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Privatisez, privatisez, il en reste toujours quelque chose

Par affreuxjojo | 08/10/2009 | 14H15

L'eau a été privatisée. Les prix ont grimpé.

Les télécoms ont été privatisés. Les salariés s'y suicident. Les trois opérateurs pratiquent des ententes illicites sur les dos des consommateurs et délocalisent une partie de leurs activités.

Les autoroutes ont été privatisées. Les prix augmentent.

La filiale fret de la CGM a été privatisée au profit des frères Saadé, hommes d'affaires libanais francophiles proches du président Rafiq Hariri. C'est ce clan qui loge gracieusement Chirac depuis deux ans.

La Sernam a été privatisée en 95. L'acquéreur (Butler) est un ami proche du « privatiseur » (Villepin).

Les chemins de fers Britanniques ont étés privatisés. Les accidents mortels se sont multipliés.

Des pans entiers de l'action de l'armée Américaine ont été privatisés. Les plus juteux marchés (conclus sans appel d'offre et sans contrôle) ont été attribués aux entreprises ayant financé la campagne de Bush. La société Halliburton dont Cheney était le PDG a obtenu les meilleurs contrats juste avant de délocaliser à Dubaï son siège social et ses comptes gonflés à bloc par les finances publiques Américaines.

A la mort de Pinochet d'innombrables comptes bancaires ont été mis au jour. Les sommes énormes découvertes correspondaient aux rémunérations occultes de Pinochet pour la privatisation généralisée de l'économie chilienne pendant ses mandats.

Les privatisations sont des bradages du patrimoine public. Les bénéficiaires de ces bradages sont de façon quasi-universelle des proches des politiques qui décident des privatisations et qui en déterminent les montants. Ces politiques sont récompensés par les entreprises bénéficiaires de multiples façons :

  • participations (parfois illicites) aux frais de campagne,
  • récompenses directes en liquide (corruption),
  • récompense indirectes (logement, travaux sur des logements, mise à disposition de personnel),
  • embauche ultérieure sur des postes rémunérateurs (pantouflage),
  • participation au travail de propagande électoraliste et gouvernementale via les médias détenues par les entreprises « favorisées » lors des privatisations…

Le mouvement généralisé de privatisation lancé par Reagan et Thatcher est le plus énorme hold-up de tout les temps. Il amplifie la corruption d'une partie du personnel politique. Cette corruption discrédite la politique et la démocratie, pousse à l'abstention, au désintérêt pour la chose publique et alimente les courants extrémistes.

Le rôle des gouvernements est de préserver, d'améliorer, de moderniser, de développer les services publics conformément à l'intérêt général et conformément aux besoins et aux souhaits de la majorité des citoyens. Il n'est pas de liquider ce patrimoine commun dans le sens du seul l'intérêt des gouvernants et de leurs amis financiers.

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2 commentaires sélectionnés

Portrait de Waldeck

De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 10H23 | 09/10/2009 | Permalien

Pendant des années il a été répété à l'envi que l'Etat n'était pas la solution, mais le problème, que seule l'initiative privée était capable de dynamisme - et pour moins cher - !

Les Libéraux ( de droite) se sont faits les chantres de cette doctrine, mais aussi les leaders de gauche (Bérégovoy, DSK, Fabius, Quilès…) ceci pour avoir l'air modernes et capables - eux aussi - d'utiliser un ordinateur, de faire du libéral, et de privatiser. ( Jospin en 2007 : « mon programme n'est pas socialiste » ! )

Les notions de fraternité et de solidarité ont été remisées au magasin des accessoires, avec la faucille, le marteau, les scrupules, la probité, toutes ces notions caduques, trop marquées « prolos », ringardes et empêcheuses de profiter en rond.

A ne pas oublier aux prochaines échéances…

Portrait de Praxis

De Praxis

Fonctionnaire | 15H44 | 08/10/2009 | Permalien

Bravo ! J'ajoute une contribution : le rôle des média est d'informer chaque citoyen, de lui montrer que l'actualité n'est pas une succession de faits divers sans aucun sens mais qu'il y a au contraire un sens à l'actualité, qu'elle est continue et qu'elle se trouve dans les cercles de pouvoir.

Je me prends à rêver mais imaginons ce que donnerait un journal de 13h et de 20h qui approfondirait des thèmes lors de chaque édition, par exemple sur la crise et sur les liens entre cette crise et un modèle de production, le capitalisme financier, le libéralisme économique, et des liens entre les politiques et les grands entrepreneurs. Tout est lié dans la crise que nous traversons aujourd'hui et c'est en formant des citoyens éclairés qu'on trouvera une issue au problème c'est-à-dire en réinventant les règles du jeu et un nouveau mode de production plus respectueux de son environnement naturel et humain.

Il y a beaucoup de combats à mener aujourd'hui et il faut se mobiliser pour informer (bravo notamment aux média du web, Rue89, Slate and co) et pour se battre aussi sur le terrain des idées. L'idéologie dominante en a pris un coup, elle chancelle, mais elle continue de tenir bon.

Haro !

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