accès aux informations, dans le cas contraire peut-on logiquement s'en désolidariser ?

A signaler que certaines professions ont été enlevées du joug de cette institution récemment en catimini, je trouve qu'il n y a pas eu suffisamment de publicité autour de cet événement, de peur de contaminer le reste de la profession.

les CDD de +1 an ne sont pas obligés de cotiser à la caisse de congés payés, tout est flou !

Portrait de Jean-Luc LUMEN

à aa77 Portrait de aa77 De Jean-Luc LUMEN

en invalidité | 22H16 | 11/06/2009 | Permalien

Vous rêvez ?

Portrait de David Servenay

à aa77 Portrait de aa77 De David Servenay (auteur)

Rue89 | 09H36 | 12/06/2009 | Permalien

Oui, aa77, il existe des recours pour les artisans, notamment devant les tribunaux administratifs. En particulier pour contester le statut associatif et le fonctionnement des caisses.

Pour résumer, même en étant adhérent et cotisant aux caisses, les entrepreneurs n'ont pas accès à leurs comptes.

Si vous voulez des détails sur la récente réforme du périmètre des caisses, lisez ici :

http://eco.rue89.com/2009/05/11/caisses-de-conges-du-btp-les-hlm-raflent…

Portrait de Jean-Luc LUMEN

De Jean-Luc LUMEN

en invalidité | 22H15 | 11/06/2009 | Permalien

Sans commentaires

Sauf un,
Les fabricants de légions d'honneur vont devoir faire des heures sup. Vue tous les escrocs/magouilleurs/ de hauts vols qu'il va falloir honorer.

Vol un œuf = 2 ans de bagne (avec un délibéré de couloir)
Vol 777 millions € = une pluie de légions d'honneur, + parachutes en or massif + retraites endiamantées 1000 carats + immunité à vie ainsi qu'à toute la famille pour 10-20 générations

Amen mes frères……….en Suisses.

Portrait de Jean-Luc LUMEN

De Jean-Luc LUMEN

en invalidité | 22H25 | 11/06/2009 | Permalien

Pour ceux qui n'auront toujours rien compris au système 3/3

1/3 pour leurs poches
1/3 pour les poches des ……
1/3 pour les congés payés

Portrait de olympe blogueuse

De olympe blogueuse

blogueuse | 22H26 | 11/06/2009 | Permalien

que les caisses de congés payés encaissent les cotisations accidents du travail ? je ne crois pas non

Portrait de armi11

De armi11

Hôtelier | 05H39 | 12/06/2009 | Permalien

Faudrait peut-être privatiser les caisses de congés pour les rendre efficaces ?

Portrait de Auda Louis

De Auda Louis

Retraité du BTP | 10H10 | 12/06/2009 | Permalien

Je ne comprends pas pourquoi aujourd(hui non me dit que je ne suis pas autorisé à publier des commentaires ?

Portrait de minimir43

De minimir43

ex-controleur | 16H03 | 12/06/2009 | Permalien

Bonjour,

Monsieur ARTHUIS met le doigt d'une façon un peu plus précise sur le scandale des Caisses de Congés du BTP.
Il faut être bien convaincu que cet argent, que tous les capitaux dont disposent les Caisses de congés payés du bâtiment appartiennent aux salariés du bâtiment et des TP et à personne d'autre.
Cet argent appartient aux salariés de notre branche.
En effet lorsqu'un salarié, quelque soit son activité accompli un temps de travail, il a simultanément acquis un droit à congés. Ainsi pour un mois ou 150 heures de travail il a acquis 2,5 jours de congé payé. La valeur du congé est due en contrepartie du travail effectué. Cette somme est acquise, elle est de droit. L'employeur est tenu de la verser immédiatement si le travailleur quitte l'entreprise. Ainsi les travailleurs par Intérim perçoivent les congés immédiatement au terme de leur mission. A ce titre le bulletin de salaire fait apparaître une majoration congés équivalent à 10 % du salaire brut.

Lorsque l'entreprise du bâtiment verse une cotisation congés à la Caisse des congés, elle ne paye que ce qui est du au travailleur en raison de l'accomplissement de son contrat. La cotisation est assise sur les salaires bruts qu'il a perçus.
Au moment de la prise des congés seront données aux salariès les indemnités de congés en raison du travail accompli et du salaire correspondant comme parout.
Les cotisations perçues par la Caisse, par les Caisses et dont disposent le Conseil de l'Union des caisses de France (UCF) sont donc bien des sommes qui appartiennent aux travailleurs de notre branche et à personne d'autres. Le report du paiement d'un droit acquis permet à la FFB de disposer de sommes qui ne lui appartiennent pas.
Les Caisses de congés en disposent, octroient des avantages à ses administrateurs, fait des placements.
L'opacité est si grande que les salariés ne peuvent connaitre les noms des administrateurs (essayez sur le site d'une caisse ! ).

Pourtant la justice, la simple équité, voudrait que ce soit les salariés et eux seuls qui gèrent les Caisse de congés, qui administrent ce qui leur appartient, ce qu'ils ont acquis par leur travail. Le seul rôle des employeurs serait alors celui d'une cellule de contrôle pour faire valoir leurs droits quant aux modalités de perception des cotisations.
Il en découlerait une gestion paritaire que le ministre du Travail doit mettre en place
Nous serons alors loin de la présente situation.

Bien à vous

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