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Pourquoi ils ont décidé d'étudier la finance islamique
Par Guillemette Faure | Rue89 | 23/11/2009 | 15H26

Qui étudie la finance islamique et pourquoi ? C'est la question qu'on a posée à trois étudiants de la première promotion du master de finance islamique que vient d'ouvrir l'université de Paris Dauphine.
Mouhamed, 38 ans

« Je suis financier de formation, je travaillais dans la banque. Mon but, c'est de créer une institution financière conforme avec les pratiques de la finance islamique.
Pour moi, la finance islamique, c'est fondamentalement une finance d'investissement.
De façon classique, vous allez voir une banque pour faire un prêt, elle vous impose un intérêt que ça marche ou
pas. En finance islamique, ce que vous payez est en relation directe avec le profit généré.
Je suis ivoirien. Lorsque les institutions internationales font des prêts aux pays africains, ce sont des prêts avec des intérêts, en général des intérêts composés, ce qui fait que les pays africains ne sortiront jamais de l'endettement.
En finance islamique, les Sukuk sont des obligations adossées à des actifs tangibles. Si les pays africains se tournent vers ce genre de produits, cela permettra d'arrêter l'endettement et de financer des infrastructures.
Tous les pays d'Afrique de l'Ouest sont membres de la Conférence islamique et membres de la Banque islamique de développement. Ces pays sont déjà sensibilisés à cette question. Il nous appartiendra de retourner dans nos pays et de favoriser l'émergence de cette finance. »
Constance, 23 ans

« Je suis spécialiste de gestion d'actifs. J'apprends le chinois, je m'intéresse au côté très culturel du droit musulman, à la géopolitique, à l'histoire des religions. J'aimerais partir dans des pays à dominante musulmane comme la Malaisie et faire de la gestion de fonds islamiques.
On va étudier tous les outils spécifiques de la finance islamique. Il y a des principes à connaître, les secteurs d'exclusion [alcool, jeux…, ndlr] comme le fait que l'usure n'est pas permis : les banquiers doivent prendre leurs commissions autrement.
Les transactions sont adossées à tout ce qui est tangible. Beaucoup disent que si on avait adopté ces principes, la crise des subprimes n'aurait pas existé. »
Naïma, 24 ans

