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Comment Charal tente de bloquer des vidéos sur ses abattoirs
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 15/09/2009 | 17H57
Attaqué pour « cruauté envers les animaux », Charal menace les diffuseurs, sans poursuivre. Pour se faire oublier ?

L'association L214 ne pensait pas faire autant de buzz en portant plainte, vidéos à l'appui, contre Charal, pour « cruauté envers les animaux ». De son côté, le « spécialiste français des produits élaborés à base de viande de boeuf » pourrait porter plainte pour captation frauduleuse d'images dans un abattoir mais il s'est retenu de faire pour l'instant.
On se souvient que l'association avait déjà introduit ses caméras clandestines dans un élevage breton afin de démontrer le mauvais traitement fait aux poules pondeuses. Là, le ton est monté d'un cran lorsque le n°1 Français de la viande a tenté de bloquer la diffusion virale de la vidéo.
Tenu pour co-respondable des contenus des sites qu'elle héberge au nom de la loi pour la confiance dans l'économie numérique, la société Gandi a été mise en demeure de bloquer la vidéo sur le site de L214. Idem pour les sites qui l'ont reproduite, saisis par l'avocat de Charal.
Certains ont obtempéré d'office, d'autres ont tenu au nom de la liberté d'expression. Charlie Hebdo a même diffusé la lettre de l'avocat de Charal. Le site de partage de vidéos Youtube a pour sa part réservé son accès aux plus de 18 ans. Finalement, un contre-courrier de l'avocate de L214 a rassuré les diffuseurs, permettant que ces vidéos restent en ligne jusqu'à ce que la justice tranche sur le fond. (voir la vidéo)
Etrangement, quinze jours après la diffusion des vidéos, L214 attend toujours d'être assigné en référé pour diffamation par l'entreprise. Caroline Lanty, l'avocate de L214, s'explique ainsi ce rétropédalage de Charal :
« Sans doute parce que le service consommateur a été assailli d'appels de clients inquiets, Charal préfère qu'on ne parle plus d'eux et que l'affaire s'étouffe d'elle-même. »
D'ailleurs, Charal n'a pas souhaité répondre à nos questions.
Notoriété utilisée pour prôner le végétarisme
Du coup, la ligne d'attaque de Charal a été de tenter de jeter le discrédit sur l'association, en soulignant que :
« L'image et la notoriété de Charal sont utilisées par L214 pour choquer en vue de mener un combat dont l'objectif déclaré est de prôner l'abolition de la consommation de viande en France. »
S'il est vrai que c'est bien le but affiché de l'association, ce qui gêne surtout la victime ce sont ses méthodes. Selon une technique désormais rituelle, L214 a infiltré des militants à l'intérieur de la chaîne alimentaire, ici dans l'abattoir lui-même, pour montrer, preuves à l'appui, ce qui s'y passe.
Charal a aussi insisté sur le caractère « bouleversant » des images pour en déconseiller le visionnage. Mais juridiquement, rien, ni leur agitation lorsqu'ils sont suspendus par une patte, ni le sang qui dégouline de la gorge du bovin, ne rend ces images immontrables.
« Droit au militantisme »
Le seul point sur lequel Charal pourrait obtenir réparation, c'est la captation, effectivement irrégulière, d'images dans un lieu privé. L214 justifie ainsi ses méthodes :
« On s'est vu refuser l'accès aux abattoirs à chaque fois qu'on l'a demandé, on espère que le juge, comme il le fait de plus en plus souvent dans ce genre d'affaires, reconnaitra notre “droit au militantisme” et le “droit à l'information” des associations, qui nous permet de ne pas être sanctionné pour la captation illicite. »
Car une fois cette menace de poursuite écartée, ces images devront aider la plainte au pénal de L214 à aboutir. On vous laissera juger sur les deux vidéos, dans le cas de l'abattage rituel et dans celui de l'abattage standard (vidéo ci-dessus) s'il y a souffrance animale ou pas.
