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Demorand accuse les banquiers de boycotter France Inter
Par François Krug | Eco89 | 19/10/2009 | 11H47

Coup de gueule de Nicolas Demorand, ce lundi matin sur France Inter : les dirigeants de BNP Paribas refusent systématiquement de venir s'expliquer à son micro. Interrogé par Eco89, il va plus loin : depuis le début de la crise, aucun banquier n'aurait accepté les invitations de France Inter. D'autant plus étrange qu'ils ne déclinent pas celles des concurrentes RTL et Europe 1.
C'est au détour d'une interview d'Eva Joly et Pascal Canfin que Nicolas Demorand a exprimé son impatience. L'ex-juge d'instruction et l'ex-journaliste d'Alternatives Economiques, élus députés européens sur la liste Europe Ecologie, ont publié une tribune dans Libération sur les activités de BNP Paribas dans les paradis fiscaux. (Ecouter le son)
Michel Pébereau, le président de BNP Paribas, et Baudouin Prot, son directeur général, ne manquent pourtant pas de sujets de conversation :
- Une augmentation de capital pour rembourser l'argent prêté par l'Etat
- Une polémique sur les bonus prévus pour 2009
- L'annonce du retrait de la banque des paradis fiscaux
Pas un seul banquier sur France Inter
Joint par Eco89, Nicolas Demorand précise que BNP Paribas n'est pas la seule à pratiquer le silence radio. En fait, l'ensemble des banques auraient décliné les invitations de France Inter :
« Depuis le début de la crise, il y a un peu plus d'un an, nous n'avons jamais eu un seul banquier à part Mathieu Pigasse, qui est un cas particulier (le dirigeant de Lazard en France était venu évoquer son livre sur la crise, ndlr]. Pourtant, on les relance régulièrement. »
Idem pour Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque centrale européenne, et Christian Noyer, celui de la Banque de France. Selon Nicolas Demorand, ce sont peut-être les questions des auditeurs qui rebutent les banquiers :
« Il y a peut-être des réticences, mais c'est le principe de la matinale. Les prix Nobel d'économie s'y plient, les candidats à la présidentielle s'y plient, le Premier ministre aussi… Je n'ai pas d'explication sur ce refus, je ne peux que le constater. »
Les banquiers ont le refus sélectif : les « matinales » des radios ont joué un rôle essentiel dans leurs « plans médias » tout au long de la crise. Baudouin Prot était ainsi sur RTL le 21 septembre, pour expliquer qu'il est « normal et facile de s'en prendre aux banques en période de crise ».
Une semaine plus tard, il enchaînait avec Europe 1, pour annoncer une grande nouvelle à Jean-Pierre Elkabbach : BNP Paribas avait décidé de fermer ses filiales dans les paradis fiscaux.
Un retrait incomplet, déplorent Eva Joly et Pascal Canfin dans Libération (l'article n'est pas accessible gratuitement en ligne). Ils s'étonnent que BNP Paribas propose encore à ses clients de gérer leur argent depuis Monaco ou les Bahamas. Ou que la banque conserve des filiales aux îles Caïmans.
Contactée par Eco89, la direction de la communication de BNP Paribas n'a pas encore répondu à nos sollicitations.
Photo : Nicolas Demorand en 2007 (Audrey Cerdan/Rue89)
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De Iv
Roboticien utopiste | 12H15 | 19/10/2009 |
Contrairement aux hommes politiques et aux prix nobel, les banquiers n'ont que faire de la visibilité. Au contraire, la discrétion est leur métier, accepter de se faire interviewer, c'est accepter de se justifier et de se soumettre au jugement de l'opinion.
De orage mécanique
ici | 13H54 | 19/10/2009 |
c'est étonnant comme tout le monde voit les choses différemment, personnellement je n'écoute plus France inter tellement cette radio semble complaisante avec ses invités depuis l'arrivée de Demorand.
Certes, il reste les humoristes mais ce ne sont pas des gens sérieux les humoristes...
De tweesty
Né 1jour ferié | 14H34 | 19/10/2009 |
L'attitude des banques dans cette histoire, c'est un peu la même que celle de nos politiques. Les argentiers n'acceptent des invitations chez les médias que s'ils ont la garantie de ne pas être trop bousculés et font, de toute manière, les mêmes effets d'annonce et énoncent les mêmes mensonges et contre-vérités.
Sur TF1, Sarkozy ose déclarer "Il n'y a plus de paradis fiscal", la BNP annonce sur Europe 1 qu'elle "ferme toutes ces filiales dans les paradis fiscaux (qui sont supposés ne plus exister)".
Ils existent toujours ou pas, ces p... de paradis fiscaux?
Si non, pourquoi fermer ces agences si ce n'est pour déplacer, voire blanchir les fonds en question?
D'autant plus que si on perd 2 minutes à recouper l'info, on constate bien malgré nous que tous les paradis fiscaux existent encore de fait...
De drlapiano
Informaticien | 10H58 | 20/10/2009 |
Une banque est une entreprise privée, elle a un juge beaucoup plus démocratique que le jugements mal informé de l'opinion : les millions de client qui librement utilisent et payent ses services.
Les fabriquants de yaourt, de chaussures, viennent-ils chez Nicolas Demorand se soumettre au tribunal de l'opinion ? Alors pourquoi les banques ? La banque est un prestataire de services ... comme les autres.
En quoi l'opinion peut-elle se permettre de juger, de sa hauteur ignorante, le travail d'un banquier ... ou d'un fabricant de yaourt, ou de chaussures.
Laissons les entreprises travailler, faire leur métier, arrêtons ce délire de vouloir faire de l'opinion le juge de toute action, c'est le début de l'ordre moral.
L'opinion, les masses ont, en système capitaliste tout le pouvoir, celui de ne pas apporter ses suffrages (sa monnaie) à celui qui ne lui rend pas le service attendu, à celui dont elle ne veut pas le service ... le client est à cet égard un maitre souverain.
On n'en dira pas même de sa position vis à vis de l'État, dont content pas content, il devra payer les médiocres services.
Dans cette perspective je demande donc : "mais qu'irait faire chez Domorand" un banquier ... sinon faire sa com' à l'œil ? " ... pour cela il est sans doute mieux servi sur Europe ou RTL , qui sur ce plan là sont de vrais professionnel ;-) !