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La justice a-t-elle passé l'éponge pour un proche de Sarkozy ?
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 26/07/2009 | 22H31
Mediapart révèle dimanche soir les troublantes suites d'un fait divers dont s'est mêlé le banquier italo-américain Robert F. Agostinelli, qui avait accueilli grâcieusement Nicolas Sarkozy dans sa villégiature de Wolfeboro en 2007. En 2006, le banquier aurait proféré des menaces, mais n'a pas été inquiété pour cela par la justice française, pourtant alertée.
Point de départ de la dispute, l'étudiant américain John Washington (un descendant du premier président des Etats-Unis) frappe avec une bouteille de vodka Colin Hall, un proche collaborateur du banquier, en juillet 2006 dans une boîte à la mode de Saint-Tropez. La victime de l'agression restera dans le coma pendant trois jours. Agression pour laquelle l'étudiant a écopé de quinze mois de prison ferme en mars 2009.
Mais, selon Mediapart, qui relève l'« extrême sévérité » de cette condamnation, des analyses ADN ont disculpé Washington, désigné comme étant l'agresseur par certains témoins et pas par d'autres. L'affaire et ses premières suites avaient déjà été racontées en 2007 par Bakchich.
« L'horloge fait “tic-tac”, elle fait “tic-tac” sur toi. »
Robert Agostinelli s'immisce dans cette histoire en proférant contre John Washington des menaces téléphoniques « dont certaines pourraient être assimilées à des menaces de mort », indique Mediapart. Le site publie des enregistrements du répondeur de Washington :
« Mon cher ami John, je veux que tu te souviennes de mon nom parce que tu vas t'en souvenir toute ta vie. C'est Robert Agostinelli. Et juste pour ton information, je ne lâche jamais, jamais. Comme le font les coureurs du Mississippi, sache que les chiens de chasse sont derrière toi, et ils sont très en colère, et ils sont infatigables, et ils vont transformer ta vie en une bouffée de fumée. Réfléchis à ce message parce que l'horloge fait “tic-tac”, elle fait “tic-tac” sur toi. »
Dès juillet 2006, l'avocat français de Washington avertit de ces menaces la juge de Draguignan (Var) qui traite le dossier. Par la suite, avant l'extradition du condamné vers la France (intervenue en 2007), le magistrat de liaison de l'ambassade de France aux Etats-Unis fait de même, à la demande des avocats américains de l'étudiant. Agostinelli sera entendu comme simple témoin par la juge de Draguignan en septembre 2007. Il prétend alors que l'enregistrement est un montage. L'affaire en reste là.
Mediapart n'apporte aucune preuve d'une intervention politique quelconque dans ce dossier. Mais nos confrères relèvent que l'ex-épouse de Robert Agostinelli, Mathilde, est une amie proche de l'ex-garde des Sceaux Rachida Dati, elle aussi présente à Wolfeboro, qui avait autorité sur le parquet pendant l'enquête. Elle a par ailleurs été témoin de mariage de l'actuel couple présidentiel, et Nicolas Sarkozy lui a rendu la politesse lors de son propre remariage, le 23 juin dernier.
Robert Agostinelli, lui, était un des invités de la fameuse soirée du Fouquet's, au soir de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007.
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De H0me_r
Penseur en activité.... | 22H47 | 26/07/2009 |
Baf ! Si on réfléchit un tant soit peu, on s'en doute.
De Arnaud Aubron
Rue89 | 22H52 | 26/07/2009 |
On peut s'en douter, mais ça va toujours mieux en le disant. Même si à ce stade, il n'y a aucune preuve d'intervention politique. Peut-être un excès de zèle. Et puis les menaces n'ont pas été suivies d'effet, la juge a peut-être tout simplement estimé qu'elle n'avait pas de temps à perdre avec ça. Disons que pour l'instant, c'est juste troubalnt.
De VoisinDuQuartier
oui, mais quelle civilisation ? | 23H21 | 26/07/2009 |
Cet article n'est pas très clair.
John Washington a été condamné où et par quel tribunal ?
Et en quoi 15 mois de prison sont « d'une extrême sévérité “ quand la victime de cette agression se retrouve pendant trois jours dans le coma ? ? ?
Quel est le lien entre ce jeune condamné, Robert F. Agostinelli, et son collaborateur agressé ?
Pourquoi cela se passe-t-il en France ?
Et en quoi des relations de famille ou d'amitié interviennent-elles dans tout cela, puisqu'il n'existe aucune piste (avérée et fondée ? ) en ce sens ?
Enfin, comment a-t-on obtenu ‘copie’ du message du répondeur de Robert F. Agostinelli ?
Si j'étais rédac-chef d'un canard, je n'aurais pas autorisé la publication de ce papier, car trop incomplet et sans sources (véri)fiables (du moins en l'état, ou alors il faut aller plus loin).
De Augustin Scalbert (auteur)
Rue89 | 23H26 | 26/07/2009 |
Cet article reprend l'enquête de Mediapart, qui répond à toutes les questions que vous posez. Si vous en avez encore d'autres, voyez ce papier de 2007 de Bakchich :
http://www.bakchich.info/L-ami-de-Sarkozy-joue-au-gendarme,01591.html
Mediapart fonctionnant sur abonnement, nous n'allions pas reprendre in extenso tout leur travail.
Comme eux, nous n'affirmons que ce qui est avéré. Pour le reste, nous posons des questions.