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Greenspan : la crise, c'est pas la fête du slip

Par François Krug | Eco89 | 15/04/2009 | 19H16

Après avoir découvert que la crise rallongeait les jupes, Eco89 fait un tour au rayon hommes. Selon Alan Greenspan, ex-patron de la banque centrale américaine, l'état de l'économie se mesure aussi au nombre de slips et de caleçons vendus. Les chiffres lui donnent-ils raison ?

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Le site américain The Huffington Post a été le premier, la semaine dernière, à consacrer un article à cette théorie de Greenspan. Succès immédiat sur le Web. « Les bourses remontent quand les slips repartent à la hausse ! », résume Guy Birenbaum sur Le Post. « Les ventes de bobettes, baromètre d'Alan Greenspan », s'étonne-t-on au Canada.

La théorie des « bobettes »

Pourtant, cette théorie des sous-vêtements (ou des « bobettes », en québécois) date un peu. Et Greenspan ne l'a, semble-t-il, développée qu'en petit comité. The Huffington Post a en fait tiré de l'oubli une interview du journaliste Robert Krulwich sur la radio publique NPR, en septembre 2007.

A l'époque, Greenspan a déjà quitté la présidence de la Réserve fédérale et vient de publier ses mémoires. Son statut de « gourou » de l'économie n'a pas encore été terni par la crise, dont certains le tiennent en partie responsable.

L'interview de Krulwich peut toujours être écoutée en ligne. Selon le journaliste, le talent divinatoire de Greenspan s'explique par le recours à des indicateurs surprenants. Comme la fréquentation des pressings : lorsque les gens s'occupent eux-mêmes de leur linge, c'est mauvais signe.

Slips et caleçons troués

Bizarrement, l'exemple des slips et des caleçons a davantage retenu l'attention. Krulwich se souvient d'une conversation avec le « gourou » :

« Si vous regardez les ventes de sous-vêtements masculins, c'est presque une ligne droite, ça change à peine. Mais quand ça baisse, cela signifie que les hommes sont tellement sous pression qu'ils décident de ne pas remplacer leurs sous-vêtements. Et Greenspan a ajouté, “C'est presque toujours un signe annonciateur qu'il va y avoir un problème”. »

Pourquoi ? Parce que les hommes n'achèteraient pas de sous-vêtements pour le plaisir. Ils les usent et en rachètent lorsqu'ils n'ont pas le choix. Un achat utilitaire et régulier. Lorsque cette « ligne droite » se brise, il y a de quoi s'inquiéter : si tout allait bien, les hommes ne porteraient pas de slips de ou caleçons troués.

Voilà pour la théorie. Et dans la réalité ? Eco89 s'est penché sur les statistiques de l'Institut français de la mode, qui dresse chaque mois le bilan des ventes de vêtements (et sous-vêtements).

Bientôt la fin de la crise ?

En 2007, les ventes de sous-vêtements masculins avaient augmenté de 0,9%. Avec cet indicateur, il était difficile de prédire l'effondrement de l'économie. En revanche, en 2008, les ventes ont chuté de 1,5%. Moins que la Bourse, mais assez pour redonner un peu de sérieux à la théorie de Greenspan.

Si on se fie à cette théorie, la fin de la crise n'est peut-être pas si lointaine. Les ventes ont progressé de 4,3% sur les quatre derniers mois de 2008, et de 9% sur les deux premiers mois de 2009.

Et pas seulement grâce aux soldes et aux promotions : ces statistiques portent sur la valeur des achats (l'argent dépensé), pas sur leur volume (le nombre de caleçons achetés).

Difficile, donc, de se prononcer définitivement sur la théorie de Greenspan. Mais la crise provoque d'autres phénomènes étranges au rayon sous-vêtements. En Corée, selon The Korea Times, la crise fait bondir les ventes de dessous sexys. Qu'en pense le « gourou » ?

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5 commentaires sélectionnés

Portrait de nemo3637

De nemo3637

Déchoukeur | 21H22 | 15/04/2009 | Permalien

Il faut prendre en considération ce que dit Greenspan. C'est lui qui, après en avoir fait profiter les copains, avait prévu l'enchaînement de la crise jalonnée par celle des subprimes.Voir mon article du 17.10.08.

Portrait de kkadim

De kkadim 24768

service public rhone alpes | 07H03 | 16/04/2009 | Permalien

bah pourquoi pas : je trouve l'indice caleçon bien plus bandant que le cac40.

Portrait de Camille

De Camille

Mauvais genre | 08H08 | 16/04/2009 | Permalien

Ce que j'en pense moi à travers 4 articles de la fin d'année dernière c'est que le sexe et tous ses « accessoires » (dont les sous vêtements) ne connaissent pas la crise et sont plutôt des valeurs refuges

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 13H24 | 16/04/2009 | Permalien

Zut alors, encore une fois je n'ai rien fait comme tout le monde…
En pleine crise j'en ai acheté cinq d'un coup, alors que ça faisait deux ans que j'en avais acheté aucun et que c'était l'apogée économique…
Ou alors inconsciemment je le savais et du coup j'ai voulu lutter contre la crise.

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