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CGT : Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base » ?
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 17/08/2009 | 19H16

En pleine torpeur estivale, le délégué CGT des « Conti » de Clairoix, Xavier Mathieu, a violemment attaqué le patron de son syndicat, Bernard Thibault, ce lundi matin sur France Info :
« Les Thibault et compagnie, c'est juste bon qu'à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu'à ça, toute cette racaille. »
Visiblement, l'emblématique leader de la lutte contre le plan social chez le fabricant de pneus de Clairoix, près de Compiègne (Oise), avait décidé de vider son sac :
« Ça fait quatre mois que je ronge mon frein, que je dis rien parce que je suis obligé, par rapport à mon conflit, par rapport aux ouvriers, par rapport aux collègues. Thibault, on l'a jamais vu, on n'a jamais eu un appel. […] Trouvez-moi un interview écrit, ou verbal, où il cite le mot “Continental” ? Ja-mais ! » (Ecouter le son)
Bernard Thibault est actuellement en vacances, et Xavier Mathieu n'a pas retourné nos messages téléphoniques. La CGT « ne réagira pas » à cette interview, dit un porte-parole. Quand on lui demande si le syndicat réagirait en cas de déclaration erronée de la part de Mathieu (sur les interviews données par Thibault), la CGT fait la même réponse : « Pas de commentaire ».
La direction de la CGT a tout de même répondu à France Info, disant que c'était à l'union locale et à la fédération de la chimie de se mobiliser, et pas au secrétaire général. La radio souligne que son homologue de la CFDT, François Chérèque, s'était déplacé à Clairoix. Comme par ailleurs certains responsables politiques.
L'« ingérence » du NPA dans les affaires du syndicat
Ces déclarations de Xavier Mathieu s'inscrivent dans un contexte de changement pour la CGT. Depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, le syndicat dirigé par Bernard Thibault est souvent qualifié de « réformiste » : fin 2007, le secrétaire général avait ainsi surpris sa base, et particulièrement la CGT-Cheminots dont il est lui-même issu, en acceptant de négocier avec le gouvernement sur la réforme des régimes spéciaux.
Autre reproche fait à Bernard Thibault, l'évacuation, en juin (à coup de gaz lacrymogène), des sans-papiers qui squattaient la Bourse du Travail, à Paris, par des gros bras du syndicat.
La semaine dernière, la CGT a refusé de participer à l'université d'été du Nouveau parti anticapitaliste. Le syndicat a refusé l'invitation d'Olivier Besancenot, taxant à mots couverts le parti d'ingérence. Un des patrons de la CGT, Alain Guinot, avait reproché au NPA de « prétendre donner des leçons aux responsables syndicaux ».
Coïncidence, sans doute : les « Conti » de Clairoix, boudés par Thibault, ont été soutenus par Lutte Ouvrière et le NPA lors de leur procès pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne…
En décembre, Bernard Thibault remet en jeu son mandat
La base de la CGT serait-elle en train d'échapper à sa direction ? Difficile à dire, hormis les déclarations de Mathieu. Une source haut placée dans la direction du syndicat déclare que ces différents changements mettent à mal Bernard Thibault, qui remet en jeu son mandat de secrétaire général (il l'est depuis 1999) devant le « comité confédéral national » de la CGT, lors du congrès triennal de décembre.
Mais le porte-parole de la centrale donne une information qui tendrait à montrer le contraire : dernièrement, le même comité confédéral a proposé, à « l'unanimité moins trois abstentions » (sur environ 130 votants), la candidature de Thibault à sa propre succession.
Photo : Nicolas Sarkozy, Bernard Thibault et François Fillon à l'Elysée le 29 mai 2007 (Philippe Wojazer/Reuters)
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H50 | 17/08/2009 |
De antilles
20H03 | 17/08/2009 |
de toute façon tout est déjà ficelé.(pour sa réélection) et je suis tout a fait d'accord avec xavier mathieu et ses collègues, étant moi même a la cgt on sent bien que nous sommes loin de mrs séguy, krasuky et je pense éffectivement que besancenot est plus prés des ouvriers que ne peu l'être thibault. néanmoins ils reste encore de bons militants a la cgt qui eux sont au combat et non pas a cirer les pompes a sarko 1er
De caro
délinquante avérée | 20H08 | 17/08/2009 |
La tête pensante ( ? ) de la CGT négocie avec le gouv et avec le MEDEF sur le dos de la base. La base veut bouger, la base demande même maintenant une grève générale et pas des grèves catégorielles. Elle veut une autre société, pas un aménagement capitalistique, elle veut plus de solidarité.
Bon courage aux CGTistes qui voudraient bouger l'inamovible tête !
