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La « voiture verte » polluera encore, mais pas pareil
Par Ariane Nicolas | Rue89 | 01/10/2009 | 18H22
Le gouvernement a sorti l'artillerie lourde en annonçant un grand plan « pour les véhicules hybrides et électriques rechargeables » avec un objectif de voir 2 millions de ces voitures rouler d'ici 2020.
Après le coup de gueule d'Alain Juppé sur le retard français sur la voiture propre, le débat a été riche sur Rue89, beaucoup de riverains craignant que ces nouveaux véhicules ne fassent que déplacer le problème de la pollution, sans y mettre réellement un terme. Pour Jesuistresjoueur, « l'électricité n'est pas la panacée » :
« La voiture propre, ça n'existe pas ! Vous m'expliquerez comment recycler les merveilleuses batteries nécessaires. Quant à la pile à combustible, elle rejette de la vapeur d'eau, soit le plus gros gaz à effet de serre ! »
Une solution gourmande en énergie électrique
Nombreux sont ceux pour qui la voiture ne peut par définition être « propre », c'est même un oxymore, estime Déluge. La voiture électrique présente certes l'avantage de ne rejeter aucun gaz dans l'atmosphère, d'être silencieuse et (bientôt) autonome sur des distances courantes. Mais fabriquée à grande échelle, elle nécessiterait un approvisionnement en énergie considérable.
Umff tente ce petit calcul :
« La consommation des transports (en 2003) était de 54 millions de tonnes équivalent pétrole (1 tonne équivalent pétrole = 11.600 kWh), soit, à énergie finale constante, environ 600 TWh (1 Twh = 1 milliard de kWh).
La chaine électrique étant deux à trois fois plus efficace que le moteur à essence, il nous faudrait de 200 à 300 TWh pour électrifier 30 millions de voitures. Soit de 40% à 60% de la production électrique française actuelle. »
Pas assez de lithium pour produire les batteries nécessaires
Pour éviter de passer par la case Total, il faudra donc inévitablement passer par celle d'EDF… Donc par l'énergie nucléaire, productrice de déchets à très long terme.
Autre problème, celui des matériaux. ljos s'inquiète du fait que « la terre ne possède pas suffisamment de lithium pour alimenter des millions de voitures Tesla », prenant l'exemple de ce petit bolide américain dont l'argument de vente est la propreté.
Il faut ajouter à cela le problème du recyclage de ces batteries lithium-ion, qui requièrent l'utilisation de produits chimiques eux-aussi très polluants. Morale de l'histoire : pour sauver le ciel du réchauffement de la planète, il faudrait sacrifier le sol en y stockant tous les déchets.
La voiture du futur se conduit à plusieurs
Seule solution, selon le groupe Chronos, un cabinet d'études spécialiste de la question : repenser modes de transports en profondeur en abandonnant l'idée que chaque particulier doit avoir sa propre voiture.
« La voiture électrique est aussi un levier pour développer d'autres modèles de mobilités tels que les voitures en partage du type d'Autolib, un transport public de voiture en commun. »
L'Autolib », qui fonctionne sur le même principe que le Vélib » parisien, est déjà en marche à Lyon, avec des modèles choisis en fonction de leur faible niveau de rejet de dioxyde de carbone.
Le projet parisien, axé exclusivement sur des véhicules propres, est toujours dans les cartons et dans les petites villes, rien n'indique qu'un tel système puisse être rentable.
« La voiture hybride n'est pas une voiture propre »
Sur la question des voitures hybrides, en revanche, les commentaires sont plutôt unanimes. Déjà cité plus haut, ljos dénonce leurs faibles performances comparées à d'autres modèles à essence : « Certains voiture non hybride rejettent moins de CO2 que des hybirdes… »
Beaucoup d'entre vous voient dans la Prius l'alibi écolo du fabricant de 4x4 Toyota. Devin estime que le constructeur japonais a très bien réussi son coup puisqu'ils « vendent toujours beaucoup de tout-terrain, mais tout le monde l'a oublié ».
Faut-il enfin rappeler que ce modèle, certes encore peu vendu à grande échelle, coûte au minimum 26 000 euros ? Pour le même Devin, cette question est un des nerfs de la guerre :
« Il est clair qu'avec la montée en cadence les prix vont diminuer, comme pour toute technologie nouvelle. Mais il faut aussi des incitations fiscales pour amorcer la pompe, sinon ça ne prendra jamais. C'est bien pour cela que le gouvernement a voté une subvention de 5000 euros aux voitures électriques. »
Une façon d'habituer les consommateurs à l'après-pétrole… mais pas à l'après-voiture.
