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« Sans carte bancaire, j'espère ne jamais en avoir »
Par Dominique Albertini | Etudiant en journalisme | 23/06/2009 | 09H47

On dénombre en France 64 millions d'habitants, 360 fromages… et 82 millions de cartes bancaires ! Depuis l'invention, il y a presque quarante ans, de la carte à puce, le petit rectangle de plastique s'est peu à peu imposé comme le moyen de paiement préféré des Français. De tous les Français ? Non ! Quelques irréductibles continuent à s'en passer… pour combien de temps ?
Voyez Eliane, 60 ans, dans les Pyrénées-Atlantique. De carte bancaire, elle n'en a jamais eu et espère bien ne jamais en avoir :
« Je n'en ai pas besoin, c'est tout ! Pour moi, c'est une question de principes : la carte, c'est d'abord un moyen pour les banques de nous pousser à la consommation. Et de nous faire payer : non seulement la carte coûte de l'argent à son possesseur, mais même aux commerçants lorsqu'on les paye de cette façon ! »
De fait, alors que le bon vieux carnet de chèque ne vous coûte rien, la carte bancaire a un prix. Guillaume Eon, de l'observatoire des produits financiers Testé pour Vous, détaille les coûts de l'accessoire :
« Pour le type de carte le plus courant, c'est-à-dire les cartes bancaires internationales à débit différé, les tarifs vont de 31 à 52 euros par an. Sauf pour certaines banques qui la proposent gratuitement. Pour des modèles plus haut de gamme, comme les cartes Premier ou Gold, il vous en coûtera de 63 à 132 euros annuels. »
Quant aux commerçants payés avec une carte, ils doivent s'acquitter d'une commission. Variable selon la banque et le type de commerce, elle varie généralement entre 0,5 et 1% du montant de la transaction.
Quand retirer au guichet devient compliqué
Une bonne raison de se passer de carte bancaire pour notre résistante, qui avance également un second argument : ce n'est pas très pratique.
« Je trouve ça impossible au niveau de la gestion : on oublie combien on a dépensé dans la semaine, les tickets des distributeurs automatiques se perdent au fond du sac… mais je sais bien que je vais être obligée d'y passer bientôt : dans la petite ville où j'habite, il est désormais impossible de retirer de l'argent au guichet l'après-midi, car le coffre est fermé. Mais tant que j'aurai encore le choix, je tiendrai bon ! »
D'autres, malgré de longues années de résistance, se sont finalement résolus à rentrer dans le rang. Comme Marie-Christine, 52 ans, dans les Cotes-d'Armor :
« J'aimais pouvoir suivre mes comptes au fur et à mesure de mes dépenses. Et puis c'est tout simplement que je n'avais pas envie de la payer. Mais il y a deux ans mon agence a modifié son accueil au guichet, ça devenait plus compliqué d'y retirer de l'argent. Donc j'ai pris une carte à retrait immédiat, et c'est vrai qu'aujourd'hui je ne m'en passe plus : c'est plus rapide et ça me permet de gérer au jour le jour. »
Photo : cartes de crédit (Andres Rueda/Flickr).
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De roccolechat
OS du tertiaire | 11H42 | 23/06/2009 |
Je vais prêcher pour ma paroisse (je suis employé de banque).
Le liquide, c'est formidable, le client « sait et voit » ce qu'il paye. Le commerçant pareil. Il est payé, tout va bien.
Le chèque… arf le chèque, cette exception monétique française, l'assignat presque.
Le chèque, c'est une usine à gaz. Outre le fait qu'un chèque puisse être refusé à l'encaissement pour le manquement d'une mention obligatoire (date, lieu, signature, ordre, adresse de la banque, etc..), il y a surtout le risque de l'impayé ! Et parfois, une semaine après l'encaissement dudit chèque.
Le chèque c'est un traitement couteux et lourd qui n'a plus forcément sa place dans les transactions contemporaines.
La carte bleue. Et bien, pour ma part, c'est l'idéal. Le client sait ce qu'il paye, il voit le prix sur le bien ou service, et une seconde fois sur le TPE (terminal de paiement electronique) du commerçant.
