Gilles Bridier

Pour des entreprises responsables socialement

Par Gilles Bridier | Journaliste | 26/01/2009 | 11H51

A Los Angeles, une usine de American Apparel, marque qui s'engage pour la légalisation des immigrés sans-papiers (Lucy Nicholson/Reuters).

La responsabilité sociétale des entreprises, « un mouvement irrépressible en train de naître » et dont le potentiel est tel qu'il peut « changer la donne sur toute la planète ». C'est le credo de l'avocate Dominique de La Garanderie, qui publie « La Longue marche ».

Jaquette de 'La Longue marche' de Dominique de La Garanderie (DR).Vous avez dit « responsabilité sociétale des entreprises » (« RSE ») ? Depuis que les réductions d'effectifs sont devenues la variable d'ajustement par excellence des entreprises, depuis que les plans de licenciements d'entreprises qui engrangent des milliards de bénéfices se banalisent, depuis que les salariés se retrouvent privés d'emploi à 58 ans en moyenne en France sans que les rodomontades des gouvernements pour l'emploi des seniors n'y changent rien, on croyait l'expression passée de mode, voire carrément déplacée.

A force de voir que les actionnaires obtiennent toujours la meilleure part des gains de productivité dont les salariés font les frais, on en conclut que le concept de responsabilité sociale est une sorte de miroir aux alouettes où la démagogie le dispute au cynisme. Et l'avalanche de plans sociaux qui se préparent avec la crise économique ne risque pas de changer cette perception… alors même que les responsables qui réclamaient plus de libéralisme pour surfer à leur guise sur une économie dérégulée, sont également ceux qui vont décider des licenciements au nom d'une crise qui sanctionne leur échec. Comment parler dans ces conditions de responsabilité sociale ?

Une réalité nouvelle dans les économies émergentes

Dominique de la Garanderie, dans son livre « La Longue marche » (éd. F-X. de Guilbert), l'ose. Ce livre sort juste après la célébration l'an dernier des soixante ans de la Déclaration des droits de l'Homme, et juste avant la présentation en 2009 de la norme de référence ISO 26000 concernant cette responsabilité des entreprises. Provocatrice plus qu'angélique, elle exprime elle-même le scepticisme du lecteur quant à l'éthique des entreprises :

« Pourquoi [l'entreprise] assumerait-elle une responsabilité aussi lourde et apparemment éloignée de ses missions ? »

Une interrogation pour mieux balayer la critique :

« Nous ne sommes pas dans l'utopie : la responsabilité sociétale des entreprises est une réalité, et même un pouvoir, que d'aucunes ont choisi d'exercer. »

Mais l'affirmer n'est pas suffisant. Une précision, toutefois : qualifiée de sociétale, cette responsabilité des entreprises n'est pas focalisée sur le social, mais sur ce qui enracine l'entreprise dans une société -le social n'étant qu'une composante avec l'environnement, la culture…

Autre précision : le sociétal ne concerne pas seulement les pays développés, mais aussi les économies émergentes. Et pour Dominique de La Garanderie, si les entreprises internationales profitent de coûts de production moins élevés dans ces pays, elles pratiquent aussi « un salaire minimal supérieur au minimum légal des pays d'implantation, et imposent à leurs fournisseurs locaux des normes qui font évoluer les conditions de travail ». L'argument est-il recevable ? L'auteur anticipe la critique :

« L'opinion se défie d'une entreprise qui se proclamerait sociale pour mieux s'affranchir des règles de la société. »

Mais avec obstination, elle persiste, prenant l'exemple de la distribution de médicaments antirétroviraux aux personnes affectées par le sida en Afrique du Sud, parce que « à qui formulerait des réserves ou des objections sur la portée éthique de ce geste, on répondra qu'en matière de responsabilité sociétale, il est prudent de s'en tenir aux résultats ».

