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Le RSA jeunes n'agit pas sur la précarité des étudiants
Par Arnaud Maurel | Enseignant-chercheur en économie, C... | 05/10/2009 | 18H14
Parmi les mesures annoncées mardi dernier par le chef de l'Etat lors du lancement du Plan jeunes, celle visant à étendre le RSA aux jeunes de moins de 25 ans a été particulièrement commentée et critiquée. Seuls les moins de 25 ans ayant travaillé à temps plein plus de deux ans sur les trois dernières années auront droit au RSA.
Il s'agit donc d'une extension de bien moindre envergure que celle proposée initialement dans le Livre vert de la commission sur la politique de la jeunesse présidée par Martin Hirsch, notamment parce que la quasi-totalité des étudiants en seront de ce fait exclus.
En réalité, si l'on examine cette question sous l'angle de l'échec universitaire, particulièrement préoccupant en France, le caractère limité de cette extension du RSA est plutôt rassurant. Tel qu'il était proposé dans le Livre vert pour la jeunesse, le RSA jeunes aurait incité les étudiants à travailler pendant leurs études.
Or des travaux récemment menés avec Magali Beffy et Denis Fougère du Centre de recherche en économie et statistique (Crest) montrent qu'en France, en dehors de l'apprentissage, le travail à temps partiel a un effet négatif et quantitativement fort sur la réussite universitaire.
Ainsi, s'il ne s'était pas limité aux jeunes engagés à temps plein dans la vie active, il aurait été à craindre du RSA qu'il débouche sur une aggravation du taux d'échec universitaire. L'extension du RSA finalement retenue a le mérite d'éviter cet écueil.
Bien évidemment, cette extension limitée du RSA aux jeunes ne permettra pas de lutter contre la précarité des étudiants. Seule une augmentation significative des aides financières versées aux étudiants permettrait d'agir dans cette dimension, et ce faisant de limiter leur besoin d'occuper un emploi à temps partiel pendant l'année universitaire. A cet égard, le Plan jeunes paraît encore largement insuffisant.
► Titre changé le 05/09/2009 à 21h15, à la demande de l'auteur, de « Le RSA jeunes préserve de l'échec universitaire, pas de la précarité » à « Le RSA jeunes n'agit pas sur la précarité des étudiants », plus conforme au sens de la tribune.
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De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 19H20 | 05/10/2009 |
Le dispositif qui a fait beaucoup parler de lui pendant la période de gestation semble être discrètement passé sous le tapis depuis que ses premiers effets n'arrêtent pas de commencer à se faire sentir.
Seule relance audible à grand renforts de klaxon : l'annonce du RSA pour les moins de 25 ans par Nicolas Sarkozy mardi dernier ; la bombe à brouillard habituelle quand une question est en train de devenir gênante.
On pouvait pourtant s'en douter un peu. Car, lorsqu'il s'est agi de sortir les chiffres arguments du dispositif après une étude préalable de six mois dans une trentaine de départements tests il a fallu ouvrir les boites à cosmétiques.
Le rapport final du comité d'évaluation clamait sans broncher que le taux de retour à l'emploi augmentait de 9 % dans les Zones RSA par rapport aux zones témoins. En lisant bien, cela signifiait que les 3,1 % de Rmistes qui retrouvaient du travail chaque mois ne faisaient pas le score des 3,38 % de privilégiés qui en retrouvaient un grâce au RSA. Effectivement, 0,28 % par rapport aux 3,1% nous donnent bien une progression de 9 %.
(Edit. Pardon je n'avais pas tout à fait terminé)
»…que la quasi-totalité des étudiants en seront de ce fait exclus » n'a aucune importance le RSA est totalement inopérant.
De Tokani
Oldmole | 19H29 | 05/10/2009 |
Le RSA succède au RMI ou la charité à l'assistanat…
Ainsi les jeunes « addicts “ seront dépendants précoces à l'alloc , mentalité de la main tendue,dissimulée sous les horipeaux de la solidarité…
Transformer le Citoyen en client putassier une pente glissante…
à Tokani
De beubeuch
00H58 | 07/10/2009 |
Expliquez-moi comment faire de hautes études, par exemple, une prépa et pouvoir manger et se loger sans demander de l'argent à quelqu'un ? Aujourd'hui, il n'est pas possible de faire des études et gagner les 800€ que réclament une vie digne et convenable.
Les personnes agées ont droit à une retraite. Pourquoi ? Parce qu'ils ne peuvent pas travailler et doivent être assistés. Appellez-vous vos parents par des termes tels que « client putassier ». Dans le même registre, les femmes enceintes, les handicapés, les malades, tous « clients putassiers » ?