« La saignée doit commencer le plus tôt possible après l'étourdissement et en tout état de cause avant que l'animal ne reprenne conscience. »
De son coté, Charal fait valoir la bonne note obtenue après passage des services vétérinaires en 2008 et assure que « les animaux suspendus sont en phase de mort cérébrale, inconscients, et ne souffrent pas ».
La justice tranchera ce que les services vétérinaires n'ont pas nécessairement pu inspecter lors de leurs visites. Des services vétérinaires « qui manquent de rigueur », selon l'avocate de l'association car « les infractions sont très fréquentes et peu sanctionnées ».
Pour rappel, quand Charal fait sa pub de son coté, ça donne ça. (voir la vidéo)
De bon goût, non ?
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De Xavier Denamur
Restaurateur | 19H22 | 15/09/2009 |
Documentaire ou fiction, tous les moyens sont bons pour faire prendre conscience au plus grand nombre des dérives de notre société de consommation à outrance.
La manière dont une une société traite ses animaux avant qu'ils n'atterrissent dans nos assiettes en dit long sur la considération qu'elle porte à ses citoyens.
La transparence sur toute la chaîne alimentaire est un absolue nécessité dont les grands groupes se passeraient bien. Ne lâchons pas le morceau.
De yuzbec
Etudiant | 19H35 | 15/09/2009 |
Merci pour cet article…
J'espère que la justice reconnaîtra que cette vidéo est « d'utilité publique ».
Toute la population, en tant que consommateur, et donc client potentiel, doit être mise au courant de cette situation.
En effet, lorsque l'on achète un produit « charal », on « subventionne » cette manière de faire.
Le client a un pouvoir énorme aurprès de l'entreprise, il s'agit de son pouvoir d'achat (bien qu'il ne soit pas énorme en ce moment ^^)
Ce pouvoir, il doit l'utiliser à bon escient. Ces vidéos permettent de dénoncer ce que l'entreprise ne dit pas, et donc permettent à l'éventuel client de savoir où va son argent.
Donc cette vidéo doit être diffusée le plus possible, et j'ose espérer qu'un « boycott » se mettra naturellement en place, afin que Charal respecte un peu plus la vie animale.
Mais je ne suis pas dupe, je ne pense pas que la situation soit très différente dans les autres abattoirs…
De ker
20H32 | 15/09/2009 |
Je suis ecolo dure (pas de voiture, petite surface, peu de voyage, achetant local et cultivant ou ramassant tout ce que je peux). Mais je n'ai jamais rien compris au veganisme (rien a voir avec les vegetariens). Ce sont les negationistes de l'ecologies. Non ne pas conssommer du tout de produit animal n'est pas naturel. Non l'agriculture n'est pas naturel. Oui l'elevage sur prairie respecte plus les equilibres naturelles que l'agriculture et est plus durable, appauvrit moins les terres.
Oui il faut limiter l'elevage a son utilisation de surface non agricole. Non il ne faut surtout pas le supprimer.
Les terres qui doivent etre integralement rendu a l'elevage naturel (ie sans apport de cereales et de farines) sont les terres nordiques, les terres semi desertiques et les terres de montagne. Cela fait beaucoup. Quand aux espaces forestier, etant donne la quasi disparition des predateurs du fait de l'homme, il faut bien jouer artificiellement leur role faute de les reintroduire en masse. Et la viande ainsi collecte ne doit evidemment pas etre jetée…
Dans la nature, il y'a la mort. Celui qui voudra la supprimer artificiellement creera necessairement plus de degats ailleurs.
De Benjamain
21H48 | 15/09/2009 |
Quand j'étais plus petit je passais mes vacances dans la creuse, chez mère grand ( de sacrés vacances … ) et le voisin saignait ses porcs dans l'étable, c'était bien plus horrible que ces vidéos.
La cruauté contre les animaux reste cependant un problème sérieux, mais tous ceux qui comme moi consomment de la viande n'ont pas vraiment bon dos.
De sinclair
21H48 | 15/09/2009 |
Ce que vous voyez est le résultat des actions visant a améliorer le sort des animaux a l'abattage. La méthode du merlin a été abandonnée sur la demande des mêmes associations.