Aussi, lorsque Carrefour rompt toute relation commerciale avec la Birmanie et se sépare de 6% ses fournisseurs dans le monde qui ne respectent pas ses préconisations, lorsque Danone crée au Bangladesh un partenariat avec la banque de microcrédit Grameen, lorsque GAP s'oppose au travail en milieu carcéral ou imposé par un pouvoir politique, lorsque tant d'entreprises introduisent des chartes d'éthique et de développement durable dans leur règlement interne… l'avocate -également administratrice de Renault- veut y voir une somme d'actions qui peuvent se développer pour consolider le mouvement en faveur de la RSE. Par simple sursaut d'humanité ? L'espoir serait bien ténu. Mieux vaut parier sur le pragmatisme. La démonstration, alors, se construit.

Le pragmatisme au service de l'éthique

Une entreprise qui prend une dimension éthique peut en attendre une sorte de retour sur investissement, une création de valeur supplémentaire, même si elle ne s'inscrit pas forcément dans l'immédiateté économique. A ce stade, « la RSE peut être vue comme une stratégie de reconquête, de relégitimation de l'entreprise dans la société, (…) au croisement de l'intérêt économique particulier et de l'intérêt général ». Elle est aussi « une marque de différenciation positive à l'égard des concurrents », et on se souvient de la surenchère sur le plan de l'éthique entre Adidas et Nike lorsque premier voulut mettre à profit les déboires du second accusé de recourir à des sous-traitants faisant travailler des enfants.

Par ailleurs, en faisant porter les droits humains par le monde économique, la RSE introduit un mode de sanction auquel les entreprises sont très attentives ; celle du marché. Même pour une entreprise qui se soucie peu de cette responsabilité, l'exemple de Rio Tinto, évincé l'an dernier de la liste des entreprises où investir par le fonds souverain norvégien « à cause de son impact environnemental désastreux » ne doit pas être suivi lorsqu'on cherche à stabiliser des actionnaires sur le long terme. Toute entorse est aujourd'hui sanctionnée, au moins au niveau de l'image : « Une entreprise comme Total ne s'est jamais complètement remise des procès en irresponsabilité » dont elle fut la cible après le naufrage de l'Erika, constate Dominique de la Garanderie.

Le test de la crise

Finalement, trop lentement mais de façon indéniable, la RSE progresse. Il suffit de voir comment les entreprises chinoises, qui la considèrent comme un « coût inutile », se rapprochent malgré tout des référentiels occidentaux pour ne pas voir leurs produits interdits de vente sur les marchés américains et européens, et pour que le « made in China » soit mieux accepté afin de monter en gamme et générer des marges plus importantes.

Le pragmatisme au service des droits de l'homme : c'est la thèse défendue par Dominique de la Garanderie, en phase en l'occurrence avec les ONG qui ont choisi de nouer des partenariats avec les entreprises les plus engagées au service des droits de l'homme, et ne se contentent plus de dénoncer celles qui y portent atteinte. Pour mieux défendre ces droits, elles-aussi. Mais le chemin est long. Le durcissement de la crise en 2009 servira de test à la pertinence de la RSE.

Photo : à Los Angeles, une usine de American Apparel, marque qui s'engage pour la légalisation des immigrés sans-papiers (Lucy Nicholson/Reuters).

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Portrait de Fifidou

De Fifidou

Thésard en Physique | 13H01 | 26/01/2009 | Permalien

J'ai un peu de mal à croire à cette démonstration pragmatique, qui voudrait que les lois du marché favorisent les entreprises socialement responsables. Cela pourrait marcher, en effet, éventuellement, dans le cas où la gestion d'une entreprise se faisait en regardant le long terme. Mais j'ai la désagréable impression que les vues court-termistes, la rentabilité instantannée joue un rôle prépondérant dans la gestion d'une boîte. Et dans ce cas là…

Portrait de pablico

à Fifidou Portrait de Fifidou De pablico

15H17 | 26/01/2009 | Permalien

la solidarité, joue-t-elle ?

le fait d'être actionnaire, pourrait donner l'idée d'une solidarité au point de vue capital, et social.

mais il n'y a que le côté capital qui compte.