à beubeuch
De Tokani
Oldmole | 05H37 | 08/10/2009 |
Et bien avec une bourse par exemple comme au bon vieux temps de Papa puis en s'enquillant un boulot petit ou grand ce qui me parait assez normal vu qu'on est pas tous née avec une cuillère en argent dans la bouche ….Quant à nos retraités il me semble qu'il ont cotisé avant de toucher leur retraite non ? Ils ne demandent pas l'assistance Publique gratuite et sans retour…Idem pour les femmes enceinte et les malades qui cotisent à l'assurance maladie….
Ce qui est condamnable c'est cet état d'esprit de la main tendue ou de mendicité sociale qui pourrit toute envie de s'en sortir
De TheProuT
Touche a ton C**, sens ton doigt! | 19H53 | 05/10/2009 |
Euh…
Faut m'expliquer : si t'as travaillé a temps plein pendant au moins 2 ans sur les 3 dernières années, tu dois avoir accès au droit chômage…
Pas d'intérêt du coup… : cS
Encore un effet d'annonce..
De egide
Littéral | 20H20 | 05/10/2009 |
L'extension du R.S.A. au jeunes adultes de moins de 25 ans, c'était déjà une proposition des Vert en 1997.
Je me souviens très bien que cela faisait les choux gras des militants de l'UMP qui n'avaient pas assez de mots pour critiquer cette idée :
et le respect de la valeur travail de ci et les assistés dès le berceau de là.
Pour leur peine, ils ont pris 5 ans plein temps de Lionel Jospin.
Il faut dire que, lui, Martin Hirsch s'en est rappelé bel et bien et il a vendu le plan à l'Élysée.
Finalement le tri sélectif des poubelles de l'Histoire, ça peut-être durable.
Alors, le prochain premier ministre, c'est Cohn-Bendit ou bien Cécile Duflot ?
À moins que, non ! Hortefeux ?
Bah, on sait bien qu'il aime les jeunes gens.
Le premier Frédéric qui moufte « sub-limit », c'est la porte et pas sublime !
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 20H44 | 05/10/2009 |
Erreur une fois de plus d'interprétation, il me semble !
A lire ce sujet, il me semble que le RSA se substitue au RMI.
Ce dont a parlé le président, ce n'est pas l'ancien RMI (le RSA-socle), mais l'une des parts variables du RSA-chapeau qu'était la prime pour l'emploi, disparue avec l'instauration du RSA, et faisant faire à l'Etat quelques économies, comme l'indique ce rapport sénatorial :
http://www.senat.fr/rap/l08-025/l08-0254.html
L'extension aux moins de 25 ans n'est qu'une mesure de justice fiscale -et encore est-elle partielle- afin qu'un travailleur de 23 ans ait à peu près les mêmes droits qu'un travailleur de 26 ans, outre l'allocation au logement.
Le « RSA » dont vous parlez (RSA-socle, ex-RMI) ne pourra pas concerner plus de 30 000 personnes, puisqu'il faut avoir épuisé ses droits aux allocations-chômage. Or, comme il faut avoir travaillé au moins deux ans et que les droits durent deux ans, cela fait au moins quatre… en ayant moins de vingt-cinq ans.
Les chiffres donnés par l'Elysée étaient de 160 000 dont 120 000 n'étant pas au chômage. Même l'Elysée reconnaissait un maximum de 40 000 bénéficiaires potentiels des 400,07€ mensuels du RSA-socle.
De PoG
Etudiant. | 21H42 | 05/10/2009 |
« le travail à temps partiel a un effet négatif et quantitativement fort sur la réussite universitaire. »
Et il a fallu une étude pour le dire ?
De loique
arf ! | 02H05 | 06/10/2009 |
« Bien évidemment, cette extension limitée du RSA aux jeunes ne permettra pas de lutter contre la précarité des étudiants. Seule une augmentation significative des aides financières versées aux étudiants permettrait d'agir dans cette dimension, et ce faisant de limiter leur besoin d'occuper un emploi à temps partiel pendant l'année universitaire. A cet égard, le Plan jeunes paraît encore largement insuffisant. »
Et peut être continuer à ce que la fac soit gratuite (un peu aussi) ce qui est loin d'être ce vers quoi on tend. Je dis ça je dis rien.