Photos : la Renault Zoe ZE comme « zéro émission » (Renault) ; des voitures recouvertes d'herbe à Berlin (Michael Cavèn/Flickr).
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De Asse42
Royalais | 19H06 | 01/10/2009 |
Jusqu'à preuve du contraire une voiture électrique sera plus propre qu'une voiture à explosion. Nous sommes d'accord ou pas ? A analyse comparable bien sûr. Mais est-elle la panacée ? non. On peut penser au véhicule à air ou à eau par exemple qui polluerait encore moins.
Mais le véhicule électrique c'est une étape industrielle importante en permettant de redistribuer des emplois industriels dans une autre filière avec peu de formation complémentaire. Autrement dit ce serait un vrai sauvetage de notre industrie automobile.
Sur les batteries on commence à faire des progrès et ce qui est valable aujourd'hui ne sera pas valable demain. Et puis l'on peut développer dans le même temps une filière de récupération de Lithium avant que l'on trouve de meilleurs composants.
Enfin on nous met la production d'électricité comme frein. Mais le véhicule électrique doit s'inscrire dans une volonté écologique de développement énergétique. Il doit en être un outil pas le but ultime. Dans le même temps il faudra développer massivement les énergies renouvelables qui sont bien faibles en France alors que nous sommes un pays exportateur d'électricité je le rappelle.
Donc le véhicule électrique n'est pas la panacée mais il est une étape importante et réduira quand même énormément de nuisances pour la collectivité comme le bruit, la pollution de l'air. Et l'installation de bornes électriques fournira aussi du boulot. C'est une gigantesque source d'emplois en perspective et elle devra s'accompagner d'une politique sociale et solidaire. Tout se tient et tout doit aller ensemble. C'est à un vrai changement de société auquel on doit se préparer.
De brothe
chercheur Postdoc | 19H34 | 01/10/2009 |
Deplacer le probleme est un avantage : Actuellement, chaque voiture pollue un peu. la pollution est donc disseminee et impossible a traiter. Si les voiture ne polluent plus mais augmentent la demande en electricite. Il y aura donc un volume de dechet plus grand a la sortie des centrales.
C'est sur, les centrales electriques polluent toutes. Mais dans un espace limite. Il est donc plus facile de circonscrire la pollution, de la traiter, ou meme de recycler - et pourquoi pas valoriser - les dechets.
Bon, ca necessite qd mm une bonne dose de R&D pour savoir comment traiter les dechets nucleaires. Mais a terme je pense qu'il sera plus facile de traiter les dechets d'usine, meme nucleaire, que de traiter des gaz d'echappements sur des millions de voitures.
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N'oublions pas aussi la pollutions non-nucleaire des centrales nucleaire : temperature des cours d'eau, vapeurs dans l'atmosphere, ondes pres des transformateurs ….
De Tassin
Inquiet | 20H19 | 01/10/2009 |
Je pense que dans cet article, un point sur le potentiel et les objectifs des énergies renouvelables en France s'impose, du moins pour ceux qui croient que l'éolien, le solaire pourront alimenter l'électricité et les transports dans 10 ou 20 ans.
Concernant l'éolien c'est vrai que c'est actuellement la seule manière de produire de l'énergie propre en quantités. Mais les 19GW éoliens terrestres et 6GW offshores prévus en France en 2020 produiront environ 60TWh… C'est à dire 12% de la consommation électrique française (500TWh).
La consommation des voitures particulières (50% de la consommation de pétrole dans les transports) en France c'est 28 000 000 000 L de pétrole par an. Soit 280TWh.
Une voiture électrique a un rendement 3 fois meilleur qu'une thermique du réservoir à la roue. C'est à dire qu'il nous faut environ 90TWh d'électricité pour faire rouler les bagnoles à l'électricité en France.
On passe donc à grosso modo 600TWh de consommation électrique en ajoutant les voitures. Ce qui fait passer la part de l'éolien à 10% en 2020.
Passons au photovoltaïque, le facteur de charge n'est que de 9 à 13% au mieux en france, et pour produire l'équivalent de ce que produit 1 seule éolienne de 3MW (6000 ou 8000MWh annuels en onshore), il faut donc minimum 5Ha de panneaux ! ! ! Soit 15Ha de surface au sol. Donc pour produire 60TWh -> 50 000Ha ! Ça reste faisable, mais du coup en combinant ces 2 solutions on arrive à 20-25% de la consommation électrique française.
Peut être serait-il plus intelligent de substituer ces EnR pour la consommation domestique et industrielle actuelle plutôt que pour des bagnoles.
Bien sûr à tout ça on peut rajouter les chauffe eau solaires qui devraient devenir obligatoires sur du neuf d'ici peu (ça serait une bonne chose), et les petits foyers d'EnR divers et variés.