Le côté social, est mis aux orties, et surtout il est devenu un outil (réduction de personnel, augmentations pléthoriques) pour permettre de sauvegarder, d'augmenter et de faire fructifier son capital.

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De delalo

citoyen outragé | 13H50 | 26/01/2009 | Permalien

Les SCOP suffisent….

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14H46 | 26/01/2009 | Permalien

c'est quoi ce truc ? prendre un concept marketing ou une necessite d'entrer dans le cadre legal pour un concept de (societal) neologisme comme la bravitude sans rapport avec rien pour un fait nouveau est prendre le citoyen pour un gogo.

On a donc vu le commerce equitable , ethique, les produits verts bio etc .. On a vu la charte de bonne conduite du MEDEF voila la RSE qui pratique le RSA . Jusqu'ou iront ils pour nous vendre leurs produits ?

Portrait de envert94

De envert94 56778

Le ras le bol de la grande distribu... | 16H36 | 26/01/2009 | Permalien

http://anti.grande.surfaces.over-blog.com/

Le personne qui à écrit ce livre doit être un spectateur(trice), régulier et assidu des conférences de presse des grands groupes, des grandes entreprises, et avoir des ITW réguliers des DRH de ces sociétés…et les croire sur paroles…

Cela s'appelle du « Brand Washing » (Nettoyer sa marque ou son image).
Ce label a déjà nettoyé Nestlé, Mac Donald, Accor, Dagris, … enfin bref des exemples de la mondialisation et nettoie maintenant Leclerc, Carrefour, Auchan,Véolia etc.

En fait ce système est très simple : En interne on fait ce que l'on veut, mais ce qui compte c'est l'image qui est donnée de la société, par des campagnes de pub, de communication…

Je cite l'auteur : « Une entreprise comme Total ne s'est jamais complètement remise des procès en irresponsabilité » dont elle fut la cible après le naufrage de l'Erika.

Bien sur qui si…depuis, l'image de Total c'est quoi depuis ? L'écologie et les enfants…Merci la com et les pubs…

Véolia ? Nous vendre sur un dessin animé un mariage entre l'écologie et le nucléaire avec un tube des années disco…Les enfants adorent…

Mes chers Carrefour Leclerc etc : Des entreprises qui fabriquent ont ne sait comment et avec qui des produits revendus (très cher par rapport à ce qu'ils ont coutés) en France mais leur pub c'est quoi ?
L'écologie, le bien être, l'épanouissement, le commerce équitable, les producteurs locaux…

Bref il faudrait sortir un peu des salons feutrés des grandes entreprises et des coupes de champagne et aller voir la réalité des choses sur le terrain.

Portrait de Blaise11

à envert94 Portrait de envert94 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 16H42 | 26/01/2009 | Permalien

La description que vous faîtes, envert94, est celle de la situation actuelle. Les boîtes fonctionnent comme cela aujourd'hui. Mais avec un RSE ou un social business, en interne, l'on ne fait plus ce que l'on veut. Le règlement interne est totalement différent, les clauses des contrats sont d'une autre essence, les termes juridiques de la boîte n'ont plus rien à voir avec ceux d'aujourd'hui, qui permettent justement de maintenir un sytème absurde où les plus gros pollueurs, délocalisateurs, les sans foi ni loi, s'arment d'oeuvres caritatives pour (re)dorer leur image alors qu'il y a une perte inouïe de temps et d'argent dans un tel système.

Portrait de Blaise11

De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 16H34 | 26/01/2009 | Permalien

« Le pragmatisme au service des droits de l'homme »

L'est un peu piqueur d'idée votre Dominique de La Garanderie. Peut-être que dans son ouvrage, il cite à chaque page le grand artisan de ce concept : Muhammad Yunus.