Ce dernier est également (ou quasiement, les impayés CB sont bien plus rares que ceux des chèques) assuré d'êre payé.
Alors effectivement la carte bleue et ses transactions ont un coût. Et quoi ? Il faut bien payer les centres d'autorisation, les frais de gestion des serveurs de flux, et les assurances associées à ces petits bouts de plastique qui nous facilitent la vie.
Le problème du « je ne gère pas la Cb, l'argent est virtuel, cela part trop vite » est faux. Des mauvais gestionnaires avec la Cb le seront tout autant avec leur carnet de chèques.
De ankou
12H29 | 23/06/2009 |
La Carte Bancaire, pratique, pas encombrante, dispo 24/24, que du bonheur de consommateur, même modéré voire décroissant …
Sauf que ce morceau de plastique sème des traces électroniques partout, et là rien vaut les espèces et les petites coupures …
De roccolechat
OS du tertiaire | 14H08 | 23/06/2009 |
C'est normal, j'imagine que vous devez être ravi de pouvoir acheter un peu d'essence à 23h30 dans une station service où l'accueil est fermé ou de pouvoir retirer des sous à une heure du matin n'importe où en France.
Le service a un coût, et 30 à 60 € par an pour bénéficier d'une liberté d'achat et de retrait n'est pas excessif.
De Sexus Empiricus
17H43 | 23/06/2009 |
Il y a bien évidemment « carte bancaire » et « carte bancaire », mais quels que soient les services qu'elles offrent, ces cartes ont au moins l'avantage d'être d'un format « de poche » (plus commode que le chèque) et d'une matière weatherproof : même une machine à laver le linge les acceptent.
En revanche, elles se cassent, pas tout à fait comme les gros billets certes (les morceaux ne valent rien), et même leur code secret. À ce titre, elles sont encore moins sûres que les espèces en papier ou en métal (où l'on ne perd finalement jamais que ce qu'on a). De cette incertitude-là, les assurances et le prix à payer.
C'est donc plus risqué qu'un chéquier, et d'autant plus qu'avec un carnet de chèques, un usurpateur ne va maintenant pas bien loin - et certainement pas au restaurant. (Combien de restaurateurs acceptent encore les chèques ? )
Quant aux autres commerçants, j'en connais qui préfèrent s'acquitter d'une commission pour le paiement par carte bancaire de leurs clients, que de prendre le risque d'accepter un chèque, même présenté avec une carte d'identité, - quand ce n'est pas deux (comme si on avait 36 cartes d'identité ! ). Le chèque est l'enfant maudit du commerce et des banques ; c'est un objet douteux.
Pour ma part, n'en déplaise aux uns ou aux autres, je l'utilise tant que je peux : je reste un adepte de la monnaie scripturaire et j'aime assez paraphé un bout de papier. Sauf que, au-delà des restrictions pratiqués par les gens du commerce (officieuses et au demeurant illégales, il me semble), le chèque ne fonctionne pas avec les automates des jours fériés ni avec les nouveaux comptoirs électroniques, ou très peu. Commander par chèque auprès d'une boutique allemande une marchandise qu'on ne trouve pas à Tréfouillis les oies, c'est un peu la quadrature du cercle. La solution est de s'en passer. Mais comme on ne s'en passe pas, on se rend (au sens quasi policier) chez le boutiquier du coin qui nous refourgue sa camelote qui ne vaut pas l'original. Et lorsqu'on s'aperçoit que l'ersatz coûte, par-dessus le marché, plus cher que l'outil qu'il nous fallait, on se dit : Ah ! si j'avais une carte bancaire… Et pas forcément pour consommer plus.
Une dernière remarque : les banquiers sont assez gonflés de nous faire payer le service (frais de tenue de compte, etc.) de l'argent. Car, après tout, à qui appartient l'argent sur un compte nominatif ? Et que font nos amis banquiers de l'argent qui se trouve déposé sur ce compte ? Ils n'en profitent pas déjà assez comme ça ? Non, voyez-vous, un des leurs vous expliquera sérieusement (pour justifier le loyer de la carte bancaire) : « effectivement la carte bleue et ses transactions ont un coût ». Tu parles, Charles ! Il n'y a pas de petits profits, voilà tout.