La question est de savoir si la priorité est à la substitution de l'électricité au pétrole ou alors aux économies d'énergie. Parce qu'avec la voiture électrique, ce qu'on fait c'est simplement créer un nouveau marché (véhicules, batteries, filière de recyclage…) donc faire de la croissance…
De yalienx
un passant | 21H05 | 01/10/2009 |
Quelques commentaires de ci-de là :
1) « La voiture propre, ça n'existe pas ! Vous m'expliquerez comment recycler les merveilleuses batteries nécessaires. Quant à la pile à combustible, elle rejette de la vapeur d'eau, soit le plus gros gaz à effet de serre ! »
COMMENT : Peut-être ! Mais comme elle émet très peu de vapeur d'eau.
2) « La consommation des transports (en 2003) était de 54 millions de tonnes équivalent pétrole (1 tonne équivalent pétrole = 11.600 kWh), soit, à énergie finale constante, environ 600 TWh (1 Twh = 1 milliard de kWh).
La chaine électrique étant deux à trois fois plus efficace que le moteur à essence, il nous faudrait de 200 à 300 TWh pour électrifier 30 millions de voitures. Soit de 40% à 60% de la production électrique française actuelle. »
COMMENT : donc, avec un parc de voitures électriques, nous diviserions nos émissions (en TEP) par 2 ou 2,5 ? Mais c'est terriblement efficace ces véhicules électriques finalement !
3) « Il faut ajouter à cela le problème du recyclage de ces batteries lithium-ion, qui requièrent l'utilisation de produits chimiques eux-aussi très polluants. Morale de l'histoire : pour sauver le ciel du réchauffement de la planète, il faudrait sacrifier le sol en y stockant tous les déchets. »
COMMENT : d'accord, mais lorsque les batteries seront usagées, dans 10 à 20 ans, ne peut-on imaginer que les chercheurs auront trouvé une solution pour recycler les batteries de façon beaucoup plus propres qu'aujourd'hui ? Si on regarde les évolutions technologiques passées, on peut en être à peu près certains.
4) « Par exemple, la Citroën C4, une voiture non hybride, rejette moins de CO2 et consomme moins de pétrole qu'une Toyota Prius… hybride. »
COMMENT : la Prius, c'est moins de 100gr de CO2 par kilomètre. Aucune autre voiture ne fait mieux (sauf peut-être certaines Smart). La C4 est beaucoup plus polluante !
En tout état de cause, la seule façon de ne plus polluer via les transports est de ne plus se déplacer.
De Servais-Jean 4591
HS | 23H04 | 01/10/2009 |
Tant qu'il y aura de l'argent à faire avec le pétrole la voiture électrique n'a aucune chance de prospérer car ce sont les pétroliers qui gouvernent l'économie mondiale et ce sont eux et eux seuls qui décideront du moment où la voiture électrique sera opérationelle et profitable pour eux car d'ici là ils auront mis la main sur cette nouvelle source de revenus.
Cette histoire me fais penser au maître verrier romain qui avait trouvé il y a 2000 ans le verre incassable et qui a été assassiné car il mettait en danger les intérêts de sa profession.
Le B A BA du capitalisme c'est de traire la vache jusqu'à ce qu'elle crève, c'est vrai pour le pétrole comme chez France Télécom.
De Smarty
Économiste Planétaire | 00H32 | 02/10/2009 |
OUI la voiture électrique pollue !
On oublie comment on va se débarrasser des batteries. Les acides et les métaux extrêment polluant comme le lithium contaminé seront difficillement recyclables au bout de 4 ou 5 ans.
Certains se débarrasseront des batteries, sans frais, dans la nature…
Les nouveaux véhicules hybrides font un usage massif de matériaux synthétiques de mauvaise qualité, trés polluants, même une fois produit (pollution passive des tableaux de bord et intoxication dans les pays froids où les vitres sont toujours fermées).
Que dire des sièges décomposables qui au bout de 3 ou 4 ans se décomposent et pêlent en laissant de la couleur sur vos fonds de pantalons ou vos petites culottes mesdames !
Les freins à décharges électriques sont aussi une source de pollution et d'émissions électromagnétiques à multiplier par les millions de véhicules dans quelques années !
La super production de tous ces matériaux synthétiques et des batteries engendrera une pollution monstre par rapport à l'usage massif des aciers comme en ce moment.
Enfin pour satisfaire les recharges des batteries….imaginez la pollution pour produire 3x plus d'éléctricité et à quel prix ?
