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Chez Orange, on ne résilie pas facilement l'expatrié
Par Sarah Masson | Etudiante en journalisme | 01/08/2009 | 17H47

Les démarches pour partir vivre temporairement à l'étranger restent ardues. Pour les clients d'Orange, par exemple, difficile de se débarasser de son forfait.
Nous tentons l'expérience d'abord en tant que client : si vous vous êtes réengagé depuis peu de temps, il est tout simplement « impossible de résilier votre abonnement ». Vous devez régler les factures jusqu'à la fin de l'engagement. Sauf si « vous partez pour au moins un an » et que vous avez « un justificatif de votre employeur ». Les étudiants, qui partent en général pour une année scolaire seulement (de septembre à juin), apprécieront.
Comme nous sommes bien renseignés, nous posons la question de la suspension de l'abonnement, pour pouvoir conserver son numéro :
« Si vous êtes titulaire d'un forfait non bloqué [tous sauf “Zap” et “M6”, qui sont parmi les forfaits les moins chers, ndlr], vous pouvez suspendre votre forfait pour un à trois mois en payant 4,50 euros par mois. Sinon, il est possible de suspendre l'usage de la ligne, mais vous continuerez à payer votre forfait. Nous ne pouvons malheureusement rien vous offrir de plus. »
« Nous n'enfermons pas les clients dans une forteresse ! »
Charlotte a elle aussi fait l'expérience du service client Orange. Elle a prévu de partir cinq mois aux Etats-Unis dans le cadre de ses études. Impossible de résilier le contrat « pour moins de neuf mois de séjour à l'étranger », lui dit-on. Trois mois de gagnés par rapport au coup de fil précédent.
Nous décidons de mettre tout cela au clair. A la même question, posée au service communication d'Orange, on proteste :
« Nous n'enfermons pas les clients dans une forteresse ! C'est normal de ne pas pouvoir résilier quand vous êtes soumis à une période minimum d'engagement. Mais il existe, et on ne le sait pas assez, des formules sans engagement. »
Traduction : les mobicartes, le système de cartes prépayées. Après consultation du service juridique, on nous affirme que la résiliation est en fait possible :
« Au cas par cas, dans la mesure où le client peut présenter un papier qui prouve qu'il part à l'étranger. Mais il n'y a pas de pièce établie dans le contrat, cela peut être un papier de l'université pour un étudiant ou quelque chose qui prouve que la personne a quitté son foyer. »
Exemples des pièces à présenter : un contrat de travail, un contrat Erasmus, une facture de déménagement pour l'étranger, un avis de mutation professionnelle…
Pas de cadre juridique précis, des règles fixées par chaque opérateur
L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), explique :
« Les opérateurs doivent fixer leurs conditions de résiliation dans leur conditions générales de vente (CGV) dont les clauses sont inscrites dans le code du droit de la consommation. Mais c'est aussi à l'appréciation de chacun. »
Résumons : il n'existe pas de cadre juridique précis, donc c'est à chaque opérateur d'établir ses propres règles. Dans l'ensemble, les conditions sont plus ou moins identiques (avec une système de suspension plus avantageux pour SFR).
Mais chez Orange, trouver une information précise se révèle compliqué. Orange dit craindre d'éventuels fraudeurs, c'est-à-dire des personnes qui renouvellent leur contrat pour obtenir un nouveau mobile et qui le résilient ensuite. Les conseillers clientèle sont souvent assez mal renseignés (ou font semblant de l'être).
En fait, la résiliation s'opère « à l'appréciation du conseiller », on leur demande même de surveiller les clients qui ont renouvelé leur abonnement depuis moins de six mois, par souci d'empêcher ces « fraudes ». Edouard Barreiro, chargé de mission nouvelles technologies à l'UFC-Que choisir, précise :
« Déménager à l'étranger (ou dans une zone de non-réception) est ce qu'on appelle un “cas de force majeure”. Si vous ne dites pas, par vous-mêmes et par lettre recommandée, que vous souhaitez une résiliation dans ce cadre, les conseillers vous proposeront une formule payante. »
Photo : aux Pays-Bas (Pixel Addict/Flickr).
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De zealou
étudiant | 19H24 | 01/08/2009 |
C'est un truc bien connu de toutes les entreprises, le client est toujours roi, mais c'est un roi qui a besoin d'être bien entouré. On a les banques où il faut, pour y rentrer, dire quatre mots « j'ouvre un compte », et pour sortir il faut une lettre recommandée, de nombreux appels, une ponction sur le compte, des relances etc. Mais il y en a d'autres. C'est une des joies de la concurrence à la française, les entreprises conservent leur lourdeur administrative, lourdeur réappropriée pour servir l'entreprise au détriment du client.
Prenons le cas d'un opérateur de téléphonie bien connu, Bouygues Telecom et sa filiale Universal Mobile. J'y avais, jusqu'en septembre 2008, un forfait, le plus petit possible. J'ai décidé il y a un an d'en changer pour passer à une carte prépayée, sans engagement et moins chère. Pas de problème, je vais en boutique. « Ah non, pour ça faut appeler le service client ». OK, pas de problème, j'appelle le service client. « On vous envoie un coupon pour passer du forfait à la carte ». Cool, me dis-je, enfin un service efficace, j'en oubliais presque la somme de 15 euros à payer pour, de fait, changer d'offre (somme qui n'est payée que si on passe à la carte, pas si on « améliore » son forfait). J'attends. 3 semaines. Comme je n'ai pas que ça à faire (c'est le postulat de base de la bureaucratie au service de l'entreprise), j'ai laissé traîné. Je rappelle le service client, qui confirme l'envoi du « coupon » (à l'heure et à la minute près), accuse la Poste (car l'adresse est bonne, la publicité Bouygues arrive) et me promet d'en renvoyer un fissa. Trois jours plus tard, je rappelle, « ah mais il faut attendre au moins cinq jours de délai légal, mais si vous voulez je vous rappelle plus tard ». Je menace de simplement résilier, m'enquiers de la procédure à suivre. Puis j'attends la fin des deux jours… Et de deux autres jours. J'appelle le matin, un peu remonté.
« Le coupon “existe”, je vous assure, je peux vous en renvoyer un… Ou bien je peux faire le changement maintenant ». Un peu interloqué « Ah bon ? Et je changerai d'offres ? ».
« Oui oui, vous voulez faire ça ? »
« Bah… Oui ? »
« Très bien, alors je coche : Changement d'offre avec accord du client, ça va être effectif de suite, blablabla »
« Et le reste du forfait ? »
« Oh il est transféré automatiquement »
« Ok…Merci… »
Je reste un peu dubitatif, il n'est plus question d'échange de courrier, plus question de 15 euros, mais simplement question d'une petite case à cocher. Je me précipite sur l'Internet, me connecte sur le compte et constate que le changement a bien été effectué. Ces pratiques légales mais décourageantes ont pour base l'inertie du consommateur : la concurrence, loin de faciliter les changements et la vie de ce dernier la complique sans cesse en obligeant le consommateur à se transformer, pour le coup, en acteur, pour des produits présentés comme facilement accessibles. Le meilleur moyen reste bien sûr de s'en tenir éloigné, et d'éviter ainsi bien des tracas…