Sinon, pour répondre à Sinclair aussi, le « sociétal » entend que les « produits qu'on veut vous vendre » sont en adéquation avec les besoins de vous et votre société, de l'endroit où vous vous trouvez.

Ce n'est pas une course concurentielle à la surproduction et surconsommation, mais un adaptement des productions en fonction des besoins du moment. Ce ne sont plus les « produits qu'on veut vous vendre » mais les produits dont vous avez besoin. Pas au sens marketing actuel, qui n'est qu'un avatar fort pratique, un peu comme le charlatanisme l'était aux premières publicités.

Les entreprises se lançant dans ce genre de social business, de joint venture comme celle de Grameen et Danone, ne pourront se « faire valoir » à la Bourse. C'est un interdit qui fait partie du concept de base. Comme le versement de dividendes : niet. Réinvestissement automatique de tout profit. Les entrepreneurs, soient « les patrons », ne recevront pas de salaires mirobolant. etc. Tout ceci sera inclus dans le termes juridiques de la société.

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 20H08 | 26/01/2009 | Permalien

« LA RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE DES ENTREPRISES » ! ! !

C'est une blague ? ? ?

Je sors du Comité d'Établissement de la très grande entreprise CAC 40 qui m'emploie, et je peux vous dire que « la responsabilité sociétale des entreprises », la direction n'en a poliment rien à secouer ! Aucune direction qu'elle qu'elle soit, d'ailleurs. Arrêtons avec ces billevesées pour nigauds !

Parler de « responsabilité sociétale des entreprises » quand les patrons des entreprises en questions se sont auto-accordés des revenus 400 fois supérieurs au smicards (sans compter l'orgie de stock-options, et les sauts vertigineux en parachutes dorés), c'est se foutre du monde.

Il ne sortira évidement jamais RIEN de « sociétale » des entreprises privées elles-mêmes. RIEN ! C'est la nature humaine qui est comme ça, on n'y peut rien, Dominique de la Garanderie pas plus. Mais au moins qu'on n'essaie pas de nous enrhumer avec ce genre de niaiseries !

La SEULE solution réside dans une régulation stricte par le politique du fonctionnement de l'entité économique que constitue l'entreprise privée. Point.

Portrait de Blaise11

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 09H41 | 27/01/2009 | Permalien

Quelle violence péremptoire !

Je te ferai bien la même réponse qu'à envert94, un peu plus haut, car la situation que tu décrits est la même (et si chacun s'amuse à la décrire, tout le monde arrivera, sans exception, au même constat), mais cette situation n'est qu'actuelle et valable que si l'on centre notre discours en occident. Elle découle de théories néo libérales truffées d'angles morts quant à l'exploration de la… nature humaine.

Tout n'a pas été exploré.

Une responsabilité sociétale n'est pas une responsabilité sociale, comme le précise l'auteur. Et je ne serai pas provocateur en te disant que le niais, c'est toi, le Yéti.

Que les gens en occident s'intéressent un peu plus au système d'organisation de la moindre micro nano entreprise développée dans les Pays du Sud, et ils verront que les seuls qui les enrhument sont leurs concitoyens, mais absolument pas ceux qui veulent s'en sortir en réorganisant drastiquement un système que l'occident a tenté de leur imposé par la foi et la force de cet économie de marché et concurrence pour qui ça arrange…

Imposer un contrôle permanent de l'État partout où une activité se développe, pendant que d'autres réussissent à s'en sortir sans lui, je vois d'un mauvais oeil la future construction d'une République Mondiale actée par une mondialisation qui, pour ces gens, devient de moins en moins un leurre.

Et l'on voit aujourd'hui ce que donne le contrôle de l'État ( ! ) pour la mondialisation des échanges commerciaux concernant « la bouffe »… C'est à pleurer.

Portrait de envert94

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De envert94 56778

Le ras le bol de la grande distribu... | 10H28 | 27/01/2009 | Permalien

La grande différence entre ta pensée et la mienne, c'est que pour toi, une loi et/ou un gouvernement peut agir sur une entreprise privée que tu le veuille ou non son but est de GAGNER de l'argent…rien d'autre.