Je sais, les centrales nucléaires sont déclarées 0 pollution par la France..(pour des raisons commerciales uniquement, sans égard aux vrais enjeux écolos)…
mais en réalité elles polluent plus par leur carburant nucléaire, par le réchauffement des rivières (assez pour tuer tous les poissons) les tonnes de vapeurs /jour émises et par les masses de bêtons utilisés pour les coffrages…oui ça pollue plus en finalité que le bon vieux charbon utilisé dans des fours super-performants.
De steu
synapse | 02H26 | 02/10/2009 |
un petit article de Hervé Kempf dans le monde sur ce sujet.
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/09/19/la-pensee-magique-par-…
Bonne lecture.
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, pierr... | 06H01 | 02/10/2009 |
avec la voiture electrique nous rentrons dans un nouveau monde
aujourd'huy les gens achetent une voiture pour se déplacer ET pour faire vroum vroum
avec l'electricite plus de vroum vroumm
on n'achetera donc plus une voiture que pour se déplacer
et on s'apercevra alors qu'il est plus facile de se deplacer sans voiture
otez le caractère passionnel de la voiture et vous tuez la voiture
De Tyrian
Informaticien | 07H09 | 02/10/2009 |
Pour le problème des batteries, on sait faire des batteries en papier, basé sur le principe des condensateur version nanotech, donc recyclable (si besoins en était) et quasi-immortelle. C'est de cette qualité que vient le hic : le lâchage de la batterie est une des causes de changement d'appareil électronique (Téléphone, baladeur…). Donc les fabricants ne veulent pas de telle batteries.
http://www.generation-nt.com/batterie-mit-rapide-durable-actualite-14393…
Ce lien est assez ancien, la techno a été améliorée depuis.
Bon par contre, je suis franchement d'accord que la majorité des gens pourrait abandonner leur voiture individuelle (déjà à l'heure actuelle) et que cela permettrait d'améliorer les transports en communs.
De Negus56
musicien | 08H37 | 02/10/2009 |
La dernière phrase résume tout le problème à mon avis : comment changer les habitudes des consommateurs dans le domaine de l'utilisation de la voiture ?
Tout d'abord, les nuisances de l'automobile ne s'appliquent pas uniquement à la pollution atmosphérique. Pour commencer, ce sont les matières premières qui la composent, non forcément renouvelables, qu'il faut bien extraire puis travailler avant qu'elles ne ressemblent à une aile ou à de la peinture. un véhicule a une durée moyenne de vie très courte (10 ans, peut être légèrement plus ? ) et aura usé un certain nombre de matières premières. Enfin, le véhicule n'est pas recyclable à 100% lors de son rebut.
La pollution des véhicules est aussi sonore : lorsque vous habitez un rez-de-chaussée, le « moteur à explosion » mérite bien son nom.
Et, comme le disait quelqu'un d'autre, il faut aménager toute une infrastructure pour pouvoir profiter de l'automobile. Cette infrastructure est non seulement gourmande en ressources et en entretien, mais elle altère aussi le confort de nos villes et la beauté de nos paysages.
Alors, que faire ? Il ne s'agit pas de retourner en arrière non plus. Peut-être, dans un premier temps, les véhicules électriques amélioreront le quotidien (ne serait-ce que par le silence dont elles font preuve.)
Mais il me semble surtout urgent de réorganiser l'ensemble de notre manière de nous déplacer.
Ainsi, le train devrait être favorisé pour les trajets inter-urbains. Pour le moment, 4 personnes paieront moins cher et bénéficieront de davantage de confort (modularité des horaires, capacité de chargement) en prenant la voiture pour un long trajet plutôt que le train.
Le fret devrait être obligatoire pour les transports de marchandises sur de longues distances. Les camions en transit devraient être interdits de circulation sur le territoire, et seul l'approvisionnement local (de la gare à l'entrepôt) devrait être relayé par ce moyen de transport.
En ville, les voitures pourraient voir leur droit de cité réduit dans un premier temps, en favorisant de larges voies de circulation séparées pour les transports en commun, les véhicules non motorisés (vélo ou vélo à assistance électrique, scooters électriques) et un réaménagement des espaces piétonniers d'une part, et, d'autre part, une interdiction de circuler avec une seule personne à bord sauf pour motif « légitime » (acheminement de marchandises, camionnette professionnelle, réparateurs…)
Bien sûr, derrière tout cela, il y a d'abord une infrastructure à développer et à repenser, des services à perfectionner (comme la continuité 24h/24 du service de transports en communs et un coût pour l'utilisateur final encore amoindri) mais surtout du courage politique. La « taxe carbone » par exemple, me semble une mesure prudente politiquement, car elle soulève à peine des protestations. Imaginer ce que je propose reviendrait pour nos hommes politiques à risquer leur réélection…