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Oups, le site officiel pro-Hadopi change de camp
Par François Krug | Eco89 | 09/11/2009 | 17H38

C'est embarrassant : Jaimelesartistes.fr, le site vantant les bienfaits de la loi Hadopi, est passé sous le contrôle des anti-Hadopi. Le ministère de la Culture n'a pas renouvelé le nom de domaine à temps. Il refuse d'admettre cette erreur de débutant, assurant que « le site n'avait plus lieu d'être ». Mais pourquoi priver les internautes du seul site officiel sur Hadopi, et laisser le champ libre au camp adverse ?
L'affaire a démarré vendredi, avec ce mail adressé au site PCInpact par une certaine « Christine Elbadlel » :
« Juste pour vous signaler que Jaimelesartistes.fr a changé de
mains, le gouvernement n'ayant pas été foutu de renouveler le nom de
domaine. Et ça prétend réguler Internet… »
« Eh, craignos ! »
Le site a changé de mains, mais aussi d'esprit. La page d'accueil, transformée en liste de liens anti-Hadopi, avertit : « Jaimelesartistes.fr mais j'aime toujours pas les majors. » Les nouveaux propriétaires du site gardent l'anonymat.
Le site avait été créé par Christine Albanel en plein débat sur la loi Hadopi, pour réconcilier internautes et industries culturelles. Il n'a pas toujours été aussi affectueux que le suggère son nom. Exemple avec cette vidéo : « Eh, craignos, la musique, c'est pas gratos ! » (Voir la vidéo)
Un nom de domaine, c'est pas gratos non plus. En raclant les fonds de tiroir, le ministère aurait sans doute pu verser les 15 euros nécessaires pour éviter que le nom tombe dans le domaine public et soit racheté par des anti-Hadopi.
« Un oubli »
Embarras à l'agence de communication L'Inconscient collectif. C'est elle qui avait été chargée de développer et de gérer le site. Emmanuel Simiand,
directeur de projet, évoque « un oubli » de la part du ministère comme de l'agence :
« Ça faisait déjà plusieurs mois qu'on ne s'en
occupait plus : notre mission s'est terminée au printemps, lors du vote
de la loi Hadopi. Nous avons prévenu le ministère que le nom de domaine
arrivait à échéance, mais nous n'avons pas non plus fait de démarche
pour le renouveler en temps et en heure. »
La porte-parole de Frédéric Mitterrand fournit une explication moins embarrassante. Ce non-renouvellement ne serait pas un oubli, mais un choix :
« Le site est fermé. C'était un site événementiel pour agréger les témoignages d'artistes en faveur du projet de loi Hadopi. La loi ayant été votée, le site n'a plus lieu d'être. »
Perdre le contrôle d'un site événementiel, c'est donc un non-événement. Après l'article de PCInpact, vendredi, le ministère a pourtant rapatrié sa version de Jaimelesartistes.fr sur son propre site, et L'Inconscient collectif a acheté le nom Jaimelesartistes.com.
Etrange pour un site qu'on tient tant à fermer. « C'était une erreur », explique la porte-parole. Cette survivance de Jaimelesartistes.fr avait d'ailleurs disparu du site du ministère ce lundi après-midi.
Mais alors, quel site renseignera les internautes sur les nouvelles règles s'appliquant au téléchargement ? La porte-parole de Frédéric Mitterrand nous invite à nous renseigner auprès de l'Hadopi - en oubliant sans doute que cette institution n'existe pas encore.
L'Hadopi doit succéder à l'Autorité de régulation des mesures techniques. Ne pas compter sur son site austère pour apprendre quelque chose : il ne connaît pas le mot « Hadopi ».
« Bonjour, petit soldat »
Le ministère de la Culture a bien pensé à déposer le nom de domaine Hadopi.fr, dès février 2008. Mieux, il n'a pas oublié de le renouveler à l'échéance. Mais l'internaute n'en apprendra pas beaucoup plus : le site est vide.
Le député UMP Lionel Tardy, un des principaux opposants à la loi Hadopi dans la majorité, veut demander des explications à Frédéric Mitterrand sur ce raté. Il adressera une question écrite au ministre :
« Le site a été créé alors que la loi n'avait pas encore été promulguée et que beaucoup d'internautes ne savaient pas en quoi elle consistait. Il aurait au moins eu un aspect pédagogique, ils auraient pu l'enrichir, en faire un site portail. »
Au cabinet de Frédéric Mitterrand, on a une autre raison d'enrager. Les repreneurs de Jaimelesartistes.fr ont décidé de rediriger toutes les connexions provenant du ministère vers une page moqueuse :
« Bonjour, petit soldat du ministère ! Votre adresse IP a été bloquée, veuillez en fabriquer une autre. »
Le blocage des adresses IP ? C'est justement la principale mesure anti-piratage prévue par la loi Hadopi.
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De alabergerie
alabergerie.blogspot.com | 18H04 | 09/11/2009 |
IP des ministères :
Pas si difficile, même pour le clampin de base que je suis.
Je charge un javascript de m'interpréter la base de donnée des visiteurs de mon site (tous les serveurs enregistrent des tas de trucs sur les gens qui viennent). Une page web me dispatche les résultats extraits, et les interprète.
Je ne sais pas combien de sociétés proposent ces services, gratuitement ou pas, mais peu importe. J'ai eu le plaisir de voir qu'un fonctionnaire du ministère de l'intérieur, au lieu de bosser pour son supérieur, passait un temps scandaleux à lire de mes bêtises pendant les heures de bureau.
Il est fort peu probable que ce soit un robot de surveillance, vu qu'il s'arrêtait, si mes souvenirs ne délirent pas, aux alentours de l'heure habituellement dévolue au repas de midi.
De François Krug (auteur)
Eco89 | 19H41 | 09/11/2009 |
Sur le budget de Jaimelesartistes :
- le site PCInpact avait cité une fourchette allant de 50 000 à 85 000 euros pour l'ensemble de la campagne, qui incluait d'autres opérations comme du "street marketing" (l'article de PCInpact : http://www.pcinpact.com/actu/news/49689-jaimelesartistes-50000-80000-cou...) ;
- la porte-parole du ministère m'a indiqué, elle, que le site avait coûté 46 764 euros ;
- l'agence L'Inconscient collectif n'a pas souhaité me fournir de chiffres.
De herve.chuteau
20H12 | 10/11/2009 |
C'est pas le premier site gouvernemental qui s'éteint dès que les projecteurs des médias sont éteints.
La "grande" Commission Attali avait un site web pour rendre compte de l'avance des 316 propositions préconisées pour libérer la croissance début 2008.
Ben le http://www.liberationdelacroissance.fr/ est out depuis bien longtemps.
Toutes les mesures sont sans doute appliquées . . . ou alors on est passé à une autre commission ?
De srcstraph
Etudiant | 00H32 | 11/11/2009 |
Un oublie de renouvellement me semble un peu trop simple comme explication, d'autant que si le gouvernement souhaitait conserver ce site il aurait pue l'ouvrir sous un domaine .gouv comme la plupart des sites gouvernementaux, de plus une fois la loi passé il n'y a plus lieu de convaincre les internautes.