De Artemisia.G
Lulucarabine | 10H34 | 06/10/2009 |
C'est une véritable intox de dire que, contrairement au RMI, le RSA encourage les jeunes à travailler. Ma propre expérience me permet de dire qu'un simple CDD peut vous plonger dans une merde noire, car à la fin du contrat, si, par malheur, on ne retrouve pas de travail immédiatement, le RSA prend en compte les revenus des mois précédent et baisse donc d'autant…Ce qui implique plusieurs mois de précarité extrême avant de retrouver le prochain emploi.
Ainsi, puisque j'ai travaillé deux mois à plein temps au SMIC, je n'ai reçu que 254 euros pour vivre ce mois-ci et je n'ai pas encore retrouvé d'emploi.
Le RSA est un vaste mensonge. Ce n'est qu'une machine renforçant la pauvreté des travailleurs précaires.
à Artemisia.G
De orion77
liverdy-en-brie.over-blog.com | 00H48 | 08/10/2009 |
J'ai aussi été dans une situation précaire il y a quelques années, et je suis entièrement d'accord.
Mais il faut bien se rappeler que pendant que l'on est occupé à survivre, on n'a pas le temps de penser ou de se rebeller, mais à jouer à ce petit jeu, ils devraient faire très attention…
http://desobeissance-civile.over-blog.fr
De Artemisia.G
Lulucarabine | 10H36 | 06/10/2009 |
Désolée, problème de connection
à Artemisia.G
De Tyrian
Informaticien | 11H40 | 07/10/2009 |
C'est déjà bien de tenter ce que tu peux pour corriger le tir, c'est assez rare…
De Artemisia.G
Lulucarabine | 10H37 | 06/10/2009 |
Idem.
De marie 75 3563
10H39 | 06/10/2009 |
pas plus que le RSA ne luttera sur la précarité des jeunes salariés ou chômeurs.
annonce pipeau !
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 15H56 | 06/10/2009 |
Bin faut se décicer. Hier c'était mal de filer du fric auxx lycéens qui sèchent pas les cours, aujourd'hui c'est mal de ne pas filer de fric aux étudiants.
Je comprends plus rien, il me faut une opinion à adopter, c'est pour combler mon incapacité à réfléchir que je lis le journal : D
à Keldan
De beubeuch
01H04 | 07/10/2009 |
Tout est dans la relation de confiance entre les jeunes et notre société. Prenons l'exemple des pays scandinaves. Au Danemark, les jeunes en majorité ne commencent à travailler qu'après une année de césure où ils ont voyagé et travaillé à l'étranger ou créé des projets dans leurs pays. On leur propose des crédits, etc…
De orion77
liverdy-en-brie.over-blog.com | 00H55 | 08/10/2009 |
Bon, et la précarité due aussi aux prix des logements ?
Ou est-ce une façon de sélectionner les étudiants les plus riches ?
http://desobeissance-civile.over-blog.fr
De jmc06
retraite | 08H01 | 08/10/2009 |
l'pognon du RSA ,aurait pu servir à construire des centres de formation ,genre AFPA
comme d'hab l'barnum marche sur la tète
et c pas fini ! !
De chui mélenchon_pagne et mélenchon ville
poète | 20H51 | 08/10/2009 |
Je considère cette tribune comme particulièrement bien tournée et instructive.
L'auteur nous éclaire sur une mesure en effet largement débattue et ressassée, mais il l'aborde sous un angle fondamental et pertinent, puisant sa verve de la source originelle de la vie active.
Il est vrai, quelle justesse que de préciser les enjeux des moins de 25 ans universitaires. Comprenons nous bien, il est bien évidement hors de question de bannir ou de stigmatiser les jeunes qui suivent le choix si respectable de rentrer tôt et de plein pied dans la vie active. C'est un autre débat dans lequel l'auteur ne s'éparpille pas.
Il nous focalise plutôt sur le défit de la réussite universitaire, tremplin républicain et, par certains cotés, berceaux de l'égalité sociale, ou tous les milieux, toutes les origines devraient se retrouver à armes comparables face au seul et unique challenge intellectuel.
Et l'actualité rejoint inéluctablement cette tribune, à l'heure ou l'on ose débattre de la rémunération des élèves sur leur résultat scolaire.
Quel honte et quelle perversion, sur lesquels l'article nous alerte en refusant l'amalgame et la distorsion des études et du travail.
Pour moi ce sera sans, Monsieur HIRSH, et je remercie l'auteur d'attirer notre attention, au fil d'une tribune fluide et d'une implacable logique, glaçante par sa conclusion, le R.S.A jeune n'aidera pas à gravir l'échelle sociale par les études.
Les étudiants auraient tant besoin de votre soutien, Monsieur l'auteur …