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Les dessous économiques de l'Affaire Pérol
Par Gilles Le Blanc | Economiste | 16/04/2009 | 14H50

Avec l'audition de François Pérol par la brigade financière, suite à la plainte de deux associations d'actionnaires et l'ouverture d'une enquête préliminaire par le Parquet pour prise illégale d'intérêts, « l'affaire Pérol » est entrée dans une phase juridique. Mais au-delà des controverses politiques actuelles, c'est aux enjeux économiques qu'il faut porter attention.
Dénoncée à l'origine comme un scandale politique - choix partisan, fait du prince, nouveau symbole de l'hyperprésidence Sarkozy -, sa désignation à la tête de la banque issue de la fusion Banque populaire-Caisses d'épargne soulève d'abord et surtout de graves problèmes économiques. Ceux-ci ne s'effaceront pas demain et
vont bien au-delà du cas individuel au centre des débats.
L'affaire Pérol touche en effet à deux questions essentielles : les moyens et l'équité de l'intervention de l'Etat dans la vie économique, d'une part, le choix et la sélection des dirigeants à la tête des grandes entreprises publiques et privées, d'autre part.
Un problème de concurrence
Dans une perspective économique, cette décision pose d'évidents problèmes de concurrence. Et ce, à deux niveaux distincts : entre banques d'abord, puisque est nommé à la tête d'une d'entre elles quelqu'un qui dispose d'informations privilégiées sur la situation de ses principaux concurrents, entre candidats au poste de directeur de l'entité issue de la fusion Banque populaire-Caisses d'épargne ensuite.
Sur le premier point, l'appel à une commission de déontologie qui renvoie à l'aspect administratif du dossier individuel signifie bien qu'on refuse de poser la question comme un problème économique de concurrence.
Le fonctionnement même de l'entité soulève de nombreuses interrogations, puisque la personne en question s'est autorisée à s'exonérer elle-même de cet examen.
Le fonctionnement opaque de la commission de déontologie
Trop de flou règne ici : quels sont les critères d'évaluation ? Juge-t-on la personne au cas par cas ou sur la base de critères déterminés généraux réplicables ? On ne dispose pas d'information publique sur les décisions prises et les argumentaires avancés !
On le voit - et on l'a bien entendu lors de l'audition embarrassée de son président à l'Assemblée -, l'indépendance et la légitimité de la commission ne sont pas garanties dans le cadre actuel.
Que resterait-il de sa crédibilité si les décisions juridiques à venir invalidaient son avis (même par défaut comme dans le cas Pérol) ? Seule une clarification par la loi de sa mission permettrait d'assoir solidement le champ et les règles de la commission. Une suggestion naturelle serait alors de la rattacher à l'Autorité de la concurrence.
« Le seul candidat » ?
Mais le second point est peut-être le plus important. Car en dépit des avancées attendues de la loi dite nouvelles régulations économiques de 2001, on voit que ce qu'on appelle la « gouvernance » de nos grandes entreprises s'est guère améliorée. L'une des plus importantes décisions d'un conseil d'administration - la nomination du PDG - semble en effet échapper aux actionnaires.
François Pérol n'a pas hésité à déclarer lors de son audition par la commission des finances de l'Assemblée nationale qu'il était « le seul candidat ». Bigre ! Ainsi la France, sixième puissance mondiale, siège des toutes premières banques européennes, fière des performances de son enseignement supérieur et de la qualité des corps de hauts fonctionnaires, n'aurait en 2009 qu'un seul candidat possible pour prendre la tête d'un de ses plus grands établissements financiers ?
De tels propos prêteraient à rire s'ils ne livraient des symptômes inquiétants de trois faiblesses endémiques de notre économie et du mode de sélection de ses dirigeants.
En premier, l'étroitesse sociologique et la très faible diversité des conseils d'administration de nos grandes entreprises : la moitié des présidents du CAC40 sont d'anciens hauts fonctionnaires ; ils sont sans exception issus d'écoles d'ingénieurs, de commerce, de Sciences Po ou de l'Ena ; l'âge moyen des administrateurs atteint soixante ans ; les conseils comptent seulement 10% de femmes et à peine 1% d'administrateurs issus du monde académique et universitaire !
La fâcheuse tendance ensuite à réduire l'entreprise à un homme, son dirigeant, ce qui conduit à nier son existence comme entité autonome et indépendante. Par facilité d'exposition médiatique pour les uns, par véritable croyance dans un démiurge managérial pour les autres, par simplification pour beaucoup, on assimile ainsi succès, échecs, grandes évolutions à la griffe d'un individu.
Or, sans nier le rôle décisif d'un dirigeant, on comprend que la réalité est bien plus complexe. Sinon il n'y aurait aucun sens à s'intéresser au fonctionnement des organisations, à la concurrence, aux dynamiques collectives, à l'innovation ou au capital humain ! Importante, la nomination d'un PDG à la tête d'une entreprise s'inscrira dans un réseau de décisions de nature très variée, dont il saura (ou non) parti pour le profit de l'entreprise. Le choix est donc en réalité plus ouvert qu'on ne veut parfois le faire croire et l'idée d'un homme providentiel seule solution à ce poste est un mythe.