Du rêve…Même avec des actionnaires tirant dans le même sens, le concurent fera fî du social, de l'écologie, de la citoyenneté etc etc, donc sera plus performante que l'entreprise citoyenne…

A la fin du 19ième siècle, le pouvoir appartenait aux grandes familles…

Pendant le 20ième ce sont les grandes idées idéologiques politiques qui ont prit le pouvoir…

Et depuis la fin des années 80, qui détient le pouvoir ? les entreprises et la finance…Les politiques l'on perdu depuis bien longtemps.

Mr Mittal dans une de ses ITW disait :
« les politiques restent en place entre 2 et 3 ans en moyenne…Moi cela fait 25 ans que je suis à la tête de mon entreprise. Ils m'invitent, je viens les voir les ministres, on fait la photo souvenir et moi je repart gérer mon entreprise en sachant que je ne les reverrai certainement plus de ma vie »

Alors autant se mettre la corde au cou tout de suite ? …

Non, il faut faire le boycot industriel, et moi je le fais à mon niveau…

Plus de pleins d'essence chez Total (même si Total livre les hypermarchés).

Plus de viande, poissons, fruits et légumes en grande distribution (leur filière qualité c'est de la poudre aux yeux à consomateur )

etc etc..

Je sais que le boycot industriel à du mal en France, ça ne marche pas…Je le fais à mon niveau et les petites rivières…

http://anti.grande.surfaces.over-blog.com/

Portrait de Blaise11

à envert94 Portrait de envert94 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 11H08 | 27/01/2009 | Permalien

salut envert,

oui le problème du boycott de Total est insolvable : il possède exploitation et distribution. Dans un tel contexte, difficile de ne pas passer par eux.

Pour le sujet principal, je ne dirai pas qu'il y a une telle différence entre ta pensée et la mienne (si elles en sont, des pensées) et surtout je n'affirmerai rien comme tu le fais : une entreprise doit trouver des financements pour pouvoir continuer à fonctionner.

Gagner de l'argent comme but final, ça, c'est la vision du capitalisme financier qui découle des théories néo-libérales. Avec Sinclair, toi, le Yéti, on peut voir, pardon de mes mots, la lobotomisation des esprits concernant le but d'une entreprise. Lobotomiser car je vous sens beaucoup trop fataliste. Je ne dis pas que c'est votre volonté, non, pas la vôtre, mais celle des économistes du XXeme qui nous ont fait du bourrage de mou quant à la dévotion ultime de l'entreprise à l'argent. Placer en haut de la pyramide cet élément, tantôt diablement abstrait, tantôt vulgairement concret, est une erreur fondamentale. Pis, créer une représentation pyramidale des activités contraint la nature humaine dans une unidimensionalité esclavagiste.

L'entreprise en tant que telle, théoriquement, n'a rien à voir avec cet état de fait. Par une entreprise, on crée une activité, par une activité, on crée des ressources. Basta. Partons de ce simple constat, revenons-en aux fondements.

« Sociétale » est là pour s'opposer à ce système, pour s'octroyer la place que l'argent a pris, mais pas pour se mettre n°1, en top list, mais s'immiscer partout où il y a une activité en se gardant de hiérachiser les individus.

Si je devais donner le seul exemple en Occident d'une telle organisation, je m'amuse déjà à vous surprendre : … les Rroms !
Chez les Rroms, chaque individu peut exercer différents métiers, il n'est pas contraint dans une « unidimensionnalité esclavagiste »… il y a un juste milieu à trouver.

La grève de la conso est le seul moyen de pression aujourd'hui, oui, d'accord avec ceci.