De padiran
Chroniqueur mondain | 21H21 | 17/08/2009 |
Sur France Info ce matin, j'ai été touché par la gueulante de Xavier Mathieu à propos de Thibault. Si effectivement les « conti » ont été seuls a défendre leur avenir, sans soutien de la part des secrétaires nationaux, il y a un os dans le paté.
Je précise que je suis syndiqué, pas à la CGT, mais que j'ai déja vécu ce type de situation, c'est très difficilement soutenable et dans ce cas là, les cartes volent.
De JP_JP
21H29 | 17/08/2009 |
Il est clair que la direction de la CGT est totalement coupée des réalités de ses militants et des « gens » en général.
Il faut voir le nombre de mails, fax, courriers envoyés par les militants qui ne comprennent pas ce comportement digne de la cfdt.
Mais thibault se complait dans son role. il a obtenu son statut social, c'est un homme connu, pas riche mais à l'aise… il est content et s'en satisfait.
Cette collaboration cgt/gouvernement est écoeurante et je finirai par rendre ma carte pour aller vers SUD.
De Liger
liger.amsud.net | 21H31 | 17/08/2009 |
C'est d'autant plus dégueulasse que des dossiers comme Conti doivent être traités par des spécialistes de la finance, qui démontent pièce par pièce l'opération d'investissement à court terme que représente un licenciement économique. Les données une fois extraites sont tellement scandaleuses qu'il est possible de faire payer aux licenciés leur salaire jusqu'à la retraite.
Or, pour avoir l'aide de cadors de l'analyse financière, il faut l'appui des syndicats. C'est (entre autres) à ça qu'ils servent.
De héliotrope
21H50 | 17/08/2009 |
J'écrivais le 18 juillet dernier ceci :
j'espère juste qu'un jour un syndicaliste aura le courage et l'honnêteté d'écrire ce que sont les syndicats en France. Leurs responsables qui cantinent dans des trois étoiles, arrivés en limousine avec chauffeur à qui ils ne paient même pas les heures supplémentaires. Voyages et séminaires sous les tropiques.
Bref, les syndicats sont de vulgaires lobbyistes corporatistes dont les retraites sont largement assurées et pérennisées au grand dam du modeste salariat de masse.
il y a longtemps que les syndicats (et syndicalistes) ont trouvé comment gagner toujours plus et comment travailler de moins en moins.
Je ne connais pas de syndicaliste retraité dans la misère. Tous ceux-là ont bien géré carrière et retraite.
D'abord ma gueule et surtout ma gueule.
Je côtoie depuis longtemps des fonctionnaires. Si des ouvriers de ces usines en sursis d'exploser, entendaient leurs motivations, je crois qu'on aurait une vrai guerre civile. J'ai vraiment honte de ce que les fonctionnaires, syndiqués et syndicalistes compris, sont capables de dire et de faire.
Les syndicats en France ne sont que des groupes d'intérêts particuliers propres de surcroîts à des entreprises spécifiques telles EDF, GDF, la Poste, la SNCF, etc… Ou bien encore les fonctionnaires en général.
Par contre, tous ceux qui sont sur le devant de la scène à se battre pour défendre leurs emplois dans leurs usines, ceux-là sont seuls. Aucun syndicats, encore moins de partis politiques (encore moins de gauche) ne sont sur le terrain pour se battre, becs et ongles sortis, aux côtés des insurgés de l'économie de crise.
Eux autres, sont devant les caméras de journalistes et de médias complaisant, loin des fatras d'un modèle économique vacillant, proches, très proches souvent, des salons dorés de la République et dans les garden party du pouvoir.
Ce ne sont pas les syndicats qui feront la révolution.
Ce ne sont pas les syndicats qui ont fait mai 68.
Ce ne sont pas les syndicats qui font du syndicalisme.
Ce ne sont pas les syndicats qui font avancer le pays.
Tiens, je propose aux syndicats français d'aller vendre leur salades en Chine, terre de promesses syndicales en devenir, s'il en était…
De Serge77
Informaticien | 22H10 | 17/08/2009 |
Ton billet aurait pu être bien si tu ne t'en serais pas pris autant sur les « fonctionnaires » d'ailleurs dans les entreprises que tu cites tous ne sont pas fonctionnaires et le peu qui reste ne va pas durer si l'on ne fait rien, il ne faut pas confondre fonctionnaire et service public ! ! ! ! ! maintenant au niveau du privé, il faudrait que s'il y a un mouvement de masse qui démarre par les « fonctionnaires et services public » que tout le monde suive, je sais que ce n'est pas facile mais étant donné que les syndicats ne bougent plus il faut bien nous défendre et cela nous pouvons le faire tous ensemble ! ! ! « tous ensemble » qui isait mickey lors des elections volées, et bien faisons nous un « tous ensemble » pour arrêter ce désastre et que chacun retrouve un peu de dignité ! ! ! !