A la tête du métier bancaire en six ans
Troisième point pour finir : le quasi monopole des grands corps de l'Etat dans les fonctions de responsabilités administratives et d'entreprises. Certes, on invoquera les qualités humaines et les réussites industrielles incontestables de certains d'entre-eux. A quoi on pourrait opposer autant de retentissants échecs.
Le vrai problème tient à la qualité intrinsèquement prêtée aux dirigeants issus de ces grands corps. Car, au bout du compte, cela signifie que la qualité des sélections successives opérées à vingt ans et le caractère généraliste de leur formation ont permis d'identifier les bons individus, au-delà des caractéristiques propres des métiers, des secteurs, des organisations, qu'ils seraient amenés à diriger.
On peut ainsi, fort de dix-huit ans de cabinets ministériels, atteindre en six ans seulement dans le métier bancaire la tête d'un des premiers acteurs français du secteur… pour ensuite faire la une de l'actualité en moins d'un an avec l'un des plus grands scandales financiers du pays (l'affaire Kerviel) puis une choquante distribution généreuse d'actions préférentielles en pleine crise !
Fermeture sociologique, personnalisation excessive, confiance automatique dans les grands corps, voici trois caractéristiques de nos organes de direction d'entreprises, sans doute observables dans d'autres pays, mais rarement avec autant d'intensité qu'en France. La nomination de François Pérol s'inscrit dans cette longue histoire, la polémique politique et l'embarras des parties prenantes en plus. La justice tranchera sur d'éventuelles illégalités dans cette décision. Mais quelle que soit l'issue, tous les problèmes économiques fondamentaux soulevés par cette affaire demeureront.
Photo : François Pérol devant la commission des finances de l'Assemblée nationale le 25 mars 2009 (Charles Platiau/Reuters).
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De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 15H08 | 16/04/2009 |
c'est la republique des copains et des coquins
Dans l'environnement culturel ou nous baignons se remplir les poches est un idéal
le seul qui reste
la droite voudrait que les travailleurs reviennent aux valeurs d'avant 1968 et otent leurs casquettes devant leurs patrons
mais voudrait en même temps que les mêmes patrons et les coquins ump n'ait comme morale que celle de se servir
cela ne pourra pas durer tres longtemps
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 15H21 | 16/04/2009 |
« L'affaire Pérol » suivant sa conclusion montrera ou pas l'indépendance de la Justice en tant que pilier essentiel de notre démocratie. C'est à la Justice de faire respecter les limites qui s'imposent à tous, y compris à un Président de la République.
La Justice est devenue le dernier rempart pour protéger la démocratie car le Législatif est entre les mains de l'Exécutif.
à Servais-Jean
De Bebert Cassandre
17H13 | 16/04/2009 |
La justice…. Les coquins l'ont en mains… Qui trouve t-on aujourd'hui à la tête de l'état ? Des avocats d'affaires. Ce qui nous amène à penser que gouverner c'est gérer une affaire… Au mieux des intérêts de ceux qui la dirigent… Le conseil des ministres est un conseil d'administration… Son président a cinq ans pour se faire la cerise, dix ans si tout se passe bien. Il n'a guère de temps à perdre.
Monsieur Pérol fait parti du plan « cerise ».
De laury68
Retraité | 17H58 | 16/04/2009 |
Bonsoir a tous encore une affaire qui nous montre ce qu'est la démocratie
a la Française ,pour ceux qui continue de la croire !
La justice est très rarement complètement indépendante des gouvernement et en France plus du tout surtout depuis l'arrivée
du Karcher embullent pour ceux qui ont suivie sont parcourt depuis le
début il est facile de voir pour qui il travail
Nous n'entrons pas dans un pays totalitaire nous y somme !
Cordialement a tous Laury68
De chapman
08H47 | 17/04/2009 |
[URL=http://img16.imageshack.us/my.php ? image=vasten.jpg][IMG=http://img16.imageshack.us/img16/1153/vasten.jpg][/IMG][/URL]
De vinz13 37135
bisounours gauchiste | 14H36 | 17/04/2009 |
Des dessous économiques ? le spécialiste c'est
De DJKaribes
Indépendants | 12H01 | 18/04/2009 |
Ca s'appelle une ARISTOCRATIE !
50% de hauts fonctionnaires à la tête des entreprises du CAC40 est une statistique hallucinante. La statistique intéressante suivante serait de savoir quelle est la proportion d'échecs et de réussite de ces 50% et de simuler le différentiel d'impact si ces entreprises étaient dirigées par de vrais entrepreneurs et businessmen ?
Je prône le plafonnement des salaires pour que les hauts fonctionnaires arrêtent de s'enrichier sur le dos des français sans rien leur rendre. Si ils veulent gagner plus, ils devront créer des entreprises pour s'enrichier sur la valorisation de leurs parts et là on verra de quoi ils sont capables !
Accorder à vie la valeur d'une personne en fonction de son diplôme est ridicule et les journalistes y participent en citant en première position le diplôme lors d'une nomination d'une personne de 60ans… ! A cet âge là, l'expérience acquse, les réussites et les éches ne sont-elles pas de loin plus importantes ? En tout cas, les anglo-saxons nous raillent à ce sujet là… Un MBA ça sert à démarrer une carrière mais ensuite ce sont les réussites et les échecs qui l'orientent ! ! !