Portrait de envert94

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De envert94 56778

Le ras le bol de la grande distribu... | 17H49 | 27/01/2009 | Permalien

Regardes un exemple : Le commerce équitable…Ca ne veux plus rien dire.
Au départ, le commerce équitable était de lutter contre la mondialisation et garantissait à l'acheteur du produit fini que le producteur gagnait ou plutôt recevait un salaire décent pour son travail (le café)…

Aujourd'hui : Le Label leader distribue presque 80% du « commerce équitable », dans le monde … qui en France est distribué à 90% par la grande distribution…
Alors ce qui au départ était éco-citoyen et lutter contre les grands groupes et les monopoles…

Mais bon, il faut rester optimiste ma parfoit c'est pas facile…Les gens regardes leur portes monnaies (normal moi aussi…) et on surtout l'impression de se faire arnaquer si ils ne vont pas pousser leur caddy en hypermarché…Et pourtant c'est dans ces usines à fric, qu'ils se font avoir…

Portrait de Blaise11

à envert94 Portrait de envert94 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 09H10 | 28/01/2009 | Permalien

Oui. Tu pourras prendre tous les exemples que tu veux, ça sera valable. Tous.
Cet exemple rejoint ce que je disais sur les fondations caritatives dont s'arment les grands groupes. C'est absurde car la maison-mère a toujours le même objectif : le profit financier et la satisfaction de ses actionnaires et investisseurs ; la satisfaction du client venant inévitablement après.
De Force Ouvrière à Muhammad Yunus (micro-crédit et social business), qui se définit comme un capitaliste, ils sont tous d'accord. Et je ne serai pas surpris de voir un jour la girouette élyséenne adopter un tel discours….

« La longue marche » : l'a pas tort.

Portrait de mhaut

De mhaut

ni dieu ni maitre | 20H16 | 26/01/2009 | Permalien

IL est clair que les entreprises ne font que se conformer a minima aux obligations légales des pays où elles s'installent. Les indicateurs de type CMMI sont juste là pour passer du code entre technocrates et maintenir de la pression en interne ; le but étant TOUJOURS une rentabilité.
Le seul discours que comprennent les patrons des multinationales c'est le rapport de force.
La première chose à faire serait par exemple de faire passer la part main d'oeuvre de 10 à 20% en tapant dans les dividendes… à partir de là, on pourrait considérer qu'il y a quelque chose de significatif pour les salariés et leur environnement.
Des lois pollueurs payeurs beaucoup plus strictes, avec des peines beaucoup plus lourdes.. les dirigeants de Rio Tinto et autres miniers, déboiseurs etc devraient avoir des mandats d'amener internationaux sur le dos et un gel total de leurs avoirs…des sanctions à la hauteur de l'avenir de nos enfants qu'ils obèrent….

Portrait de Hulk

De Hulk

Gros con de droite | 20H26 | 26/01/2009 | Permalien

Mais oui, c'est très juste.

La responsabilité sociétale n'est pas incompatible avec la performance économique ; elle peut même en être un facteur important.

Cela dépend du contexte bien entendu. Tant qu'un consommateur français se moque bien que le pantalon à bas prix qu'il achète soit fabriqué par un enfant indonésien, il n'y a pas de risque que les fournisseurs de pantalons fassent de la RSE ; ceux qui le feraient péricliteraient.
Mais dès lors que les opinions publiques, et la société, devient sensible à ces sujets au point d'en faire un critère (parmi d'autres) de la décision d'achat, alors tout change, beaucoup plus efficacement que par le biais de n'importe quel réglementation, ou discours moralisateur.

Portrait de affreuxjojo

De affreuxjojo

22H24 | 26/01/2009 | Permalien

A Dominique de la Galanterie
« Une entreprise comme Total ne s'est jamais remise et blablabla ». Et les 10 milliards de bénéfice annuel, c'est quoi ma poule ?
Ils commencent vraiment à nous les gonfler sévère ces « communicants ». Déjà, tu laisse ta particule au vestiaire citoyenne et t'arrêtes de nous prendre pour des niais. Tes beaux discours c'est juste un écran de fumée. Qui pue et fait tousser. Et la seule chose intéressante, c'est ce qu'il y a derrière, c'est à dire ce que tu aimerais cacher : l'exploitation, la pollution, le pillage et la spoliation des richesses.

