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Banquiers, attention, ou je vous invite encore à prendre le thé !
Par Pascal Riché | Rue89 | 25/08/2009 | 12H35
Vis-à-vis des banques, la politique de Nicolas Sarkozy tient en deux mots : donner et tonner. Donner « pour leur survie », tonner pour la galerie. D'une main, il déverse des milliards dans leurs comptes fragilisés par les errements du système financier ; de l'autre, il convoque leurs dirigeants depuis ses sommets élyséens. Ce mardi après-midi, on en est à la septième convocation-gesticulation.
Quand on tonne trop souvent, on cesse d'impressionner. Surtout quand aucun résultat ne suit vraiment. Lors du G20 de Londres, en avril, Nicolas Sarkozy parlait de nouveau « Bretton Woods » : il s'agissait alors de changer le monde, en interdisant les paradis fiscaux, en plafonnant les bonus, en réglementant mieux les banques…
Sarkozy se voulait en pointe sur toute ces questions. « Visiblement, ce qu'on a dit, certains ont du mal à le comprendre », déclarait-il déjà en mars. Visiblement, ça continue.
Qu'est devenu le « pacte moral » passé avec les banques ?
La vision de ces puissants banquiers faisant semblant d'écouter un président faisant semblant de les admonester donne une idée de l'efficacité des directions prises. Les banques, nous dit-on, ont passé un « pacte moral » ; l'idée était de créer un « climat de confiance »…
Concrètement, qu'ont avancé les dirigeants des grandes banques en échange des milliards qui leur ont été octroyés ? Un programme goinfre-bonus pour les dirigeants de la BNP, des portes fermées pour les clients-emprunteurs du Crédit mutuel (ou d'autres), sans même parler de la poursuite joyeuse des activités ombrageuses dans les paradis fiscaux ?
Que fallait-il faire pour être « entendu » ? Le mot en N n'a jamais été prononcé, celui de nationalisation. Nationaliser une banque qui a été couverte d'argent, n'aurait pourtant rien eu d'absurde. Contrôler, même provisoirement, plusieurs grandes banques (qui ont, rappelons-le, une fonction publique, la création monétaire) permettrait peut-être plus facilement d'imposer des stratégies coopératives pour encourager la reprise. En tout cas, le sujet méritait débat.
Dans les pays anglo-saxons, on nationalise sans état d'âme
Jusque là, seuls le PCF, le NPA et le Parti de gauche osaient parler ouvertement nationalisation. Le mot est soupesé au PS (lundi encore par Arnaud Montebourg, sur France Inter), mais plutôt discrètement. De Gaulle n'avait pas eu ces pudeurs lorsqu'il avait décidé de nationaliser le Crédit Lyonnais, la Société générale, et quelques autres grandes banques.
Et aujourd'hui, même dans les pays anglo-saxons, prendre le contrôle d'une banque semble bien moins effrayer les esprits qu'en France : Fannie Mae et Freddie Mac aux Etats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne, en savent quelque chose.

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De AK47
Deviant | 13H53 | 25/08/2009 |
Je n'ai toujours pas compris pourquoi l'état a prêté notre argent aux banques pour combler leurs déficits.
Il était plus honnête de prêter aux particuliers en difficulté par l'intermédiaire d'un établissement financier gouvernemental, et de laisser les banques, industries, et autres exploiteurs « sans âme » devant leurs responsabilités.
Apres tout c'est bien la loi du marché ! T'es mauvais donc tu bois la tasse. Je ne vois pas ce qui choque, certes ensuite il faut en tirer les conséquences, gens dans les rues, l'insurrection etc. …
Mais l'état combat cette logique toute naturelle plutôt saine et morale, simplement parce qu'il a tout a perdre !
Ben oui mais c'est a travers les crises, les récessions, les dépressions que les sociétés et les civilisations vivent, meurent et sont remplacés par de nouveaux modèles.
C'est le sens de l'histoire,
De Iv
Roboticien utopiste | 14H22 | 25/08/2009 |
L'argument principal contre la nationalisation est que l'on se prive du levier de la concurrence permettant d'abaisser les prix et d'améliorer les services. Or, force est de constater en France que la concurrence bancaire est en panne, les innovations rares et les prix constants.
Soit on fait du vrai capitalisme en encourageant la concurrence entre les établissements bancaires, soit on nationalise et on assure via l'état le fonctionnement de la création de monnaie.
Le problème du gouvernement actuel est qu'il refuse catégoriquement toutes les solutions qu'on étiquette assez hativement de « socialistes » tout en ne sachant pas comment on joue au capitalisme…
De du_rhum_des_femmes
(pascontent) | 14H26 | 25/08/2009 |
Oué j'aime bien cet article.
