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Sur le Kindle, Amazon détruit des livres qu'il a vendus
Par Laurent Mauriac | Rue89 | 19/07/2009 | 17H22

Les possesseurs d'un Kindle, cet appareil commercialisé par Amazon permettant de télécharger et de lire des livres en version électronique, ont eu une mauvaise surprise vendredi s'ils étaient en train de lire « 1984 » ou « la Ferme des animaux » de George Orwell. Certaines versions de ces ouvrages ont purement et simplement disparu, effacées de leur Kindle, sans qu'ils sachent pourquoi.
Le fautif ? C'est Amazon qui a procédé à leur destruction à distance. Un porte-parole a justifié cette décision par le fait que Mobile Reference, l'entreprise qui vendait en ligne les ouvrages concernés sur le magasin Kindle, n'en détenait pas les droits et qu'il s'agissait par conséquent de copies illicites. Amazon a simultanément remboursé les clients des livres.
Ironie de l'histoire : dans « 1984 », l'un des romans victimes de l'opération, les censeurs gouvernementaux effaçaient toute trace d'écrits embarrassants pour Big Brother. Le New York Times n'hésite pas à faire le rapprochement avec la décision d'Amazon.
Cet épisode rappelle aux lecteurs de livres électroniques que leurs ouvrages sont réduits à l'état de fichiers informatiques. Avec le Kindle, ils peuvent être modifiés à distance voire détruits, de la même manière qu'ils sont achetés, c'est-à-dire en ligne. C'est le même type de procédure qui est utilisé pour l'actualisation automatique de logiciels par Internet. S'il s'était agi de livres imprimés, l'équivalent de la décision d'Amazon aurait été la disparition de certains ouvrages de la bibliothèque des lecteurs, ou de leur table de nuit.
L'opération a bien sûr provoqué la colère des clients qui s'interrogent sur l'effacement des œuvres d'Orwell et s'en prennent à Amazon dans les forums de discussion du site. C'est le cas de « Sunny Lady » qui explique :
« Ce qui me fait tiquer est que j'ai reçu un remboursement sans savoir pourquoi tandis que mon livre disparaissait. J'ai envoyé un e-mail à Amazon et ils m'ont répondu qu'il y avait un “problème” avec le livre, rien de plus précis. Je suis désolée, mais quand vous détruisez ma propriété privée -avec ou sans remboursement- sans ma permission, j'attends une meilleure explication. »
Justin Gawronski, un Américain de 17 ans, a perdu non seulement « 1984 » mais toutes les notes qu'il avait prises sur le livre. « Ils ne m'ont pas simplement repris le livre, mais ils ont volé mon travail », a-t-il déploré.
Amazon a fini par admettre que les destructions de livres à distance ne sont pas le meilleur moyen de régler ce type de situation et promet de revoir ses procédures à l'avenir.
Photo : un e-book Kindle, commercialisé par Amazon (Richard Masoner).
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De elLolo
18H16 | 19/07/2009 |
« Cet épisode rappelle aux lecteurs de livres électroniques que leurs ouvrages sont réduits à l'état de fichiers informatiques. Achetés en ligne, ils peuvent de la même manière être modifiés à distance voire détruits. »
Quel bel raccourci ! Tout fichier informatique n'est pas nécessairement effaçable à distance, pensez par exemple à des MP3. Pour supprimer des fichiers MP3, il me faudrait me connecter à la machine qui les héberge et effacer les fichiers manuellement : impossible de lancer une commande distante d'autodestruction. Les fichiers d'Amazon sont munis d'un mécanisme de gestion de droits d'auteurs (les fameux DRM) et c'est bien cela qui permet de limiter les copies, les lectures ou, au pire, d'effacer des fichiers distants.
De mougeon
18H31 | 19/07/2009 |
Pour ceux qui n'auraient pas fini de lire 1984, voici le site qui peut les aider à finir leur lecture :
http://www.ebooksgratuits.com/html/orwell_1984.html
De DBL8
Retraité | 18H49 | 19/07/2009 |
Le problème vient du fait que les KINDLE sont « toujours » connectés !
Il faudrait pourvoir (si ce n'est pas le cas) les déconnecter une fois téléchargé le livre voulu ET les enregistrer ailleurs.
De Tyrian
Informaticien | 00H01 | 20/07/2009 |
Ce qui est interdit ou très limité du fait des DRM. Mais il existe des e-reader pouvant lire des format classique tel que le PDF. Ainsi on peut récupérer les documents sans DRM.
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 07H46 | 20/07/2009 |
Depuis le depart, Amazon cible plus ses clients editeurs que ses clients finaux avec le Kindle, et cet episode en apporte une nouvelle preuve eclatante.
Si ce distributeur avait pense d'abord au consommateur, il aurait pondu une campagne de rappel de produits plus classique en en profitant pour se faire de la pub : http://mot-bile.blogspot.com/2009/07/kindles-total-recall.html
C'est une erreur grossiere parce que le message c'est avant tout : vous n'etes pas proprietaire de ce que vous achetez chez nous, et votre Kindle lui-meme nous appartient quelque part.
De Laurent Mauriac (auteur)
Rue89 | 07H50 | 20/07/2009 |
@elLolo
Quel bel raccourci ! Tout fichier informatique n'est pas nécessairement effaçable à distance, pensez par exemple à des MP3.
Vous avez raison, il y a un raccourci dans ma formulation. En effet, le Kindle est conçu de telle manière que le système peut continuer de gérer les contenus téléchargés. Il en va de même de beaucoup de plate-formes payantes ou des systèmes de mise à jour des logiciels.
L'idée qu'il me semblait utile de rappeler, même si elle peut paraître évidente, est qu'un tel type de contrôle est impossible avec des biens physiques. Quand on compare livre papier et livre électronique, on parle beaucoup du confort de lecture, de la capacité de stockage et moins souvent de cet aspect. Votre libraire ne contrôle pas le contenu de votre bibliothèque en bois, mais il peut contrôler celui de votre bibliothèque numérique.
Je modifie donc la phrase comme suit :
« Avec le Kindle, ils peuvent être modifiés à distance voire détruits, de la même manière qu'ils sont achetés, c'est-à-dire en ligne. »