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Quelques heures après le discours de Nicolas Sarkozy [1], une phrase vient en résonance. Celle de son Premier ministre, prononcée le 18 août dernier : « Nous n'avons pas besoin d'un plan de relance, qui serait un plan de relance artificiel. »
La France venait d'apprendre qu'elle allait mal, très mal, en plein coeur de l'été : le PIB au deuxième trimestre est en baisse de 0,3%. François Fillon sort alors plusieurs membres du gouvernement de leurs vacances, convoque une réunion de crise et fait cette sortie en conférence de presse [2].
La suite de ladite conférence ne démontrera pas non plus de réels talents de prévisionniste économique :
« La conjoncture internationale nous la subissons, elle sera difficile quelques mois, c'est un cap à passer comme il y en a eu beaucoup. Nous pouvons raisonnablement espérer que les mesures prises pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat, nous éviterons d'en ressentir trop lourdement les conséquences. »
La crise financière et les chiffres, hélas, le contrediront : le chômage est reparti à la hausse en août comme il ne l'avait plus fait depuis mars 1993 (+41300 chômeurs). Augmentation confirmée en septembre (+8000) et surtout en octobre (+46900).
Il n'avait donc certainement pas prédit non plus qu'il allait être totalement contredit quelques semaines plus tard par le chef de l'Etat, lorsqu'il déclarait : « Une relance par la dépense publique ne serait ni possible, ni souhaitable, j'allais dire même ni efficace, en France aujourd'hui. » (Voir la vidéo du Post.fr [3])
Or, c'est exactement le contraire que vient d'annoncer Nicolas Sarkozy [4] dans son discours de Douai, qui prévoit l'établissement d'un plan de relance, justement par la dépense publique, de 26 milliards d'euros.
A « ceux qui m'disent ça coûte cher d'investir », Nicolas Sarkozy a répondu ce jeudi : « Nous n'avons pas le choix. Ne rien faire, comme ce fut souvent le cas, nous coûteraient beaucoup plus cher », en termes d'assurance chômage, etc. François Fillon a de quoi se sentir visé.
Photo : Laurent Wauquiez, Christine Lagarde, François Fillon et Anne-Marie Idrac réunis à Paris le 18 août 2008 (Charles Platiau/Reuters).
Links:
[1] http://eco.rue89.com/2008/12/04/plan-de-relance-de-sarkozy-lavis-des-economistes
[2] http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/interventions_premier_ministre_9/conferences_presse_526/point_presse_sur_situation_60820.html
[3] http://www.dailymotion.com/video/k6Mz7L4kBBfFalJDA3
[4] http://eco.rue89.com/2008/12/04/revivez-en-direct-lannonce-du-plan-de-relance-de-sarkozy