Je suis évidemment pour les nationalisations, question que ces banquiers reviennent sur terre.
Mais une nationalisation « sanction » ne servirait pas à grand chose, elle me réjouirait, ferait un peu peur à certains actionnaires, mais c'est à peu près tout. Un jour on privatiserait et on repartirait comme avant !
La vraie idée serait la nationalisation accompagnée de la création d'un pôle bancaire public façon service public avec une double vocation :
- activités de détail (je crois qu'on dit comme ça) vis à vis des particuliers. Des coûts de gestion faibles, sans « forcing » commercial pour nous faire prendre des placements minables, …
- activités de financement de l'économie. Les entreprises, plutôt que de se tourner vers les marchés (et les actionnaires cupides) auraient là un partenaire financier solide (en fin de compte l'état), qui ne réclamerait pas des taux de rentabilité faramineux, ne serait pas versatile, mais les épaulerait réellement dans leur développement.
Et bien évidemment ce pôle bancaire public s'abstiendrait de spéculer.
Mes connaissances en économie sont loin maintenant et ce n'est pas mon sujet de réflexion favori, mais il me semble qu'à une époque, avant l'ère de la financiarisation, les banques avaient ce rôle de financement de l'économie.
De FilMail
15H36 | 25/08/2009 |
Ils doivent s'en payer une bonne tranche les banquiers et ils ne doivent pas trop trembler avant le rendez-vous prévu avec not'Président au château tout à l'heure….
Bien sûr tous nos politiques y vont de leur petites phrases sur les bonus, se poussent du col ou montent sur leurs petits ergots…mais peau de balle, tout ça c'est de l'agitation et de la communication.
Pourquoi ? Je vais vous le dire m'dame Chabot !
Premièrement : La mondialisation ma bonne dame, la mondialisation ! Qui peut croire qu'un gouvernement peut imposer des règles tout seul dans son coin ? cela n'existe pas…Tous les groupes financiers sont internationaux. Seule une action concertée du G20 pourrait éventuellement réglementer. On a vu ce que cela donne. Même Obama ne veut pas se mettre Wall Street à dos.
Secundo : La concurrence ma bonne dame, la concurrence ! Le sport international entre les grands groupes financiers et de se piquer les meilleurs traders, à coût de bonus mirifiques…Légifère un peu durement et tu vois ce que cela donnerait si les banques françaises perdaient leurs meilleurs trader ! Adieux l'effet de levier (pensée à Alex) ! Car, sauf quand nos as de la finance socialisent leurs pertes, quand un trader à un bonus de 1, il a fait gagner 10 ou 20 à sa banque…donc des profits et des impôts… et ça les politiques le savent bien. Sans compter qu'un état qui a des banques solides, c'est mieux que le contraire.
Tertio : L'auto régulation ma bonne dame, l'auto régulation ! Les politiques ont accepté de laisser les banquiers s'auto-réguler. Ils ont aussi laisser les conseils d'administration être tous puissants sur les décisions salariales et ne donner aux assemblées d'actionnaires que le pouvoir de choisir dans quelle couleur on va repeindre le self…
Plus toutes les autres raisons que je ne connais pas.
Dans ces conditions on voit mal comment les banquiers trembleraient sur leurs rotules. Bon pour sauver la face du président on trouvera bien un petit quelque chose à annoncer.
Messieurs, bon goûter ce jour à 16h00 au palais.
De sinclair
16H41 | 25/08/2009 |
Mais non vous allez voir des ce soir des decisions radicales vont etre prises de refondation du capitalisme de responsabilisation et de reglementation des banques et de leur profits.
Le marché boursier va etre controle et le sspeculkation ainsi que les praitques douteuse durement sanctionnes.
J'entend déjà les journalistes médiatique dés ce soir s'extasier devant les banquiers punis et piteux on a enfin découvert et sanctionné les coupables de la crise. Tout va changer.
Meme les succursales en grand nombre des caimans Luxembourg et autres seront fermées, car inutile depuis la disparition des paradis fiscaux.
La nouvelle est grande Dieu veau d'or est mort et ses paradis aussi.
De mick69
18H34 | 25/08/2009 |
Ce serait intéressant si cette méthode de gouvernement était appliquée pas seulement pour les plus riches
(AFP) : « le gouvernement a fait les gros yeux en demandant à la CGT et à Sud d'accepter le principe du travail dominical. Devant le refus des syndicats, le gouvernement a promis de renouveler fermement sa demande au plus vite »
De AntoineL
salarié | 22H50 | 25/08/2009 |
Article gentillé voir un brin naif (faussement ? ).
Non il n'est pas vrai que la nationalisation est le remède miracle aux déviations du système bancaire (rappelons nous de l'ardoise laissée aux contribulables par le Crédit Lyonnais).