Décryptage

Sans gagner un centime, Twitter vaut un milliard

Par François Krug | Eco89 | 25/09/2009 | 17H04

Le logo de Twitter

Pour racheter Twitter, il faudrait désormais débourser un milliard de dollars. Pourtant, le réseau social ne gagne toujours pas d'argent. Un milliard pour un service se limitant à l'envoi de messages de 140 caractères : est-ce le retour de la bulle Internet ?

Selon le Wall Street Journal, des fonds américains s'apprêteraient à investir 100 millions de dollars (68 millions d'euros) dans Twitter. Une petite fortune pour la plupart des start-ups, mais pas pour celle-ci.

Des prévisions trop optimistes

La valeur totale de Twitter aurait été évaluée à un milliard de dollars pour cette levée de fonds. Quatre fois plus que pour la précédente, au début de l'année. Pourtant, la situation financière de l'entreprise ne s'est pas améliorée.

Lancé en 2006, Twitter ne gagne toujours pas d'argent, malgré ses 50 millions d'utilisateurs dans le monde. Selon des documents confidentiels publiés par Techcrunch, ses dirigeants pensaient pourtant que le déclic aurait lieu cette année, en se lançant dans la publicité. Leurs prévisions de chiffre d'affaires :

  • 2009 : rien pour les deux premiers trimestres, 400 000 dollars au troisième, dix fois plus au quatrième
  • 2010 : 140 millions de dollars
  • 2013 : 1,5 milliard de dollars

Pour l'instant, on en est loin. Mardi, le co-fondateur de Twitter, Biz Stone, annonçait même que la pub ne ferait pas son apparition sur le site avant l'année prochaine. En ajoutant que cela ne lui posait aucun problème.

Provocation, méthode Coué, inconscience ? Pas vraiment. Début 2009, Twitter a déjà levé 55 millions de dollars (37 millions d'euros), et selon le New York Times, il aurait encore 25 millions de dollars (17 millions d'euros) en banque. Avec 100 millions de dollars de plus, il n'a pas encore de quoi s'inquiéter.

Devenir le nouveau Google

La stratégie de Twitter est simple. Ce sera du « freemium », mélange de gratuité (pour les particuliers) et de services payants (pour les entreprises). Outre des pubs traditionnelles sur son site, le site veut innover en proposant :

  • Des comptes officiels (et payants) pour les entreprises et les stars qui utilisent Twitter pour leur promotion
  • La possibilité de sponsoriser les « tweets » (les messages de 140 caractères)
  • Des bases de données, en suivant les centres d'intérêt et les commentaires des utilisateurs

Les utilisateurs du site ont de quoi séduire les annonceurs. Une fois devenus accros à Twitter, ils constituent un public captif pour les campagnes de pub. Et selon une étude récente, les internautes inscrits cliqueraient plus souvent sur les liens publicitaires que les autres.

Pour l'instant, malgré le « buzz » qu'il suscite, Twitter ne fait pas le poids face à son principal concurrent, Facebook, qui compte six fois plus d'utilisateurs, soit 300 millions de personnes.

L'ambition de Twitter, ce n'est pas de dépasser Facebook. Selon les documents de Techcrunch, le site veut devenir le premier à atteindre le milliard d'utilisateurs dans le monde. Ses dirigeants résument leur stratégie en une question :

« Pouvons-nous faire à Google ce que Google a fait aux autres ? »

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3 commentaires sélectionnés

Portrait de Airinys

De Airinys

ailleurs | 18H01 | 25/09/2009 | Permalien

Est-ce que l'article est volontairement naïf ?

Parce que comme le dit TimeisCoffee, la valeur marchande de leur base de donnée est spectaculaire, Google ne doit sa réussite économique qu'à la pertinence de la publicité.

Imaginez Twitter, avec la géolocalisation généralisée sur les portables, le gisements que cela représente … d'ailleurs la publicité localisée c'est le Graal que Google recherche depuis plusieurs années sans arriver à trouver de solution vraiment satisfaisante pour l'instant.

Portrait de BrunoC

De BrunoC

( ° ) ( ° ) | 18H10 | 25/09/2009 | Permalien

Comparer Twitter et Google n'a aucun sens à l'heure actuelle.

Le service que propose Twitter n'a rien de particulièrement révolutionnaire et se positionne sur une niche, porteuse aujourd'hui par l'effet d'un buzz difficilement compréhensible.

Google est en comparaison un mastodonte (bien qu'il ait gardé une certaine agilité intellectuelle) mais surtout Google à un but et une stratégie pour l'atteindre : organiser l'information là ou elle se trouve
Google fournit une ribambelle de service
-Moteur de recherche révolutionnaire à son lancement, supporté par une stratégie industrielle pertinente.
-Numérisateur de livres
-Googlemaps et géo-localisation
-Gmail, Messagerie internet
-Google Apps et Cloud computing : externalisation des données des ordinateurs individuel vers des serveurs (clouds)

Si j'avais des sous à investir, je ferais 100 fois plus confiance à une entreprise avec une stratégie claire et qui s'y tient, plutôt qu'une start up à la mode qui fournit un service de SMS à peine amélioré.

Portrait de Scith

De Scith

19H34 | 25/09/2009 | Permalien

Il ne me semble pas que Facebook et Twitter soient en réelle concurrence tant les usages de ces deux services sont différents.

Facebook est un réseau social et rien qu'un réseau social (l'aspect jeu en est un composant). Twitter est un service de blog d'une nouvelle génération, incluant une part de réseautage social.

Il est tout de même intéressant de remarquer que tous deux empruntent la même voie de développement. Le business plan fixé par Facebook dans sa phase de crise identitaire est sensiblement le même que celui que propose Twitter.

Le revenu le plus important de Facebook est tiré de la publicité, et surtout d'un partenariat très juteux avec Microsoft AdSense (0.30€ par millier de clics).
Le second revenu de Facebook est issu de son « sponsorship » (dont les comptes officiels et payants de Twitter semblent inspirés). Une entreprise ou une star peut acquérir une page personnalisable pour la « modique » somme de 300 000 $ pour 3 mois.

Bref, la recette est toujours la même. Parfois, certains sites (notamment Viadeo), incluent un système d'abonnement qui débloque de nouvelles fonctionnalités. Mais cette méthode n'est pas envisageable pour des sites comme Twitter ou Facebook dont les utilisateurs ont souvent moins d'utilité professionnelle (et donc financière) à utiliser le réseautage social.

L'innovation de ces réseaux est souvent technique plus que commerciale (et heureusement pour nous). Les réseaux sociaux gagneraient toutefois à inventer de nouveaux moyens de financement afin d'éviter à tous une nouvelle « bulle internet ».
Cette bulle serait probablement pour nous, utilisateurs, bien plus dévastatrice que la précédente. Il n'y a qu'à penser à ce que ces entreprises pourraient faire de nos données en cas de faillite imminente…

D'autre part, je ne vois pas bien où se situe la comparaison avec Google. Nous pouvons certes faire des recherches sur Twitter, mais la classification des informations n'est structurée, il me semble, que temporellement. Nous sommes donc très loin des algorithmes très complexes des moteurs de recherche principaux.
Twitter est plutôt un outil puissant d'information dans l'instantané.

Il ne faut pas non plus négliger un futur public probable de Twitter : les très jeunes (type Skybloggeurs chez nous). En effet, cette catégorie d'âge pourrait apprécier le format de message type SMS, le réseautage social, et la possibilité de dialoguer publiquement.

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