« Chef de projet d'une banque française, j'ai entendu parler de finance islamique dans des voyages professionnels et j'ai voulu l'étudier pour faire du développement de projets. Je la conçois comme un compartiment éthique de la finance.
En terme de législation, c'est pas gagné en France. Le droit français ne permet pas d'avoir recours à tous les instruments de finance islamique. Il faut faire en sorte que cette finance ne soit pas pénalisée par le droit français, éviter des situations de double imposition.
La finance islamique, c'est peut-être une discipline qui fait peur par méconnaissance. Finance islamique, on pense tout de suite financement du terrorisme. Il faut éviter les amalgames islamique-islamiste.
Il existe déjà des certificats de finance islamique mais pas reconnus de la même manière. Dauphine, c'est un gage d'enseignement de qualité. On est pionniers. »
Photos : A l'université Paris Dauphine, lors du premier jour d'enseignement du master en finance islamique - Mouhamed, Naïma et Constance, étudiants (Audrey Cerdan/Rue89).
- ► La finance islamique s'invite à Bercy sur Lepoint.fr
- ► Le master de finance islamique de l'Université de Paris Dauphine
- ► La finance islamique menace la laicité française sur LeMonde.fr
- ► "Face à la crise, la finance islamique permet d'ajouter une corde à son arc" sur LesEchos.fr
- ► Les entreprises occidentales s'intéressent au marché des Sukuks sur Agefi.fr
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De flixp
15H44 | 23/11/2009 |
Menfin,
Je me suis toujours demandé pourquoi étudier la finance tout court, alors la finance islamique...
De jami9276
travailleur | 16H09 | 23/11/2009 |
Je ne suis pas d'accord lorsque tu écris "pas de véritables changements".
La finance islamique a au contraire des différences fondamentales car elle repose sur une éthique, un certain humanisme je dirai. En voici quelques principes :
1) Elle interdit par exemple la vente d'une dette à un tierce partie : la vente des dettes a été le socle même de la crise des subprimes aux USA. Les banques ont vendu sous forme "édulcorée" les dettes des ménages cachées dans des produits financiers complexes appelés "ACTIFS" malgré tout. On a vu le résultat catastrophique : les ménages n'ayant pas pu rembourser leur dette, les actifs correspondants s'en sont trouvé affectés.
2) Le taux d'intérêt est interdit. Vous me diriez : mais comment font les gens pour acheter un bien ? Eh bien, la banque fait tout simplement l'acquisition du bien à la place de l'acheteur et le lui revend en faisant une plus value. Le coût total est lissé sur plusieurs années, ce qui n'a rien avoir avec des intérêts, car l'intérêt pénalise le client avec le temps : le temps joue contre lui pour résumer.
nb: d'ailleurs les subprimes étaient un combiné de vente de dettes et de taux d'intérêt usurier.
3) Lorsqu'un entrepreneur a besoin d'un crédit pour monter une affaire, il est partenaire avec sa banque et non son subordonné: en effet, la banque "s'associe" avec le client et partage autant qu'elle peut perdre à 50/50 les fruits de l'entreprise pour un certain temps ! C'est une vision plus égalitaire.
4) Les actions ou titres qu'émettent les banques islamiques doivent provenir de sociétés dont les activités sont dites "hallal" parce qu'ils obéissent à des critères. Par exemple une société qui fabrique des bombes à sous munition ne rentre pas dans des critères éthiques acceptables du point de vue islamique, car la finalité est de nuire à l'homme. Il en est de même pour le tabac, l'alcool, etc ...
Conclusion : aucune banque classique n'observent une de ces 4 règles.
Maintenant il faut reconnaitre qu'avec ce fonctionnement, les banques seraient beaucoup moins riches, notamment à cause du point 2 et 3 mais il y aurait en revanche moins de pauvres. Mais devons-nous plaindre les banques quand on a vu les milliards qu'elles engrangent sur notre dos et qu'elles ont toujours un filet sur lequel retomber : L'ETAT donc NOUS ??
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 16H19 | 23/11/2009 |
au 17ème siècle il y avait un truc comme ça en France(je parle du point 2) ou le financier filait de l'argent à l'emprunteur en échange d'un bien que ce dernier lui rachetait sur un certain temps et en payant les droits féodaux y afférents
c'était tout simplement un montage financier, permettant de preter à intérets, mais qui avait l'aval de l'Eglise Catholique
je subodore la meme chose pour la finance islamique
De Humain
16H48 | 23/11/2009 |
La finance devrait être comme une république : laïque !!
Mais c'est beaucoup demander.
De jami9276
travailleur | 16H56 | 23/11/2009 |
Pourtant je pensais être clair. voici le point 2 :
2) Le taux d'intérêt est interdit. Vous me diriez : mais comment font les gens pour acheter un bien ? Eh bien, la banque fait tout simplement l'acquisition du bien à la place de l'acheteur et le lui revend en faisant une plus value. Le coût total est lissé sur plusieurs années, ce qui n'a rien avoir avec des intérêts, car l'intérêt pénalise le client avec le temps : le temps joue contre lui pour résumer.
Demain si vous contractez une emprunt auprès de n'importe quelle banque classique pour acheter une maison par ex, vous remarquerez que les intérêts sont proportionnels au coût de la somme empruntée, et dépendent de l'échéance du remboursement. De plus ils peuvent varier, à la défaveur du client.
Si le client ne paye pas une année par ex et si on admet qu'il n'a pas d'assurance, sa dette va s'alourdir à cause du facteur temps.
On constate que lorsqu'une banque nous fournit un échéancier de remboursement, on est souvent choqué du poids des intérêts dans le remboursement.
En finance islamique, comme l'intérêt n'existe pas, admettons qu'un bien valant 100 000 eur intéresse un client. Celui-ci va voir sa banque qui l'achète à 100 000 eur pour le revendre au client 120 000 ou peut être 110 000 je n'en sais rien (c une négociation). Cette somme sera lissée sur plusieurs années. La pression du taux d'intérêt n'existe PAS.
De Madiran
(Business Analyst) | 17H15 | 23/11/2009 |
Des prêts conformes à la Charia !
Dans la quasi discrétion on autorise en France les prets conformes à la charia ! !
(Les conditions de ces finances sont constestées en partie par le conseil constitutionnel…Mais cela ne fait que retarder… Les prêts Sukuk arrivent ! ! )
La gauche à l'assemblée nationale , a heureusement à soulevé ce point, en disant que ces prets ne sont pas conforme au principe de la laïcité…
Mais l'argent n'a pas d'odeur….
Et la laïcité s'éfface devant l'argent !
Ces propos ne sont pas tous les miens, mais proviennent de journaux, comme le Figaro, qui ne sont pas vraiment "de gauche" !!
"Les Echos" notent également que ces prêts sont "charia"...
Lire à ce propos les déclaratons de Mohammad Farroukh Raza, directeur d'Islamic Finance Advisory Assurance Services, qui est le cabinet conseil en Charia pour ces opérations financières.
(Déclaration de septembre 2009)
Oui il s'agit bien d'un cabinet "conseil en Charia"
A mon sens les francais sont tellements anesthesiés,quils ne se semblent pas se rendre compte de ce qui est en train de proliferer !!
Doit on forcément une fois débarassé de la main mise de l'Eglise, nous placer sous le couvert d'une autre religion ?
Pourquoi ne pas encourager, comme cela devrait l'être dans nos républiques, des fonds et des lois "laïques", est-ce trop demander ?
De Iv
Roboticien utopiste | 17H06 | 23/11/2009 |
De ce que j'en sais, c'est un produit financier qui correspond à deux principales exigences :
- Ne pas investir dans les domaines interdits par l'Islam (alcool et jeux d'argent entre autres)
- Ne pas pratiquer l'usure, c'est à dire le prêt avec intérêt.
De monette
19H26 | 23/11/2009 |
Banque et éthique , banque et pas de prise d'intèrêt ,
banque islamique et femmes banquières...
Une toute petite question : une femme , elle-même toute seule , a t'elle le droit d'ouvrir un compte dans une banque islamique -qui-respecte-le-droit-coranique ?