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Hadopi : les trois menaces qui plombent le plan Sarkozy
Par Laurent Mauriac | Rue89 | 19/07/2009 | 08H31

Nicolas Sarkozy aura tout fait pour que la loi réprimant le téléchargement illicite sur Internet soit bouclée avant la fin de l'été et qu'on n'y revienne pas en septembre. Pris de court par la censure sans équivoque du Conseil constitutionnel visant la loi désormais appelée « Hadopi 1 », l'Elysée a donné des instructions pour qu'un nouveau projet soit déposé au plus vite et adopté avant la fin de la session parlementaire.
Quelles sont les chances d'aboutir pendant l'été ? Faibles. Au moins trois obstacles risquent de faire encore traîner le dossier Hadopi.
La bataille des amendements
Le nouveau projet, appelé Hadopi 2, est désormais en cours d'examen par l'Assemblée nationale, après un vote au Sénat le 8 juillet. Plusieurs amendements ont été adoptés mercredi en commission des affaires culturelles, dont un qui lève la surveillance des e-mails, votée par le Sénat, mais qui risquait de faire tiquer le Conseil constitutionnel.
Rappelons que la nouvelle procédure proposée dans Hadopi 2 vise à sanctionner les internautes fautifs en recourant à l'ordonnance pénale, un dispositif créé pour les contraventions routières.
Les députés débattront d'Hadopi 2 en séance à partir du 21 juillet. Ils auront jusqu'au 24, date de fin de la session parlementaire, pour voter, sans quoi il faudra attendre la rentrée parlementaire pour la reprise des débats.
Un moyen de tenir le calendrier aurait pu être d'adopter la nouvelle procédure de temps programmé, utilisée pour le travail dominical. Mais la condition imposant au moins dix jours de battement entre le dépôt du projet de loi et son examen en commission n'est pas remplie.
Autre solution, tentée mercredi par Jean-François Copé, président du groupe UMP : appeler « solennellement » les députés de l'opposition à faire preuve « d'esprit de responsabilité » pour ne pas bloquer l'adoption du texte.
Réponse peu conciliante du député PS Patrick Bloche dans une interview au site Ecran.fr : « On va essayer de faire traîner, et retarder au maximum l'échéance », avec le dépôt d'une « centaine d'amendements ».
L'avis du Conseil constitutionnel
Patrick Bloche a également confirmé que le PS saisirait une nouvelle fois le Conseil constitutionnel.
Le député UMP Lionel Tardy, adversaire du projet qui tente en vain de convaincre son camp de ses travers, pense que certaines dispositions du texte ne passeront pas. Il l'explique dans une interview au Monde.fr :
« On n'a pas besoin d'aller jusqu'à une suspension [de l'abonnement Internet, ndlr] qui pose des gros problèmes techniques, qui va poser des problèmes à nouveau constitutionnels puisque (…) ça ne sera pas mis en place de façon uniforme. Donc le Conseil constitutionnel va dire “il n'y a pas égalité des abonnés donc nous, on retoque la mesure”. »
Le problème de l'égalité de traitement est en effet posé en raison de la difficulté de couper le seul abonnement Internet des contrevenants qui sont abonnés à des offres combinant Internet, téléphonie et télévision. Autre point de contestation possible : l'importance des amendes prévues (catégorie 5) au regard des infractions constatées.
Un autre recours sera déposé par le Parti socialiste auprès du Conseil d'Etat, portant notamment sur l'utilisation de l'ordonnance pénale.
Plus personne n'y croit au gouvernement
Lionel Tardy a rendu compte en direct sur son blog de l'examen d'Hadopi 2 en commission des affaires culturelles.
Sans langue de bois, il confirme ce qu'une autre source gouvernementale nous a indiqué, à savoir que plus personne au gouvernement ne croit à l'application d'Hadopi.