Au lieu d'être péremptoire cherchez a comprendre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abattoir#R.C3.A9ception_des_animaux
Maintenant vous pouvez faire campagne pour végétalisme absolu encore qu'une plante souffre tout comme un poisson ou une moule mais on ne l'entend pas et son mouvement est trop lent pour que l'on s'en inquiète. Ce qui est rassurant et permet de se sentir meilleur.
De Diamant90
aide médico psy | 22H46 | 15/09/2009 |
j'ai écrit à charal pour faire part de mon indignation…
ET charal reconnait sans le dire ouvertement qu'il y a des problèmes dans l'assomage des animaux ! ! dans l'extrait d'un rapport qu'ils citent, on peux lire noir sur blanc :
« - rapport d'inspection du 18/05/09 :
(….)
• étape “piège / immobilisation” = Conforme
• étape “affalage / accrochage” = Conforme
• Non conformité “mineure” = “occasionnellement, le temps d'attente entre assommage et saignée dépasse 1 mn”
aussi, la réponse vante le classement en tete dans les normes. Or ces normes ce sont des critères d'hygiène en grande majorité
allez charal, arrête de jouer sur les mots, on est pas si bête !
De Simple-Mind
vivant | 07H16 | 16/09/2009 |
seule solution pour manger la viande en ayant la certitude que les animaux n'ont pas soufferts lors de l'abattage :
Mangez « cacher »
pour comprendre un peu mieux le rituel d'abattage « cacher » lisez ceci :
http://www.lesitebyterapi.com/tera00111/assets/Abattage.pdf
quant à la vidéo : il y à 25 ans, un boucher qui travaillait dans un abattoir me décrivait les mêmes scènes que l'on peut voir dans cette vidéo
bref, rien de nouveau sous le soleil !
De manu mosan
pote au graf | 07H49 | 16/09/2009 |
A une époque nous avions un tout petit élevage de moutons pour notre consommation personnel. Nous abattions l'agneau directement dans la prairie. Cela était si rapide que ses congénères ne bougeaient même pas et que l'animal concerné ne se rendait compte de rien. Pour ce faire, nous faisions cela sans stress, on leur parlaient, « grattaient la tête,… Le grand problème dans les abattoirs c'est le stress engendré par les animaux, l'odeur de mort qui y règne, le manque de respect de la vie de ce système. En plus d'infliger d'inutile souffrance, le stress immense “périme” la viande.
De guerzit
Incomprenant majeur | 09H02 | 16/09/2009 |
Pour info Charal achète aussi à plein de petits exploitants…
Et un petit exploitant vend aux trois centrales d'achats qu'il à disposition en gros, et parfois un peu à une boucher local un peu original qui passe pas lui aussi par ces centrales d'achat…
En gros la viande c'est la même partout, de vieille laitières fatiguées par une vie de trayage (40ou 50 litres par jour pendant 30 ans), d'engraissage (faut bien 150 kg/jour pour avoir tout ce lait) et autre… Les bêtes à viande elles se vendent aillleurs en europe, jamais en france…
De campusliber
dilettante | 11H01 | 16/09/2009 |
Sans vouloir défendre Charal, dont les produits sont tout ce qu'on veut sauf de la bonne viande (pour mémoire, le bœuf se consomme minimum 21 jours après abattage…), cette vidéo ne montre pas grand'chose… Quelques carcasses animées de mouvements-réflexes, pas plus.
Ce qui serait intéressant, et informatif, c'est qu'une équipe de journaliste (et pas de membres d'une assoc » ! ) aille filmer d'autres abattoirs, histoire de voir comment ça se passe…
Il faut savoir qu'après un coup de merlin, l'animal n'est pas conscient.
Bon, qu'un industriel comme Charal soit border-line en ce qui concerne la réglementation de l'abattage, ça ne surprendra personne. Mais de là à malmener de la viande, qui est quand même sa matière première, il y a une marge ! Parce qu'une viande mal abattue, c'est imbouffable !