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Marseille : quels atouts pour résister à la crise ?

Par Guy Teissier | Président (UMP) d'Euroméditerranée | 21/10/2008 | 14H57

Le bâtiment des Docks qui abrite le siège d'Euroméditerranée (Rémi Leroux/Rue89).

La crise financière internationale va probablement ralentir le développement de notre agglomération, alors que nous étions dans une phase d'accélération de l'investissement public mais surtout privé comme en témoigne par exemple l'opération d'intérêt national « Euroméditerranée » dans l'hypercentre.

En effet, l'augmentation des taux, corrélée à cette crise financière, pourrait pénaliser les montages investisseurs pour la réalisation d'immeubles de bureaux, et risquer de rendre plus difficile l'accès à la propriété pour certains ménages, notamment les « classes moyennes ».

La crise immobilière, oui mais…

La crise immobilière, tant sur le marché des bureaux que du logement, va très certainement impacter l'accélération qui était en train de se produire. La baisse de livraison de bureaux risque en outre d'avoir des conséquences sur l'implantation de nouvelles entreprises dans la métropole, et par voie de conséquence, sur l'emploi.

Les effets les plus directs de ces crises financière et immobilière menaceront l'économie dite « résidentielle » qui représente 54% des emplois de MPM ainsi que l'économie touristique. Les entreprises, dont le développement de leur activité est pour partie conditionné par l'accès au crédit, pourraient souffrir de conditions de financement moins favorables.

Mais notre économie n'est pas dépourvue d'atouts et de potentialités pour répondre à ces menaces. L'attractivité de notre territoire est aujourd'hui fortement consolidée par l'opération d'aménagement « Euroméditerranée », Marseille-Provence 2013, et le projet de redéploiement des activités du port autonome.

Les grands projets d'Euromediterranée pas menacés

Les grands projets qui avaient été lancés sur l'opération Euroméditerranée avant le début de la crise ne devraient pas être remis en cause, à savoir les Terrasses du port, le Silo, les travaux d'infrastructures des tours SAS Suède par exemple. Certains de ces équipements sont financés ou prêts à l'être.

Ce qui nous permettra de créer ou de maintenir des emplois dans le secteur du BTP, et de diversifier notre économie (en plus de la filière tertiaire, maritime et portuaire) en développant fortement les filières du tourisme (hôtellerie, restauration, réceptif…), de la culture (Le Silo, le multiplex Europacorp, le Mucem, le CRM, le FRAC, la Fiesta, le pôle Média…), du commerce et des loisirs, ainsi que des médias.

Idem pour les aménagements, puisque l'axe Littoral, le J4 et Saint-Charles sont programmés et financés en quasi-totalité. N'oublions pas que la question des bureaux est essentielle lorsque l'on sait que Marseille est souvent en pénurie d'offre en la matière : il nous faudra veiller à être en position de force le jour ou la reprise économique interviendra.

Réforme des ports et capitale de la culture

Le label Marseille-Provence Capitale de la Culture 2013 s'inscrit dans une stratégie de développement et d'aménagement globale, en lien direct avec le projet Euroméditerranée dont le territoire rassemble la plupart des équipements de la candidature.

Marseille-Provence 2013 est un atout supplémentaire pour accélérer la transformation de la ville engagée depuis près de quinze ans, et accélérer la rénovation urbaine, la politique sociale et le développement économique.

Enfin, la réforme du port autonome devrait permettre d'augmenter sensiblement le volume de conteneurs, favorisant ainsi la création d'emplois. La mise en place d'une offre portuaire nationale plus compétitive entraînera pour les entreprises exportatrices une diminution de leurs délais de transport terrestre et de leurs coûts.

Les investissements publics qui sont ou seront affectés à ces grands projets, sans oublier ceux prévus dans le cadre du Plan Campus doivent nous permettre d'avoir un effet de levier encore conséquent auprès d'investisseurs privés. Renforcer l'attractivité de notre territoire est une nécessité.

