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Sans-papiers expulsé : ce que la Société Générale répond
Par Guillemette Faure | Eco89 | 13/10/2009 | 09H52
Le 3 octobre, un Mauritanien sans papiers a été arrêté par la police alertée par un appel du guichetier de son agence de la Société Générale alors qu'il venait retirer de l'argent. Un riverain de Rue89 a annoncé qu'il fermerait son compte s'il ne recevait pas d'explication de son agence et la promesse que cela ne se reproduirait pas.
Il a invité ses proches à faire de même.
L'un d'eux a reçu cette lettre, dans laquelle son directeur d'agence se dit « désolé des conséquences de cette
vérification pour notre client » et s'inscrit « en faux contre tout esprit de délation ».
Cher client,
En l'absence de votre conseiller, je me permets de répondre à votre mail. Je peux comprendre votre réaction à la lecture de l'article paru dans LE MONDE de ce jour.
Cependant, je tiens à vous apporter des précisions. Les faits sont les suivants :
A la demande de retrait d'une somme importante faite par une personne qui s'est présentée au guichet, l'agent de la Société Générale, qui vient de prendre ses fonctions et ne connait pas encore la clientèle de l'agence, lui a demandé une pièce d'identité.
Cette procédure, employée fréquemment dans de telles situations, se justifie pleinement par l'indispensable identification de la personne qui souhaite effectuer l'opération. Il convient de noter une recrudescence des
escroqueries par l'utilisation de documents falsifiés et par usurpation d'identité.Au vu de la pièce présentée et du doute sur une éventuelle falsification du document (souvent difficile à déceler), l'agent a alors conduit le client dans le bureau du directeur afin qu'il s'assure de la conformité du document auprès de la Police Nationale.
Dans cette situation, si la véracité du document avait été confirmée, le client aurait disposé de son retrait. Dans le cas inverse, la clôture du compte aurait été prononcée dans les délais légaux, le rôle de la banque s'arrêtant là.
Contrairement à ce qui a été parfois annoncé, les portes de l'agence n'ont jamais été bloquées, les clients pouvant d'ailleurs entrer et sortir librement.
A cette simple demande de renseignements, la Police nationale a dépêché une patrouille qui se trouvait à proximité. Cette intervention, très rapide (5 minutes) et complètement imprévue, s'est soldée par l'interpellation de notre client en possession de faux papiers.
Nous sommes sincèrement désolés des conséquences de cette vérification pour notre client.
Nous nous inscrivons donc en faux contre tout esprit de délation et poursuivrons, dans l'intérêt des dépôts de nos clients, toutes les mesures visant à accroître la sécurité de leurs opérations.
Je tiens également à vous assurer que « la fermeture des portes de l'agence » comme stipulé dans l'article de presse est complètement contraire à toute règle de sécurité.
J'espère vous avoir apporté les éléments de réponse et d'apaisement que vous souhaitiez et vous remercie de la poursuite de nos relations dans un climat de confiance renouvelée.
Je reste à votre entière disposition pour tous renseignements complémentaires. Je vous prie de croire, en l'assurance de ma parfaite considération.
Un discours parfaitement résumé par la campagne de publicité qui tronait justement au beau milieu de l'article du Monde en question, repérée par un autre de nos riverains sur le site du quotidien : « La Société générale, on est là pour vous aider ». Depuis, la publicité a changé…

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De caro
délinquante avérée | 10H35 | 13/10/2009 |
question : comment l'employé à vérifié votre identité ? est-ce qu'il a demandé le concours de la police nationale ?
De Cogito_ergo_sum
Citoyen | 10H32 | 13/10/2009 |
Il y a déjà suffisamment de choses à reprocher aux banques pour ne pas en rajouter dans le fantasme de la délation, qui feraient des guichetiers des auxiliaires de la Gestapo.
Les explications du directeur d'agence me semblent en effet convaincantes : vérifier des papiers pour éviter qu'un client ne soit victime d'une usurpation d'identité, c'est bien le moins que l'on puisse attendre d'un employé de banque un minimum consciencieux.
Que les conséquences soient celles qui s'en sont ensuivies pour le Mauritanien en cause, c'est aux choix politiques du gouvernement en place qu'il faut l'imputer, et certainement pas au guichetier, ni même à la Société générale.
Il ne faudrait quand même pas tout mélanger !
De alberich 84604
fumiste | 10H39 | 13/10/2009 |
Euh … il en a toujours été ainsi, vous avez la faculté de déposez tout l'argent que vous souhaitez sur n'importe quel compte sans avoir à justifier quoi que soit.
(je peux vous communiquer mon RIB si vous souhaitez le vérifier)
Par contre pour en retirer il faut montrer patte blanche.
De frapadingue
assis sur ma chaise | 11H57 | 13/10/2009 |
j'aurai largement pré« féré que la société générale réponde de ses traders
De Jérôme Cid
etudiant en IEP en stage au Kosovo | 12H21 | 13/10/2009 |
J'ai eu l'occasion à plusieurs reprises de travailler comme « guichetier » (le terme utilisé couramment) dans une banque (il ne s'agit pas de la SoGé). Pour une fois, je suis bien forcé d'admettre que le comportement du personnel de l'agence était tout à fait normal, quant aux règles, mais aussi quant à l'éthique que réclame (tout du moins est censé réclamer) le fait d'être banquier. Pire encore, malgré le fait que je sois farouchement opposé à la politique que mène la France concernant l'immigration, j'aurais réagi de la même manière.
Petit rappel : un banquier est censé contrôler systématiquement les pièces d'identités, pour vérifier qu'il s'agit de la même personne, mais aussi pour s'assurer que la pièce d'identité n'est pas une contrefaçon (c'est d'ailleurs pour ça que l'on retrouve constamment une lampe de Wood, le vrai nom d'un détecteur de faux billets, même dans les agences où le personnel n'a pas acès aux espèces).
Pourquoi donc faire un contrôle aussi poussé ? Ce n'est pas une question de chasse aux sans-papiers, c'est juste une question de sécurité basique : quelqu'un qui a une fausse pièce d'identité peut être un voleur ou un escroc (utilisation d'une fausse identité pour gruger le fisc ou la police, par exemple). Il s'agit là de délits graves, qui obligent la banque à alerter au plus vite la police au cas où une fausse pièce d'identité se présente : c'est juste d'une question de sécurité nécessaire dans un milieu très délicat comme l'est celui de la banque.
Connaissant de près beaucoup d'employés de banque, cela m'étonnerait fortement qu'ils aient appliqué cette mesure en pensant qu'il s'agissait d'un clandestin, c'est juste que le boulot qu'ils font impose la suspicion du pire (et si c'était un imposteur voulant vider le compte en banque de la personne en question ? soupçon d'autant plus justifié qu'il s'agissait visiblement d'un fort retrait d'espèces). Cela ne m'étonnerait même pas qu'actuellement, ils aient quelques remords d'avoir agi de la sorte, mais il n'avaient hélas pas le choix. J'imagine mal ce que j'aurais pensé de moi-même après avoir agi pareillement, bien que moralement, le fait d'appeler les flics pour une telle affaire m'aurait paru tout à fait normal.
De Cirdec
Cadre qui commence à comprendre com... | 14H30 | 13/10/2009 |
L'argumentaire parait tout à fait valable, après tout, vérifier l'identité d'une personne lors d'un retrait, je n'y vois rien d'anormal. Mais y'a un point que me turlupine quand même : visiblement, pour ouvrir son compte, le contrôle a été un peu beaucoup moins strict.