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0,3% de croissance, « un accident statistique favorable »
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 13/08/2009 | 11H27
Alors que l'Insee vient d'annoncer une croissance du PIB (+0,3%) au deuxième trimestre (après quatre trimestres de baisse), Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation de l'OFCE, ne voit pas dans ce chiffre de quoi susciter un « grand élan d'optimisme ».
La ministre de l'Economie Christine Lagarde s'est dite « surprise ». Comment expliquez-vous que ce chiffre soit meilleur qu'attendu ?
On a eu une très forte chute de l'activité aux dernier trimestre de 2008 et premier de 2009. Dans cette situation de crise mondiale, on s'attendait donc à un chiffre légèrement négatif, de l'ordre de -0,4%, puis que l'activité reprenne lentement. Là, nous avons un chiffre un peu accidentel, le PIB remonte très brutalement. Il est très difficile de prévoir ce genre d'à-coup.
Il y avait une telle ambiance de déprime fin 2008 que les industriels ont réagi trop violemment. Ils ont très fortement réduit leur production, avant de s'apercevoir qu'ils en avaient sans doute un peu trop fait. Au premier trimestre, ils ont donc un peu réajusté le tir, ce dont on voit les effets dans le chiffre publié ce matin.
C'est particulièrement patant dans l'automobile, où la production est passée de -30% à -10% puis à +6% sur les trois derniers trimestres.
S'il n'y avait pas eu cette réaction excessive, on aurait dû avoir, sur les deux derniers trimestres, des chiffres de l'ordre de -0,6%, puis 0%.
Est-ce que les mesures gouvernementales (plan de relance, prime à la casse) ont eu un effet ?
Oui, elles ont bien sûr un effet : l'automobile se porte mieux, la consommation s'est un peu moins effondrée malgré un marché du travail très déprimé et l'augmentation du chômage. On peut penser que cela vient des mesures de soutien aux ménages les plus pauvres. En revanche, avec le plan de relance, on aurait pu s'attendre à un chiffre d'investissement public supérieur. Ce sera peut-être pour le troisième trimestre.
Pensez-vous que cette reprise va se poursuivre ?
Si vous regardez l'ensemble des indices, vous voyez par exemple que l'investissement des entreprises continue de reculer. Les entreprises ne sont pas convaincues que la reprise est vigoureuse. De plus, par définition, un plan de relance est conjoncturel. Pour l'instant, en rythme de croissance annuelle du PIB, nous sommes tout de même à -2,4%.
Pour moi, ce chiffre trimestriel est un accident statistique favorable. Le troisième trimestre sera relativement décevant, probablement autour de 0%. Même si c'est moins grave que ce que l'on attendait, même si on a arrêté de chuter, on ne voit pas encore de grand élan d'optimisme.
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De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 11H42 | 13/08/2009 |
Où l'on voit que les rémunérations des grands patrons sont justifiées par leur haute compétence et leur capacité à diriger leurs entreprises :
Un grand coup de frein en 2008 car on a vu une crise au bord de la route, une embardée légère avec perte de quelques milliards de la cargaison d'euros, ensuite on s'aperçoit qu'on a trop ralenti et on réenfonce le champignon comme un débutant, et boum ! ! ! ! !
L'accident statistique……
Vous voulez que je vous dise : c'est tout à fait la manière de conduire de ma femme, elle aussi a de l'expérience, mais personne ne voudrait la payer 1 000 000 d'euros par an pour conduire un 30 tonnes.
De spleenlancien 78672
manant, de passage sous le soleil. | 11H42 | 13/08/2009 |
Vous êtes sur le registre de l'analyse et de la raison, nos gouvernants sont sur celui de la communication et de l'émotionnel.
M'est avis qu'ils n'ont pas fini de nous surjouer le truc avec les complicités habituelles.
De Alexander Doria
étudiant | 11H51 | 13/08/2009 |
Bon je pense que tout-le-monde aura compris que l'économie n'est pas une science, mais de la pure poésie. Rien de rationnel là-dedans : juste une charmante démarche surréaliste, où crise rime avec reprise, croissance négative avec récession positive et profiteurs avec chômeurs.
Le problème c'est que, autant la poésie demeure inoffensive, autant l'économie touche directement nos conditions de vie : les mots se traduisent concrètement par des chiffres, et les chiffres par des coûts. Aussi je crains fort que nous ne payions longtemps cette plaisante comédie à la Cocteau qu'ont voulu gracieusement s'offrir nos dirigeants désœuvrés.
De Chimulus
Dessinateur de presse | 13H35 | 13/08/2009 |