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Pas de taxe sur les banques : la France à contrecourant
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 26/10/2009 | 12H22

La mesure étant passée vendredi « par erreur », elle sera retirée ce lundi : la France ne taxera pas les bénéfices des banques officiant sur son territoire. A l'étranger, l'idée de faire supporter par le secteur bancaire les risques qu'il fait courir à l'économie séduit pourtant un nombre croissant d'Etats et d'institutions. Même parmi les plus libéraux.
Proposée par le président de la commission des finances de l'Assemblée, Didier Migaud (PS), la taxe supplémentaire de 10% sur l'impôt sur les sociétés acquitté par les banques aurait rapporté 2 milliards d'euros au budget de l'Etat. Au moins en 2010.
Le gouvernement se contentera d'une petite contribution comprise « entre 0,4 et 0,8 pour mille » de leurs fonds propres pour financer les frais de contrôle des banques, aujourd'hui supportés par la banque de France. La mesure, pérenne, rapportera 100 millions d'euros par an.
En Belgique, « il faut que maintenant, les banques paient pour la crise »
En Belgique, l'Etat se montre beaucoup plus gourmand vis-à-vis des établissements financiers. A partir de 2012, les banques et assureurs devront verser une sorte de « prime de garantie » de 0,15% du montant des dépôts et de l'épargne, qui rapportera 540 millions d'euros. D'ici là, des mesures transitoires leur coûteront entre 220 et 670 millions d'euros.
Cette taxe vise à réduire le déficit public belge. Résumons :
- en Belgique, 540 millions d'euros annuels pour un PIB de 329 milliards d'euros en 2008,
- en France, 100 millions d'euros pour un PIB de 1 899 milliards d'euros
Et deux discours bien différents. La vice-Premier ministre socialiste belge, Laurette Onkelinx :
« Il faut que maintenant, les banques paient pour la crise qu'elles ont provoquée. »
Rappelons que la Belgique a été traumatisée par la retentissante déconfiture de Fortis (rachetée par BNP-Paribas). En France, la ministre de l'Economie Christine Lagarde :
« Ajouter dix points de plus à l'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2010 pour le résultat 2009, c'est faire payer les banques pour le passé, c'est faire payer les banques en imaginant que les banques françaises ont commis des fautes. Or, elles n'ont pas commis de faute. »
Les Etats-Unis ou la Commission européenne pour une taxation accrue
Elles ont juste une fâcheuse tendance à refuser d'accorder des crédits, aux particuliers comme aux entreprises… Ce qui était pourtant l'objectif principal du plan d'aide du gouvernement français.
Ailleurs, l'initiative belge semble faire des émules. Vendredi, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a déclaré que « tout coût de sauvetage subi par le gouvernement devrait être couvert par un prélèvement effectué sur l'industrie financière, et non par le contribuable ».
Même la Commission européenne a indiqué sa préférence pour le financement des crises bancaires par le secteur privé, selon Le Figaro. Le journal rapporte aussi que le Royaume-Uni envisage une mesure similaire pour une banque, la Lloyds.
L'exemple belge est donc plus ou moins suivi dans de nombreux pays occidentaux, mais pas en France.
Méfiance, cependant, de mesures qui peuvent revenir à ponctionner le client plutôt que le contribuable. En Belgique, les établissement financiers (souvent français) se sont évidemment opposés à la mesure. Le patron de Dexia, Jean-Luc Dehaene, le déclarait très clairement :
« Croire qu'en faisant cela, [ça] ne va pas se retrouver dans les coûts, c'est une illusion. Il faut être clair : c'est le client qui paiera au bout du compte. »
Photo : le véhicule du Crédit lyonnais dans la caravane du Tour de France (Joe Shlabotnik/Flickr)
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De Alain59
13H21 | 26/10/2009 |
Pour Lagarde, les banques n'ont pas commis de faute ?
Que disait-elle il y a un an à propos de la Caisse d'Epargne suite à la perte de 700 millions d'euros ? Qu'il y avait de "graves lacunes dans le système de contrôle" et même qu'elle s'était sentie "frustrée et découragée".
Et sur la SG il y a 6 mois suite au versement de stocks options alors que la Banque était aidée par l'Etat "il est temps que Société Générale rime avec intérêt général".
De marre.du.pipe.hole
13H30 | 26/10/2009 |
Plusieurs choses m'agace , dans cette histoire .
Pourquoi ne souligne t-on pas l'incompétence des parlementaires ayant fait une " erreur" de vote ?
Est-ce que les personnes qui se sont trompées de vote ,en votant Sarkozy , peuvent elles aussi re-voter ?
Pourquoi n'y avait-il que 84 parlementaires ce jour là ?
Pour finir , comment se fait-il que l'on puisse trouver du temps , afin de faire re-voter cet amendement , alors qu'il paraît que l'agenda legislatif est "surbooké" ?
De Patrick95800
Consultant | 13H38 | 26/10/2009 |
Ce gouvernement ne veux pas faire de la peine à ses amis de l'économie libérale... il préfère montrer que les députés UMP sont des godillots...
Chacun sa conception de l'intérêt général...
En France le gouvernement préfère l'intérêt des plus riches que de l'ensemble des Français...
De solènejazz
| 14H26 | 26/10/2009 |
un amendement voté par erreur, on aura tout vu !!!
les députés ump ne sont que des pantins !!!
le patron a parlé, tout le monde rentre dans les rangs
De sinclair
17H24 | 26/10/2009 |
Nous sommes clairement dans une ploutocratie ou république bananiere. Les taxes et impôts sont faits uniquement pour les plus modestes pas pour les riches et les puissants.
Constat pénible la démocratie en France n'existe plus. Les pressions du pouvoir ont ainsi amené un député a se contredire et se ridiculiser. M Lamour a en effet non seulement voté en commission le projet mais l'a soutenu juste avant le vote. Peut on croire qu'il s'est trompé a répétition?
Les élus tout comme les ministres ne servent plus a rien. Si le vote ne convient pas il sera re vote jusqu'à ce qu'il réponde aux désirs du président et du fouquet's club. Cela fait la deuxième fois que l'on fait revoter les députés pour vote non conforme aux désirs du pouvoir du jamais vu.
Il n'est donc pas étonnant qu'il y ait si peu de députes en séance. Leur utilité est nulle et leurs travaux ignores voir bafoues.