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L'Etat donne 7 millions à Total pour fabriquer des biocarburants
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 13/10/2009 | 15H25

Total, qui a dégagé un bénéfice record de 13,9 milliards d'euros en 2009, a-t-il besoin de l'aide de l'Etat pour lancer de la recherche sur les agrocarburants de deuxième génération ?
L'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'Ademe, vient d'engager une aide de 30 millions d'euros pour développer cette filière, dont 7,2 millions iront à Total selon un document confidentiel que Rue89 s'est procuré.
Le pétrolier, qui n'a pas voulu confirmer ce chiffre, a présenté une version légèrement différente de son implication dans le projet BioTFuel » [il semblerait qu'il y ait un jeu de mot].
Dans un communiqué, Total dit que son financement représentera « plus de 30% des apports demandés aux partenaires ». L'entreprise prétend assumer le tiers de la dépense totale (112,7 millions) de BioTFuel alors qu'il ne met que 21 millions d'euros et que 7,2 lui sont apportés par l'Etat.
« Si on ne les aide pas, ils ne passent pas à l'acte »
Jean Christophe Pouet, chef département bioressources de l'Ademe, justifie ce « cadeau » public fait aux pétroliers ainsi :
« Ces grands groupes, si on ne les aide pas, ils ne passent pas à l'acte, et nous, ça nous permet suivre pendant sept ans leurs programmes de recherche. »
Sur ce sujet, comme sur celui de la « voiture propre » largement choyée par le gouvernement, la volonté politique rencontre des intérêts privés : l'Etat a besoin d'entreprises capables de tester dans leurs sites industriels de nouveaux procédés, et si les tests débouchent sur le carburant du futur, ce sera jackpot pour le titulaire du brevet. Une nouvelle doublement bienvenue pour Total qui se plaint de l'arrivée de la taxe carbone et tente de redorer son image en plein procès en appel de l'Erika.
Jusque là rien de très inhabituel. Sauf que le bilan énergétique de la première génération est controversé, certaines ONG comme Oxfam estiment notamment que :
« Le bilan d'émission de gaz à effet de serre de l'huile de colza produite en France est le double de celui du diesel qu'il remplace. Une catastrophe climatique. »
Une décision « sans débat »
Le gouvernement fonce donc tête baissée vers une deuxième génération pour se conformer à la directive européenne sur les énergies renouvelables qui impose 10% de biocarburants en 2020, sans même avoir tiré de vraies conclusions sur la première. La décision de l'Ademe, en date du 7 octobre, s'est faite « sans débat », dénonce France Nature Environnement (FNE) dont l'avis négatif en conseil d'administration n'a pas été pris en compte. Surtout, dénonce Michel Dubromel, responsable transports à FNE :
« Les conclusions du rapport de l'Ademe tout juste publiées ne disent rien sur l'impact sur les sols. Certes la première génération de biocarburants était réalisée à partir d'éthanol, de blé, de betterave… bref, des produits d'alimentation humaine ou animale, alors que la seconde utilisera des produits pas directement destinés à alimentation, mais on reste inquiets pour l'appauvrissement des sols liée à cette agriculture intensive. »
Un bilan potentiellement « catastrophique »
L'Ademe s'était engagée, lors du Grenelle de l'environnement, à analyser le bilan de cette première génération en toute transparence. Engagement non tenu puisque la décision la subvention de 7 millions à Total est accordée alors que comme le dit l'Ademe elle-même (page 21 du rapport ci-dessous), l'impact d'un « changement d'affectation des sols » n'a pas été analysée.
Téléchargez le rapport de l'Ademe sur les biocarburants de première génération
Car transformer une prairie ou une forêt, capable de stocker du CO2 dans leur sol, en un champ de cultures d'agrocarburants, qui vont générer des émissions de CO2, peut avoir un bilan « catastrophique », comme l'explique Jean-Louis Bal, directeur des Energies renouvelables à l'Ademe, à l'AFP, citant l'exemple de l'huile de palme ou de soja, produites sur le sol d'anciennes forêts tropicales :
« On peut avoir des émissions deux à quatre fois supérieures du fait du changement d'affectation des sols. »
Certes, en Europe, il est interdit de détruire des forêts pour faire des agrocarburants. Mais les sols concernés ne se limiteront pas à l'Hexagone.
Photo : détournement d'une pub pour le bioéthanol en Alsace (Guy Leboutte/Flickr).