Portrait de pereg

De pereg

22H45 | 26/01/2009 | Permalien

Si on résume les réactions c'est : je n'ai pas lu le livre, mais je sais que tout espoir d'amélioration est vain.
Fermez le ban vous reprendrez bien un peu de cyanure ?
Cessons d'être puérils, ce bouquin ne dit pas que les entreprises sont morales et pures ; mais que de plus en plus les marchés sur lesquels elles opèrent où les critères de notation extra-financière prennent de l'importance, les forcent à intégrer des normes conformes aux droits de l'homme. Et 2°, qu'une méchante multinationale qui se fait allumer par les ONG fait l'effort d'imposer un minimum de respect des droits de l'homme aussi à ses fournisseurs. Parce qu'il est là l'enjeu, les multinationales ne sont pas assez bêtes pour faire elles-mêmes le sale boulot.

L'impact est infime, mais il se passe quelque chose, autant chercher à comprendre comment ça marche et quelle portée ça peut avoir. Au passage, quand on parlait de développement durable il y a10/15 ans on se prenait les mêmes tirades définitives dans la figure alors… Aujourd'hui même les boîtes en pleine déroute se raccrochent à leur cellule « green offer » comme à la planche de salut post-crise financière, dans le sillage d'Obama.

Portrait de Venezuela

De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 08H12 | 27/01/2009 | Permalien

Une pétition en soutien à Gérard Filoche, inspecteur du travail, mis en examen pour « chantage » vis-à-vis d'un patron qui refusait la réintégration dans son poste antérieur d'une salariée de retour de congé maternité -non seulement on s'attaque au droit du travail mais on s » attaque a tous ceux qui tentent de le faire respecter :
http://www.solidarite-filoche.fr/

Portrait de Danielle29

De Danielle29

21H29 | 27/01/2009 | Permalien

Il y a toujours une part de moi qui a un faible pour les rêveurs, les utopistes et les candides….
Mais là, tout de même, une autre part de moi, celle qui redoute les utopistes, les rêveurs et les candides, reprend le dessus.

Portrait de EntreprendreKESSDONK

De EntreprendreKESSDONK

Veilleur de Jours Meilleurs | 23H23 | 27/01/2009 | Permalien

J'ai pour souvenir clair qu'en 94 puis 2001 la responsabilité des entreprises, leur respectabilité, leur exemplarité etc … avait le vent en poupe.
Tiens, c'était en période de crise …
Décidément nous avons besoin d'un coup de pied au cul pour faire marcher notre cerveau
le consommacteur n'est pas encore proacteur !
mais on y arrivera c'est sûr !

Portrait de Ecoman

à EntreprendreKESSDONK Portrait de EntreprendreKESSDONK De Ecoman

amateur | 12H11 | 29/01/2009 | Permalien

http://www.jepargne-utile.com

Les entreprises qui font du développement durable pour se donner une bonne image ne résiteront pas. Mais celles qui entament un changement et prennent les bonnes mesures avec le long terme en point de mire, elles, ressortiront gagnantes.

Car oui, la responsabilité s'accompagne d'une performance économique. Si vous réduisez les risques dès le début, n'avez vous pas plus de chances d'éviter les détournements, les pollutions, les licenciements, les mauvaises réputations.. ?

La France ne manque t-elle pas cruellement d'une culture anticipatrice ? Vous allez me dire,pourquoi voir loin quand le bénéfice est pour demain ? …Car la crise nous a montré que cette philosophie ne paie pas ! Ou alors pour une poignée seulement. Or, cette poignée peut-elle avoir tous les pouvoirs encore longtemps ?

Je suis sur que la force des consommateurs, des investisseurs et des épargnants est un milliard de fois plus puissante que celle des dirigeants malhonnetes. Encore faut-il que nous trouvions un mode d'action commun …

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