« Les ministres (…) sont d'ores et déjà dans l'après Hadopi, bien conscients que ce texte ne résoudra rien, si ce n'est d'alerter “les ménagères de moins de 60 ans” sur les risques du téléchargement. Les pirates professionnels contourneront la loi en cryptant leurs données, entre autres, en généralisant l'utilisation de VPN (réseaux privés virtuels, ndlr) ou en passant par des serveurs à l'étranger, au choix.
Et sur ce point, Frédéric Mitterrand souhaite organiser au plus vite un Hadopi 3, qui débattra enfin des ressources à destination des auteurs et de l'offre a destination des internautes (ce qui aurait dû être fait dès le début …). »
Patrick Bloche décrit ainsi pour Ecran.fr le comportement du nouveau ministre de la culture lors de la commission des affaires culturelles du 15 juillet.
« Frédéric Mitterrand était lunaire et exotique, totalement en dehors du sujet, avec des interventions à contre-temps qui nous ont complètement sciés. Il a sorti qu'il n'était pas assez téléchargé à son goût, et a passé son temps à dire que son fils n'arrêtait pas de pirater. »
On ne sait pas encore si ce comportement plus distancié que celui de Christine Albanel à qui il succède lui vaudra davantage de succès.
Photo : « Touche pas à mon net » (Shym0n/Flickr).
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De iso8859
09H27 | 19/07/2009 |
Depuis le début je dis qu'il y une solution technique simple et imparable (sauf pour les pirates pros qui trouverons toujours un contournement)
Le téléchargement illégal cela consomme beaucoup de bande passante et les fournisseurs Internet connaissent la bande passante que vous consommez (Orange l'affiche sur votre facture).
Si vous dépassez la bande passante « du bon père de famille » vous payez. Reste à définir cette valeur.
Exactement comme les forfaits mobiles, vous dépassez votre forfait, vous payez. L'argent c'est le nerf de la guerre.
Le surplus est ensuite reversé à la SACEM et autre organisme pour les droits d'auteurs.
Rémi
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 09H32 | 19/07/2009 |
mais pourquoi cet acharnement à faire voter cette loi
perso je ne télécharge pas, mais si j'en avais envie je peux tout de suite avoir la solution informatique pour echapper à la loi
alors ?
De Lictor
informaticien | 10H49 | 19/07/2009 |
C'est sympa de vouloir renvoyer la France à l'âge de pierre… Comme si nous n'avions pas assez de retard… Vous supposez qu'il n'y a que l'usage illégal pour consommer de la bande passante !
Beaucoup de TPE et PME passent par des abonnements classiques et non pro. Ces entreprises consomment de la bande passante à coup de VPN entre les différentes agences, de transferts de fichier, de prise de contrôle de bureau à distance.
Même chose pour les professions libérales. Par exemple, ma dentiste échange ses radios numérisées avec ses collègues. Même chose pour les architectes, graphistes, flasheurs… Là encore, on manipule de gros fichiers.
Il y a également le télétravail, sur lequel la France a déjà un retard énorme. Quand je télétravaille, je consomme en permanence de la bande passante.
Sans même parler des usages légaux : video on demand, achat de musique sur iTune, achat de films et séries en HD (à 1 Go ou plus le fichier, ça va vite ! ), la visioconférence, la télévision sur Internet (façon Joost)…
Inversement, le pirate qui se contente de télécharger l'intégralité de l'« oeuvre » de Johnny, il ne va au final télécharger qu'un petit Go - peanuts.
Comme le gouvernement, vous proposez un principe adapté à l'Internet des années 90…
De Tyrian
Informaticien | 17H12 | 19/07/2009 |
Lionel Tardy a protesté haut et fort, au point qu'il y ait eu un débat violent entre lui et Riestler, le rapporteur de cette loi débile. Lors du débat Riestler a été à la limite de l'insulte envers Tardy. Donc au moins celui-ci au seins de l'UMP est à respecter. Tardy n'a jamais caché qu'il était contre cette loi, depuis le début et de manière de plus en plus radicale au fur et à mesure du temps.