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Travail gratuit à British Airways : c'est possible en France aussi
Par François Krug | Eco89 | 17/06/2009 | 14H21

Se priver de salaire pendant une semaine à un mois, c'est ce que la compagnie British Airways vient de proposer à ses 40 000 salariés. Difficile à imaginer en France. Et pourtant, c'est possible : rien ne s'y oppose dans le code du travail.
En Grande-Bretagne, la proposition de British Airways a du mal à passer. Le directeur général et le directeur financier vont valoir qu'ils ont déjà décidé de ne pas être payés pendant un mois. Surtout, la compagnie va mal : elle a perdu l'équivalent de 425 millions d'euros en 2008.
En France, des employeurs pourraient-ils faire une telle proposition ? Non, s'ils sont réalistes et veulent éviter un conflit social dur. Oui, s'ils s'en tiennent à ce que leur permet le droit.
« Elément essentiel du contrat de travail »
Le code du travail n'exclut pas la situation. Il fait de la rémunération « un élément essentiel du contrat de travail », mais, comme l'avait expliqué Eco89, il autorise à la modifier. Et pas seulement à la hausse.
L'avocate Susana Lopes Dos Santos, spécialiste du droit du travail, n'a jamais rencontré un tel cas en France :
« En soi, on peut toujours proposer une modification du contrat de travail, mais elle doit être extrêmement limitée dans le temps. Il faut aussi tenir compte des conventions collectives, qui prévoient que les salariés doivent toucher une rémunération minimum. »
Jusqu'ici, comme l'avait raconté Eco89, plusieurs entreprises ont proposé des baisses temporaires. En faisant appel au bon vouloir des salariés (surtout les cadres), en réduisant le temps de travail (et mécaniquement, le salaire), ou en jouant sur la part variable de la rémunération.
« Un système de rattrapage »
Et si elles proposaient désormais de ne rien verser du tout ? Pour Susana Lopes Dos Santos, elles devraient s'imposer des limites :
« Si ça dure une semaine ou quinze jours, ça n'aura peut-être pas beaucoup d'incidence. On peut aussi prévoir un système de rattrapage, en reversant le salaire quelques mois plus tard. »
Le code du travail a aussi prévu un garde-fou : même pour des motifs économiques, une modification d'un « élément essentiel » du contrat nécessite l'accord du salarié. Celui-ci acceptera-t-il de sacrifier sa fiche de paye pour sauver l'entreprise ?
Photo : des employés de British Airways au travail sur la dérive d'un Concorde (Toby Melville/Reuters)
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De Deborah
14H47 | 17/06/2009 |
A force d'avoir dévalué le travail, on finit par trouver normal que le travail devienne gratuit. Le cauchemar. Quelle patience, ils ont les « travailleurs » chers à Arlette.
De obiwan78
Ingénieur | 14H58 | 17/06/2009 |
Pourquoi pas payer pour aller travailler ?
C'est pas une idée qu'elle est bonne ?
Kenavo
De Liger
liger.amsud.net | 15H07 | 17/06/2009 |
Je croit sincèrement que se poser simplement la question du travail non rémunéré est une ineptie, un non-sens. Et montre bien à quel point nous sommes conditionnès par cette terreur du chômage.
Je vais essayer d'expliquer ça simplement :
-1- British Airways veut que ses salariés travaillent. Elle a donc intérêt à ce que ce travail soit effectué. Pas par idéologie, mais parce que ce travail représente une création de richesse.
-2- En apportant cette richesse à l'entreprise, à chaque heure travaillée, le salarié augmente les ressources de l'entreprise.
-3- Si cet apport n'est pas compensé par un salaire, il s'agit alors d'une augmentation du capital de l'entreprise. On passe donc d'une relation de salariat à une relation de partenariat.
-4- En toute logique, le « partenaire » doit recevoir en échange de son apport en capital une part de l'entreprise.
Ce que propose British Airways est ni plus ni moins la spoilation d'investisseurs, puisqu'elle se recapitalise « à l'oeil », et partage avec ses actionnaires l'apport en capital des salariés.
Et aborder le problème à travers le droit du travail ne fait que brouiller cette évidence.
De Iv
Roboticien utopiste | 15H12 | 17/06/2009 |
Si ce genre de deal est accepté, c'est qu'on croit que l'entreprise va aller mieux. Si on en est à une telle extrêmité c'est qu'elle n'est pas au meilleur de sa forme quand même…
Pourquoi alors ne pas proposer des parts de l'entreprise aux employés en tant que paiement ? Une fois les profits repartis à la hausse ça aiderait à mieux les répartir…
De lgar_1
Travaille | 20H30 | 17/06/2009 |
C'est impossible de travailler en tant que salarié gratuitement en France.
En effet, il existe les salaires minimaux imposés par les conventions collective et pour les entreprise n'ayant pas de convention collective le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC).
Ces salaire minimaux s'impose à l'employeur ! Quand bien même obtiendrait il l'accord du salarié, ce dernier pourrait en exiger le paiement.
Seules des baisses de salaire respectant les minimas conventionnel ou légaux sont possibles
De Meuhh
projeteur | 19H46 | 18/06/2009 |
Eh oui, il est possible en France de travailler sans être payé ! !
Dans ma boite (bureau d'étude en bâtiment de 15 salariés), il y a 3 mois, mon patron nous demande de faire des efforts face à la crise( heures supplémentaires non payé)…en menaçant de « licencier en premier ceux qui ne joueraient pas le jeux, si la situation ne s'arrange pas »
Or nous ne sommes pas du tout au bord de la faillite.
Cela à évidement créé des tensions entre ceux qui se plient à la volonté du chef et les autres.
Aujourd'hui mes collègues donnent 5 ou 10h supplémentaires (je ne suis pas la pour voir exactement la quantité ! ! , car je n'accepte pas de travailler gratuitement)
Peu de mes collègues me rejettent pour ma prise de position, la majorité me comprennent mais ne veulent pas me suivre par peur.
Donc oui il est possible en France de travailler gratuitement ! ! ! et je ne pense pas que ma boite soit la seule dans cette situation.
Ne nous laissons pas faire face à ces crapules, même si on doit y laisser des plumes.
Bonne route