La stratégie de développement économique de la communauté urbaine, dans une logique d'unité et de concertation devra permettre de :

- soutenir davantage les filières d'excellence, organiser la mise en réseau des petites et moyennes entreprises autour des grands donneurs d'ordres présents sur le territoire (logique des clusters) ;

- développer l'économie de la connaissance, c'est à dire accroître le rayonnement de l'offre d'enseignement supérieur et de recherche, et soutenir les projets de recherche et développement dans le cadre des pôles de compétitivité.

- appuyer l'économie productive sur l'innovation : poursuivre la structuration spatiale et thématique des technopôles de Château-Gombert et Luminy. Et poursuivre l'extension du pôle média Belle de Mai.

- impulser le tourisme au travers d'une offre évènementielle d'envergure internationale nécessitant la réalisation de structures adaptées tel un Palais des évènements.

De fait, Marseille Provence Métropole s'impose comme un outil essentiel et pertinent pour observer au mieux les effets de la crise.

Photo : le bâtiment des Docks (à gauche) qui abrite le siège d'Euroméditerranée (Rémi Leroux/Rue89).

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2 commentaires sélectionnés

Portrait de yeager

De yeager

chef d'entreprise | 13H07 | 22/10/2008 | Permalien

Belle propagande !
Euromed à la belle chose que voilà, Euromed qui après les zones commerciales aura fini d'achever le centre ville, sans structurer mieux l'urbanisme.
Capitale de la Culture, heureusement qu'il n'existe pas un titre de Capitale des villes sales et non écologiques car nous serions nommé haut la main MPM ne s'impose pas comme un outil essentiel pour nettoyer nos rues ça c'est sur ! !
Tout votre programme à l'air très alléchant Monsieur Tessier mais encore faudrait t'il s'occuper des marseillais au quotidien, leur fournir des transport en commun qui fonctionnent, des infrastructures performantes pour leurs enfants.
Avez vous déjà fait le tour des aires de jeux dans les parcs marseillais ? Je vais très régulièrement en Allemagne et j'ai toujours l'impression de revenir dans le tiers monde quand je promène mes enfants dans les parcs marseillais.
Vous vous proclamez homme de terrain, mais on se demande sur quelle planète vivent les élus marseillais ? ? ?
Une ville moderne ce n'est certainement pas uniquement et prioritairement des grands équipement emblématique qui décorent le paysage et permettent aux élus de faire leur com.

Portrait de nipivime

De nipivime

;- | 22H12 | 21/10/2008 | Permalien

Au delà du style parfois fascinant (« impacter l'accélération qui était en train de se produire » ! , « impulser le tourisme »), d'un déroulé technocratique du discours et de l'utilisation de sigles (MPM), de noms dont seuls les initiés ou les locaux peuvent avoir connaissance et d'une conclusion sans lien apparent ni avec le titre, ni avec le texte, que dire, justement de ce texte ?

Mais… c'est bien sûr. Pas une seule fois on n'y parle des gens. Des Marseillais, qui peut être se posent des questions sur les « stratégie(s) de développement et d'aménagement globale(s) » qu'on leur pro/impose. Des travailleurs locaux et des habitants qui, peut être, ne veulent pas d'une « offre événementielle d'envergure » ni payer de leurs impôts pour « impulser le tourisme » (je l'adore, celui là). Des citoyens bousculés sauvagement lors des opérations d'urbanisme dans l« hypercentre » et qui, peut être, aimeraient bien que soient « pénalisés les montages investisseurs pour la réalisation d'immeubles de bureaux », quand 85.000 marseillais, soit 10% de la population, sont mal logés.

Des gens, tout simplement. Des citoyens. Des humains qui vivent là. Mais bon, c'est normal, même si très triste, qu'un PDG ne s'intéresse pas aux humains.

Comment.. pas PDG ? Il est député ? C'est à dire, selon le site de l'Assemblée Nationale, « le représentant de la Nation tout entière » ? J'ai mal du lire le texte. J'y retourne.

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