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De bjone
dev 3D | 16H31 | 13/10/2009 |
7 millions c'est à la fois peu & beaucoup.
Peu devant la trésorerie d'une boite comme Total.
Beaucoup devant les budgets des PME qui bossent dans l'optimisation de l'isolation, l'éolien, le solaire.
( edit : oups j'ai glissé je voulais pas spécialement te répondre : ) )
De PierreCol
19H41 | 13/10/2009 |
Total est une jeune et petite société prometteuse, mais aux fonds propres hélas limités : heureusement que des subventions publiques sont là pour l'aider à démarrer !
Je suis vraiment heureux que mes impôts et autres taxes sur les carburants soient aussi bien employés, merci l'ADEME !
De zompti
futur "départ volontaire" | 19H45 | 13/10/2009 |
S'il vous plait faite un petit effort de reflexion et arrétez de parler de « bio-carcurants » alors qu'ils ne s'agit que « d'agro-carburants » qui rejettent autant de saloperies dans l'atmosphère lorsqu'on on les brûle dans un moteur, d'autant qu'on fait une fixette sur le CO2 en oocultant toutes les micro-particules également présentes…
les aggro carburant ne peuvent qu'être un complément très modeste du pétrole à terme, faute de quoi on affamera une partie de la planêtre pour faire rouler nos bagnoles.
Quand au nucléaire si propre, outre les déchets que l'on ne sait pas retraiter autrement qu'en les enfouissant pour les générations futures, on occulte totalement l'exploitation des mines d'unaranium et les boues radocatives qui en résultent et qu'on retrouve un peu partout en France, dans le bitume de nos routes, le remblais des lotissements, etc…
De Laurien
...des villes et des champs | 23H55 | 13/10/2009 |
« l'Etat a besoin d'entreprises capables de tester dans leurs sites industriels de nouveaux procédés… »
C'est qui l'Etat ? Ca existe toujours ? (Il me semble me souvenir qu'il y a déjà quelques années que l'on s'inquiète de la disparition des Etat-Nation…)
Etat, définition (Wikipédia) :
…une des formes d'organisation politique et juridique d'une société (en tant que communauté de citoyens ou de sujets) ou d'un pays.
1) 1er constat : Puisque les citoyens que nous sommes composent la société, ou sommes les éléments d'un pays, nous sommes donc en quelque sorte l'état. Nous sommes donc ceux qui ont besoin de TOTAL. Pourquoi ? Parce que nous ne savons pas encore faire autrement que de croire que la vie passe par le pétrole.
ADEME (info du site)
Statut : Etablissement public à caractère industriel et commercial…
[NB : Etablissement public : …financé par des fonds publics et qui doit remplir une mission d'intérêt général….On peut noter d'emblée le paradoxe posé par la simultanéité des formules « mission d'intérêt général » et des mots « industriel et commercial“]
ADEME
Mission : …participe à la mise en oeuvre des politiques publiques dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du développement
durable.
2) 2ème constat : Quel est l'intérêt général ? Si ce n'est, jusqu'à preuve du contraire, de pouvoir continuer à croire que la vie passe par le pétrole. L'ADEME peut donc se vanter d'être en adéquation avec son statut.
3) Quand à sa mission…l'ADEME, pour satisfaire l'intérêt général, ‘met à disposition’ de TOTAL, ‘ses capacités d'expertise et de conseil’, et d'orientation de financements…publics… pour permettre aux éléments de l'Etat que nous sommes, de continuer à passer des heures dans les bouchons, nous faire croire en une illusion de liberté -dans nos déplacements, entre autres- de préserver nos privilèges (pardon…entendez : ‘nos libertés individuelles’) qui consistent à individualiser le chauffage, le transport, les emballages…
D'autre part TOTAL est une entreprise qui assure la durabilité de son développement.
Tout est donc en ordre !
Si nous prenions les choses dans le sens inverse :
Les citoyens que nous sommes, composante fondamentale d'un état , éléments majeurs dans les choix déterminants à venir, sont devant un choix concernant la durabilité : Celle du vivant (et donc, celle, de leur epèce -mais à l'heure du nihilisme ambiant que peut donc bien signifier la logique de préservation de l'espèce ? -), ou celle de TOTAL…
Allez, messieurs mesdames, réfléchissez bien ! Mais réfléchissez vite !